N° 169, mai 2005

5

Editorial

6

Courrier des lecteurs

7

Analyse de l'actualité

9

Confidences

10

Cellule d'espionage du GIP, suite.

11

Elections du président de l'assemblée

12

Humour

13

Baromètre

15

Tourisme stagnant à Tahiti : que faire ?

18

Une traversée miraculeuse

19

Que reste-t-il d'un discours ministériel ?

20

Simone Grand

23

Dossier : Un urbaniste aux Samoa

28

Fiu de Beslu

33

Les ari'i vus par le capitaine Cook en 1773

34

Nouvelle-Calédonie

37

Libre opinion

41

Jean-Paul II et l'Océanie

44

l'Europe et Tahiti

46

Découvertes

45

Héritage ambigu ; le mythe de Gauguin

50

Nouvelle : "La dame ari'i et le promoteur"

54

Publications

55

Evénements du Pacifique en avril2005

56

Les événements de Tahiti en mars 2005

57

Balises des îles


HUMOUR

 

Ah, qu'on s'amuse à Tahiti !

 T outes les personnes vivant loin de Paris connaissent le phénomène : pour les membres de "l'intelligentsia" de la capitale, seuls ont de la valeur celles ou ceux qui leur sont proches, ceux qui leur reconnaissent leur « valeur » et ceux qui évoluent dans leur milieu et font partie des « réseaux » de la capitale. Ce nombrilisme aberrant est la raison pour laquelle il est indispensable que l'événement ait un lien avec une personnalité de Paris pour que la presse parisienne parle de Tahiti (ou d'un autre lieu exotique). L'enthousiasme des médias parisiens (faussement appelés « nationaux ») pour la découverte du « système Flosse » à Tahiti est intimement lié à l'étroite relation que cet homme maintient avec Jacques Chirac, actuel grand manitou des Parisiens. Et c'est ainsi dans tous les domaines, notamment de la littérature où ne saurait être un écrivain digne d'être publié que celui qui boit régulièrement son jus matinal au Café de Flore ou autre Vert Galant, un étrange rite gaulois.

Bien sûr, dans nos lointaines colonies, nos « intellectuels » provinciaux sont béatement à genoux et en admiration devant tout ce qui est parisien, dépensent des millions (de subventions) pour tenter de se faire reconnaître lors de salons littéraires ou autres ; en vain puisque ne pas être du cru parisien est synonyme de rejet.

Malgré les échecs d'une reconnaissance quelconque par Paris, certains « intellectuels » de Tahiti (qui se déclarent anticolonialistes) ont néanmoins décidé de faire "comme à Paris" : ils ont créé une association (subventionnée) d'auteurs dont le critère d'acceptation semble être uniquement une naissance polynésienne. Dirigée par des gourous autoproclamés et encouragés par quelques enseignants, l'ancien gouvernement et même certains fonctionnaires de l'Etat, cette association donne l'impression d'être la propriétaire exclusive des œuvres des jeunes auteurs de la nouvelle génération de Polynésiens éduqués (selon les critères parisiens). Ainsi, depuis quelques années, toutes les émissions littéraires de Tahiti sont squattées par toujours les mêmes (dont les livres sont souvent des bides mais dont les relations sont « bonnes »), qui répètent à l'antenne inlassablement les mêmes choses, de quoi vous dégoûter de la littérature. De telles personnes ont aussi instillé chez les auteurs une sorte de sentiment du "politiquement correct" qui clame que seul son bulletin (subventionné) serait digne de les publier et que confier leurs écrits à d'autres, notamment un certain magazine que vous connaissez, ne serait pas « correct ». Résultat : pratiquement personne ne lit nos jeunes Malraux en herbe tant la diffusion du bulletin (subventionné) reste confidentielle.

 

La grande messe annuelle de ce microcosme est le « Salon du Livre » (subventionné) à Papeete, et cette année ce fut franchement du comique : seuls avaient été prévenus et invités quelques « grands » éditeurs de Tahiti, spécialistes du livre subventionné (par la filière universitaire ou autres) et qui font partie d'une « association des éditeurs de Tahiti » qu'ils se sont créé entre eux pour mieux s'autopromouvoir. Résultat : la brochure (subventionnée) faisait uniquement l'éloge de leurs livres qui sont pourtant tous imprimés à Singapour, à Hong Kong ou en France, alors que les « petits » éditeurs, coupables d'imprimer localement, de ne jamais demander de subvention (et malgré cela de vendre moins cher, impardonnable !) ont été tenus à l'écart du Salon. Le ridicule suprême fut révélé lorsque la liste des "succès de l'année" oublia de mentionner justement le grand, grand succès de l'année à Tahiti, nommément le livre « Taui, le pouvoir confisqué » de Jean-Marc Régnault. Il est vrai qu'il a osé se faire éditer par un « petit », des îles de surcroît, et d'avoir été imprimé localement.

Ainsi donc, est ces temps d' « océanisation » et d'« autonomie renforcée » à Tahiti, on y a dupliqué le système parisien sectaire d'un monde littéraire guidé par et réservé à quelques mandarins qui en ont fait leur sinécure. C'est ce que Marius Raapoto appelle « avoir le casque colonial dans la tête » ; et pour faire partie de cette « élite » autoproclamée de Tahiti, ce n'est pas le petit noir au Café de Flore qui est indispensable, mais de rester bloqué tous les matins dans les embouteillages débiles de Papeete.

 

Que la littérature "ma'ohi" ait aussi adopté la "spécificité" tahitienne moderne, la dépendance des subventions, est logique et mène à quelques excès, tel cet appel de Jean-Marc Pambrun dans Toere qui réclame une « aide à la création littéraire en faveur des auteurs, des aides financières à ceux qui ont des projets d'ouvrages qui permettrait, aux uns de vivre dans des conditions décentes, et aux autres de prendre des congés sabbatiques rémunérés pour écrire » car « les écrivains ma'ohi ne peuvent vivre -et encore moins survivre- de leur activité », un « constat affligeant d'auteurs qui s'interrogent sur les raisons ». Pourtant celles-ci sont claires : pour vivre de l'écriture, il faut écrire des livres intéressants, passionnants qui seront achetés, surtout ne pas pondre des pages d'états d'âmes (le « pitoisme ») qui non seulement n'intéressent personne mais, lorsqu'elles sont encensées dans les médias, donnent une mauvaise image du livre et découragent les jeunes à plonger dans d'autres bouquins. L'appel de J.-M. Pambrun, ivre de son importance mais sans le sou, avance que « les écrivains ma'ohi ont fait leurs preuves, aux pouvoirs publics à prendre les dispositions nécessaires pour permettre l'émergence d'un statut d'écrivain à part entière. C'est l'un des prix à payer pour que la littérature polynésienne croisse en force et en qualité » (sic !) Là n'est qu'une autre démonstration du but essentiel recherché dans nos îles : se constituer une petite rente payée par de lointains contribuables afin de pouvoir aller confortablement méditer sur la plage.

Telle est la (belle) vie dans nos îles

Bonne lecture à tous et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
Directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

 Vendredi 1er avril
-Distribution gratuite des cachets de Notézine et Zentel en Polynésie française.

Samedi 2 avril
-Victoire des rameurs de Shell Va'a dans la course Tahiti-Moorea-Tahiti.
-Election de Melle Camille HEDDE d'ENTREMONT, âgée de 19 ans, au titre de Miss Popa'a Polynésie.
-La délégation polynésienne de force athlétique remporte quatre médailles d'or aux championnats de France junior à Laval : Raimana Maihi en moins de 110 kg, Jonathan Arakino en catégorie des plus de 125 kg, Vahinearii Buchin chez les féminines de moins de 67 kg et Heiroti Teauroa en moins de 100 kg.

Dimanche 3 avril
-Fin des blocages par le GIP des zones portuaires de Papeete, suite à la nomination de Yannick BOOSIE en tant que chef de service.

Lundi 4 avril
-Début des stages de formation pour 60 personnels de crèches et de garderies.
-Découverte à Punaauia d'une quatrième colonie de fourmis électriques.
-Ouverture d'une session de formation pour lutter contre l'illettrisme. : 30% en Polynésie fraçaise.
-Le comité central du Tahoera'a prononce la démission de Georges PUCHON et l'exclusion pour Jean-Alain FREBAULT.
-Arrivée à Tahiti d'une délégation métropolitaine du comité de suivi des essais nucléaires.

Mardi 5 avril
-Présentation par le ministre de l'Economie, Emile VANFASSE de son plan de relance économique.
-Nomination par le président Oscar TEMARU de Mme Christiane ATHANE à la tête de la mission d'évaluation du G.I.P.
-Départ du président Oscar TEMARU pour la Nouvelle-Zélande.
-Le Tahoera'a appelle à voter pour le oui au référendum pour la constitution européenne.

Mercredi 6 avril
-La veuve de l'ex-leader du Fetia Api, Céline LEONTIEFF demande à l'assemblée de Polynésie la création d'une commission d'enquête sur la tragique disparition de son époux et de ses amis le 23 mai 2003.
-Le conseil des ministres attribue des subventions d'un montant de 741 millions Fcfp aux communes de Faa'a et Mahina.

Vendredi 8 avril
-Eclipse solaire partielle en Polynésie.

Samedi 9 avril
-Victoire du rameur Conrad VAN BASTOLAER, dans la course de pirogue individuelle, (Mahina-Vaiare, 35 Kms).
-Retour du président Oscar TEMARU après une semaine passée en Nouvelle-Zélande pour raisons de santé. Il annonce la création d'une délégation tahitienne à Auckland et à Sydney afin d'accroître les relations entre la Polynésie françise et les pays du Pacifique.
-Journées portes ouvertes au Régiment d'Infanterie de marine de Polynésie (RIMAP) à Arue : 9000 visiteurs.

Dimanche 10 avril
-Tragique accident dans le port de Faratea : une voiture plonge dans le port avec à son bord 6 passagers. Bilan : 3 enfants décèdent.

Lundi 11 avril
-Départ du ministre de l'éducation, Jean-Marius RAAPOTO pour Paris, afin de négocier une nouvelle convention de l'éducation entre l'Etat et le gouvernement local.

Mercredi 13 avril
Nomination de Georges LAN AH LOI à la direction générale du Port autonome de Papeete. Il succède à Mme Béatrice CHANSIN.
-Le conseil des ministres met fin aux fonctions de M. Alain FERNBACH en tant que chef de service de la délégation de la Polynésie française à Paris.

Jeudi 14 avril
-Election d'Anthony GEROS à la présidence de l'assemblée de P.F. avec 28 suffrages contre 26 pour Lana TETUANUI (Tahoeraa Huiraatira) et 1 voix (la sienne) pour Hiro TEFAARERE.
-Ouverture à Papeete du 4ème salon du Livre.
-Arrestation à Papeete, de six personnes pour trafic de drogue (ice).

Vendredi 15 avril
-Noyade de trois enfants en bas âge dans une fosse à Bora Bora.

Samedi 16 avril
-Arrivée à Papeete de huit nouveaux thoniers de la SEM Tahiti Nui Rava'ai. Ils ont été construits en Chine.
-Clôture de la quatrième édition du salon du Livre.

Lundi 18 avril
-Ouverture à Papeete d'un séminaire sur l'aménagement du front de mer.
-Démarrage des travaux de réfection du Lycée Paul Gauguin.

Mercredi 20 avril
-Le parti No Oe e te Nunaa appelle à voter oui pour la constitution européenne.
-Le conseil des ministres souhaite une baisse des prix de l'électricité. L'Electricité de Tahiti s'y oppose et le renvoie à 2006 pour toute discussion sur le sujet.

Jeudi 21 avril
-Arrivée à Tahiti, de deux avions "Beechcraft Super King B200" de la compagnie Air Archipels destinés aux évacuations sanitaires.
-Don de six tableaux du peintre espagnol Joan Abello au Musée de Tahiti et des îles.
-La direction régionale des douanes tire la sonnette d'alarme sur l'augmentation de la contrefaçon à Tahiti.

Vendredi 22 avril
-Election de M. Marcel AHINI à la présidence du conseil d'administration de la Caisse de prévoyance sociale (CPS).

Samedi 23 avril
-Présentation d'un projet de complexe comprenant deux hôtels à Tefarerii Huahine :Un cinq étoiles de 100 chambres construit à flancs de montagne, l'autre, de 100 chambres et 229 unités de type résidence, 1 marina, une plage et un golf à 20 trous.

Lundi 25 avril
-Ouverture des compétitions de surf à Teahupoo.
-Vol promotionnel de la compagnie territorial Air Tahiti Nui vers New York. avec le président TEMARU qui continuera vers Paris pour rencontrer le premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN.
-Arrivée à Tahiti de la chanteuse française Jennifer pour y donner un concert.
-Blocage des accès au futur centre d'enfouissement technique de Nivee (Papenoo) par Mama Vana'a VAIHO et Roti MAKE.

Mardi 26 avril
-Le tribunal correctionnel retient de la nullité de citation de la plainte pour diffamation déposée par Gaston FLOSSE à l'encontre de Laurent FABIUS.
- Le tribunal correctionnel relaxe Oscar TEMARU dans la plainte pour diffamation déposée par Noa TETUANUI.

Mercredi 27 avril
-Grève à l'hypermarché Hyper U.
-Arrestation au Luxembourg d'Alexandre Gabriel, « patron » de l'International Marketing Corporation (IMC) pour une escroquerie de 60 milliards Fcfp, dont 2 milliards en Polynésie française.

Jeudi 28 avril
-Le surfeur tahitien Manoa DROLLET remporte la compétition Air Tahiti Nui &endash; Von Zipper Trials. Il se qualifie pour la fameuse compétition « Billabong Pro », toujours à Teahupoo.
-Préavis de grève à l'Institut de formation maritime pêche et commerce.

Samedi 30 avril
-Concert de la chanteuse Jennifer (3500 personnes).
-Fin du mandat des conseillers du Conseil économique social et culturel (CESC).


Evénements dans le Pacifique Sud

Ministre fidjien condamné par la justice

SUVA, 5 avril - Ratu Naiqama Lalabalavu, ministre fidjien des affaires foncières et par ailleurs membre de l'influent Grand Conseil des Chefs de cet archipel, a été reconnu coupable d'avoir joué un rôle dans les événements ayant suivi le coup d'État mené par George Speight en mai 2000. Il a été condamné à huit mois de prison ferme, mais le gouvernement du Premier ministre Laisenia Qarase ne l'a toujours pas limogé. Lalabalavu a notamment été reconnu coupable d'avoir joué un rôle de premier plan dans une insurrection qui avait eu lieu dans l'île du Nord de Fidji, Vanua Levu (où il est un des grands chefs coutumiers), quelques jours après le putsch de Speight.

 

Vanuatu : médiateur consensuel

PORT-VILA, 5 avril - Le gouvernement de Vanuatu a annoncé la nomination au poste de médiateur, longtemps resté vacant, de Peter Taurakoto, l'un des membres fondateurs du parti au pouvoir, le Vanuaaku Pati. Ce poste, figurant dans la Constitution de Vanuatu, prévoit la constitution d'un bureau dirigé par un médiateur, selon le principe scandinave de l'« ombudsman » et ayant la possibilité de s'auto-saisir des dossiers de son choix, ou d'agir sur plainte d'un citoyen. On se souvient de Marie-Noëlle Ferrieux-Patterson (française d'origine) ; la médiatrice qui se révéla rapidement peu docile et publia pendant les cinq années où elle occupa cette fonctions une série de rapports accablants dénonçant malversations, corruption et abus de pouvoirs au sein du gouvernement de l'époque, contribuant ainsi à sa chute.

 

Crise entre Canberra et Port-Moresby

PORT-MORESBY, 8 avril - Le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée a convoqué le haut-commissaire (ambassadeur) australien Michael Potts afin de lui signifier son intention de suspendre les pourparlers de coopération bilatérale tant que l'Australie n'aura pas formulé des excuses concernant un récent contrôle de sécurité sur la personne du Premier ministre papou Sir Michael Somare. L'incident à l'origine de la controverse, qui a depuis provoqué plusieurs manifestations de soutien à M. Somare dans les rues de la capitale : le fait que le chef du gouvernement papou, en transit à l'aéroport de Brisbane, de retour d'une réunion du Forum en Nouvelle-Zélande, se soit vu demander par un agent australien de sécurité de retirer ses chaussures alors qu'il se trouvait encore dans le salon de cet aéroport. Le directeur de cabinet de M.Somare a notamment évoqué la possibilité de suspendre le programme australien d'aide à son ancienne tutelle, d'un montant estimé à plus de 800 millions de dollars australiens (500 M¤) par an.

 

Guerre des biscuits

SUVA, 6 avril - Le ministre fidjien des affaires étrangères et du commerce a donné mercredi deux semaines aux autorités de Vanuatu pour qu'elles fournissent une explication concernant une nouvelle interdiction d'entrée sur son territoire des biscuits fabriqués à Fidji. Il protestait contre une interdiction d'entrée pour les biscuits (de type « cabin crackers ») fabriqués à Fidji et exportés depuis plusieurs années sur le marché régional de Vanuatu. Motif invoqué : protéger l'industrie locale, et notamment la récente création d'une usine de biscuits au Vanuatu.

 

Nauru liquide ses biens

MELBOURNE, 11 avril - Dernière miette d'un empire financier construit du temps de la splendeur et des importants revenus du phosphate de Nauru, le Savoy Tavern, à Melbourne, a été vendu la semaine dernière pour environ 7,5 millions de dollars US. Depuis l'an dernier, Nauru, confronté à une crise financière sans précédent et contraint de rembourser une dette contractée il y a une dizaine d'années, avait entamé un plan de réforme et de liquidations de ses actifs à l'étranger, dont un immeuble à Sydney, le Nauru House qui fut vendu pour la somme de 107 millions de dollars US et un autre à Melbourne qui abritait ses services consulaires et de chancellerie dans ce pays. Ainsi en 20 années de gestion douteuse les gouvernements successifs de Nauru ont réussi à faire disparaître toutes les économies et mettre en faillite un pays qui était jadis considéré parmi les plus riches du monde. Le gouvernement australien et le Forum des Îles du Pacifique se sont portés au secours de Nauru, l'un en envoyant une équipe d'experts financiers, économiques, en poste dans l'administration locale, l'autre en étudiant les moyens de mener à bien un plan de réformes radicales censées remettre à flot une économie au bord de la faillite.

 

Lutte contre les pêcheurs pirates

WELLINGTON, 13 avril -Hauts responsables gouvernementaux et militaires français, australiens et néo-zélandais se réunissent dans la capitale néo-zélandaise pour étudier les moyens de renforcer leur coopération en matière de surveillance des zones exclusives économiques du Pacifique central et occidental. La principale ressource visée est le thon et est également prévu la mise en service d'un réseau de surveillance par satellite, couvrant les eaux de la région. Un ministre australien avance que les nations responsables ne peuvent plus rester les bras croisés à regarder les dégâts faits à l'environnement par des cartels de criminels organisé, dénonçant les pavillons de complaisance. Exemple : six bateaux en situation de pêche illégale au Sud de l'Australie, près de l'Antarctique, des bâtiments arboraient des pavillons du Togo et de Géorgie, n'ont pu être arraisonnés du fait de la non adhérence aux traités internationaux des pays où ils étaient enregistrés. « C'est d'une stupidité absolue, cette situation grotesque ne peut continuer ».

 

Ancien ministre et sénateur libérés

SUVA, 15 avril - Ratu Naiqama Lalabalavu, ancien ministre des Terres et le sénateur Ratu Josefa Dimuri, tous deux condamnés 11 jours auparavant à huit mois de prison ferme pour avoir incité à la mutinerie lors du coup d'État de mai 2000 à Fidji, ont bénéficié d'une relaxe et devraient désormais purger leur peine sur une base « extra murale ». Cette décision a provoqué un tollé de la part de l'opposition qui a qualifié cette mesure de clémence de « parodie de justice » et de « justice sélective » et « à deux vitesses », mais aussi « d'ingérence » du gouvernement dans l'appareil judiciaire. Le gouvernement fidjien, pour sa part, par la voix du ministre de la Justice, a fait savoir que les deux bénéficiaires, aux termes de la loi, sont toujours respectivement membres de la Chambre des Représentants et du Sénat. Dans un communiqué l'officier supérieur de l'Armée estime que cela est une « farce » qui « ridiculise l'armée, la police et l'appareil judiciaire ». Le président de Parlement fidjien, lui, explique que « c'est une décision difficile, mais je la prends pour le bien de ce Parlement et pour le bien du pays ».

 

Inondations aux Fidji

SUVA, 20 avril - Les pluies torrentielles de la dépression tropicale qui s'est déplacée au-dessus de Fidji ont provoqué d'importantes inondations en plusieurs points de cet archipel et d'ores et déjà causé la mort d'une personne, morte noyée. Les députés du Parlement ont été forcés d'interrompre leurs débats après l'effondrement du toit de l'hémicycle, qui a croulé sous le poids des pluies diluviennes

 

Projet de loi pour protéger ses chefs

SUVA, 20 avril - Le gouvernement des îles Fidji élabore un projet de loi censé instaurer une exception traditionnelle pour les grands chefs coutumiers de l'archipel qui se retrouveraient impliqués dans des affaires de sédition.

 

Gisement d'uranium australien controversé

DARWIN, 26 avril - Une ONG australienne, la Australian Conservation Foundation, s'est opposée à la reprise des négociations en vue d'une éventuelle exploitation du gisement d'uranium de Koongarra par la société française Areva, à travers COGEMA-Australia.

 

Guerres tribales

PORT-MORESBY, 27 avril - Des affrontements entre tribus rivales de la province papoue de Chimbu (environ 500 kilomètres au Nord-Ouest de la capitale) ont causé la mort de deux villageois et causé la fuite de cinq milliers d'autres, dont les maisons, pour certains, ont été détruites. Ces affrontements entre les tribus rivales de Kundiawa, Digine et Wiye ont éclaté il y a un mois, à l'origine par contrecoup aux résultats d'élections locales. De nombreuses plantations ou cultures vivrières sont parties en fumée, posant à un terme un problème de pénurie alimentaire pour ces populations.

 

Promotion pour ministre roturier

NUKUALOFA, 28 avril - Le député pro-démocratie Fred Sevele, qui fut, le mois dernier, l'un des deux élus populaires à faire une modeste entrée au gouvernement en tant que ministre du Travail, a été promu au rang de Premier ministre par intérim, en l'absence du titulaire, le Prince 'Ulukalala Lavaka Ata, fils du roi Taufa'ahau Tupou IV.

Patrick Decloître à Suva, Flash d'Océanie


Le trois-mâts La Boudeuse, navire d'exploration humaniste" de Patrice Franceschi, a effectué une longue escale à Tahiti avant de partir se montrer (avec beaucoup de publicité) aux Tuamotu et îles Marquises. C'est comme Jean-Loup Etienne et autre Maud Fontenoy : les Parisiens s'amusent "scientifiquement" dans le Pacifique. (ph. TPM)

 

La jeune chanteuse Emere (à droite) qui avait été élue meilleure interprète féminine en 2003 voit sa carrière décoller : elle a donné un grand concert qui fut un succès et elle "chauffe" la salle lors de concerts d'artistes de passage tels que "Jenifer" (à gauche). (ph. TPM)

 

 En provenance du Kansas aux Etats-Unis, deux nouveaux avions "Beechcraft Super King B200" ont atterri à Tahiti pour renouveler la flotte d'Air Archipels, filiale d'Air Tahiti qui a été créée en 1996 pour effectuer les 400 évacuations sanitaires par an. (ph. TPM)

 

Le yacht Tatoosh , propriété de Paul Allen, co-fondateur de Microsoft, est revenu à Tahiti . Il est considéré comme l'un des plus beaux et luxueux yachts privés du monde avec sur le pont un hélicoptère, une vedette rapide et un voilier de 13 mètres. (ph. TPM)

 

Bernard Dumortier, journaliste de Tahiti dans les années 80, est revenu signer son livre sur Moruroa. Il fut le seul journaliste autorisé à accompagner la délégation métropolitaine conduite par Marcel Jurien de la Gravière, délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la défense. Le médias de Tahiti n'avaient même pas été avisés de cette visite sur les sites. Bravo la transparence ! (ph. TPM)