Tahiti-Pacifique magazine, n° 100, août 1999
La vie à TIKEHAU en 1940
ou comment bien vivre des ressources d'un atoll
par Monique Malinaud
Voici un excellent article dans lequel Monique Malinaud a recueilli les souvenirs d'une dame âgée des Tuamotu. Ce récit de la vie d'antan sur un atoll dévoile les mille et un secrets pour bien vivre sur les ressources naturelles de cet environnement si spécifique où le cocotier règne. Ce qui est décrit ici faisait partie des connaissances de base de tous les Tahitiens voici 30 ans encore, mais l'introduction d'un mode vie venu d'ailleurs a précipité ces connaissances dans l'oubli. Ainsi, cet article est publié dans le but de "réapprendre leur pays" à notre jeunesse. Merci encore à la Dame de Tikehau.
A.d.P.
Tikehau est un atoll paisible des Tuamotu-nord, à la population accueillante qui vit dans un village coquet face à un joli lagon. Les habitants vivent du coprah, de la pêche, du tourisme. Il y a deux magasins et deux églises, une catholique l'autre sanito [une branche dissidente de l'Eglise mormone]. Actuellement goélettes et avions desservent régulièrement cet endroit tranquille. Le rapide changement de mode de vie efface un passé pourtant encore proche. Quelques contacts, quelques échanges et les mémoires parlent. Moemoea, jeune adolescente pendant les années 1940 devenue aujourd'hui l'une des mémoires de l'île, raconte sa vie d'alors :
En ce temps, il n'y a pas de pea pea (brouilles) à propos des terres car chaque famille - au sens large du terme - travaille ses cocoteraies. L'abondante production de coprah représente le seul commerce de la population. Tuherahera, le village situé sur la grand motu sud-ouest, est api (nouveau).
Les anciens se souviennent du terrible raz-de-marée de 1906 qui avait entièrement détruit leurs habitations placées sur le même motu mais plus au nord. Ils ont alors choisi, pour reconstruire, un emplacement mieux protégé de l'océan par les feo (coraux morts surélevés). Les belles maisons en bois rouge d'importation sont bâties sur pilotis, mesure additionnelle de sécurité face à une éventuelle montée des eaux. Les jardins offrent des trésors : papayers, pamplemoussiers, citronniers, bananiers, pastèques et canne à sucre sont plantés dans des fosses préalablement remplies de débris végétaux et de terre de Tahiti rapportée lors des fréquents voyages. De grands arbres uru, kava ombragent les allées sablonneuses.
Au début des années 1940, les enfants de la classe unique fréquentent plus ou moins assidûment l'école chaque jour de la semaine. Madame Lequerré en est la première institutrice. Parfois les piquants de l'oursin crayon remplacent les crayons d'ardoise. Les habitants ont construit la mairie et l'école en pu'a auahi, une poudre obtenue en faisant chauffer dans un grand hima'a (four polynésien) des morceaux de corail blanc. Cette chaux de corail [du calcium pur] sert de ciment ou de peinture selon la quantité d'eau ajoutée.
Vie de tous les jours
L'atoll se réveille aux premières lueurs du jour avec le "crin crin" des râpes à coco, l'odeur de poisson frit, de café torréfié acheté en vrac à Tahiti. Avant de l'utiliser il faut le décortiquer et le griller.
Les puits creusés dans le sable et tapissés de pierres noires de Tahiti filtrent une eau plus ou moins saumâtre utilisée pour tous les besoins, y compris alimentaires. L'eau de pluie, destinée à la consommation, est stockée dans les paero (tonneaux de vin), une réserve souvent insuffisante. La cuisine se fait au feu de bois, de bourre de coco ou dans le four polynésien. Il y a quelques réchauds à pétrole. Le fer à repasser chauffe au charbon de bois. Après utilisation, encore chaud, il est enduit d'une couche de cire à l'aide d'une bougie puis rangé bien enveloppé dans un tissu. La lampe à pétrole ou une simple boîte contenant de l'huile de coco dans laquelle trempe une mèche de tissu éclaire les soirées.
La journée de travail ne s'arrête qu'en milieu d'après-midi. C'est le moment de s'occuper du repas et de la pêche. Les hameçons, confectionnés avec les ressorts de vieux lits métalliques et achetés chez le Chinois, sont soigneusement nettoyés et huilés après chaque usage. Le choix de sa forme détermine le menu. Les poissons sont nombreux et variés. Octobre, novembre, décembre sont les meilleurs mois, certaines espèces arrivant du large pour se reproduire : les gamins s'amusent à les harponner sur le platier, dans 40 centimètres d'eau, avec un simple couteau. C'est aussi l'heure du boulanger et de l'ipo, pain bouilli dans l'eau de coco. Il existe différentes recettes : ipo uru, ipo uto fait avec la fruit spongieux qui se trouve à l'intérieur des cocos germées et le ipo pia. C'est une plante locale dont les tubercules râpés et mélangés à de l'eau, puis passés à travers un linge et séchés, donnent l'amidon. Cette farine diluée avec du lait ou de l'eau de coco constitue un bon aliment pour les bébés.
Les adultes travaillent la cocoteraie toute la semaine, parfois sur un motu éloigné. La vie s'y organise alors sur place. Ils construisent le fare niau (palme de cocotier coupée par le milieu et tressée). La nature fournit également le mobilier. Le lit est délimité par des bois a l'intérieur desquels sont disposés plusieurs épaisseurs de paa (palmes de cocotier tressés entières) recouvertes d'ainoa (nervures des palmes). Les pieds et le cadre de la table sont en kahaia (bois léger) et le plateau en aata (tiges des palmes de cocotier). Le puits donne l'eau. Certains enfants suivent les parents et font l'école buissonnière, d'autres restent au village hébergés par des proches ou des voisins.
Le travail sur les motu s'arrête le vendredi, C'est le retour vers Tuherahera. Mahana ma'a (samedi) est le jour où l'on prépare la nourriture pour le dimanche. Deux ou trois gros bateaux partent pêcher, à la ligne ou au patia (sorte de mince harpon), pour tout le village.
Si un cochon est tué, il est partagé entre toute la famille. Les mamas tressent les paniers niau dans lesquels cuiront les hapuu (mérous). On fait le pain avaro, mélange de farine de lait et d'eau de coco qui se conserve trois jours. A tout cela s'ajoutent bananes, uruÉ Le four polynésien est alors fermé sur tous ces délices. Il ne sera rouvert que le lendemain après la messe.
Certains événements particuliers, comme la bénédiction d'un nouveau bateau, réunissent tous les habitants de l'atoll. Chacun se fleurit. L'embarcation, décorée aussi, est roulée jusqu'au lagon sur des troncs de cocotiers. En avant un groupe de femmes chante et danse pour encourager les efforts. Les enfants débordent de joie et d'excitation. Puis vient le moment de la prière et de la bénédiction. Ensuite la fête continue avec la danse du tamure et un grand ma'a (repas).
Les rahui (interdiction temporaire, genre de tapu) décidés par le tavana (chef) en accord avec sa population, rythment la vie. Ce mode d'exploitation alterné sur trois zones permet l'entretien de toutes les cocoteraies en ménageant l'équilibre de la végétation et la richesse du lagon.
Vers le "secteur"
A Tikehau, après six mois passés a Tuherahera (nom général donné au grand motu sur lequel se trouve le village) tout le monde déménage au "secteur" (un grand motu au nord-est de l'atoll). Bien que d'autres mémoires ne s'accordent pas sur la durée, Moemoe'a se souvient aussi d'un séjour d'un an sur Mataiva. Car les familles de Tikehau sont aussi propriétaires de cet atoll voisin depuis des générations.
Toutes les embarcations sont du voyage, avec des chargements bien variés : cochons, poules, chiens, plantes, cocos et les nombreuses bicyclettes "Hercules", "Peugeot" bien jolies avec leurs lumières et leurs sonnettes.
Les gros bateaux traversent le lagon à la voile. Cela peut mettre deux jours. Pour la nuit, ils mouillent à l'abri d'un motu. Les petites embarcations se déhalent avec de longues perches ou rames. Les chevaux, une dizaine, passent par le platier. Appartenant à différentes familles, ils rendent beaucoup de services : couper l'herbe, fournir l'engrais, aider dans les transports, coprah entre autres. Les sentiers permettent la circulation de deux tombereaux.
Le cocotier roi
Le cocotier est l'arbre roi autant par son nombre que par la variété de ses utilisations. L'oroherohe (fleur de coco encore fermée) tranché plusieurs fois donne un liquide épais et sucré. Fraîchement récolté, il se consomme comme du miel [nommé "toddy" dans le Pacifique anglophone), jadis le seul sucre des atolls. Après quelques jours de fermentation il se transforme en une boisson fortement alcoolisée, le pia. La noix de coco porte des noms différents selon sa maturité. Puriri désigne la très jeune noix, sa peau verte râpée sert à fabriquer un ra'au (médicament) pour les enfants. Le coco à boire dont l'amande n'est absolument pas formée s'appelle ouo. Les bébés aiment la fine couche de gélatine se trouvant a l'intérieur du coco à boire nommé nia. Omoto est le coco à boire peau verte dont la tendre amande se mange ou se râpe pour obtenir du lait. Dans un endroit où l'eau manque le pape ha'ari, (eau de coco) est une excellente boisson toujours disponible. Elle s'utilise aussi pour la préparation des médicaments et la cuisine. De la chair râpée de l'opa'a, coco à peau brune, coule le lait crémeux qui fait partie de l'alimentation quotidienne. Uto représente deux choses : la noix germée et la pomme spongieuse qui se développe à l'intérieur à la place de l'eau. Cru, ce fruit sucré régale les enfants. Il s'emploie également cuit pour la fabrication du pain, par exemple. L'huile pour les fritures et l'éclairage provient de cette noix râpée et chauffée. Une crème à tartiner, sorte de beurre, recouvre l'intérieur de l'amande. Le monoï, médicament ou produit de beauté, s'obtient en laissant macérer plusieurs jours au soleil le u'uto râpé et des fleurs de tiare séchées. Le jus d'un crabe bernard-l'ermite pressé dans un linge, ramollit le coco, aide l'huile à sortir. Le coco opa'a et uto donne la coprah. Aipoa est un cocotier spécial couramment planté dans ces années là. Sa peau sucrée se mâchonne comme de la canne à sucre. Les palmes aussi sont bien utiles. Les feuilles sont tressées vertes pour la confection des chapeaux, paniers, éventails et séchés pour la construction du fare niau (toit et murs). Enroulées sur elles-mêmes et nouées les unes aux autres, elles forment le filet pour la pêche aux cailloux. Les nervures servent à fabriquer les balais, à aménager les literies. Le bois lourd est employé dans la construction. Le charbon provient des débris de troncs brûlés. Les coques vidées se transforment en récipients.
Bateaux
Les petits bateaux comme les grands sont construits sur place sans aucun plan. C'est un travail collectif qui peut durer plusieurs années. Les bois locaux, kahaia, tohonu ati, autera'a... fournissent les membrures. Ils sont choisis attentivement en fonction de leur forme et de leur utilisation future. Les outils employés restent simples, le hahu (peau de requin) remplace de temps à autre le papier de verre. Les bois rouges, destinés à la coque, le mât et les voiles sont achetés à Tahiti.
Voyages
Les préparatifs du grand voyage vers Tahiti commencent bien avant le départ. Les sacs de coprah, d'une seule qualité, sont pesés et regroupés pour constituer un dernier chargement sur Papeete. Quelques goélettes viennent directement de Tahiti les récupérer, mais les cinq ou six grands navires, d'une dizaine de tonneaux, appartenant aux familles les plus importantes, assurent une bonne partie du commerce. Ils transportent aussi des passagers et le coprah de ceux qui ne disposent pas d'embarcations suffisantes pour entreprendre le voyage. Les navigations cessent en janvier et février par crainte de mauvais temps. La boussole a maintenant sa place à bord, mais les repères transmis par les anciens se sont pas oubliés. Le chemin de la Croix du Sud à partir du milieu de la nuit mène vers Tahiti. Autre indication, le motu toujours visible par beau temps doit rester à gauche du mât. Les yeux paumotu ont appris à reconnaître dans le ciel ces formes immobiles accrochées au-dessus de Makatea. Au retour, le soleil de son lever jusqu'à midi indique la route. Quand il décline on se dirige toujours vers sa direction opposée.
La marchandise est étendue en vrac dans la cale et laissée en sacs sur le pont. Le nécessaire pour la vie à bord pendant un certain temps est embarqué : drums d'eau, cocos à boire et à râper, café tout moulu, riz, farine, uruÉ Les poissons ne manquent jamais en traversée. Le capitaine dispose de sa cabine. L'équipage et les passagers installent leur peue (natte de pandanus) directement sur le coprah. Un demi drum solidement arrimé sur le pont à l'arrière sert de cuisinière. Le coprah, combustible du bord, y brûle sur un épais lit de sable. Les marmites sont posées sur deux barres transversales fixes.
La durée de la traversée est toujours très variable et parfois même dans une direction imprévue. Un gros temps a même obligé le Mahinateata à "chavirer" sa cargaison dans la mer et à filer vers Raiatea en attendant des conditions meilleures.
Escale à Tahiti
Haere mai te fare, haere mai tama'a (viens à la maison, viens manger), les phrases habituelles de bienvenue accueillent les navigateurs à Papeete. Les Paumotu apportent coquillages, cocos, poissons fraîchement pêchés entre Tahiti et Moorea. Certains rejoignent la famille ou le foyer sanito situé non loin. D'autres, comme le capitaine, dorment à bord. Le coprah est livré aux hangars des Etablissements Donald ou de la société Raoulx, installés sur le port. L'escale peut se prolonger suivant le ravitaillement trouvé dans les magasins en ville. Tout ce petit monde attend alors l'arrivée des cargos en provenance du Canada, de Nouvelle-Zélande, d'Australie. Les conserves de pu'atoro (bÏuf) de ce dernier pays sont très appréciées, ainsi que ses sacs de farine, autant pour la farine que pour le sac. Toutes les femmes cousent à cette époque. Entre leurs mains expertes le sac décousu, trempé dans l'eau de mer plusieurs fois, blanchi au soleil sur les miki-miki puis lavé, amidonné avec le pia et repassé est enfin prêt à se transformer en jolies culottes pour la plus grande joie des coquettes.
Les goélettes, construites sans quille lestée, ne peuvent naviguer contre le vent que chargées. Au retour, la terre et les pierres noires, deux matériaux fort utiles et introuvables aux Tuamotu, constituent alors le lest.
Le village déménage à Mataiva
Les six mois écoulés, le coprah livré, le secteur à son tour est préparé au sommeil. La population rejoint Tuherahera où quelques personnes restent avec les chevaux. Le départ pour Mataiva s'organise. Les gros voiliers remorquent cinq ou six petits bateaux dans lesquels sont parqués chiens, poules, cochons. La flottille attend à Matiti, motu près de la passe, les bonnes conditions pour partir. Taeroto guide la navigation. Ce reflet vert, visible dans le ciel indique la position de l'atoll voisin. Il existe le même au dessus d'Anaa. Au retour les bateaux partent de Temupa et prennent une direction perpendiculaire à cette côte. Par conditions favorables, ce repère à peine disparu, Tikehau et sa passe se montrent droit devant. Si nécessaire, en mer, les animaux sont arrosés pour les rafraîchir. Au bon moment les navires, voiles affalées, pénètrent dans la passe à la rame. Ils sont aussi halés par les Paumotu préalablement débarqués sur le récif extérieur. Les chargements et déchargements s'effectuent dans la passe. Les gros bateaux doivent gîter pour entrer dans ce lagon peu profond. Les marins relient alors le haut du mât à une petite embarcation qu'ils remplissent d'eau pour la faire flotter bas.
Mataiva pour un temps se réveille, la vie reprend, le travail du coprah recommence. A Tikehau, une famille adventiste venue de Maupiti regarde ces migrations massives sans y participer. Les parents et leurs deux enfants vivent à Tuheiava, au nord de la passe, sur un terrain prêté. Ne possédant pas de cocoteraies à exploiter, ils pratiquent le commerce de la pêche. Dans les années 1940, ils vendent régulièrement à Tuherahera ou à Maiai hapu'u, tortues, anguilles, pieuvres cuites dans le four polynésien. La pêche se fait au filet. Ils partent de nuit, à la voile, pour livrer leurs poissons à Makatea au matin.
Progressivement, les pièges en corail sur les côtés de la passe remplacent les filets. Le bateau équipé d'un petit moteur assure des livraisons plus fréquentes. La glace, rapportée de Makatea à chaque trajet, garantit la conservation de la marchandise pendant le transport et permet ainsi des navigations de jour.
Vers 1946, 1947 les déplacements collectifs vers Mataiva s'arrêtent. Quelques membres de chaque famille s'installent définitivement sur cet atoll. Une habitante y fait l'école. Le premier maire, Tepu Meuri, est élu en 1950.
Modernisation
A Tikehau, la population continue sa vie de nomade. La récolte de coprah, très abondante, attire les goélettes de Papeete qui viennent de plus en plus nombreuses. A chaque passage, les habitants achètent "à l'aventure" dans ces magasins flottants. En 1951 le Mahinateata se motorise ; cependant il n'est toujours pas assez rapide pour permettre à la maman partie spécialement accoucher à Tahiti d'arriver à temps. Le capitaine devient alors chef-infirmier et transmet des ordres inhabituels : « faire bouillir l'eau », « laver le linge...» Une mama, aussi du voyage, aide à l'accouchement, tout naturellement, comme cela se passe sur l'atoll où il n'y a ni dispensaire, ni poste de secours. Après cet intermède, chacun retrouve ses îles et tout le monde plus le bébé parviennent heureux et en parfaite santé sur la grande île. Ce bateau, le dernier des grands navires locaux, coule en 1967 au large de Takapoto.
A la fin des années 1950, les gazinières arrivent. Au milieu des années 1960 [lors de l'exode créé par l'arrivée du CEP], le rahui est supprimé et chacun travaille où il veut quand il veut. A cette époque les chevaux disparaissent, remplacés bientôt par les chevaux mécaniques. Aujourd'hui, lorsque les travailleurs se déplacent de Tuherahera vers le secteur ou vice-versa, la voiture aussi traverse le lagon sur un kau (barge).
Moemoe'a évoque sans nostalgie la vie dure mais heureuse de sa jeunesse, les quelques sous gagnés puis longtemps conservés dans la poche. Elle constate un profond changement des mentalités et s'inquiète de l'oubli de l'entraide, de l'exploitation sans sagesse des ressources naturelles et de la perte d'une certaine autonomie. Autrefois, les anciens connaissaient très bien leur atoll et savaient l'utiliser pour satisfaire leurs propres besoins. Maintenant, un petit retard dans l'arrivée des goélettes provoque la désolation devant les étagères vides du magasin. Bien sûr, cette mama aujourd'hui apprécie les commodités du modernisme. Mais avec toutes les Moemoe'a, elle souhaite, pour leurs petits enfants que ce "progrès" ne les éloigne pas davantage de leur environnement, mais au contraire les aide à y vivre harmonieusement.
Monique Malinaud
à Tikehau