N° 142, février 2003

5

Editorial

6

Courrier des lecteurs

7

Analyse de l'actualité

9

Confidences

10

« Coulez le Windsong ! »

12

Humour

13

Baromètre

15

Dossier : Découverte d'un film : Tanga Tika

20

Simone Grand : Aito

23

A la Cour

24

Encore du courrier

25

Jacques Chirac à Tahiti : "Cour des Miracles ?"

26

"Investissements Lejeune"

29

Foncier à Rapa

30

Pacifique - Nauru

31

Gauguin et Ségalen à Tahiti

34

Fiu de Beslu

37

Découverte de Tikopia

41

Tapati Rapa Nui

44

Ra'ivavae, île encore préservée

46

NOUVELLE : "Tamaroa Fa'a'amu"

51

Mots fléchés

52

Evénements du Pacifique en janvier 2003

53

Evénements de Tahiti en janvier 2003

54

Balises des îles

15 - Tanga Tika, le film retrouvé !

44 - Ra'ivavae, île encore préservée.

HUMOUR

ET ENCORE UNE NEGOCIATION STATUTAIRE EN COURS

Etat, es-tu là ?

L'année 2003 avait étrangement débuté à Tahiti. Dans nos petites îles où tout se sait, on apprit que le haut-commissaire de la République en Polynésie française, Michel Mathieu, avait passé un réveillon dans un grand hôtel de Bora Bora, à la table de Gaston Flosse, son gendre le vice-président Fritch et de grands hommes d'affaires du territoire. Ensuite, le 8 janvier, après un changement de dernière minute, le haut-commissaire décida de recevoir les vÏux présentés conjointement par la présidente de l'Assemblée de Polynésie et le président du CESC (Conseil économique, social et culturel) non pas à sa résidence comme il est d'usage, mais au Palais présidentiel aux côtés du président du gouvernement Gaston Flosse. C'était une première dans les relations entre l'État et les institutions du Territoire, un symbole fort amplement diffusé par le Territoire et qui fut interprété, par beaucoup, comme une autre étape dans l'effacement de l'Etat devant le Territoire et son président que certains accusent de vouloir se reconstruire le pouvoir des gouverneurs coloniaux des années 50. Or, pour les opposants du président Flosse, l'Etat, garant de la légalité, représente le seul « gendarme » qui puisse assurer des garde-fous contre une éventuelle dérive autocrate d'un président qui, grâce au statut de 1996, contrôle déjà pratiquement tout, puisqu'il est le seul habilité à signer les contrats.

Alors que sous le haut-commissaire Paul Roncière l'Etat était plutôt vigilant, celui-ci devint bien plus passif sous Jean Aribaud, ce qui créa d'ailleurs des tensions au sein même des hauts fonctionnaires de l'Etat en Polynésie, mais permit aussi à Aribaud d'être promu commandeur dans l'ordre de Tahiti Nui. Depuis l'arrivée de Michel Mathieu à Tahiti, puis le retour de la droite au pouvoir à Paris, pour certains le représentant de l'Etat en Polynésie se mettrait de plus en plus au service du gouvernement territorial, crainte que semblent confirmer les années passées de « docilité » des précédents procureurs (nommés par les politiques de Paris) qui, entre autres, ont permis à Gaston Flosse de « passer entre les gouttes » lors de ses nombreux procès, mais aussi à Alexandre Léontieff et Hiro Tefaarere d'échapper à leurs sentences judiciaires. Actuellement, le maintien de Henri Flohr, autre politicien définitivement condamné, à la présidence de la commission permanente de l'assemblée territoriale grâce au refus du haut-commissaire de le démettre de ses fonctions électives (lire page 13), est ressenti comme un autre pied de nez à la justice par une caste politique qui se considèrerait au-dessus des lois. Le proche avenir nous éclairera sur l'indépendance du nouveau parquet.

La peur d'un « Etat qui joue le jeu de Flosse » a encore été accentuée par l'étonnante affaire du paquebot Windsong (lire page 12) où le haut-commissaire cette fois-ci participa au sabordage de ce navire, en infraction patente contre un jugement du tribunal administratif qui avait pourtant suspendu cette opération. Ce qui incita Yves Conroy, celui qui se qualifie de « citoyen », de déposer une série de plaintes contre le haut-commissaire auprès du nouveau procureur fraîchement nommé, confirmant que Conroy et ses amis considèrent la justice désormais comme l'ultime « garant d'une légalité » puisqu'il leur semble que l'Etat aurait abandonné le rôle qui est le sien.

Bien sûr, on peut comprendre la difficulté d'être haut-commissaire à Tahiti ces jours-ci : dorénavant Gaston Flosse dialogue directement avec les ministères de Paris et le Président Chirac, et c'est par le président du Territoire que le haut-commissaire aurait appris la pérennisation du FREPF (Fonds de reconversion de l'économie de la P.F., devenu DGDE - Dotation globale de développement économique). Ainsi, le « job » du haut-commissaire serait devenu « virtuel », transparent, d'autant qu'il ne serait plus consulté par Paris pour les grandes décisions. En plus, la nouvelle règle, qui veut que les contrats des fonctionnaires affectés en Outre-mer aient été réduits à 2 ans renouvelables une fois, assure que les cadres sont remplacés dès qu'ils maîtrisent la complexité de la société et des jeux de pouvoir à Tahiti. Un bon exemple est la DRCL (Direction du règlement et du contrôle de la légalité) de Papeete où pratiquement tous les juristes viennent d'être remplacés. Il faudra des années aux nouveaux venus pour découvrir et cerner la grande complication légale induite par le statut, alors que face à eux se trouvent les juristes chevronnés et pointus du Palais présidentiel, spécialistes de la législation spécifique au territoire, ce qui bien entendu constitue un atout additionnel pour la liberté d'action du président Flosse.

Certains diront qu'il y a les mouvements citoyens pour assurer un contre-poids. Hélas, comme pratiquement toute l'intelligentsia locale est employée par le Territoire ou dépend de lui, ils sont quasi inexistants, d'autant plus que les partis d'opposition ne jouent pas ces rôles-là, limitant leurs désapprobations à des protestations dans l'hémicycle, mais sans suite. Pour les citoyens privés, le cas d'Annie Rousseau, une juriste qui jadis engageait des recours à répétition contre les arrêtés et délibérations devant le tribunal administratif, est révélateur : le président Flosse lui fit une offre irrésistible et, depuis, découvrant les délices matériels qu'offre la nouvelle bourgeoisie de Tahiti, non seulement elle se tut, mais annula même quelques recours. Alors il reste le solitaire petit retraité Yves Conroy, appuyé uniquement par un avocat indigné par le comportement passé du président Flosse, mais il est bien seul, car depuis que l'avocat ancien président de la Ligue des Droits de l'Homme s'est lancé dans la politique, il n'y a plus de recours à espérer de ce côté-là. Pis encore, Gaston Flosse fait le « forcing » pour que le nouveau statut ne permette plus aux citoyens de recourir auprès du tribunal administratif pour contester arrêtés et délibérations, mais directement devant le Conseil d'Etat, ce qui est d'une complication et d'un coût prohibitif pour le citoyen lambda.

Vu le grand nombre de services de renseignements de l'Etat à Tahiti, reliques des années nucléaires, les Pouvoirs publics de Paris doivent être bien au courant de ce qui se passe en Polynésie française. Si on laisse faire, comme cela semble être le cas, peut-être est-ce parce que c'est voulu en haut lieu ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
Directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

Mercredi 1 janvier
- Décès d'un scootériste, âgé de 31 ans, dans un accident de la route en heurtant une voiture dans le nouveau tunnel souterrain « Bounty » à Papeete.
- Le haut commissaire en P.F, Michel MATHIEU et Paul RONCIERE, préfet de la région Limousin et ancien haut-commissaire en Polynésie sont promus officiers dans l'ordre national de la Légion d'honneur ; et Joël ALLAIN, directeur général de l'EDT est nommé chevalier de Légion d'honneur.

Jeudi 2 janvier
- Inquiétude des patrons sur l'augmentation des dépenses de santé chiffrée à 9,1% en 2003, une hausse des cotisations de + 0,57 % pour les salariés et 1,35 % à la charge des employeurs.

Samedi 4 janvier
- Retour de mission de reconnaissance d'un avion de la Marine aux Salomon : pas de signes de détresse après Zoé
- Le président de la chambre d'appel d'Aix-en-Provence, Jean BIANCONI, est nommé procureur de la République au parquet de Papeete.
- Décès de Conrad HALL, cinéaste et fils de James Norman HALL, à l'âge de 76 ans.
- Une cinquantaine de dauphins sont prisonniers dans le lagon de Moorea.

Lundi 6 janvier
- Fermeture du bureau du Trésor public de Tubuai.
- Trois semaines après avoir tué sa concubine au coupe-coupe, Léon HIRO, âgé de 33 ans est arrêté à Fitii sur l'île de Huahine.

Mardi 7 janvier
- Démissions d'Alain BESSALEM, alias MATHIUS et Marcelino CHIN LOY, trésorier du parti « Te Hono E Tau I Te Honoaui » dirigé par l'avocat Stanley CROSS, en raison d'une « dérive sectaire ».

Mercredi 8 janvier
- Le tribunal civil de Papeete déclare officiels les décès de Boris LÉONTIEFF, Lucien KIMITETE, Arsen TUAIRAU, Ferfine BESSEYRE et du pilote KELLY Gilbert.
- Nouveau port de Faratea : lancement de l'étude du projet.
- Le haut-commissaire Michel Mathieu et le président Gaston Flosse ont reçu ensemble au Palais présidentiel les vÏux présentés par la présidente de l'assemblée de P.F. et le président du CESC.

Jeudi 9 janvier
- La compagnie Air Tahiti Nui augmente le nombre de ses vols hebdomadaires vers Los Angeles et Paris pour la saison haute.
- Inauguration du premier tronçon de la route traversière de Tahiti construit par l'armée.
- La Chine populaire accorde à la Polynésie française, la clause de la nation la plus favorisée pour ses importations.

Vendredi 10 janvier
- Création d'un nouvel établissement public « Heiva Nui », pour les manifestations culturelles à Tahiti.

Samedi 11 janvier
- Neuf membres du COPF (Comité olympique de P.F.) démissionnent, dont le président TAUHITI Nena.
- Guérie, la jeune tibétaine Tenzin Yenan quitte la Polynésie française.

Dimanche 12 janvier
- Cérémonie Ïcuménique d'adieu aux disparus du Fetia Api et à leur pilote dans le jardin de la mairie de Arue.

Lundi 13 janvier
- La cour de cassation rejette le pourvoi formé par Henri FLOHR ; il est condamné à six mois de prison avec sursis et un an d'interdiction de droits civiques.
- Arrivée à Tahiti de Patricia PHILLIPS, mère de Kevin et Brian WILLIAMS, l'un décédé sur le catamaran « Hakakuna » et l'autre par suicide aux USA.
- Concert à To'ata : 4 500 personnes pour le concert rock gratuit « Pacsound ».

Mardi 14 janvier
- Fabiola TAATA, remplaçante de Lucien KIMITETE à l'assemblée de la P.F, rejoint le Tahoera'a sous les protestations et indignations des membres du Fetia api.

Mercredi 15 janvier
- Séminaire pour le gouvernement de Polynésie pour examiner le projet de loi organique.

Jeudi 16 janvier
- Philip Schyle est élu président du Fetia Api.

Vendredi 17 janvier
- Le président de la Fédération Polynésienne de Plongée Henri POULIQUEN présente un nouveau projet pour faire du Windsong un site de plongée.
- Inauguration du nouvel immeuble Moehau à Papeete.
- La délinquance en Polynésie annoncée en hausse de 2,35% en 2002.
- Rentrée judiciaire : installation du nouveau procureur du tribunal de Papeete, Jean Bianconi.

Samedi 18 janvier
- Arrivée à Tahiti du nouvel Airbus 330 200 de la compagnie néo-calédonienne Aircalin.

Dimanche 19 janvier
- Le paquebot Windsong est pris à l'abordage par des manifestants écologistes de Heiura-les-Verts qui s'opposent à ce qu'il soit coulé.

Lundi 20 janvier
- Le Tribunal administratif suspend les opérations d'immersion du Windsong.
.- Le représentant de l'armateur du Windsong, l'américain Tom RUSSELL, confirme que la navire n'est pas à vendre et doit être coulé.

Mardi 21 janvier
- Arrivée à Papeete du paquebot à voile Windstar de la compagnie Windstar Cruises pour prendre la relève du Windsong.

Mercredi 22 janvier
- Le tribunal administratif nomme deux experts judiciaires pour passer au crible l'état de dépollution du Windsong.
- La délégation régionale à la recherche et à la technique annonce le 5è concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovante.

Jeudi 23 janvier
- Le paquebot à voiles Windsong est coulé, dans la nuit du 22 au 23 janvier 2003, entre les îles de Tahiti et de Moorea malgré la décision de justice : vives réactions des écologistes.

Vendredi 24 janvier
- Les opposants à l'immersion du Windsong déplorent les conditions dans lesquelles est réalisée cette opération.

Lundi 27 janvier
- Yves CONROY, ancien candidat aux législatives, décide de porter plainte contre Gaston FLOSSE au pénal sur la base de l'article 434-25 .
- Le tribunal de commerce prolonge la période d'observation de Téléfenua sous le coup d'une procédure judiciaire.
- Inauguration du foyer des jeunes du Lycée agricole de Moorea.

Mardi 28 janvier
- Yann HAUSNER prend ses fonctions de vice procureur au parquet de Papeete.
- Grève dans les établissements scolaires : 5,9 % de grévistes
- Le tribunal administratif examine la requête déposée par Bouygues Bâtiment demandant l'annulation, ou à défaut la résiliation du marché du centre hospitalier de Taaone.
- Bénédiction de six nouveaux thoniers de 14,7 mètres à Fare Ute.

Mercredi 29 janvier
- La compagnie aérienne Air Tahiti Nui accueille son nouvel Airbus A340-300 baptisé Rangiroa.
- Escale à Papeete du paquebot Queen Elisabeth II.

Jeudi 30 janvier
- Un résident polynésien en provenance de Los Angeles est interpellé à l'aéroport de Tahiti - Faa'a en possession de 21 grammes de cocaïne.

Vendredi 31 janvier
- Le conseiller territorial Loïc Brigato, Yves Conroy et Jacky BRYANT, président du parti Heiura-les-Verts, opposants à l'immersion du Windsong, ont déposé des plaintes auprès du procureur de la République contre le président FLOSSE et le haut-commissaire MATHIEU .

Henriette MAIHI

 


Evénements dans le Pacifique Sud

Solidarité pour Tikopia
HONIARA, 7 janvier - Un élan de solidarité national et international a réuni plus d'un million de dollars locaux (environ 150.000 Euros) en donations en faveur des sinistrés du cyclone Zoé, sur les îles de Tikopia et d'Anuta. Plusieurs missions, notamment envoyées par l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la France ont établi que Zoé n'avait fait aucune victime, ni blessé grave. Toutefois, les cultures vivrières et une bonne partie de la végétation ont été détruites par les énormes vagues (atteignant parfois les dix mètres de haut) et les vents associés au cyclone, causant un problème d'alimentation à court et moyen terme pour ces populations.

Placer Dome contrôle 75% de la mine d'or de Porgera
PORT-MORESBY, 7 janvier - Le groupe australien Placer Dome possède désormais 75 pour cent du capital de la société exploitant la mine d'or de Porgera (côte nord de l'île principale de la Papouasie). En Papouasie-Nouvelle-Guinée, la mine d'or de Porgera a produit ces 12 dernières années 15% du total en valeur des exportations de minerais de ce pays, près d'une dizaine de milliards d'Euros en minerais d'or et d'argent.

Directeur des services financiers arrêté
PORT-VILA, 7 janvier - Le Président de la Commission des Services financiers de Vanuatu (Financial Services Commission), Robert Bond, a été arrêté à la fin du mois dernier par le bureau fédéral américain FBI alors qu'il se trouvait en mission à New York (États Unis). Selon le FBI, M. Bond, qui est aussi le directeur du registre des pavillons de complaisance de Vanuatu serait soupçonné d'être impliqué dans une affaire de blanchiment d'argent.

OVNI dans le ciel papou
PORT-MORESBY, 8 janvier - La police de la province occidentale de Papouasie-Nouvelle-Guinée a déclaré en début de semaine recevoir des comptes-rendus persistants concernant des apparitions d'objets volants non identifiés, ainsi que de "sous-marins". Les premiers témoignages remontent à 2000 et les services de renseignements papous signalent également ce qu'ils croient être des "sous-marins" et des objets volants qui semblent se diriger dans la même direction. Tous ont été repérés de nuit. Or il n'existe pas d'infrastructure dans cette région permettant de gérer des vols d'appareils sans visibilité.

Interdit de frapper
SUVA, 8 janvier - La ministre fidjienne de l'éducation a lancé mardi un avertissement aux enseignants de cet archipel dont le syndicat vient une nouvelle fois de se déclarer en faveur du maintien du châtiment corporel dans les salles de classe. Selon ce syndicat, cette méthode (qui implique parfois l'usage du bâton, connu localement sous le nom de "cane") existe depuis des décennies. C'est un des moyens de faire appliquer la discipline et ce n'est pas une forme de torture, comme certains voudraient le faire penser", a expliqué le président du syndicat.

Épidémie de dengue à Fidji
SUVA, 8 janvier - Le ministère fidjien de la santé a confirmé l'existence de 51 cas de dengue (fièvre hémorragique transmise par les moustiques) de type 1 depuis novembre dernier, principalement dans la capitale et dans la ville de Lautoka (Ouest de l'île principale).

Baleines sur plage néo-zélandaise
WELLINGTON, 9 janvier - Associations locales de protection de l'environnement et riverains tentent en vain, de sauver un banc de quelque 160 baleines, échouées depuis plusieurs jours sur une plage de l'îlot Stewart, à la pointe sud de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Il y a cinq ans, 300 baleines s'étaient échouées et avaient trouvé la mort au même endroit.

Cyclone Ami à Fidji : onze morts
SUVA, 16 janvier - Les autorités fidjiennes ont porté à onze le nombre de victimes du cyclone tropical Ami qui a frappé mardi l'île de Vanua Levu (Nord des îles Fidji). Le cyclone a provoqué d'importants dégâts aux infrastructures, ainsi qu'aux cultures et à la végétation de cette île du Nord de Fidji, ainsi que dans les groupes d'îles Lau et Lomaiviti (Est des Fidji). Les autorités fidjiennes, avec l'aide des grands voisins de la région, ont commencé à évaluer les dégâts causés mardi par le passage du cyclone Ami, qui a principalement frappé la plus grande île du Nord, Vanua Levu, ainsi que celles de Taveuni et des groupes des Lau et des Lomaiviti -est de l'archipel-. Toutes ces îles sont déclarées sinistrées. L'Australie et la France ont apporté une aide alimentaire et en matériel au profit des populations touchées. Plus de cent mille personnes ont été touchées par le cyclone Ami.

Accord renouvelé pour Kwajalein
TARAWA, 20 janvier - Les gouvernements des îles Marshall et des États Unis sont parvenus en fin de semaine dernière à un accord concernant l'usage de la base de l'atoll de Kwajalein aux fins des essais de l'armée américaine. Cette base militaire, baptisée "Ronald Reagan", pourrait, pendant les 80 années à venir (jusqu'en 2066), continuer à servir de site de lancement de missiles américains, notamment dans le cadre d'un programme actuellement en voie de développement et qui concerne la mise au point d'un dispositif de protection anti-missile intercontinental.

Pas de short pour les filles
SUVA, 24 janvier - Le proviseur du lycée technique de Fidji a demandé à toutes les étudiantes de s'abstenir de porter des shorts, ainsi que des jupes serrées parce que, selon lui, ce genre de tenue suscite des attitudes proches du harcèlement sexuel et contribue à la consommation de drogues dans son établissement de la part des étudiants et enseignants masculins.

Projet de parc aquatique de loisirs
SUVA, 24 janvier - Le premier parc aquatique de loisirs des îles du Pacifique Sud, avec aquarium et toboggans, devrait voir le jour sur la côte Ouest de l'île principale de l'île principale de Viti Levu, pour un investissement de l'ordre de 750.000 Euros.

Perpétuité pour soldats mutins
SUVA, 29 janvier - 56 soldats de la caserne de Sukanaivalu (ville de Labasa, île de Vanua Levu) ont été reconnus par une cour martiale coupables de mutinerie et d'incitation à la mutinerie pour avoir pris le contrôle de cette caserne, au plus fort du coup d'État de mai 2000. Les deux officiers supérieurs qui avaient incité les autres à se mutiner ont été condamnés à la prison à perpétuité. Les 54 autres ont été condamnés à des peines allant de trois ans à dix ans de prison.

Conférence du NFIP
NUKU'ALOFA, 30 janvier - La conférence du mouvement pour un Pacifique indépendant et dénucléarisé (NFIP) s'est achevée la semaine dernière sur un communiqué final émettant notamment la préoccupation de ce groupement régional concernant les questions d'autodétermination dans la région, mais aussi les risques nucléaires associés à une éventuelle guerre contre l'Irak. Une résolution concerne directement le territoire français de Nouvelle-Calédonie : le NFIP appelle en effet les signataires de l'accord de Nouméa à "respecter l'esprit et la lettre" de ce texte, censé préparer une autonomie pour la Nouvelle-Calédonie en mentionnant notamment les notions de "devenir commun" pour toutes les ethnies (européenne, mélanésienne, asiatique, polynésienne) composant sa population. "La plupart des clauses de cet accord n'a toujours pas été mise en Ïuvre", souligne notamment le NFIP. Le NFIP, dans son communiqué final, s'en est aussi pris aux États Unis et au Chili, puissances de tutelles respectives d'Hawaii et de Rapa Nui (île de Pâques) qui, selon le mouvement, "n'ont pas honoré des promesses passées d'émancipation". "Cette conférence prend la résolution de condamner l'occupation américaine de Ka Pae 'Aina (Hawaii)" peut-on lire dans le communiqué final. Le mouvement NFIP a aussi une nouvelle fois condamné le transport de matières toxiques et radioactives à travers l'Océan Pacifique, l'exploitation des forêts et des ressources marines naturelles de cette région et les "impacts négatifs des activités minières sur l'environnement".

Artistes français du Pacifique en force
SUVA, 30 janvier - Coïncidant cette année avec la tenue à Suva des Jeux du Pacifique du 28 juin au 12 juillet, un nombre d'artistes des trois territoires français du Pacifique se produiront dans la capitale fidjienne Suva. Plusieurs groupes de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de Wallis et Futuna seront au rendez-vous, avec le soutien des collectivités territoriales de l'Outre-mer français et de partenaires locaux (comité organisateur des Jeux, ses sponsors, la radio nationale fidjienne et l'association locale de défense des droits d'auteurs).

Patrick Decloître à Suva


La jeune tibétaine Tenzin Yenan quitte Tahiti rétablie, après avoir subi deux opérations dont une greffe osseuse. La jeune fille était vouée à perdre l'usage de l'une de ses jambes, mais grâce à l'association "Échanges himalayiens de Polynésie française" et à la compagnie Air France, elle put venir à Tahiti où le docteur Serge Lallemand l'a opérée à l'hôpital territorial de Mamao. Guérie, elle a rejoint un centre de réfugiés tibétains dans le nord de l'Inde. (Ph. ATP)

 

Nombreuses et gentilles festivités à Papeete pour la célébration du Nouvel an Chinois. (ph. Durocher/ ATP)

 

Création de la première agence professionnelle de mannequins à Tahiti. Cette agence Poeani, fondée par Éric Céran-Jérusalemy, est la seule dans son genre à Tahiti. Elle dispose de 62 jeunes modèles d'origines ethniques différentes au service des stylistes de mode tahitiens. L'agence se veut des plus sérieuses.

Décédé : Conrad Hall nous a quitté à Los Angeles à l'âge de 76 ans, suite aux complications d'un cancer. Les cendres du cinéaste américain ont été dispersées en mer dans l'océan Pacifique au large de Tahiti où il est né. Conrad Hall, qui a remporté deux Oscars au cours de sa carrière, l'un en 1969 pour "Butch Cassidy et le Kid" et l'autre, plus récemment, pour "American Beauty" (1999), avait passé les huit premières années de sa vie à Tahiti, où son père James Norman Hall (co-auteur de nombreux livres, dont "Les Mutinés du Bounty") avait épousé sa mère tahitienne, Sarah Winchester. Conrad Hall revenait régulièrement se ressourcer sur son îlot de Papeari où il était apprécié et considéré comme un Polynésien enfant du pays. Sa dernière Ïuvre est"The Road to Perdition", tourné ces derniers mois avec dans les rôles principaux Tom Hanks et Paul Newman. A sa famille et ses nombreux amis, Tahiti-Pacifique présente ses sincères condoléances. (Photo : François Duhamel)