Tahiti-Pacifique magazine, n° 155, mars 2003

 PRESSE de TAHITI

Historique de la presse de Tahiti

 

 

Avril 1957:

- Premier quotidien de Tahiti: "Les Nouvelles", fondé par Roger Brissaud.

 

Mars 1958:

- Création de l'hebdomadaire "Les Débats" par Frantz Vanizette. Il dénonce les abus politico- administratifs. Il paraitra jusqu'en octobre 1962 lorsque son directeur, Jean Gervais, sera expulsé de Tahiti sur ordre du gouverneur, en préparation de l'installation du Centre d'expérimentations atomiques du Pacifique (CEP).

 

Mai 1960

- Création de "Tahiti Magazine" (Te vea hohoa no Tahiti) par Roger Brissaud. Se transformera en magazine touristique, à la parution très, très irrégulière dans les années 70,. Il reparaîtra régulièrement à la fin des années 1980 sous la direction de François Cazassus, pour enfin être transformé par Laurent Bessou au début des années 90 après le départ de Cazassus en "Air Tahiti Magazine" distribué uniquement dans les avions de cette compagnie.

 

Août 1960

- La Tribune Polynésienne, gérant R. Pambrun. Hebdomadaire, puis bi-mensuel.Cesse de paraître en 1961 suite à un procès intenté par l'administrateur des îles Marquises.

 

1963

- Création du magazine bi-mensuel tahitiano-californien "Coconut Radio", publié à Newport Beach par Robert et Rosette Valente. Disparaîtra en 1982.

 

Mars 1963:

- Création du quotidien 'Le Journal de Tahiti" par Tony Bambridge et Philippe Mazellier, dirigé en 1966 par Yves Bécheret.

 

Août 1964:

- Michel Anglade, Philippe Mazallier et J.-B. Vernier lancent "La Dépêche de Tahiti".

- Buzz Miller, Jeff Berry et Jean-Claude Bouloc lancent "Echoes of Polynesia", qui changera vite de nom en "O'TAHITI", mensuel bilingue anglais français publié par Buzz Miller et Jim Boyack. Il arrêtera de paraître en 1978 après avoir été brièvement transformé en "O'Tahiti & Rarotonga".

 

Janvier 1966 :

- Bob Dixon lance "Reef Magazine", un bi-mensuel en anglais. Disparaît au début des années 1970.

 

Août 1971:

- Création de l'hebdomadaire "Tahitirama" par Charles Petras. Il paraîtra jusqu'en mai 1994, au n° 1064, devenu mensuel fin des années 80.

 

Mars 1979-.

- "La Dépêche" absorbe "Le Journal de Tahiti".

 

Avril 1980:

- André Nouet et Auguste Fardin lancent le quotidien "La Gazette de Tahiti". Sans moyens financiers, ils tiendront un mois.

 

Mars 1981:

- Edwin Hiu lance l'hebdomadaire "I Mua". Il paraîtra trois mois.

 

Février 1984

- La Jeune Chambre économique de Tahiti lance l'annuel "Dixit". paraît irrégulièrement. Il sera repris par Créaprint (P.Lopez) en 1987, racheté en 1991 par Dominique Morvan. Paraît régulièrement depuis.

 

Avril 1986:

- Gérard de Brocca, Gérard Pugin et Henri Rohfritch lancent le quotidien "Nouveau Journal de Tahiti". Il arrêtera de paraître en juillet 1987.

 

Septembre 1987

- Le Tahoera'a (dir. : Marc Narii; dir. publ.: Gérard Lacourrège, financement Bill Ravel) lance l'hebdomadaire politique "Maito". Harcelé par des procès, il arrête sa publication en septembre 1988.

 

Janvier 1989:

- La société "France-Antilles" du groupe Hersant rachète 100% de "La Dépêche de Tahiti," ainsi que "Les Nouvelles de Tahiti", à 50% avec Albert Moux.

 

Mai 1991

- Création de "Tahiti-Pacifique Magazine" par Alex W. du Prel.

 

Décembre 1991

Création du mensuel anglophone "Tahiti Sun Press" par Al Prince. Il ne dura que 5 numéros par manque de lecteurs.

 

Septembre 1992:

- Albert Aline lance le trimestriel "100% Jeunes". il paraîtra sporadiquement jusqu'en mai 1995.

 

Janvier 1993:

- Louis Bresson et Dominique Monti quittent "Les Nouvelles" du groupe Hersant, et fondent l'hebdomadaire "La Tribune polynésienne".

 

Septembre 1993:

- Après des mois de tensions, Dominique Monti persuade Bresson de lui racheter ses parts de "La tribune polynésienne" et le quitte avec Jérôme Jannot.

- Parution de "Vahine Magazine" de Florian Aguillon. Un seul numéro.

 

Octobre 1993:

- Dominique Monti, Bernard Mathis et Jérôme Jannot fondent "L'Echo de Tahiti-Nui" grâce au financement du parti Ai'a Api d'Emile Vernaudon, apporté par Jean-Christophe Bouissou.

 

-Mars 1994

Tensions entre Monti et ses associés. Jerôme Jannot rachète les parts de Monti.

 

Mai 1994:

- Successivement, deux hebdomadaires essaient de naître dans la presqu'île.: "La Gazette des Teva", puis un autre, "Echo de Taravao" (?) disparaîtront après trois numéros chacun.

- -dernière édition de "Tahitirama", mensuel lance en 1963.

Août 1994:

- D. Monti lance le quotidien "Le Soir de Tahiti". Il agonise au numéro 10.

 

Septembre 1994:

- D. Monti lance le mensuel "Le Consommateur polynésien" avec l'aide de David Bitton. Trois numéros verront le jour, puis après une absence de 13 mois, un dernier numéro paraîtra en mars 1996.

 

Novembre 1994:

- Dominique Petras lance le mensuel féminin "Vahinerama". Seuls trois numéros paraîtront.

 

Janvier 1995:

- Pierre Marchesini rachète "La Tribune" à Louis Bresson et "Le consommateur" à Monti, regroupe les deux journalistes dans "La Tribune" et annonce le lancement prochain d'un quotidien.

 

Février 1995:

- Emile Vernaudon et J.-C. Bouissou rejoignent la majorité de Gaston Flosse et "L'Echo" perd son financement "discret".

- Le groupe Hersant lance l'annuel "Polynésie Eco" (annuel) pour capter le créneau du "Dixit".

 

Mars 1995:

- Teva Sylvain lance un autre "Vahine Magazine", tout en couleur. Il arrête après 5 numéros.

 

Août 1995:

- Pour tenter de rentabiliser "La Tribune", Marchesini lance l'hebdo "Télé Top" .

 

Octobre 1995: Fermeture de "L'Echo de Tahiti-Nui" par Jean-Marc Pambrun, dernier éditeur.

- Pierre Marchesini lance le quotidien "Tahiti Matin" le 17 octobre avec l'équipe de "La Tribune" qu'il a racheté, et de "L'Echo".

 

Février 1996 :

- Arrêt de "La Tribune Polynésienne" après 2 ans et demi d'existence.

 

Mai 1996 :

Dominique Monti lance l' "Hebdo", hebdomadaire. Blandine Germain le mènera à la faillite quatre mois plus tard.

 

Novembre 1996 :

- M. Marchesini lance nouvel hebdommadaire-programme télé, "Sept jours à Tahiti" qui remplace "Télé Top"

 

Février 1997.

Fin de "Sept jours à Tahiti".

 

Mars 1997 :

- Le groupe Hersant rachète le gratuit "Week".(40 millions Fcfp !)

 

Décembre 1997

Lancement du mensuel gratuit "Te Fenua" par la Présidence de Tahiti. paraît plus ou moins régulièrement.

 

Septembre 1998 :

- Yves Haupert et Tony Poturu de RFO lancent "Va'a Magazine", magazine de la pirogue qui paraît environ tous les 6 mois. Disparaît en 2000.

 

Février 1998 - Lancement du mensuel "Femmes de Polynésie". Il disparaît après 2 numéros.

 

Avril 1999. :

- Le groupe Hersant lance le mensuel féminin "FenuaOrama" , ainsi que l'annuel "Polynésie Habitat" pour capter le créneau de " Fare".

 

Octobre 1999 :

-"Fenua O Rama" se transforme en "magazine de la famille"

 

Mars 2000 :

- Lancement du magazine "E-Tahiti Business" par Marc Ramel et Enzo Rizzo, trimestriel puis occasionnel

 

-Avril 2000 :

Le magazine de la Présidence "Te Fenua" lance une version mensuelle (gratuite) en tahitien "Te Reo o te Fenua" éditée par John Mairai. Paution irrégulière

 

-Octobre 2000 :

- "Tahiti-Pacifique" atteint la barre des 5000 exemplaires (dont 1000 abonnés).

 

Avril 2001

- Claude Marere lance l'hebdomadaire "Toere", 8 pages A3, tendance indépendantiste.

 

Octobre 2001 :

Le gratuit de la Présidence devient bi-mensuel

 

 

Juin2001

Création de l'agence Tahitipresse (ATP). Marc Frémy, directeur.

 

Avril 2003

Replacement de Marc Frémy par Guérin à la direction de Tahitipresse.

 

Novembre 2003 à janvier 2004 : parution éphémère du magazine en ligne "Le Courriel de Tahiti" de marc Frémy.

 

Février 2004

Sous la direction de Yves Hauppert de la Présidence, lancement de l'hebdomadaire "Ti'ama", sorte de nouveau "Maito" polémique. Financement : Louis et Robert Wan, Albert Moux et Hubert Haddad. Directeur de la publ. officiel : Philippe Le Claire. Contenu : dépêches de l'ATP et billets de règlement de comptes avec l'opposition rédigés par la Présidence.

 

 

Note: Il existait aussi deux éphémères hebdomadaires de sports, "Tahiti Sports" et "Sport Tahiti", lancés ces dix dernières années. Nous n'avons pas les dates. Tout comme nous n'avons pas pris en compte les publications purement touristiques gratuites, ("The Bulletin", Beach Press"), ni les publications officielles, militaires (Horizon) ou brochures irrégulières issues de la fonction publique.

A. d. P.

 

 

 

ARTICLES

Extrait de "Tahiti-Pacifique", novembre 1995.

Nécrologie

 

Nous avons la douleur de vous annoncer la disparition regrettée de notre confrère "L'Echo de Tahiti-Nui", décédé suite à un long épuisement financier. Malgré les sacrifices continuels de ses parents, malgré l'extrême patience du comptable de son imprimeur et la compréhension des huissiers de justice, le défunt hebdomadaire satirique ne se remit jamais de son divorce avec le Ai'a Api d'Emile Vernaudon lequel, infidèle, lui préféra subitement les fastes et délices qu'apporte l'accès à la majorité au pouvoir.

Depuis longtemps, nous avions pardonné au disparu ses excès et affabulations de jeunesse. C'était devenu un réel plaisir de retrouver cet ami tous les mercredi, de savourer son irrespect coquin pour nos dirigeants encravatés et de découvrir les dessins de caricaturistes dont on ignorait auparavant le talent. Nous garderons le souvenir de son caractère intempestif et de sa franchise courageuse qui lui valut d'être le plus fidèle client du tribunal correctionnel de Tahiti et permit à celui-ci de devenir un fin spécialiste de procès en diffamations et du droit de la presse. Hélas, la dure loi du marché a fait monter notre vaillant confrère au Paradis des petits "canards enchaînés".

La rédaction de "Tahiti-Pacifique" offre ses sincères condoléances à la liberté de la presse, aux parents et aux nombreux (mais insuffisants ) lecteurs de "L'Echo de Tahiti Nui''.

A. d. P.

 

 

 

 

TPM, décembre 1996

Fin de Tahiti-Matin

Il est toujours triste d'annoncer la disparition d'un journal. C'est le cas pour le quotidien « Tahiti Matin », disparu après une brève existence d'un an.

Issu de l'agonie de l'hebdomadaire « La Tribune polynésienne » lequel disparut en janvier 1996, « Tahiti Matin » dut à ses débuts réunir les trois "garçons terribles" de la presse de Tahiti : Louis Bresson, Dominique Monti et Jérôme Jannot, les deux derniers étant des rescapés du naufrage de l'ex « Echo de Tahiti-Nui ».

« Tahiti Matin » avait été lancé par Pierre Marchesini, homme d'affaires bien connu de Tahiti (pêche, casinos, duty-free), « afin d'offrir une alternative au monopole Hersant à Tahiti ». Bien vite, Dominique Monti quitta la rédaction pour cause "d'incompatibilité d'humeur", puis en juillet 96 Jérôme Jannot, prenait l'avion pour Cayenne, un départ résultant de négociations avec le gouvernement local pour une ligne éditoriale plus "conforme", en échange de l'insertion des communiqués, annonces légales et publications officielles dans « Tahiti Matin ». Hélas, malgré cette bouffée d'oxygène, Pierre Marchesini jeta l'éponge le 8 novembre dernier, expliquant « qu'un quotidien, ça coûte au minimum 6 millions par mois » (300.000 FF) et comme les recettes « Tahiti Matin » -lequel se vendait à environ 600 exemplaires- n'étaient que de 3 millions par mois, il décida d'arrêter car il y « avait mis toutes ses économies.»

 

Où sont les raisons de cet échec ? Plusieurs points peuvent être avancés :

-Nombreux cafouillages lors du lancement, investissement initial insuffisant (pas de rotative, pas de "flasheuse", pas de correspondants dans les îles, pas d'abonnement à une agence de presse) ce qui donnait un "look" peu professionnel au journal, rendait la qualité des images médiocre et, malgré le courage et le travail acharné des journalistes qui réécrivaient les informations nationales et internationales captées sur les ondes radio, le journal était peu fourni.

-Politique éditoriale confuse et souvent contradictoire, absence de "scoop", retard sur l'information, absence de "grande plume" du genre Christine Bourne.

-Pas de sports.

-Trop de règlements de compte personalisés., d'ou de nombreux procès perdus.

Ainsi, malgré tous les efforts, dont une section en tahitien de John Mairai qu'il faut vivement féliciter ici, «Tahiti Matin » ne réussit pas à s'imposer comme journal populaire pour rester la lecture de seulement quelques initiés, insuffisants pour la survie du quotidien.

L'équipe fut donc dramatiquement réduite et M. Marchesini lança le 22 novembre un nouvel hebdommadaire-programme télé, "Sept jours à Tahiti". (Il disparut en février 1997).

A.d.P.