N° 184, août 2006

4

Les Grosses Têtes de Tahiti

5

Editorial

6

Courrier des lecteurs

7

Analyse de l'actualité

9

Confidences

10

Problème de communication à la Présidence

12

Humour

13

Baromètre

15

Hänni à Tahiti en 1894

21

Simone Grand

22

La caste qui se gave

23

99 millions gaspillés pour rien

24

La Chambre des Comptes chez Emile

26

Festival des jeunes du Pacifique

28

Que s'est-il passé à Mangareva le 2/7/1966 ?

32

Le radeau Tangaroa

34

Le Heiva 2006

36

Encore du courrier

37

Le Fiu de Beslu

38

Problème au Tuvalu

39

Dur, le temps des goélettes

40

Le trou

41

Aidez le Tuvalu !

43

Nouvelle : "Trimaran pour Vanuatu"

48

Evénements du Pacifique en juillet 2006

49

Les événements de Tahiti en juillet 2006

50

Balises des îles

 

 

 

 


HUMOUR

Il faudra bien s'y résigner…

Pour tenter de faire croire à une réussite économique de son gouvernement, le président Temaru a expliqué que « 300 emplois avaient été créés jusqu'à ce jour (fin juillet) cette année ». Or l'opposition a très bien réagi en expliquant que cela voulait dire qu'environ 600 emplois seraient créés dans l'année, alors que ce sont 4000 jeunes qui chaque année arrivent en Polynésie française sur le marché du travail. La situation n'est pas nouvelle mais s'aggrave d'année en année et il devient de plus en plus apparent que le chômage de nos jeunes, même des moins jeunes comme des nouveaux diplômés, atteint un stade critique qui commence à vraiment affecter la fibre de la société, ne serait-ce que par l'augmentation de larcins, cambriolages et autres délits commis par des jeunes désespérés.

En effet, si jadis il était possible dans nos îles de vivre "dans la nature" et de la nature, depuis l'introduction à Tahiti du monde moderne modelé sur un univers artificiel et massifié, avec des dames (ou messieurs) pipi qu'il faut payer juste pour lâcher un besoin, avec la spéculation foncière (*) et l'urbanisation qui rendent de plus en plus d'espaces clôturés et inaccessibles, il est devenu pratiquement impossible de vivre de façon traditionnelle.

Aujourd'hui donc "job" et un revenu régulier sont indispensables pour survivre dans la dignité selon les critères annoncés chaque minute sur les 25 chaînes de télévision. Mais comment faire lorsqu'il n'y a pas d'emploi, pas de débouché, même pour les heureux diplômés dans un « péï » aux ressources limitées, sans industrie, sans ressource minière. Oui, on a pratiquement tout tenté pour créer à coups de subventions des industries de substitution, de l'usine à faire des rouleaux de PQ, des tuyaux PVC ou du punu pu'a toro avec de la viande importée, même des nouilles, mais l'explosion démographique des 30 dernières années (réduction de la mortalité infantile, allocations familiales&endash;"l'argent braguette") a rendu tout cela insuffisant.

Certains matahiapo (vieux), dont le président Temaru, regrettent la « douceur de vivre » des années 40 et 50 de leur jeunesse lorsque la Polynésie française avaient 80 000 habitants, alors qu'aujourd'hui nous sommes plus de 260 000, la plupart entassés sur l'île de Tahiti.

Or beaucoup de ces matahiapo oublient qu'à cette époque lointaine il n'y avait pas suffisamment d'emplois rémunérés dans nos îles et que, malgré la possibilité de vivre "à l'ancienne" ou de subir un quasi esclavage en travaillant dans la carrière de phosphate de Makatea (ressource exportable), les plus entreprenants sont partis aux Nouvelles Hébrides pour devenir contremaîtres dans les plantations (qu'ils durent quitter lors de l'indépendance), alors que les vahine ne rataient pas l'arrivée d'un seul bateau à Papeete dans l'espoir de trouver un tane qui l'épouserait pour l'emmener dans son grand pays. Beaucoup d'autres Tahitiens se sont exilés en Nouvelle-Calédonie pour aller travailler "dans le nickel" ou construire le barrage hydroélectrique de Yate et aujourd'hui leurs descendants, une communauté d'environ 7000 personnes, font partie d'une classe moyenne productive, prospère et essentielle du secteur privé de l'économie du "Caillou".

L'arrivée en 1964 du CEP avec ses essais nucléaires (en fait une nouvelle ressource temporaire) créa un immense besoin en main-d'œuvre et ses dépenses sans compter déclenchèrent un boom économique pendant 30 ans, stoppant ainsi soudainement l'émigration tahitienne, au point d'effacer de la mémoire collective les traces et la banalité de cette mobilité.

Or, vu que depuis les temps anciens les ressources de nos îles n'ont que peu augmenté (le tourisme mais il stagne, la perle mais elle est bradée) mais plutôt diminué (phosphate épuisé à Makatea, arrêt du CEP), la ressource essentielle actuelle sont les transferts financiers "de solidarité" de la France (145 milliards Fcfp en 2005). Or cette ressource aussi est appelée à diminuer (plus ou moins vite, selon la politique du président Temaru) et la population de nos îles commence déjà depuis un certain temps à se retrouver dans une situation similaire à celle des années de l'avant CEP.

Ainsi nos jeunes chômeurs (surtout les diplômés) au lieu d'attendre pendant des années (généralement en vain, à moins d'avoir un tonton maire ou ministre) un éphémère poste de fonctionnaire privilégié, feraient mieux de chercher une voie d'avenir dans l'émigration, aussi douloureuse soit-elle. Bien sûr, comme destination il y a la France (nous en parlons plus loin), mais il leur faut surtout réaliser que Tahiti a la chance d'être à proximité des derniers pays encore relativement « vides », c'est-à-dire sous-peuplés, et en plus ceux-ci sont des pays océaniens.

En effet, il y a (encore !) la Nouvelle-Calédonie avec ses 230 000 habitants, une terre "française" (pas de visa, pas de problème de langue, même climat que Tahiti) presque aussi grande que la Belgique (30 millions d'habitants). Ensuite il y a bien sûr la Nouvelle-Zélande avec ses 4 millions d'habitants moitié moins grand que la France (60 millions h.). Mais là il faut apprendre l'anglais, ce qui ne fait aucun mal et sert toujours, et se battre pour son visa (facile si on est diplômé). En ce moment, les émigrants asiatiques prennent ce pays d'assaut bien que le climat peut être assez froid, surtout dans l'île du sud. Et, enfin, il y a bien sûr l'immense Australie avec seulement 20 millions d'habitants, pourtant aussi grande que l'Europe de l'Ouest (320 millions h.) avec un choix de climats (jungles, déserts, tropical au nord, méditerranéen au sud). Là aussi, les Asiatiques se bousculent pour y entrer.

Et la France alors ? A moins d'avoir un emploi assuré grâce à des relations, je ne le recommanderai pas à un jeune en quête d'avenir. Envahie d'abord par les jeunes francophones de ses anciennes colonies (ce qui crée des tensions raciales) puis par ceux d'Europe de l'Est, avec un économie stagnante qui perpétue un des plus forts taux de chômage d'Europe, à moins d'avoir une spécialité recherchée (danseur, tatoueur ?) le Tahitien sans famille qui débarque en France subira le danger d'être vite assimilé à la masse des sans-papiers, comme c'est arrivé à beaucoup de Comoriens ou d'Antillais. Il ne faut pas oublier non plus que beaucoup de jeunes Français "de souche" émigrent vers les pays anglo-saxons "vides", voire même vers Tahiti ou Nouméa parce que l'avenir en France leur semble "bouché". Mais là est uniquement une opinion personnelle, à débattre bien sûr.

Voilà, c'est dit ! Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

 

Alex W. du PREL
directeur de la publication

* Un exemple : en 1975 à Bora Bora, pour être seul, je me rendais régulièrement sur deux tous petits motu coiffés par une cinquantaine de cocotiers, inhabités et sans intérêt économique. J'assistais alors même à leur vente pour 300 000 Fcfp en regrettant que ce ne soit pas moi l'acheteur (pas de sous !). Or aujourd'hui ces motu (dotés d'une modeste maison, élévation maximale 1,5 mètres !) sont proposés à la vente pour… 15 millions d'euros (1,8 milliards Fcfp !) et, bien entendu, interdits d'accès.


Evénements à Tahiti et ses îles

 Samedi 1er juillet

- Ouverture officielle du Heiva de Tahiti.

- L'équipage français du Sternell remporte la régate Tahiti Tourisme Cup 2006 à Raiatea, Iles-sous-le-Vent.

- Augmentation du prix des hydrocarbures : Essence sans plomb +15 Fcfp passe à 160 Fcfp/L, Gazole +14 Fcfp à 135 Fcfp/L, pétrole lampant +12 Fcfp à 95 Fcfp/L, gaz butane +12 Fcfp à 200 Fcfp/Kg.

 

Dimanche 2 juillet

- Cérémonie pour renommer l'avenue Bruat en avenue Pouvana'a A O'opa.

- Inauguration du « Lieu de mémoire » pour les victimes des essais nucléaires sur la Place Jacques Chirac à Papeete.

- L'Australien Chris DOWNES remporte l'Open international de golf de Tahiti 2006.

- Maria Julia Mantilla Garcia, Miss Monde 2004, est à Tahiti pour présider le jury de l'élection Miss World Tahiti Nui 2006.

 

Mardi 4 juillet

- Célébration de la fête de l'indépendance américaine à la présidence de P.F.

 

Jeudi 6 juillet

- Inauguration de l'exposition d'affiches du Heiva au Fare Manihini à Papeete.

- Départ du président TEMARU pour l'Europe.

 

Vendredi 7 juillet

- Une jeune tahitienne de 26 ans, Sabrina, se rétracte publiquement de l'accusation de viol à l'encontre de son père adoptif, Olivier TEAMO. Une pétition et des marches sont organisées pour la libération de ce dernier condamné à 14 ans de prison et incarcéré depuis dix mois.

- Le radeau Tangaroa et son équipage, partis du Pérou sur les traces du Kon Tiki, arrivent à Raroia aux Tuamotu après 71 jours en mer.

 

Samedi 8 juillet

- Les piroguiers de Shell Va'a remportent la course de pirogue Faati Moorea (tour de l'île de Moorea).

- Vainui SIMON est la première Miss World Tahiti Nui 2006.

 

Dimanche 9 juillet

- Première étape de la course cycliste du Tour de l'amitié de P.F.

- Lancement des concours de chant et danse du 124ème Heiva i Tahiti à To'ata.

- Cinq enfants de l'île de Pâques sont à Tahiti pour participer à la Saga Kaina piti qui se déroule actuellement à Makemo, Tuamotu.

 

Lundi 10 juillet

- L'institut de recherche pour le développement présente les résultats de l'expertise sur le potentiel des substances naturelles en P.F.

- Ouverture du quatrième Colloque international sur les plantes aromatiques et médicinale des régions outre-mer à l'université de la P.F.

- Deux services de l'hôpital de Raiatea fermés faute de médecins.

- Inauguration de la nouvelle mairie anti-cyclonique de Hikueru aux Tuamotu.

 

Mardi 11 juillet

- Signature des « accords de la fonction publique communale » entre l'Etat, les communes et les syndicats.

- Hinatea BERNADINO remporte la course de pirogue Te Aito Vahine (femme), Mike VARNEY remporte celle du Te Aito Taurea (junior).

 

Jeudi 13 juillet

- Henri FLOHR, maire de Papenoo démis de ses fonctions pour inéligibilité, voit sa peine réduite de cinq à deux ans d'inéligibilité par décision de la cour d'appel.

- Le haut-commissariat annonce que l'Etat a dépensé en 2005 148,6 milliards Fcfp (1,25 milliards d'euros) pour la Polynésie française.

 

Vendredi 14 juillet

- Célébration de la fête nationale à Tahiti et dans les îles. Le président Oscar TEMARU est absent.

 

Samedi 15 juillet

- Bruno TAUHIRO remporte la course de pirogue Te Aito Tane.

- Le cycliste tahitien Manarii LAURENT est le vainqueur du 13ème Tour de l'Amitié de Polynésie française.

- A Makemo, les groupes électrogènes en panne privent l'île d'électricité.

 

Dimanche 16 juillet

- Oceania 2006 de judoka : Tahiti remporte une médaille d'or, trois d'argent et cinq de bronze.

- Retour d'Oscar TEMARU d'Europe. Sans nouvelle de lui depuis son départ le 6 juillet, il annonce qu'il était en Allemagne pour la coupe du monde de football, qu'il a aussi rencontré le gouvernement du Luxembourg et enfin qu'il était en Suède sur la tombe de Thérèse et Bengt DANIELSON.

 

Lundi 17 juillet

- Inauguration du premier Festival de la jeunesse du Pacifique à To'ata. Oscar TEMARU demande aux jeunes de débattre de l'autodétermination des peuples et dénonce un système colonialiste existant en P.F.

- Anne BOQUET, haut-commissaire de la république, réagit aux déclarations d'Oscar TEMARU et déplore une succession de gestes inamicaux.

- Henry FLOHR rencontre l'administrateur des Iles-du-Vent afin de pouvoir se réinscrire sur la liste électorale de Papenoo.

- Cocktail d'adieu de l'équipage du yacht de luxe Pangaea qui quitte les eaux Polynésiennes après 20 mois de croisières.

 

Mardi 18 juillet

- Après les déclarations d'Oscar TEMARU au Festival de la jeunesse, Christophe BOUISSOU demande à tous les partis de se réunir pour demander des élections anticipées.

- Signature d'un protocole d'accord Etat/Pays pour combattre l'illettrisme.

- La société d'analyses financière Standard & Poor's donne la note BBB+ à la P.F., une baisse par rapport aux années précédentes (A-).

- Exposition des costumes de Heiva de 1947 à 2006 au Musée de Tahiti et des îles.

- Fin de la panne électrique de Makemo.

 

Mercredi 19 juillet

- Le président TEMARU invite les délégations du Festival de la Jeunesse à un cocktail à la Présidence.

- Maupiti lance un appel au ravitaillement. Faute de desserte pour cause de grève de la flottille administrative (ex GIP), les commerces de l'île commencent à fermer leur porte pour rupture de stock.

 

Jeudi 20 juillet

- Le groupe de danse de Rapa Tamariki Oparo remporte le concours de danse du Heiva en catégorie historique et le groupe de Nonahere en légendaire.

 

Vendredi 21 juillet

- Le ministère des Transports annonce un ravitaillement de Maupiti par la goélette Vai Aito.

- Lourdes Pangelinam, mandataire du Forum du Pacifique et ancienne directrice de la Communauté du Pacifique Sud (CPS) rencontre Jacqui Drollet, vice-président de la P.F.

- Michel Wachenheim, directeur général de l'Aviation Civile, annonce une modernisation de l'aéroport international de Tahiti-Faa'a et le transfert de ceux de Raiatea, Rangiroa et Bora-Bora à la P.F..

 

Samedi 22 juillet

- Clôture du Festival de la Jeunesse du Pacifique.

- Le groupe de danse de Nunue remporte le Heiva i Bora Bora.

- La "Nuit des Arts martiaux" regroupe plus de 2000 personnes venus pour voir des acteurs du show-business américain tels que Robin Shou et la famille Rhee en action.

- Ouverturet à Rangiroa des 3ème Jeux des Tuamotu-Gambier avec plus de 600 personnes.

 

Dimanche 23 juillet

- 350 kg de nourriture sont envoyés par avion à Maupiti en attendant la livraison du Vai Aito.

- 122ème Synode de l'Eglise Protestante à Tubuai aux Australes.

 

Lundi 24 juillet

- Un sondage de la revue américaine « Modern Bride Magazine » classe Tahiti en tant que deuxième choix mondial de destination pour lune de miel. Hawaii est classé premier.

 

Mardi 25 juillet

- Trois experts japonais en agriculture, pêche et forêt sont en Polynésie française pour une mission exploratoire.

 

Mercredi 26 juillet

- Le quotidien « Nouvelles de Tahiti » annonce qu'un infirmier anesthésiste de 48 ans, en poste sur l'île de Hao (Tuamotu) entre 1993 et 1996, est aujourd'hui accusé d'avoir violé 41 enfants.

 

Jeudi 27 juillet

- Plus de 500 jeunes venus de Tahiti et Moorea passent une journée récréative avec les forces de l'ordre dans les jardins du Haut-commissariat à Papeete.

- Temauri FOSTER, maire de Hao et ministre de P.F. mène la délégation japonaise sur le site du projet d'élevage de thon de Hao, aux Tuamotu. Oscar Temaru, qui devait mener la mission, est introuvable.

- 136 truies et 20 porcs arrivent de Nouvelle-Zélande afin d'améliorer la qualité porcine en Polynésie française.

- Ravitaillement de l'île de Maupiti.

 

Vendredi 28 juillet

- Un baleineau mort et en décomposition est retrouvé à Faratea, à la Presqu'île de Tahiti.

- La compagnie aérienne Air Tahiti réceptionne son nouvel ATR 72-500, le Hekeani.

- Le président de P.F présente à l'assemblée de P.F. un document de l'INSERM qui démontre que les essais nucléaires atmosphériques entre 1966 et 1974 ont faiblement fait augmenter le taux de cancer de la thyroïde en P.F.

 

Samedi 29 juillet

- Première étape du "Championnats de Polynésie d'Apnée 2006" : 82m pour la tahitienne Matana Taimana qui bat le record féminin français de 76m

 

Dimanche 30 juillet

- Arrivée du radeau Tangaroa à Papeete tiré par un remorqueur depuis Raiatea.

 Poema


Evénements dans le Pacifique Sud

 Roi de Tonga pris pour cible

AUCKLAND, 3 juillet - La résidence néo-zélandaise du roi de Tonga dans la banlieue d'Auckland, a été prise pour cible par un opposant, membre de l'importante communauté tongienne résidant dans ce pays. Le citoyen tongien a conduit un véhicule droit dans une des grilles de la résidence royale où se trouvait le monarque Taufa'ahau Tupou IV avant de tenter d'y mettre le feu. Il a rapidement été interpellé par la police néo-zélandaise. Le suspect a depuis expliqué son geste par des revendications pro-démocratiques.

 

Nouvel ambassadeur de France à Fidji

Suva, 4 juillet - Jean-François Bouffandeau, nommé au poste d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République des îles Fidji le 19 juin, a présenté ses lettres de créances au président fidjien Ratu Josefa Iloilo. L'ambassade de France à Suva est désormais compétente pour cinq Etats : Fidji, Nauru, Tuvalu, Tonga et Kiribati.

 

Mort du "Prince du Peuple" de Tonga

Nuku'alofa, 6 juillet - Le prince Tuipelehake, neveu du Roi Tupou IV qui avait, gagné le surnom affectueux de "Prince du Peuple" pour ses prises de position en faveur de réformes démocratiques au royaume de Tonga, et son épouse la Princesse Kaimana, ont été victimes d'un accident de voiture survenu aux USA à Palo Alto, près de San Francisco. Le Prince Tuipelehake, son épouse et leur conductrice ont été percutés de plein fouet par un autre véhicule venant en sens inverse. La conductrice du véhicule âgée de 18 ans, au volant d'une Ford Mustang, a percuté le 4x4 Ford Explorer à bord duquel se trouvaient les membres de la famille royale alors qu'elle tentait de doubler, à grande vitesse, un autre véhicule en sens inverse. la jeune femme se livrait à une course-poursuite sur une autoroute et tentait de doubler un autre véhicule, de front, à une vitesse estimée à 160 kilomètres/heure. Les trois occupants du 4x4 sont morts sur le coup. La jeune californienne devra répondre, au cours de son procès, d'homicide "véhiculaire" et de grave négligence. La peine maximale encourue est de huit ans de prison ferme. Elle a plaidé non coupable et a été maintenue en détention avec la caution fixée à trois millions de dollars. La famille royale a fait savoir qu'elle avait "pardonné" la jeune femme, mais qu'elle n'entendait pas abandonner les poursuites à son encontre.

 

Changement de statut

New York, 8 juillet - Vanuatu, Samoa, Kiribati et Tuvalu pourraient, d'ici cinq ans, passer du statut de "pays moins avancé" (PMA) à celui de "pays en développement" au regard des Nations-Unies. C'est ce qui est ressorti d'une conférence du Comité des Nations Unies pour la Planification du Développement, tenue au début du mois en Afrique. Concernant Vanuatu, le nouveau statut serait envisageable d'ici 2013 et justifié par des performances économiques et sociales "soutenues" et "régulières". Dans la catégorie "en baisse" : la Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui pourrait croiser ces quatre autres pays océaniens en hausse et repasser de la catégorie "pays en développement" à celle de PMA.

 

Shell quitte les îles du Pacifique

Suva, 11 juillet - Total-France a annoncé le rachat du réseau de la société Shell aux îles Fidji et à Tonga. En novembre 2005, Shell Pacifique créait la surprise en annonçant un retrait de sa société à l'échelle régionale, qui se concrétiserait par la mise en vente "d'ici fin 2006-mi 2007" de la totalité de ses intérêts à Fidji, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à Tonga, aux îles Salomon, aux îles Cook, à Vanuatu et en Nouvelle-Calédonie. En Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et au Vanuatu c'est un groupe "Albert Moux and Partners", qui a repris ces marchés, ce qui devrait permettre à l'enseigne Shell de rester, tout en conservant le pétrolier britannique comme principal fournisseur à partir de ses bases australiennes et néo-zélandaises.

 

Vanuatu « top » en qualité de la vie

Londres, 12 juillet - L'archipel mélanésien de Vanuatu, ancien condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides devenu indépendant en 1980, s'est retrouvé en tête d'un classement mondial d'un genre nouveau qui mesure avant tout la qualité de la vie et le "bien-être" de la population. Ce classement, établi par le groupe britannique de réflexion New Economics Foundation (NEF, Fondation pour une Nouvelle Économie), se veut répondre à une nécessité de redéfinition et de dématérialisation des notions de richesse et de progrès "pour juger nos systèmes et économies sur combien ils contribuent à créer le monde que nous voulons, plutôt que sur combien d'argent ils génèrent". Les critères-clé sont l'espérance de vie et l'impact écologique de l'activité économique. Dans ce classement, basé sur ces critères inhabituels, Vanuatu se retrouve en tête de ce classement "Happy Planet" (Planète Heureuse), classement qui en fait le pays "le plus heureux du monde". Plusieurs pays d'Amérique centrale et du Sud (Colombie, Costa Rica, Panama et Dominique) occupent les quatre rangs derrière Vanuatu, selon cette étude. La Suisse est le premier pays européen, alors que les pays d'ordinaire classés aux premières places mondiales en termes de développement se retrouvent dans le peloton de queue : les USA se retrouvent 150èmes, la Grande-Bretagne 108ème, la Russie 172ème, la France 129ème, le Canada 11ème, le Japon 95ème, l'Allemagne 81ème et l'Italie 66ème.

 

Liens Wallis -Tonga

Nuku'alofa, 16 juillet - Une délégation de chefs coutumiers de l'île de Wallis (Uvea), conduite par le chef Saatula, s'est rendue sur l'île voisine de Tonga pour renouer des liens coutumiers forts avec cet archipel voisin. La délégation wallisienne a rappelé les similarités et les liens historiques existant entre Wallis et Futuna (collectivité française du Pacifique, mais possédant également la particularité de voir reconnu, dans une certaine mesure, l'autorité coutumière de trois rois) et Tonga. Alors que la population de Wallis, culturellement et historiquement, est "de souche" Tongienne, l'île de Futuna est plutôt "de souche" samoanne. « Nous avons des villages qui ont le même nom que d'autres villages à Tongatapu (l'île principale de Tonga), comme par exemple les villages de Ha'avakatolo, de Nuku'alofa, ou encore Niuafo'ou et Niuatoputapu », a rappelé le chef wallisien.

 

Président maori d'un Comité de l'UNESCO.

Vilnius, 16 juillet - La Nouvelle-Zélande a accédé à la Présidence du Comité du patrimoine mondial l'UNESCO grâce au grand chef maori Tumu te Heuheu, déjà représentant de la Nouvelle-Zélande au sein du comité, qui en a été désigné Président. Wellington avait notamment basé sa candidature sur le fait qu'il entendait se faire l'avocat des pays insulaires du Pacifique.

 

1200 fonctionnaires en conges forcés

Guam, 17 juillet - Quelques 1200 fonctionnaires du territoire américain des Marianne du Nord seront mis en congés forcés fin septembre par mesure d'austérité afin de rééquilibrer un budget déjà en large déficit. Afin d'assurer un service minimum pendant toute cette période, sept cent fonctionnaires, répartis dans les services publics, ont été exemptés et demeureront à leurs postes, notamment dans les secteurs de l'enseignement, de la santé et des douanes.

 

Conseiller de Chirac préfet de Wallis

Paris, 20 juillet - Didier Richard, jusqu'ici conseiller de Jacques Chirac pour les questions de l'Outre-mer, a été nommé préfet des îles Wallis et Futuna sur proposition de Nicolas Sarkozy.

 

Accords de pêche UE-Kiribati

Bruxelles, 21 juillet - L'Union Européenne et le Kiribati ont conclu un renouvellement d'un accord de pêche d'une durée de six ans portant essentiellement sur la pêche au thon, à compter du 16 septembre 2006. L'archipel de Kiribati (ex îles britanniques Gilbert) couvre une superficie de 3,5 millions de kilomètres carrés. Ces accords autorisent des bâtiments européens à pêcher dans les eaux territoriales

 

Esperanto polynésien ?

Auckland, 25 juillet - Haami Piripi, directeur de la Commission néo-zélandaise pour la langue maorie, a lancé l'idée d'une langue polynésienne commune à tous les pays polynésiens comme moyen de lutter contre le nombre décroisant de ses locuteurs dans la région. Cette langue, que M. Piripi qualifie de "méta-polynésienne", aurait d'ores et déjà fait l'objet de discussions préliminaires avec plusieurs pays polynésiens du Pacifique, dont Hawaii, les îles Cook, Samoa et Niue. Il s'agirait avant tout de lutter contre la dominance de la langue anglaise dans tous ces pays, mais aussi contre une perte des valeurs traditionnelles de la part d'une classe de la population établie en-dehors de son pays d'origine.

 

Centre de l'ONU pour tout le Pacifique

Suva, 27 juillet&endash; Les Nations-Unies et le gouvernement fidjien ont inauguré à Suva le siège rénové et étendu de leur base fidjienne, qui devient désormais le centre régional des Nations-Unies pour toute la région Pacifique.

 

Patrick Decloître à Suva, Flash d'Océanie


Le footballeur italien Francesco Totti (au centre), champion du monde 2006 est venu se reposer dans nos îles. Il est entouré de deux supporteurs italiens de Tahiti. (Ph: T.P.M.)

 

Le basketteur français de la NBA (Association nationale de basketball, USA), Tony Parker était à Tahiti,

accompagné de sa petite amie l'actrice américaine Eva Longoria . (Ph: TPM)

 

Le footballeur Christian Karembeu était à Tahiti pour participer au Festival de la jeunesse du Pacifique. Il était accompagné de sa femme, la top model, Adriana Karembeu. (Ph: T.P.M.)

 

Vainui Simon (à gauche), première Miss World Tahiti Nui s'est vue remettre son trophée par Maria Julia Mantilla Garcia, Miss Monde 2004, présidente du jury de l'élection. (Ph: T.P.M.)

 

 

Le navire école chilien Esmeralda a fait son escale traditionnelle à Moorea et Tahiti. (Ph: T.P.M.)