Tahiti-Pacifique magazine, n° 134, juin 2002
Japonais et Polynésiens : un même peuple à l'origine ?
par Edgar TETAHIOTUPA
Les Japonais et les Polynésiens étaient-ils à l'origine un seul et même peuple ? De prime abord la question peut sembler saugrenue. En effet, rien ne paraît rapprocher les deux peuples, pas même la morphologie de leurs habitants. Cependant, les remarques et les surprises, venant de part et d'autre, sur la proximité des langues ne peuvent nous laisser indifférents. En effet, quel ne fut l'étonnement d'une étudiante japonaise de passage dans une famille polynésienne, de découvrir l'existence du terme kohina en paumotu (1), identique à celui que l'on trouve au Japon. En paumotu, utilisé aussi comme prénom, il signifie "reflet de clair de lune sur la mer", en japonais il veut dire "petite poupée". Poussant la réflexion plus loin, on peut se demander à juste titre si l'empereur du Japon Hiro-Hito ne porte pas le même nom que l'illustre héros mythique polynésien HiroÉ Et pour en revenir à la question de départ : celle-ci, peut-elle, encore, être considérée comme saugrenue, lorsqu'une découverte met en avant un fonctionnement identique des cerveaux japonais et polynésien ?
Cerveaux japonais et polynésiens
Depuis plus de cent ans, des recherches consistant à déterminer le fonctionnement mental des hémisphères droit et gauche, ont montré que « les activités de calcul, l'écriture, la parole, la catégorisation, la discrimination, la sélection, la compréhension sémantiqueÉ sont généralement reconnues comme étant spécifiques de l'hémisphère gauche [É]. Le langage stéréotypé, les sons non-verbaux, les mélodies, les bruits, les rythmes, les relations spatiales, la compréhension intuitiveÉ sont les caractéristiques de l'hémisphère droit. » (H. Trocmé-Fabre, 1989 : 61).
Cependant, il faut préciser que « les nerfs auditifs de chaque oreille étant, pour la plupart, reliés au côté opposé du cerveau, la dominance de l'oreille gauche pour un son indique celle de l'hémisphère droit et la dominance de l'oreille droite celle de l'hémisphère gauche ». (H. Brabyn, 1982).
Ayant mis au point « des techniques avancées de stimulation auditive avec rétroinformation différée » (ibid), T. Tsunoda entreprend sur des sujets japonais "normaux" une série d'expériences afin de « déterminer la dominance de l'oreille droite ou gauche pour un ensemble de sons vocaliques et syllabes parlées du japonais ». Il a pu déterminer par exemple que « les sons vocaliques humains, les sanglots, le rire, la stridulation des insectes et d'autres bruits naturels, qui comportent tous une modulation de fréquence et des combinaisons harmoniques, induisaient chez les sujets japonais une dominance de l'oreille droite (hémisphère gauche). »
Entreprenant d'accumuler les preuves expérimentales de ses recherches sur différents sujets (Japonais, Anglais, Français, Italiens, Polynésiens), il aboutit à des résultats fort concluants : « tout comme les sons purs, les voyelles "à timbre constant" mettaient en évidence une dominance de l'oreille gauche (ou du cerveau droit), alors que les syllabes révélaient une dominance de l'oreille droite (ou du cerveau gauche). Seuls les Polynésiens (natifs de Tonga et des Samoa américaines, et Maoris) présentaient les mêmes schémas de dominance que les Japonais - dominance de l'oreille droite (cerveau gauche) pour les voyelles et les syllabes, et dominance de l'oreille gauche (cerveau droit) pour les sons purs »
« Afin de déterminer si la différence entre Japonais et non-Japonais était ou non génétique, une expérience fut faite sur 20 Japonais émigrés de la deuxième ou troisième génération. Sur ces 20 sujets, les 18 dont la langue maternelle avait été l'espagnol, le portugais ou l'anglais jusqu'à l'âge de huit ans présentaient des schémas de dominance de type occidental. Les deux autres sujets, qui avaient eu le japonais comme langue maternelle jusqu'à l'âge de neuf ans, présentaient des schémas de dominance de type japonais. En outre, deux Américains et quatre Coréens élevés au Japon présentaient, eux aussi, des schémas de dominance de type japonais. Il était donc manifeste que la différence dans les schémas de dominance était due à l'environnement auditif et linguistique, et non à des facteurs génétiques. »
« Malgré cette différence, on peut considérer l'hémisphère gauche comme le "cerveau verbal" dans les deux groupes de sujets, puisqu'il est, dans tous les cas, dominant pour les syllabes. » (pour plus de détails, lire "Les cerveaux océaniens et japonais", E Tetahiotupa, Tahiti-Pacifique n°7, nov.1991).
Mais, comment expliquer les différences de latéralisation du système auditif entre les sujets japonais et polynésiens d'une part, et les sujets occidentaux d'autre part ? « Le japonais et les langues polynésiennes ont ceci de commun qu'ils comportent un grand nombre de mots composés exclusivement ou principalement de voyelles. Les voyelles y jouent dans la compréhension des mots et des phrases un rôle aussi important que les consonnes. Au même titre que tout autre son du langage articulé, elles sont traitées dans l'hémisphère gauche, l'hémisphère verbal. Notons à ce propos que tout son naturel dont le spectre est semblable à celui d'une voyelle est également traité de préférence dans l'hémisphère verbal. »
Selon Michel Brun (2), plutôt qu'au nombre de voyelles il pense que cela est dû au fait que ces deux langues ont une particularité qu'il croit unique au monde et partagée par aucun autre langage. « Elles fonctionnent par syllabes ouvertes, c'est-à-dire qu'aucune syllabe ne se termine jamais par une consonne et que deux consonnes ne se suivent jamais. ». Précisons cependant que dans les langues polynésiennes on trouve "ng" comme dans Rangiroa, aussi nommé Ra'iroa (le "ng" a été remplacé par une glottale) ; "ng" transcrit comme une suite de deux consonnes n'est en réalité qu'un "g" nasalisé. C'est une convention d'écriture. D'ailleurs pour plus de commodité, la transcription a quelquefois abandonné le "n". En japonais, les suites de consonnes procèderaient aussi de convention d'écriture. « On trouve parfois des redoublements de consonnes mais qui ne sont que des impropriétés du langage dans un parler relâché. Par exemple, wakat'ta (j'ai compris) qui est une façon populaire de dire wakari mashita (ici, encore, le "sh" ne constitue pas deux consonnes qui se suivent car il s'agit encore d'une convention d'écriture pour représenter un "s" shuintant). » (c.p). Michel Brun ne s'arrête pas là ; il va plus loin dans son analyse. Le japonais et le polynésien, selon lui, se parlent comme ils se pensent, c'est-à-dire de façon linéaire, sans circonvolutions ni retour en arrière. C'est le cas en tahitien de la phrase : ua pi'i hia 'oe e to 'oe pâpâ, où contrairement à l'équivalent français : ton père t'a appelé, on fait « un retour en arrière pour insérer le "t" du complément entre le sujet "père" et son action "a appelé" ». (c. p).
Japonais et langues polynésiennes : ressemblances
Ces deux langues ont-elles une origine commune ? En compulsant le travail de Michel Brun, on se rend compte que la phonologie des langues polynésiennes est identique à celle du japonais, pour preuve les correspondances du tableau 1. (ci contre)
Or comment expliquer ces correspondances ? Par le fait que ces langues (6) (ou dialectes) ne formèrent au départ qu'une seule et même langue parlée par un même peuple. Quel était ce peuple ? d'où vient-il ?
En s'appuyant sur une liste de mots, M. Brun constate que ce sont les langues de "Polynésie Est" qui sont les moins usées et qui ont le plus fort taux de rétention, en particulier les îles Tuamotu et l'île de Pâques, tandis que celles de "Polynésie Ouest" sont les plus dégénérées et ont le plus bas taux de rétention, comme Tonga et Samoa par exemple. Ce qui lui laisse supposer que les Polynésiens ne pouvaient venir que de l'Est, c'est-à-dire d'Amérique du Sud. En effet, il a pu trouver des traces linguistiques yamato-polynésiennes « aussi bien chez les Aymara du nord de la Cordillère des Andes qu'à plusieurs milliers de kilomètres plus au sud chez les Araucan de Patagonie » comme, par exemple, le mot taki qui veut dire chanter. Il en est de même du mot toki (hache) qui est un mot aussi bien araucan que polynésien. Concernant le mot komo qui désigne "eau" en paumotu ou en rimatara, on le trouve aussi dans les plateaux andins de la Bolivie. « Komo est évidemment lié à mohi (eau en paumotu) qui donne mohi-ga (contenant à eau) en paumotu, mohi-na (bouteille) à Tahiti. Mohi veut dire également "eau" en yamato. Enfin, komo (paumotu) signifie aussi "nuage" qui se dit kumo en yamato. » (voir tableau 2).
Concernant la patate douce qui se dit kumara en langues polynésiennes et en aymara, elle se trouve à l'intérieur des terres. Par ailleurs, totora est un nom de roseaux que l'on trouve aussi bien en langue aymara qu'en langue rapa (île de Pâques). Et pour contrer les opposants à la thèse d'un peuplement à partir de l'Amérique du Sud qui affirme qu'il n'y a pas de maïs à l'île de Pâques, M. Brun leur rétorque qu'aux « Samoa [É], le maïs se dit sana. Et le maïs en quechua d'Amérique du Sud se dit sara. Le "r" du sara quechua s'est transformé en "n" pour donner le sana samoa, un phénomène très courant dans ce dialecte. [É]. Pour faire bonne mesure ajoutons qu'un champ cultivé se dit yapu en aymara et fa'apu en tahitien. »
Le départ d'Amérique du Sud
Selon M. Brun, il est difficile de déterminer les raisons et la date du début de la grande migration. La première terre polynésienne au large du continent est l'île de Pâques et n'a pu être peuplée selon lui, que par hasard par des gens qui fuyaient vent arrière. Il récuse la thèse de Kenneth P. Emory postulant que l'île de Pâques aurait été peuplée depuis les Marquises. À cause des difficultés de navigation (contre les vents dominants), de l'ignorance de son existence par les premiers Polynésiens, de l'éloignement, du fait qu'un chef, obligé de quitter un lieu que ce soit à cause de la famine ou de la défaite « partira vent arrière pour mettre le plus vite possible la plus grande distance entre lui-même et ses poursuivants ou bien pour franchir la plus grande distance dans le minimum de temps de façon à avoir le maximum de chances de découvrir de nouvelles terres. En marquisien, comme dans toutes les langues polynésiennes, un voyage de migration se dit d'ailleurs heke ce qui littéralement, signifie "fuir vent arrière" » (p. 212). En estimant la probabilité d'atteindre l'île de Pâques à partir des Marquises à un pour mille, il se pose la question des neuf cent quatre-vingt dix neuf autres qui n'ont pu que continuer leur chemin et atteindre le continent américain. « Or, il y a quelques milliers de Polynésiens à l'île de Pâques. On devrait donc, dans ces conditions, trouver mille fois plus, c'est-à-dire quelques millions, de Polynésiens, en Amérique du Sud. Une telle colonie ne passerait certainement pas inaperçue. Mais il n'y a pas de Polynésiens en Amérique du Sud. L'île de Pâques n'a donc pas été peuplée depuis les Marquises. »
« La grande migration a donc traversé l'Océan Pacifique dans sa plus grande largeur en faisant escale dans les îles qu'elle rencontrait. Là, les navires étaient mis à sec, démontés, réparés et mis à l'abri pendant que l'on s'occupait de planter les graines et les tubercules pour refaire des provisions, coutume qui a survécu jusqu'à l'arrivée des premiers Européens.
« L'escale durait donc au moins le temps d'une récolte et souvent de plusieurs. Celles-ci terminées et les provisions engrangées, la migration repartait après avoir laissé dans l'île les malades, les faibles et ceux qui, tout simplement, s'y trouvaient bien et voulaient y rester. Il est probable que pour les encadrer, les chefs leur laissaient dans la mesure du possible, quelques prêtres, gardiens du "savoir" et des "traditions" avec pour mission d'en faire une colonie autonome, ce qui expliquerait l'extraordinaire unicité des langues et de la culture polynésiennes. [É].
« Pendant toute la traversée du Pacifique Sud, le vent dominant est l'alizé qui souffle vers l'ouest. La direction sous le vent : nihi est donc confondue avec celle du couchant : iri. En arrivant vers l'Australie-Nouvelle-Guinée, le vent selon l'état de la mousson, laisse facilement pénétrer dans l'Océan Indien et l'on sait qu'une bonne partie de la migration l'a fait, par les traces qu'on trouve en Indonésie, Malaisie, jusqu'à MadagascarÉ et plus loin.
Mais pendant l'autre partie de l'année, les vents brusquement tournent au nord, ce qui a forcé la migration à passer par les Philippines, et Taïwan où elle a laissé des traces, pour arriver enfin à Okinawa. »
Traces yamato-polynésiens en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Micronésie
En Papouasie-Nouvelle-Guinée « le terme polynésien le plus répandu pour désigner l'eau est de la forme vai, whai, vei, wee, wi, etc. On le retrouve sous cette forme en Papouasie dans la tribu Tebera de la famille Inland Gulf (wei), dans la tribu Kubo de la famille Strickland-Bosavian (hwi), dans la tribu Paeta de la famille Toaripi-Eleman (hai-me) (me veut dire "chose" en langues polynésiennes et en yamato), dans la tribu Bogaya (pai-yuku), dans la tribu Saniyo, non classée (sa'i), dans la tribu Omati de la famille Turuma-Kikorian (fae), dans les tribus Daradi (ai/we), Bolo-Polopa (wei) et Suri Polopa de la famille Teberan-Pawaia (wi), etc. » .
En Micronésie, les traces sont paraît-il d'une ampleur considérable. On y trouve des mots et expressions qui ont gardé leur valeur du temps de la grande migration. Par exemple, le mot polynésien manu « est traduit dans la plupart des dictionnaires par "oiseau" et c'est en effet là son sens moderne le plus général, comme dans le tahitien manu-reva : "oiseaux qui vole" = avion. ». M. Brun démontre que manu est un terme qui s'applique à tout être vivant, manu avae maha pour quadrupèdes ou manu pour homme. Ses recherches l'ont conduit à trouver une forme maru devenue manu et désignant un homme.
Forme qu'il a trouvée dans Tahiti aux temps anciens. « À la fin d'une longue incantation, le grand prêtre s'adressant au Dieu lui dit : "É et protège tes maru" ce qui signifie, en l'espèce, protège tes serviteurs ou protège tes créatures. Malheureusement, Teuira Henry, une tahitienne elle-même, s'appuyant sur la lecture du tahitien moderne a traduit : "É et protège tes ombres !", ce qui est absurde. C'est absurde mais heureux car cela montre bien qu'il n'y a pas d'erreur et qu'il faut bien lire maru qui signifie aussi "ombre" en tahitien. Mais personne à ma connaissance ne l'a relevé,. maru serait donc légitimement la forme ancienne de manu. ».
Après avoir beaucoup cherché, il finit par trouver « maru (homme) et maru (animal) ainsi que maru, terme générique désignant un être vivant, [É], dans l'atoll de Woleia, en Micronésie, dont le langage recèle de nombreux trésors du même genre. Ainsi donc , « la migration est bien passée par là aussi et les traditions yamato contiennent d'ailleurs des récits d'arrivée au Japon de pirogues avec leurs équipages venus directement du Pacifique. » "Pirogue" en yamato se dit uki-pahi (pont flottant) ; en tahitien, pahi signifie "pirogue double".
Conclusion
Nous allons citer deux exemples, puisés dans la tradition orale, confirmant (encore une fois) l'étroite parenté de ces deux langues. Le premier concerne une généalogie dans laquelle on trouve une correspondance identique de deux personnages, de leurs pères et de leurs épouses. La référence polynésienne vient d'une généalogie marquisienne, publiée par Tregear dans son Maori Comparative Dictionary. « Ce Woke/Voke, fils de Iti/Fiti et époux de Nahi-Ha/Ani-vaa a réellement existé et il était à la fois Yamato et Polynésien. Il a donc vécu à l'époque où ces deux peuples n'en faisaient qu'un, probablement au temps de la grande migration. Pourquoi en ce temps-là ? Tout simplement parce que la migration a dû être une terrible épreuve et s'étaler sur plusieurs générations. Il s'ensuit que l'histoire des jours heureux dans le pays d'origine a eu tendance à s'estomper dans les mémoires qui ont surtout retenu les souffrances de la grande épreuve qu'ils traversaient. Il est compréhensible que dans ces conditions, ils aient vénéré les chefs qui les ont guidés vers le salut. ».
Le second nous parle de l'origine du mot furu en yamato et huru en langues polynésiennes. « Dans le Engi Shiki qui est un recueil de vieux rites de la religion shinto, antérieurs à l'adoption de l'écriture, l'origine du mot furu est donné ainsi : Alors, Amaterasu, la grande déesse commanda, disant : si tu ressens des douleurs en quelque endroit que ce soit, prends ces dix trésors et secoue-les en les comptant : un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, lentement. Si cela est fait, le mort reviendra à la vie. C'est là l'origine du mot furu : agiter remuer. » En langues polynésiennes, le mot se trouve dans une vieille légende maorie. « Nga-huru était le mot sacré pour "dix". Il tire son origine de la légende de Matakerepo comptant ses kumara (patates douces) devant le dieu Tawhaki pour guérir sa cécité. Tawhaki était le dieu de la guérison et de la résurrection. Lorsque les indigènes étaient malades, ils adressaient des prières à Tawhaki. Ils lui offraient en sacrifice dix paniers de nourriture qu'ils comptaient d'une manière particulière. Le comptage se faisait de la façon suivante : ils en comptaient dix et en mettaient un de côté. Ils en comptaient ensuite neuf et en mettaient encore un de côté, comme avait fait la vieille aveugle Matakerepo avec ses kumara. C'est l'origine du mot nga-huru : dix. » En tahitien, le nombre dix se dit 'ahuru.
« La correspondance entre les deux légendes est parfaite à tous égards. Toutes les deux expliquent l'origine du mot furu/huru et toutes les deux sont basées sur une offrande de dix trésors de la guérison. Dans les deux cas, le nombre de trésors, dix, est le même. Dans les deux cas, la manière de les compter, un par un en les remuant lentement pour bien montrer qu'il y en a dix, est la même. La seule différence est que les Yamato mettent l'accent sur la manière de remuer les trésors (furu) tandis que les Polynésiens eux, mettent l'accent sur le nombre de ces trésors (nga-huru). »
Edgar TETAHIOTUPA
Bibliographie
- BRABYN H. « Langue maternelle et dominance cérébrale. L'étonnante découverte d'un professeur japonais » in Courrier de l'Unesco, fév. 1982, pp. 10-13.
- BRUN M. 1999. Les Yamato-Polynésiens ou Découverte d'une langue commune aux Japonais et aux Polynésiens.
- TROCMÉ-FABRE H. 1987. J'apprends, donc je suis. Introduction à la neuropédagogie, Les éditions d'organisation.
1 - Langue parlée dans l'archipel des Tuamotu.
2 - Auteur d'un travail remarquable sur les Yamato - Polynésiens (1999). « Yamato est le nom du premier royaume établi par les habitants actuels sur les îles japonaises lorsqu'ils prirent pied il y a environ 2 000 ans, ce qu'il est convenu d'appeler l'époque Yayoi (300 avant J.-C. à 300 après J.-C. » (M. Brun).
Tableau 1 : Phonologie polynésienne identique au japonais
L. poly. mata (Ïil) ma (Ïil) Japonais
L. poly. gutu (bouche) gutu (bouche) Japonais
L. poly. titi (sein) titi (sein) Japonais
L. poly. hara (ventre) hara (ventre) Japonais.
Pour être plus précis, prenons les langues de Polynésie française :
« Japonais aka 1) lumineux, clair
Paumotu aka 1) lumineux, clair
Japonais aka-ri-to 1) clairÉ
Mangareva aka-ri-to 1) rendre clair, lumineux.
« Japonais ana 1) un trou
Paumotu ana 1) un trou
Rurutu ana 1) un trou, une grotte4. »
Japonais au 1) plaire, aimer
Paumotu au 1) plaire, aimer, préférer
Japonais au 1) être uni à
Paumotu au 1) unir, joindre
Japonais aw-anu 1) ne pas avoir la possibilité de rencontrer
Mangareva au-anu 1) éprouver l'absence de quelqu'un comme quelque chose de long. Utilisé uniquement pour les personnes importantes. »
Japonais turu 1) une grue, une cigogne, dire "mille ans"
2) un emblème de la longévité
Paumotu turu 1) durable, permanent
Paumotu tuku 1) un héron
Paumotu ko-tuku 1) une grue blanche
Japonais oho-turu 1) une grosse grue
Tahiti o.o-tu'u 1) un héron gros et blanc avec des pointes
noiresaux ailes 5.
4 - En marquisien, nous avons ana pour grotte.
5 - En marquisien, le héron se dit ma-tu'u.
6 - Nous ne discuterons pas de la définition de "langue" et de "dialecte".
Tableau 2 : correspondance entre les langues yamato,
le polynésien et les langues d'Amérique du Sud
yamato polynésien sud-américain
atama = tête atamai = intelligence atamai = intelligence
hi = soleil hi = soleil hi = soleil
ho = feu ho = feu ho = feu
kara = pierre kara = pierre kara = pierre
kumo = nuage komo = eau komo = eau
asa = matin ata = matin kata = matin
kakahu = vêtement kakahu = vêtement ahu = vêtement (7)
7 - "Vêtement" se dit kahu en marquisien et 'ahu en tahitien.).