Tahiti-Pacifique magazine, n° 124, août 2001
Les nouvelles normes de la perle de Tahiti
La délibération n° 2001-88 APF du 12 juillet 2001 définit les nouvelles normes applicables dès le 1er août 2001 à la perle de culture de Tahiti :
Définitions
La perle de culture de Tahiti est une perle de culture de couleur naturelle provenant de la greffe et de l'élevage en Polynésie française de l'huître perlière Pinctada margaritifera, variante cumingii. Elle est le produit brut de la sécrétion naturelle de nacre par un greffon (morceau d'épithélium du manteau prélevé sur une huître donneuse) autour d'un nucleus (bille de nacre naturelle d'une autre espèce de mollusque) inséré dans la poche perlière de l'huître perlière .
Une perle de l'huître perlière Pinctada margaritifera n'est qualifiée "perle de culture de Tahiti" que si au moins les 80% de la surface de son nucleus sont recouverts par des couches de nacre. La surface restante du nucleus, soit au plus 20%, est constituée d'une matière naturelle sécrétée par l'huître Pinctada margaritifera var. cumingii, telle que matière organique.
Cette perle est par définition entière. Sa couche nacrière est constituée d'une épaisseur suffisante et ne fait pas apparaître, même par transparence, le nucleus. L'épaisseur minimum de la couche nacrière entre le nucleus et la surface externe des perles commercialisées est fixée à compter du ler septembre 2001 à 0,6mm. Cette épaisseur minimum est portée à 0,8 mm à compter du ler juillet 2002. A titre indicatif, le temps d'eau d'une nacre après la greffe doit être au minimum de 18 mois.
En revanche, ne sont pas des perles de culture de Tahiti et sont qualifiées "rebuts", même lorsqu'elles sont produites en Polynésie française par l'huître perlière Pinctada margaritifera.
- les perles de calcite - les perles organiques
- les perles présentant des taches laiteuses de dépigmentation sur plus de 20 % de leur surface ;
- les perles sans lustre ;
- les perles qui, plus généralement, ne répondent pas aux dispositions des alinéas précédents et sont insusceptibles d'être classées dans l'une des catégories définies.
Le mabe de Tahiti ou demi-perle de culture de Tahiti est le produit brut élaboré en Polynésie française à la suite d'une sécrétion nacrière autour d'un demi-noyau synthétique collé à la surface interne de la coquille d'une huître perlière Pinctada margaritifera ; et d'un processus de fabrication se décomposant en quatre phases successives : découpage du mabe, extraction du demi-noyau, remplissage avec de la résine puis occultation de la concavité par un morceau de nacre polie.
Les dépôts nacriers recouvrant ce demi-noyau ont un agencement lamellaire identique à ceux de la coquille nacrière.
Le keshi de Tahiti est une concrétion perlière sécrétée par un greffon (morceau d'épithélium du manteau de l'huître perlière) au sein d'une huître perlière porteuse de l'espèce Pinctada margaritifera élevée en Polynésie française.
Classification de la perle de Tahiti
Toute perle de culture de Tahiti doit être classifiée selon les critères ci-après.
Critères généraux
- Le diamètre de la perle de culture de Tahiti se mesure en millimètre, arrondi à l'unité inférieure.
- Le poids de la perle de culture de Tahiti se mesure en gramme.
- La forme de la perle de culture de Tahiti est classée comme suit :
- les rondes (R) sont des sphères parfaites ou assimilées, c'est-à-dire qu'elles acceptent, par l'utilisation d'un pied à coulisse, une variation de leur diamètre inférieure à 2% du plus petit diamètre ;
- les semi-rondes (SR) sont des sphères légèrement déformées acceptant, par l'utilisation d'un pied à coulisse, une variation de leur diamètre comprise entre 2% et 5% du plus petit diamètre ;
- les semi-baroques au sens large (SB) sont des perles présentant au moins un axe de révolution ;
- les baroques (BQ) sont des perles en général irrégulières et ne rentrant pas dans les catégories précitées et une catégorie dérivée :
- les cerclées (CL) sont des perles caractérisées par un ou plusieurs cercles concentriques situés au-delà du tiers supérieur de la perle. Lorsque les cercles sont situés sur le tiers supérieur de la perle, celle-ci réintègre sa forme d'origine sans tenir compte des cercles. Il en est de même dans le cas de cercles diamétralement opposés et n'occupant pas au total plus d'un tiers de la surface de la perle. Les perles ayant des anneaux de couleur ne sont pas considérées comme des perles cerclées.
Qualité de la surface
Le critère de qualité de la surface s'évalue selon la combinaison de deux caractères physiques : l'état de la surface et le lustre. La qualité s'apprécie à l'Ïil nu.
L'état de la surface est caractérisé par diverses imperfections, telles que :
- des piqûres, des rayures, des stries, des frisures, des sillons, des dépressions, des creux, des dépôts organiques, des bosses, des soufflures, des excroissances ou des tâches laiteuses de dépigmentation.
- Le lustre ou éclat ou brillance correspond à la réflexion plus ou moins parfaite de la lumière sur la surface de la perle. Il dépend de la régularité, de l'épaisseur et de l'agencement des couches perlières.
Un très beau lustre correspond à une réflexion totale de la lumière, donnant un effet miroir. Une perle sans lustre correspond à un aspect mat de sa surface.
- La codification de la qualité de la surface de la perle de culture de Tahiti se définit comme suit :
Catégorie A - Perle présentant au plus une imperfection ou un groupe d'imperfections légères concentrées sur au plus 10% de sa surface. Très beau lustre.
B - Perle présentant quelques imperfections légères concentrées sur au plus 30 % de sa surface. Lustre beau ou moyen.
C - Perle présentant des imperfections légères concentrées sur au plus 60 % de sa surface. Lustre moyen.
D - Perles présentant:
- soit des imperfections légères sur plus de 60% de la surface, sans imperfections profondes ;
- soit des imperfections légères et profondes concentrées sur au plus 60% de sa surface. Lustre faible.
-Critères additionnels
Couleur de base et les nuances de couleur:
La couleur de base et les nuances de couleur de la perle permettent une évaluation subjective de la perle de culture de Tahiti.
Formes des perles semi-baroques au sens large (SB) :
Les perles de culture de Tahiti semi-baroques au sens large (SB) peuvent être classées, au besoin, selon différentes formes qui peuvent les mettre en valeur:
- les poires (DR) sont des perles semi-baroques de forme ovoïde ;
- les ovales (OV) sont des perles semi-baroques de forme elliptique présentant un axe de révolution et un plan de symétrie perpendiculaire ;
- les boutons (BT) sont des perles semi-baroques avec au moins une face aplatie ;
- les autres perles semi-baroques (au sens strict) (SB) : ce sont les autres perles présentant un axe de révolution et n'entrant pas dans l'ensemble des catégories précitées.
La commercialisation et de l'exportation des perles de culture de Tahiti
La commercialisation et l'exportation des rebuts sont interdites. Les rebuts entrent dans la catégorie des marchandises prohibées à la sortie. Les formalités d'exportation des perles non montées ou ouvragées ne comportant pas de métaux précieux ou n'en comportant que sous la forme de simples accessoires ou garnitures de minime importance.
Contrôle
Tout exportateur doit soumettre le lot expédié à l'examen du service de la perliculture. Un agent de ce service commissionné à cet effet contrôle que le lot de perles peut être exporté et délivre le certificat de qualité d'exportation. Les rebuts interdits d'exportation sont conservés et détruits.
(Extraits partiels du journal officiel de la P.F. du 26 juillet 2001)