Tahiti-Pacifique magazine, n° 102, octobre 1999
Y a-t-il réellement des trésors cachés dans nos îles ?
Quelle part de vérité y a-t-il dans les légendes ?
par Alex W. du PREL
L'achat de l'atoll de Tupai par le gouvernement territorial a dernièrement ravivé à Tahiti les légendes de trésors enfouis. Il était donc temps de se pencher sur la chose avant que le président Flosse ne demande à ses "GIP" de chambouler tout l'atoll. Nous avons donc rassemblé toutes nos archives .et fait un bilan précis de la chose (d'autant plus que ce genre de dossiers est très populaire). Comme vous le lirez, c'est passionnantÉ
«Aux alentours de l'an 1820, alors que le général patriote sud-américain San Martin avançait vers Lima, capitale du Pérou pour y libérer les gens du joug colonial espagnol, les riches bourgeois de Lima emmagasinèrent leurs biens précieux dans la forteresse de Callao, le port de la ville, afin de les protéger. »
Tel est le point de départ de la plupart des histoires mélodramatiques et romantiques qui expliquent l'origine des trésors qui seraient enfouis dans nos îles du Pacifique.
Selon ces récits, le fabuleux trésor espagnol fut par la suite dérobé dans la forteresse de Callao par des pirates alors que les Espagnols s'apprêtaient à l'expédier en Espagne.
Et comme le veut toute bonne histoire de pirate, le trésor aurait par la suite était enterré sur une île déserte, isolée, car les pirates, étrangement, avaient toujours considéré trop dangereux de le garder auprès d'eux.
Parmi les îles réputées être la cachette de tels trésors espagnols se trouvent l'Île Cocos, située 1000 kilomètres à l'ouest de Panama, l'atoll de Pinaki en Polynésie française, une île non spécifiée aux îles Mariannes, Vatu Vara aux Fidji, l'atoll de Suvarov aux îles Cook et dernièrement l'atoll de Tupai au large de Bora Bora.
En 1962, suite à une enquête approfondie sur toutes ces histoires de trésor dans le Pacifique, l'historien australien Robert Langdon se déclarait plus que convaincu qu'aucune d'elle n'est véridique.
Langdon appuie les raisons majeurs de sa conviction avec des arguments assez convaincants :
- Aucun document historique sérieux ne parle de butin ayant été volé à Callao ou aux alentours de 1820.
- La plupart des histoires qui concernent ces diverses îles et leurs trésors sont vagues, mais contiennent des détails qui peuvent être vérifiés, des détails qui se révèlent presque toujours faux.
- Les fils conducteurs de la plupart des histoires sont étrangement similaires.
- Malgré les nombreuses expéditions qui ont été effectuées dans les diverses îles, pas une seule évidence fiable de la découverte d'un trésor n'a jamais été présentée.
- Bien que beaucoup de chercheurs de trésors aient eu en leur possession des cartes "authentiques", celles-ci se sont toujours révélées fausses ou totalement inexploitables.
Oui, le trésor de Lima a existé
Dans les différentes histoires, le seul événement qui soit véridique est le fait que la bourgeoisie espagnole du Pérou emmagasina ses richesses dans une forteresse de Callao, le port de Lima, lors des guerres révolutionnaires de 1821. Cette preuve se trouve dans les écrits de Lord Cochrane, plus précisément dans "Récits de service au Chili, Pérou et Brésil", publiés à Londres en 1858.
Aristocrate anglais, Lord Cochrane, comte de Dundonald, se trouvait à Callao en tant que commandant en chef de la marine chilienne le 28 juillet 1821, jour où le général San Martin proclama l'indépendance du Pérou. À l'époque, le trésor espagnol était encore emmagasiné au port de Callao et y resta jusqu'à ce que San Martin permette aux Espagnols de l'enlever trois semaines plus tard, au grand chagrin de Lord Cochrane. Au sujet de cet incident, Lord Cochrane écrit : « Aujourd'hui (le 19 août 1821) les Espagnols quittèrent sans être inquiétés la forteresse de Callao avec vaisselle et argent d'une valeur de beaucoup de millions de dollars, en fait toute la richesse de Lima qui, comme il a été dit, était entreposée dans le fort pour sa sécurité ».
Lord Cochrane, cependant, ne mentionne aucun trésor espagnol volé par des pirates ni, autant que l'on puisse chercher, aucun autre écrivain présent au Pérou à cette époque.
En fait, la première fois que l'on entendit parler d'une quelconque histoire de trésor caché fut en l'an 1882. C'est-à-dire juste après que Robert Louis Stevenson ait publié son célèbre roman "L'île au trésor" qui enflamma l'admiration et l'imagination du monde entier. Aussi, la coïncidence veut que beaucoup des détails des histoires de trésors cachés dans les îles du Pacifique ressemblent étrangement à ceux décrits par Stevenson dans son célèbre livre.
Les trésors de l'île Cocos
Prenons la très tenace histoire du trésor de l'île Cocos comme exemple. Le premier homme à en avoir entendu parler était un marin allemand nommé Gissler. Dans les années 1880, il était marin sur un navire en route entre les Açores et Hawaii lorsqu'un passager portugais anonyme lui raconta que son grand-père avait servi sous les ordres d'un pirate dénommé Benito et qu'il l'avait aidé à enterrer un trésor sur une île du Pacifique nommée Las Palmas. Le trésor aurait été volé à Lima à l'époque du célèbre libérateur Simon Bolivar lequel, incidemment, ne participa pas à la libération de Lima.
Le Portugais montra aussi à Gissler une carte de Las Palmas, - que Gissler copia - indiquant le lieu où le trésor était prétendument enterré.
Huit ans plus tard, alors que Gissler vivait à Hawaii, une autre homme lui montra une carte de l'île Cocos, île qui appartenait à son ancien beau-père, carte qui indiquait aussi le site d'un trésor enterré.
En comparant les deux cartes, Gissler arriva à la conclusion que Las Palmas était en réalité l'île Cocos et il se mit en route vers cette île afin d'y chercher le trésor.
Six ans plus tard, après deux infructueuses expéditions de recherches sur l'île Cocos, Gissler tentait son troisième essai lorsqu'une Madame Keating y débarqua, elle aussi pour y chercher un trésor. Elle possédait bien sûr aussi une carte mais, selon elle, le trésor n'y avait pas été enterré par le pirate Benito mais par le capitaine au long cours Thompson, commandant de la brigantine "Mary Cher".
Thompson, ainsi l'explique son récit, aurait été à Callao « vers les années 1820 » lorsque les Espagnols affrétèrent son navire, le Mary Cher (par ailleurs inconnu au registre de la Lloyd's) afin de transporter un trésor de 12 millions de dollars en Espagne. Cependant, après que le trésor eut été chargé sur le Mary Cher, Thompson aurait pris le large et enterré celui-ci dans une grotte de l'île Cocos car un bâtiment péruvien le pourchassait. Thompson ne réussit jamais à retourner à Cocos pour y récupérer son trésor et lorsqu'il agonisa à Terre-Neuve en 1844, il aurait donné à l'époux de Madame Keating une carte de l'île montrant où le trésor était caché. Keating en aurait informé un Capitaine Boag (ou Bogue) et ensemble ils affrétèrent un cotre, le Edgecombe, pour aller à Cocos.
Selon le récit qui depuis a bien été embelli, Keating et Boag auraient trouvé la grotte au trésor et secrètement emporté une partie de l'or sur leur navire dans des poches de toiles cousues à l'intérieur de leurs vêtements. D'autres versions affirment qu'ils ne trouvèrent pas du tout de trésor ; voire que Boag, ses poches chargées avec le butin, se serait noyé dans les brisants, ou encore que Keating lui assena un coup sur la tête et le tua dans la grotte au trésor.
Quoi qu'il en soit, tôt ou tard Madame Keating hérita la carte de son époux et partit pour Cocos chercher le trésor à son tour, ce qui semble confirmer qu'évidemment son mari ne l'avait pas trouvé.
Depuis ce temps là, il se passe rarement une année sans qu'on ne voit quelqu'un débarquer sur l'île de Cocos avec une "authentique" carte pour y chercher à son tour le trésor. Cette chasse au trésor est d'ailleurs devenue si régulière que dès 1978, le gouvernement du Costa Rica installa une garde militaire en permanence sur l'île afin de collecter la part de l'Etat en cas d'une hypothétique découverte.
Jusqu'à présent, la seule personne qui soit reconnue avec certitude avoir trouvé de l'or sur l'île Cocos fut bien Auguste Gissler, lequel vécut pendant 20 ans sur l'île à la recherche du trésor. Il trouva un seul et unique doublon frappé sous le règne du roi Charles III d'EspagneÉ une bien maigre récompense pour avoir investi les 20 meilleures années d'une vie ! Encore en 1977, un français nommé Robert Vergnes effectua une énième expédition. La seule chose que lui en tirera sera les maigres droits d'auteur d'un livre narrant ses vaines recherches, basées sur les histoires de Gissler et Thompson.
Le trésor de Pinaki
Pourquoi donnons-nous tant de détails sur cette île lointaine ? Parce que pratiquement tous les éléments de l'histoire du trésor de Cocos se retrouvent dans les autres légendes de trésors qui concernent les îles de Polynésie française, notamment celui de l'atoll de Pinaki. La principale différence de cette fable est qu'à son origine, elle affirmait que le trésor aurait été volé au Pérou durant la guerre avec le Chili dans les années 1859-60. Un détail qui malheureusement met gravement en doute sa véracité, puisque le Pérou et Chili n'ont pas été en guerre durant ces années -là.
L'histoire de Pinaki fut initialement publiée en 1921 dans le livre "Terres et Légendes des Mers du Sud" écrit à Tahiti par Charles Nordhoff et James Norman Hall, les coauteurs du célèbre roman sur la mutinerie du Bounty.
En 1920, Nordhoff et Hall, à la recherche de documentations pour des livres, prenaient passage sur des goélettes inter-îles afin de visiter les îles isolées de la Polynésie française. Lorsque Nordhoff fit escale sur l'atoll de Pinaki, il y rencontra un Anglais solitaire, Charles-Edouard Howe, qui y cherchait un trésor.
Selon l'histoire que Howe raconta à Nordhoff, le trésor aurait été volé au Pérou en automne 1859 par quatre hommes, un Espagnol nommé Alvarez, un Irlandais appelé Killorain et deux autres, Luke Barrett et Archer Brun, de nationalités incertaines.
Ces hommes auraient découvert le trésor sous le plancher d'une église qui avait auparavant été occupée par l'armée péruvienne. Il consistait en sept malles contenant chacune 30 lingots d'un kilo, d'une valeur estimée à 3.500.000 dollars.
Après avoir enterré leur trouvaille aux environs de Pisco, les quatre hommes partirent pour Panama (pourquoi si loin ?) à la recherche d'un bateau.
Là, à Panama, ils signèrent en tant que membres d'équipage sur une petite goélette et, aussitôt qu'ils furent en mer, ils jetèrent le capitaine et les deux autres marins par dessus bord pour ensuite filer avec le bateau vers Pisco où ils chargèrent leur or à bord. Puis ils prirent le large en direction des Tuamotu où, en décembre 1859 précise-t-on, ils enterrèrent leur butin sur le minuscule atoll de Pinaki. Pourquoi l'ont-ils abandonné ? Surtout pourquoi l'ont-ils fait sur un atoll si loin de tout et surtout sans passe, ce qui rend le transfert bien dangereux ? On ne le sait pas, surtout que les quatre hommes continuèrent leur navigation avec la goélette sur encore plus de 5000 kilomètres, jusqu'en Australie où ils sabordèrent leur vaisseau au large de Cooktown pour ensuite déclarer aux autorités être des naufragés démunis.
Plus étrange encore, bien que supposés être riches de leur or de Pinaki, ils durent partir travailler sur les champs aurifères de Palmer afin de mettre de côté assez d'argent pour aller chercher leur trésor. Alvarez et Barrett y furent tués lors d'une escarmouche avec des Aborigènes. Brun et Killorain, eux, furent par la suite condamnés à 20 ans de bagne pour meurtre. Brun mourut en prison, mais Killorain servit sa peine et par la suite aurait consacré tout son temps pour essayer de trouver un moyen de transport pour retourner à Pinaki.
En mai 1912, à l'âge avancé de 81 ans, travaillant comme gardien de nuit à Rushcutters Bay près de Sydney, il n'avait hélas toujours pas économisé assez de fonds pour retourner sur l'atoll.
C'est à cette époque que Howe (le chercheur du trésor de Pinaki) arriva à Sydney pour se faire soigner d'une blessure de lance infectée, infligée par un papou en Nouvelle-Guinée. Le hasard voulut que Howe loua une chambre dans la maison où vivait Killorain. Un soir, il prêta à Killorain quelques piécettes afin qu'il puisse aller à son travail à Rushcutter's Bay.
Plusieurs mois plus tard, en décembre 1912, on vint apporter un message à Howe qui lui demandait d'aller à l'hôpital de Sydney, ce qu'il fit pour y trouver Killorain agonisant. Afin de le remercier de l'avoir aidé, Killorain lui confia une carte de Pinaki atoll qui avait été cousue dans la doublure de son manteau, lui raconta l'histoire du trésor, puis mourut. Que tout ça ressemble au livre "L'île au trésor" !
Autres chercheurs
Howe goba l'histoire et à peine trois mois plus tard, en février 1912, un petit cotre le déposa sur l'atoll de Pinaki. Huit longues années plus tard, en 1920 lorsque Nordhoff visita l'atoll, Howe y était toujours et avait creusé des tranchées sur toute la longueur de l'île sans avoir trouvé de trésor. La carte de Killorain, expliqua-t-il, avait été de peu d'aide parce qu'elle se référait à des arbres qui auraient depuis été abattus par les Polynésiens de l'île voisine de Nukutavake.
Howe continuera de chercher sur Pinaki jusqu'en 1926, jusqu'à ce qu'il fut déporté de Polynésie française comme étranger indésirable à cause d'un trafic illicite de coprah.
Dans son livre, "Le trésor des Tuamotu", l'Australien George Hamilton explique comment Howe l'avait convaincu à aller poursuivre les recherches sur Pinaki sans lui dire qu'il s'était rendu compte que la carte de Killorain était en réalité la carte d'une autre île, peut-être Fakarava (l'atoll est immense !), qu'il partit pour cette île, qu'il y aurait trouvé le trésor mais qu'il aurait par la suite eu des problèmes avec l'administration française lorsqu'il essaya de partir avec une partie du trésor, sans l'avoir déclaré. Une histoire peu crédible car cela se saurait vite su à Tahiti où les secrets ne font pas long feu grâce au phénomène "Radio Cocotier".
Ce même livre explique qu'en 1931 Howe arriva à Sydney où un journaliste du nom de William Edwards s'intéressa à son histoire. Trois ans plus tard, Edwards aurait organisé une expédition avec la goélette Gisborne pour aller à son tour chercher le trésor sur l'autre île indiquée par Howe (près de Makemo, mais on ne connaît pas son nom), sous la surveillance de deux gendarmes français. Hélas, encore une fois, nul trésor n'aurait été trouvé. Ceci semble plutôt inventé puisque Howe mourut, écrasé par une voiture, dans une rue d'Auckland en 1930.
Depuis toutes sortes d'expéditions ont depuis intensivement labouré les motus de l'atoll afin de débusquer le trésor.
A notre connaissance, la toute dernière expédition date d'octobre 1994 lorsque, cette fois-ci avec l'aide d'un détecteur de métal et sous la direction du savant pendule du Dr Gerzey Dangel, alias "baron Georges von Dangel, fondateur de l'hôtel "Bloody Mary" à Bora Bora mais à l'époque reconverti en magnétiseur à Papeete. Le maire et des habitants de Nukutavake cherchèrent trois semaines durant le trésor, toujours en vain, mais les séquelles de cette aventure, judiciaires et autres, furent telles que le "baron" dut rapidement s'éclipser de Tahiti pour aller s'installer à Brisbane en Australie pour faire profiter à d'autres de ses "dons".
Trésor à Tupai ?
Puis, assez récemment, ce fut au tour de l'atoll de Tupai d'être déclarée "île au trésor" avec un scénario qui reprend la fable du trésor du Pérou avec quelques variantes afin de situer sa cachette sur Tupai, un atoll qui se trouve à 30 kilomètres au nord-ouest de Bora Bora. Il a été écrit par Daniel Pardon dans un petit livret destiné à promouvoir la vente de l'atoll, à l'époque propriété de maître Lejeune de Papeete, et qui fut publié à Tahiti en 1996. Cette fable est bien étrange. Ainsi y est-il écrit que des marins se seraient mutinés en 1822 (encore !) sur le navire de guerre chilien "Araucano". Ces pirates auraient alors sillonné la côte du Pérou pillant, « les trésors des églises péruviennes ». Le navire se rend ensuite à Hawaii, changeant en route son nom en "Providence" , précise-t-on. Là-bas, soupçonnés avec raison d'être des méchants, les pirates auraient alors vogué vers Huahine où d'autres problèmes, même des combats, les en auraient chassés. Ils auraient alors enterré leur trésor sur l'atoll de Tupai, autre île sans passe, donc difficile d'accès. Oui, il existe bien dans l'histoire de Tahiti un navire nommé "Araucano", mais le récit qu'en donne Moerenhout ne le situe pas à Tupai, mais « aux îles Tubuaï », c'est-à-dire aux îles Australes dont c'est l'ancien nom, donc à plus de 1000 kilomètres au sud. Confusion ? Amalgame voulu pour mieux vendre une île en y inventant l'existence d'un trésor ? On ne sait pas, mais ce récit paraît des plus fantaisistes car il déclare même les célèbres frères Rorique comme étant des chercheurs en quête du supposé trésor de Tupai, alors qu'à notre connaissance aucun écrit traitant de ces sanglants meurtriers ne mentionne qu'ils se soient même approchés de cet atoll, tous leurs voyages en goélette dans nos eaux, décrits en détail par la presse de l'époque, avaient été des cabotages vers les atolls des Tuamotu du nord.
Morale de cet article : il semble bien que toutes les histoires de trésors enfouis dans nos îles sont à prendre avec un fort zeste de méfiance. Mais comme la recherche d'un trésor est une aventure formidable et si romantique (bien que parfois très coûteuse), beaucoup persisteront à poursuivre une telle chasse à l'avenir. Ne serait-ce que pour les raisons qu'exprime le message de ce parchemin, scellé dans une grosse bouteille enterrée et découverte par le chercheur français Robert Vergnes sur l'île de Cocos en 1976 :
« Salut Ô imbéciles, vous qui cherchez le butin de Lima !
N'allez pas chercher au-delà de cette bouteille, car tout ce que vous trouverez seront des os pleins de douleurs, trop fatigués pour vous traîner plus loin.
Cherchez, si vous le désirez, pour votre propre déception car vous trouverez les traces de nos pas qui ne vous mèneront qu'à des trous et des grottes vides. - Ecoutez notre conseil : changez votre route vers Lima, car là-bas, du haut d'un autel, vous sourira la Vierge Marie. - Eh oui ! En or massif, elle se tient là debout, sereine et paisible, amusée de voir des idiots de votre sorte chercher ailleurs son image. Ne fouillez plus avec avidité la jungle de Cocos, car la clé se trouve dans votre cÏur noir. - Elle vous dit : levez l'ancre et mettez les voiles, car un arc-en-ciel plus vaste attend ceux qui prennent le chemin du retour ; il guide le chemin de ceux qui à présent peuvent dire :
"Nous avons essayé pour finalement échouer, au lieu d'échouer en ne tentant rien". »
Alex W. du PREL
Sources :
Charles Langdon, "Pacific Island Monthly", Sydney, 7/1962 ; Robert Vernes, "La dernière île au Trésor", Balland, Paris 1978 ; TPM n°55, nov. 1995 p.47 ; TPM n°75, juillet 1997,p.15 ; "Tupai Island, l'île au Trésor", Pacific Promotion Tahiti, 1996.
Et le trésor des îles Marquises ?
Suite à notre dossier sur le trésor nazi des îles Marquises (TPM n°75, juillet 1997, p.15), nous avons reçu bien des informations additionnelles :
Une famille bien connue de Tahiti (dont nous tairons le nom) nous a expliqué que nous avions publié là son "grand secret de famille".
Une autre personne, des Marquises, nous confirma l'épisode de l'enfant adopté et nous affirma que la dame se porte toujours bien.
Ensuite on nous fit parvenir copie d'une lettre (qui avait été publiée dans le Mémorial polynésien) :
Lettre du Dr Jürgen Rohwer, de la Bibliothèque des Recherches et Service ses Archives de Stuttgart, expédiée en 1967 à Ralph Varady qui explique, entre autres :
« Édans les deux guerres mondiales, il n'y a jamais eu un "U-boot" allemand qui a pénétré dans le Pacifique. Le seul bateau qui borda le Pacifique dans la dernière guerre était le U-862 qui en décembre 1944 et janvier 1945 partit d'une base japonaise (Djakarta) et qui se dirigea vers la côte Sud et Ouest de l'Australie, et dans les parages de Sydney, il coula un bateau. Ensuite il retourna à Djakarta. »
Ces affirmations sont depuis "un peu beaucoup" contredites par une autre lettre de Jean-Louis Candelot, auteur de notre article, qui nous indique :
« J'ai reçu un courrier du "Deutscher Marinebund", la mémoire et les archives de la Marine allemande, grâce à M. Pagès de l'ORSTOMÉ Il ressort de cette correspondance que :
« Le sous-marin U 435 que vous citez [dans l'article] fût anéanti dès le 09/07/1943, par bombes d'avion, à l'Ouest de Figueira da Foz (côte occidentale du Portugal). Il n'y eût aucun survivant. D'où connaissez-vous ce numéro ? Nous n'avons pas connaissance qu'un sous-marin allemand ait jamais croisé dans la région des Marquises, et ce avec des civils, parmi lesquels une femme en fin de grossesse. Les sous-marins allemands allant vers le Japon croisaient par Penang. Par ailleurs, tous les sous-marins qui étaient en route vers le Japon ou qui y étaient déjà parvenus reçurent, après la capitulation allemande (08/05/1945), l'ordre de se diriger vers la plus proche base alliée. De même, il est certain qu'aucun sous-marin allemand venant de l'Atlantique ait contourné l'Amérique du Sud pour aboutir dans la région de Marquises.
Nous supposons que l'histoire du sous-marin U 435 est l'une des légendes qui ont été répandues après la fin de la Seconde guerre mondiale sur les navires de guerre allemands. Nous regrettons de ne pouvoir confirmer l'histoire que vous citez.
Albert Nitzchke, capitaine de frégate. »
Et pour encore plus de mystère, Madame Weinmann, consul d'Allemagne à Tahiti, nous a raconté l'anecdote suivante:
« Vers 1980, nous avons pris un ferry au nord de l'Allemagne. Un matelot âgé a remarqué sur notre automobile un autocollant de Tahiti et nous a demandé si nous habitions là-bas. Nous avons répondu que oui, sur quoi il nous a dit : « Moi, j'ai vu votre île pendant la dernière guerre mondiale. J'étais marinier sur un sous-marin et nous avons fait surface au large de Tahiti pour regarder l'île ! »
Et encore, nous avons reçu par fax une photo anonyme (ci-contre), sous laquelle est écrit en allemand et en caractère gothiques : « Un des hommes a survécu ! Et il sait où se trouve le trésor ». (Nous pensons que c'est une gentille plaisanterieÉ)
Mais, mais, y a-t-il eu ou pas des sous-marins allemands dans le Pacifique ?
A.d.P.