TAHITI-PACIFIQUE Magazine
N° 218 - Juin 2009

Dossier

Joinville Pomare “s’auto sacre”

Une royauté “active” à Tahiti, utopie,
gag ou intérêt pour la Polynésie ?
par Alex W. du PREL

Pomare XI, c’est-à-dire Joinville Pomare pour l’état-civil, a été « intronisé » le 28 mai comme le nouveau « roi de Tahiti et ses dépendances » lors d’une conférence de presse dans un petit hôtel de Pirae, le si bien nommé « Royal Tahitien ».

Pourquoi le nom de Pomare XI ?
- « Parce que je suis le descendant direct de Pomare V, mon arrière grand-père Hinoi, qui était Pomare VIII, mon grand-père Pomare IX, mon père Pomare X. Il est donc logique que je sois Pomare XI” ».
A la presse conviée, il a été expliqué :

«  Nous vous avons convié à cette cérémonie pour vous annoncer la restauration d’une personne importante dans la vie politique, économique et sociale dans notre pays. Ce personnage, c’est le roi. Dans un monde où tout va si vite, où tous les repères sont perdus, on peut s’interroger sur l’intérêt d’une telle démarche.
« Pour mieux comprendre, permettez  de faire un petit rappel d’histoire. Avant l’arrivée des Européens, toute la Polynésie était dirigée par des rois. Ce personnage puissant et respecté avait pour mission d’assurer la paix, l’ordre et la prospérité de ses sujets. Le roi possédait la terre qu’il « confiait » à ses sujets. Pour assurer son autorité, il s’appuyait sur la classe des hui arii. Le roi pouvait aussi compter sur ses guerriers qui étaient sous la responsabilité des chefs de guerre. Lorsque son autorité était remise en cause, si son territoire devenait insuffisant pour nourrir ses sujets ou s’il avait des projets expansionnistes, le roi partait en guerre. Dans d’autres cas, des alliances suffisaient.
« Cet état de fait prévalait lorsque les premiers navigateurs européens ont découvert l’existence de nos îles. Ils ont d’ailleurs été très impressionnés par les sociétés sophistiquées qu’ils ont pu y observer, à tel point que la France a cherché à s’installer dans nos îles.
Et c’est ainsi que la France a signé deux traités, avec la reine Pomare IV en 1852 puis avec le roi Pomare V en 1880, le premier imposant le Protectorat, le deuxième le traité d’annexion. Ces conventions entre deux Etats comportent un certain nombre d’engagements, notamment de la part de la France vis-à-vis du roi et vis-à-vis de la population de notre pays.

« Si le roi a cédé sa souveraineté, malheureusement de son côté la France n’a pas respecté nombre de ses engagements. Pire, depuis l’époque de la colonisation à nos jours, notre culture, nos coutumes et nos croyances sont tombées dans l’oubli grâce à la participation active d’une administration coloniale ayant pour objectif de diriger, de contrôler et de faire fonctionner notre territoire selon ses intérêts et ses coutumes, généralement avec la participation toute aussi active et complice des missionnaires et des prêtres.
« La royauté polynésienne, qui était un fait établi, a depuis fait l’objet de continuelles médisances, d’injures et de féroces calomnies basées sur les normes importées des puissances coloniales des antipodes, même dans les livres d’histoire. Ceci afin de discréditer l’ancienne Polynésie et faire croire aux générations suivantes que la royauté ne ferait que partie du passé, qu’elle n’aurait plus de sens pour les Polynésiens d’aujourd’hui. C’est l’éternel « diviser pour mieux régner ». On voit le triste résultat de cette politique centenaire tous les jours : une société schizophrène avec une jeunesse déboussolée ayant perdu tous ses repères et qui essaye de trouver sa dignité… dans la consommation. Et pourtant, le traité d’annexion de Tahiti avait été adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat, puis ratifié par le président de la République, M. Jules Grévy.
« Pour nous, le roi reste donc toujours et doit redevenir le garant moral de l’unité du pays, le gardien des traditions polynésiennes, tout comme il se doit être le garant des intérêts de ses sujets. Tous ses sujets. Par conséquent, il faut aujourd’hui engager des pourparlers et réclamer à la France le respect de ses formels engagements. Le roi est la seule personnalité à pouvoir le faire, et pour cela il doit retrouver la place laissée vacante depuis 120 ans.
« D’ailleurs, dans le Pacifique, chez nos cousins polynésiens de Wallis et Futuna, la royauté n’a jamais cessé d’exister. Les trois rois (un à Wallis et deux à Futuna) y sont non seulement des personnages respectés, même rémunérés par l’Etat qui les consulte pour tous les problèmes locaux. Nos cousins polynésiens de Nouvelle-Zélande, de Tonga, de Samoa ou de Rarotonga eux aussi ont conservé leurs structures coutumières polynésiennes. C’est exactement ce que nous voulons pour la Polynésie française.
« A cet effet, la reine Pomare IV avait mis en place la procédure de désignation de son successeur par le biais d’ordonnances royales. Ces instructions et prescriptions qu’elle avait définies désignent, sans aucune équivoque et grâce à la géanologie d’une lignée ininterrompue, Joinville Teriihinoiatua a Pomare a Tu comme digne successeur de la si populaire Pomare Vahine. D’autant plus que les représentants des chefferies traditionnelles de plusieurs îles dépendantes du royaume de Tahiti viennent confirmer ce choix.
« Nous sommes donc très honorés de présenter notre roi actuel qui s’appelle désormais Hinoiariki Pomare a Tu ou Pomare XI, Sa Majesté comme on dirait en France. »

Crédible ? Acceptable ?

Après ces longues explications, voyons si la dernière “action” de “Sa Majesté” intéresse quelqu’un, est légale c’est-à-dire juridiquement possible et si elle sera acceptée.
En ce qui concerne la “royauté” de Tahiti, du genre Versailles ou Westminster, il est évident qu’elle a été créée par les missionnaires de la London Missionary Society, tout comme les missionnaires catholiques de Picpus ont inventé le roi des Gambier, le lavelua de Wallis et les rois de Futuna. En proclamant “rois” les chefs de guerre, avec distributions d’habits à dorures, couronnes et titres ronflants copiés-collés des monarchies européennes, Les missionnaires  s’assuraientt  par la flaterie le soutien des chefs pour vite devenir indispensables et ainsi  diriger, c’est-à-dire imposer subtilement ses normes européennes. Que ces ors, dorures, protocoles, habits et breloques plaisent est certain, aujourd’hui encore  comme le prouve le Palais présidentiel construit par l’ancien président Flosse, en fait le copié-collé du tralala de l’Elysée (lire notre article du mois dernier).  Et c’est la même chose ailleurs dans le monde.

Les options

Suite au décès de Pomare V en 1891, il est évident que l’administration coloniale, qui s’engageait dans une guerre aux îles sous le Vent, a tout fait pour effacer au plus vite le souvenir de cette monarchie à l’anglaise, de monarques qui parlaient plus l’anglais que le français, dans un territoire où un grand nombre de Tahitiens n’avait toujours pas digéré la conquête plutôt brutale de leur île par les amiraux Dupetit-Thourars et Bruat. 
Il faut noter ici que les îles Hawaii et sa monarchie subit à peu de choses près le même sort, sauf que là-bas ce n’était pas le fait de militaires, mais de commerçants et colons qui mirent le gouvernement américain devant le fait accompli.

Après un siècle de lavage de cervaux, il semble évident que la restauration d’une monarchie “à la Westminster” tropicalisée, genre Tonga, aurait peu d’adeptes à Tahiti (ou à Hawaii), sauf peut-être auprès d’une frange de la nouvelle classe moyenne, en quête de titres de noblesse ou d’autres hochets pour tenter de s’affirmer. Présentement, ils n’ont que le gros 4X4 aux chromes pour impressionner. 

Par contre, le modèle de Aotearoa (Nouvelle -Zélande)  ou de Samoa (avec ses matai)  pourrait être plus adapté, car Polynésien, et peut-être mieux accepté par quelques-uns.
Ce modèle consiste en un “roi” maaori (sans palais), en fait une sorte de “super chef“, héritier du titre, mais qui doit être confirmé par les chefs de toutes les tribus maories. Il est le gardien et le garant des coutumes, de la mémoire et de la langue maorie dans un pays envahi par les immigrants (même en provenance des autres îles polynésiennes !), ce qui fait que les Maoris ne représentent aujourd’hui pas plus de 14% de la population.
D’ailleurs les débuts du système maori a commencé à s’introduire discrètement, par le biais des écoles “Puna reo”, et le renouveau (jusqu’à présent timide) d’une “conscience polynésienne” que celles-ci accompagnent. 

C’est le système que Joinville Pomare déclare avoir choisi, mais alors son titre de roi, voire majesté est mal choisi. Peut-être est-ce juste pour traduire “arii nui” (grand chef, noble)

Et que dit la loi ?

Comme Tahiti, du moins la zone urbaine d’où sont issus la grande majorité de la pléthore de fonctionnaires,  est devenue très procédurière, analysons l’angle juridique (français) de la chose.
Contrairement à certaines idées reçues, malgré la guillotine, les titres de noblesse n’ont pas réellement été abolis en cette France si républicaine (dont Tahiti fait partie). En effet, même en nos temps modernes, socialistes et post-révolutionnaires, le Sceau de France au ministère de la Justice continue de contrôler et classer les titres en plusieurs catégories :

1) Les titres authentiques. seuls susceptibles d’être reconnus par 1’Etat français.
2) Les titres réguliers, qui sont des titres authentiques dont les bénéficiaires ont omis de demander l’investiture.
3) Les titres de courtoisie, dont les preuves sont insuffisantes ou transmis irrégulièrement.

Or, les titres de la dynastie Pomare ne peuvent qu’être des titres authentiques, reconnus par le Sceau de France, et ceci pour trois raisons :
a) Le traité du 9 septembre 1842, déclarant le Protectorat de Tahiti et Moorea avec la France a été signée avec la reine Aimata vahine Pomare IV. II y a donc là une reconnaissance indéniable des titres, du royaume et de la monarchie par l’Empire français et son roi Louis-Philippe.
b) Encore plus important est l’acte du 29 juin 1880 où le roi Pomare V “cède ses Etats à la France”, lequel stipule que le roi « conservera le titre et tous les honneurs et préséances attachés à ce titre » tout en lui octroyant ainsi qu’à ses sujets la nationalité française. Là est la base légale, historique de l’appartenance de la Tahiti à la France, aujourd’hui encore. Or ce document a été voté par l’Assemblée nationale, par le Sénat et signé par le président de la République. Jamais titre royal n’aura donc été approuvé par autant d’institutions... républicaines !
e) La Justice en a aussi jugé : le 9 mars 1879, après que la reine Marau eut accouché d’une fille et que Pomare V refusait de reconnaître celle-ci, le tribunal (républicain) de Papeete jugea « qu’aux yeux de la loi [française], l’enfant devait porter le nom de Pomare et le titre de princesse ».
La famille Pomare a Tu est donc une composante incontournable de la noblesse française, même l’une des rares familles autorisées à porter la qualification princière dans cette République française.
Et si les titres authentiques de la famille Pomare a Tu ne figurent pas ni au registre du Sceau de France, ni au registre de l’Association d’entraide de la noblesse française (A.N.F.), c’est certainement parce que la famille n’en a pas fait les démarches auprès du Sceau de France. Et on ne voit pas comment celui-ci pourrait refuser de les accorder...

Titres des maisons souveraines

D’ailleurs, la famille Pomare devrait se retrouver dans la situation particulière accordée aux maisons souveraines ayant régné sur la France, comme l’explique Marc Guilllaume, le directeur des affaires civiles et du Sceau :
« Les membres des maisons souveraines ayant régné sur la France (Bourbon, Valois, Napoléon) disposent de la qualification de prince. Cette qualification constitue pour les intéressés, moins un titre, au sens du droit nobiliaire, qu’une qualité par laquelle se reconnaissent les membres des familles ayant régné sur la France. Ce ne sont pas des titres héréditaires décernés par un souverain régnant par lettres patentes, au contraire des quatre maréchaux d’Empire, auxquels Napoléon Ier a décerné le titre de prince.
Distinctes des titres de noblesse, ces appellations portées par les anciennes familles régnantes sur la France ne sont pas soumises au même droit. Non héréditaires, elles n’ont pas à être vérifiées par le Garde des Sceaux. Elles sont à la discrétion de leur titulaire.
Pour les exercer, ce titulaire se fonde sur les règles anciennes, aujourd’hui abrogées, mais ayant valeur coutumière pour le chef de famille. C’est ce qui explique que ces règles puissent être différentes pour la famille de Napoléon Ier et pour les autres familles régnantes. Sous le 1er Empire, le droit d’aînesse n’a, par exemple, pas la même valeur absolue que dans d’autres cas. De même sont exclus les membres qui ont contracté des mariages non dynastes, c’est à dire sans l’accord de celui considéré comme le chef de famille. C’est ce qui avait conduit Napoléon Ier à exclure de la succession le roi Jérôme qui avait contracté le mariage Paterson. »

Ainsi donc, si Joinville Pomare désire porter officiellement (et sur son passeport français) un titre, ce devra être celui de prince.
Mais dans le monde polynésien, qui est essentiellent composé d’anciennes colonies  ou protectorats britanniques, le terme “king” est courrant et accepté. On se souvient de la ferveur avec laquelle le président Temaru s’est précipité en août 2006 en Nouvelle-Zélande pour officiellement participer au couronnement du nouveau roi maori, Tuheitia Paki ariki.

Luttes familiales

Mais la plus grande opposition à cette auto-proclamation de “Pomare XI” vient certainement de membres de la famille même. Ainsi une dame Yvannah Texier, née Pomare, annonça sur Tahiti-presse que c’était elle et son frère, qui habite en France, qui seraient les authentiques héritiers du trône de Tahiti, alors que le Wilfred Pomare, le frère de Joinville, clame dans Les Nouvelles que celui-ci aurait abandonné son nom Pomare en 2000, et que pour cette raison il « appose un tapu sacré à l'usurpation du titre de mes pères et aïeux ». Au fil des années, Tahiti-Pacifique a rencontré des dizaines de  prétendants, compréhensible car toutes les anciennes familles de Tahiti sont liées.  Mais encore, d’autres familles issues du clan de Opuhara (Tati) clament leur légitimité au trône, clamant que les Pomare ne seraient que des usurpateurs qui ont “traitrement assassiné” leur aïeul dans la bataille de Fei Pi où Pomare n’a été vainqueur que grâce aux armes et à l’aide apportés par les mutins du Bounty. Une Dame Augustine Menzaghi, vivant dans la Sarthe, a même créé une “Académie royale des Polynésiens en France” pour défendre ses titres.

Une lutte de 20 ans...

Voici 16 ans, en 1993, nous avions déjà interviewé Joinville Pomare alors qu’il occupait et revendiquait l’atoll de Mopélia, autre “terre royale”.  Lisez ses déclarations d’alors, qui non seulement  n’ont pas changé, mais que l’on peut qualifier de  prémonitoires :
TAHITI-Pacifique, février 1993 :
Pourquoi avoir créé un Pomare Parti?
Joinville Pomare : Le nom du Pomare parti a été pris par notre organisation pour qu’on n’oublie pas, ne déforme pas l’histoire de ce pays. Des calomnies contre la famille ont été faites parce que l’on’a jamais pardonné à la famille Pomare de s’être opposé à la colonisation de leurs territoires, d’avoir fait une guerre. En fait, depuis, toutes les propriétés de la famille ont été confisquées, non d’une manière officielle, mais d’une manière plus pernicieuse, avec la complicité du Conseil privé de l’époque, des colons et des élus de la colonie.

Quel est votre combat ?
Tahiti a tant de problèmes à cause d’un assistanat à outrance où on achète les gens. Ainsi, il n’est pas dans l’intérêt de ces partis politiques de changer de systèmes. C’est bien que Mitterrand a arrêté la bombe (nucléaire). Il y a longtemps qu’on avait compris qu’on vivait au-dessus de nos moyens. que le Territoire ne tient sur rien, n’a pas de débouché, pas d’économie. Personne ne voulait entendre ce message et on nous accusa d’être terroriste, de dire des choses indépendantistes, alors qu’on savait pertinemment que notre vue était juste. Tous ce monde de la fonction publique ne donne rien, n’est pas rentable, est un boulet financier pour le Territoire. Même dans les communes, elle devrait être réduite de moitié, et le gouvernement français le sait, le Territoire le sait. Mais comment peut-on arrêter au-jourd’hui un système où tous ont des emprunts?... On a piégé tout le monde. Et avec leurs plans, les riches seront encore plus riches demain... et le Ma’ohi n’aura plus rien du tout... C’est pour cela nous sommes partis sur un autre chemin plus dur, avec les moyens qu’on a, en créant des coopératives pour travailler par nous-mêmes, aussi pour aider les amis au chômage...
Qui est Polynésien ?
La Polynésie, sans les guerres qu’il y a dans le monde, la montée du racisme, la xénophobie, est un beau pays. Même avec nos petites bagarres politiques, on est béni des Dieux. C’est ça qu’il faut préserver. Nos égoïsmes. nos jalousies, il faut les laisser de côté pour avoir une vue plus clairvoyante, car tout le monde a sa place sur ce Territoire, quelque soit les ethnies. J’ai des neveux chinois, des beaux-frères américains, des cousins français. Je ne vais pas leur dire de partir. Ils sont aussi tahitiens que moi.
Et les problèmes de terres ?
Nous demandons qu’il y ait une juste répartition des choses. Regarde l’atoll de Mopelia. On nous dit “On vous donne les Tuamotu, oubliez Mopelia.” J’ai répondu “Ah non, ça suffit, on ne va plus reculer. On a été tolérant depuis le Protectorat de 1842”. Peut-on être tolérant encore pour tout perdre ? Jusqu’où allons-nous reculer ? Demain ça sera aux Tuamotu, après-demain aux Gambier, pour nous retrouver à Pitcairn ? Je dis à tous : “Ça suffit ! On ne recule plus ! Arrangez les affaires maintenant”. Le colonialisme, est du passé. Il faut régler le problème foncier.
Pomare II, premier roi chrétien d’Océanie ?
Par opportunité. Pomare Il gagna la guerre de Fei Pi avec la complicité des mutins de la Bounty. Pomare avait pris la religion chrétienne pour la politique. En fait, il n’a jamais été chrétien. C’était pour reprendre le pouvoir.., ça l’arrangeait.
Y a-t-il besoin d’une monarchie ?
Le Polynésien par nature, respecte les chefs. Aujourd’hui la démocratie française a créé de nouveaux chefs, les partis politiques... Or la démocratie a fait éclater toutes les structures polynésiennes....

A.d.P.

De la dynastie des Pomare

Nous avons découvert un document quasi inconnu, écrit en 1896 par Léonce Brault, alors avocat mais aussi en charge du Messager de Tahiti, le seul journal de la colonie à l’époque. L’article a été publié dans la revue “Les contemporains” (n°202) à Paris le 23 août 1896, donc cinq ans après la mort de Pomaré II. et pendant la guerre de conquête des Îles-sous-le-Vent.  Brault y raconte avec un certain humour l’histoire de la  dynastie Pomare, tout en  réglant des comptes avec les Anglais et les Pomare, en fait le reflet de la position officielle à Tahiti jusqu’il y a... 10 ans encore. Extraits :

Tout le monde aujourd’hui connaît Tahiti, le point extrême de nos possessions dans l’océan Pacifique.Tout le monde a entendu vanter les merveilles de cette île enchanteresse... On sait vaguement aussi que là-bas, très loin, il y eut une race royale, celle des Pomare, qui fit plus ou moins don de ses territoires à la France. Il y a même des Parisiens qui connaissent la reine Marau (Pomare) pour l’avoir vue à Paris en 1883 ; mais, en général, on est plutôt dans le vague au sujet de l’histoire de cette dynastie (…) qui descend en droite ligne des dieux, et est en passe d’y remonter par voie d’extinction.
C’est qu’en effet les Pomare prétendent à une origine divine ; mais s’il n’est pas absolument certain qu’ils comptent des dieux parmi leurs ancêtres, il est incontestable, en revanche, qu’ils comptent des braves, car ils ont détenu la royauté, bien plus par droit de conquête que par droit de naissance.
Sans vouloir faire ici l’historique des temps anciens de Tahiti, il est nécessaire, avant d’entreprendre la biographie de notre héroïne, la reine Pomare IV, de dire quelques mots de ses trois prédécesseurs.
Le premier des Pomare, né vers 1762, fut un soldat heureux, qui s’empressa de devenir roi de son pays. Il s’appelait Otou, mot qui signifie héron. Le capitaine Cook, qui le connut, dit qu’il était très haut sur pattes et plein de bienveillance pour les étrangers. Cette bonté d’âme se manifesta d’abord par l’expulsion des deux premiers missionnaires qui avaient tenté la civilisation de ces îles, deux catholiques espagnols qui y furent amenés en 1774 par le capitaine Bonecitea. Plus tard, Otou le héron, qui avait épousé une demoiselle Hidia, tordit le cou à son premier-né parce que celui-ci, d’après les décrets du lion populaire, devait, à sa naissance, succéder à son père. C’était décidément un prince plein de bonté d’âme que ce Héron ! Un second fils lui survint en 1780 ; mais, pour ne pas s’attirer de désagréments, il le laissa vivre et lui passa la main dans la direction de son peuple, se contentant de garder pour lui la régence.
C’est qu’en Océanie, aujourd’hui comme autrefois, les petits enfants sont considérés comme une émanation de la divinité, et c’est une idée infiniment gracieuse de vouloir que ces petits êtres, encore tout purs et inconscients, soient les véritables maîtres de la maison en vertu d’un pouvoir qu’ils apportent directement du ciel. Dès leur naissance, ils possèdent des biens divers : terres, chevaux, pièces de monnaie que les parents et amis leur offrent comme don de joyeux avènement, et sacrilège semait celui oserait toucher au trésor de l’enfant nouveau-né.
C’est cette vénération des Canaques (*) pour les enfants , qui empêcha notoirement le premier des Pomare d’envoyer son second fils rejoindre son frère aîné dans le royaume des Ombres. Ce jeune monarque avait dix-sept ans à peine, quand les premiers missionnaires protestants, envoyés par le Synode de Londres, vinrent planter leur tente à Tahiti.
Ceux-ci n’eurent aucune peine à s’emparer de son jeune esprit, le convertirent au christianisme, puis se firent consentir des concessions de terres et l’engagèrent à user de son autorité de droit divin pour forcer ses sujets à embrasser en masse le protestantisme.
Ce n’est pas du jour au lendemain et surtout ce n’est pas par la violence qu’on arrive à changer la religion nationale d’un peuple. Substituer l’idée d’un Dieu unique au paganisme des Tahitiens, sans transition, sans explication, c’était courir à la révolte. Aussi les Canaques s’insurgèrent-ils quand on voulut toucher à leur religion, à leurs idoles et à leurs prêtres. Habitués à leurs dieux familiers et à leurs sacrifices humains, ils s’armèrent pour la défense de leurs idoles, et Pomare II, escorté des missionnaires et des néophytes, dut prendre la mer et se réfugier dans une des îles Sous-le-Vent.
Là, il organisa une armée et revint s’emparer de son île dans des conditions  de combat absolument inconnues jusqu’alors. Armées de mousquets de provenance anglaise, les troupes de Pomare massacrèrent impitoyablement les “révoltés”. La peste survint, complétant les désastres de la guerre ; la famine vint achever l’œuvre de destruction, et de plus de 100 000 hommes que comptait Tahiti à l’arrivée des missionnaires anglais, il en restait alors 16 000 seulement, qui, vaincus, se convertirent avec armes et bagages : Tahiti était protestant !
Ce bon M. Larousse, sérieux, nous raconte que Pomare II établit une législation sage, en 1819, avec des tribunaux autour, qu’il encouragea l’industrie (!) bâtit des églises (!!) créa une imprimerie (!!!)
Il ajoute même qu’on lui doit la première traduction de l’Evangile en tahitien. Voilà une dette qui ne sera pas difficile à payer. Il est à peine besoin de dire que tout ceci est du domaine de la fantaisie pure ; que Pomare Il ne créa rien du tout ; qu’il n’encouragea aucune industrie, par la raison simple qu’il n’en existait pas ; qu’il ne bâtit aucune église, attendu qu’il n’en reste pas trace aujourd’hui… Quant à la traduction de l’Évangile par Pomare II, c’est encore une de ces légendes qui pourraient peut-être trouver crédit en France, mais qui font sourire de pitié ceux qui ont quelque peu vécu en Océanie. Pomare II baragouinait, plutôt qu’il ne parlait, quelques mots d’anglais ; il écrivait fort mal, et était absolument incapable d’un travail dans le goût de celui que Larousse lui prête gratuitement. (…)
Pomare Il, quoique descendant des dieux immortels, comme j’aurai l’occasion de l’établir tout à l’heure, mourut personnellement, tout à fait abruti par l’abus des liqueurs fortes. Atavisme ou autre cause, ses descendants ont pieusement respecté la tradition, et l’on peut dire, pour l’histoire, que les Pomare ont été de royaux échansons. Ce Pomare Il laissait à sa mort deux héritiers, un fils nommé Teriitaria, né en 1819 et mort en 1827, et une fille, Aimata, qui exerça la régence pendant presque toute la vie de son frère, et fut couronnée reine par les missionnaires anglais en 1824.
Ce fut la grande reine de Tahiti, celle dont le souvenir est resté le plus profondément gravé dans l’esprit et dans le cœur des Canaques* d’aujourd’hui, et c’est son histoire, passablement mêlée à celle de notre pays, que nous nous proposons de retracer en ces pages.

Comment la reine Pomare IV descend des dieux

Comme je l’ai dit plus haut, la famille Pomare posséda la royauté par droit de conquête. Son origine divine était cependant admise, il y a quelques années encore, et elle est racontée tout au long dans un fort intéressant travail dû à M. de Bovis, lieutenant de vaisseau, qui vécut dix années à Tahiti à l’époque du Protectorat….
L’un des premiers dieux dont les Tahitiens aient gardé le souvenir fut le nommé Raa, dont le nom signifie Soleil. » D’où il faudrait peut-être conclure que les Canaques préhistoriques adoraient les astres, ce qui est vraisemblable. Raa eut un fils et un petit-fils, comme il est convenable pour un Soleil qui se respecte. Ce petit-fils, qui répondait au nom suave de Urùùmata, engendra Haaehi qui engendra Hiro, une manière de Mercure mythologique, protecteur des voleurs et qui, le premier de la dynastie, prit, entre autres choses, le titre de roi. On lui rendait un culte complet, et, en retour, il protégeait les voleurs pendant le temps qu’il n’occupait pas à transporter des montagnes, ce qui constituait l’une de ses occupations favorites.
La dévotion toute particulière dont il était l’objet s’est pieusement transmise jusqu’à nos jours, bien que cependant les Tahitiens d’aujourd’hui n’aient aucune prétention à la collaboration divine dans l’exercice de leurs petits vols familiers. Ce dieu et roi Hiro vécut quatorze générations avant de mourir, et encore n’est-on pas bien certain qu’il mourut. Ses deux derniers enfants furent Haneti et Ohatatama. Haneti, qui était l’aîné, reçut de lui le signe de la puissance qui était une ceinture rouge.
Son frère, naturellement vexé, arbora une ceinture blanche. comme signe d’une royauté indépendante, et la guerre commença,, Guelfes et Gibelins, selon qu’il convient entre deux frères qui briguent le bonheur de gouverner des contribuables. Haneti fut le vainqueur, se maria après la victoire, et eut un fils Farerohi. Ce Farerohi vivait encore il y a bien peu d’années, car il est l’arrière-grand-père du prince Tamatoa, dont la famille existe toujours et règne aujourd’hui aux îles Sous-le-Vent. Tamatoa 1er, oncle de la reine Pomare IV par le sang, adopta encore l’un de ses enfants et en fit, dans un pays où l’adoption prime la filiation légitime, un descendant direct de la divinité de laquelle il venait lui-même.
Ainsi notre héroïne est donc la nièce des plus anciens dieux connus du paganisme tahitien ; et, d’un autre côté, l’adoption faite par Tamatoa, dont la famille, avant la conquête des Pomare, avait détenu le pouvoir à conféra aux usurpateurs la légitimité parce que le droit de conquête avait été impuissant à remplacer.


Origine du nom de Pomare et du prénom Aimata

Le nom royal de Pomare fui, au début de leur puissance : Te tua nui eaae ite atua ce qui se traduit exactement : Qui stat ingens nitens ad Deum.Tous les mots qui composaient ce nom étaient tapu, c’est-à-dire prohibés. Nul n’avait le droit de les prononcer, car ils étaient à l’usage exclusif de la famille royale, ce qui ne manquait pas de commodité pour le reste des citoyens.
Heureusement, l’usage aussi veut qu’on affuble de sobriquets variables les souverains et même les simples particuliers, au fur et à mesure des événements remarquables de leur vie.
On ne possède pas simplement un nom de baptême, mais encore un de mariage, un autre relatif à un accident ou à tout autre cause, et ce, non seulement autrefois, mais même aujourd’hui encore. En sorte que Te tau nui aaae ite Atua ayant attrapé, au cours d’une campagne, quelque chose comme une vaste bronchite, changea son nom en celui de Pomare qui signifie exactement : Rhume de nuit. Dès lors, ce furent les mots po et mare qui devinrent prohibés, et l’on changea le mot po (soir) en ahiahi, et mare (toux) en hota.
La reine Pomare, dont nous allons nous occuper, avait pour prénoms Aimata, qui signifie “mangeur d’yeux”. Elle ne porta du reste pas d’autre nom pendant sa jeunesse. Voici l’origine de ce mot qui se rattache à la religion tahitienne :
J’ai parlé plus haut du dieu Hiro descendant direct du dieu Raa ou Soleil. Mais les Tahitiens d’autrefois avaient beaucoup d’autres dieux, notamment Taaroa dont le nom signifie l’Etendue ; sa femme Hina qui fut la Terre ; son fils Oro, à qui il attribua la souveraineté du monde, bref, à peu de chose près, Saturne, Cybèle et Jupiter. Il y avait également d’autres dieux secondaires, tels que Tane, qui laissa une réputation détestable ; Maui, qui accomplit tous les travaux d’Hercule et bien d’autres encore car il ramena vers le Nord le soleil qui descendait visiblement beaucoup trop vers le pôle Sud, etc. A tous ces dieux, on rendait un culte dans des temples en plein vent appelés marae. Un marae se composait d’une enceinte non couverte en forme de carré long. Au sommet se trouvait un autel formé de pierres plates superposées jusqu’à une hauteur variant de 2 à 15 mètres suivant l’importance du dieu titulaire de l’établissement. Devant l’autel était le fatarau, sorte de claie sur laquelle on déposait les offrandes.
Après le fatarau, venait une espèce de compartiment entouré de murs ayant environ un mètre de hauteur, et dans lequel prenaient place le grand-prêtre et les orapo, mot qui signifie coureurs de nuit. Le grand-prétre, personnage de la plus haute importance, était revêtu d’un emblème qui lui conférait une sorte de royauté religieuse. C’est lui qui savait quand son dieu avait besoin d’un holocauste humain. Il envoyait alors un caillou noir au chef d’un district qu’il choisissait lui-même, et un comité secret désignait la victime à sacrifier, laquelle était toujours un jeune homme sain et vigoureux, choisi dans ce district. Ses camarades, apportant une sorte de sentiment d’humanité dans ce qu’ils considéraient comme l’accomplissement d’un devoir religieux, s’arrangeaient de façon à tuer l’infortunée victime sans qu’elle put se douter, à l’avance, du sort qui l’attendait. C’était donc le cadavre qui était porté au marae.
Au jour fixé, la population se rendait au marae. La famille du roi ou du chef dont l’aïeul avait été dieu et auquel était dédié le temple, occupait un casier placé derrière celui du grand-prêtre et de ses acolytes. Ensuite,  venaient, dans des casiers suivants, les nobles de la famille royale, la bourgeoisie, c’est-à-dire les raatira ou possesseurs importants de terres, puis le vulgum pecus, « la rafataille », comme dirait Daudet.
L’idole, ou plutôt la grande idole du marae appartenait au roi. C’était un simple morceau de bois sans sculptures, enveloppé dans les plus précieuses étoffes et orné de plumes d’oiseaux. Il avait deux mètres de long. Tous les bois n’étaient pas bons pour être idoles ; il fallait des espèces nobles comme le bois de fer, le miro ou le ati. L’idole d’un prince secondaire diminuait de taille ; elle avait quatre pieds ; celles des nobles en avaient deux, et enfin le peuple avait des dieux de poche, proprement logés dans un étui de bambou, d’où il les sortait pour faire sa prière.
Je passe sur le détail de la cérémonie qui m’entraînerait dans de trop longs développements pour en arriver à ce qui explique le but de cette digression, c’est-à-dire l’origine du nom de notre héroïne Aimata Pomare. Lorsque le grand-prêtre avait fait connaître que le dieu de son marae avait besoin d’une victime humaine, celle-ci était portée sur le fatarau disposé devant l’autel. Tout le peuple étant présent, le roi et les notables occupaient leurs cases respectives, le grand-prêtre déballait l’idole et la suppliait de se contenter du sacrifice qu’on lui offrait, sans exiger la mort d’un plus grand nombre de victimes. Puis, adroitement, il faisait sauter l’œil droit du sacrifié et le tendait au roi qui l’avalait. Le mot Aimata signifie textuellement mangeur d’yeux, ai manger, mata oeil.
Faut-il en conclure que la reine Pomare IV observa la tradition? Je ne le pense pas, car les Tahitiens se défendent d’avoir été, à aucune époque, anthropophages. Mais il est bien certain que les naturels des îles voisines, de Moorea, des Tuamotu, des Marquises, etc., etc., mangeaient absolument leurs prisonniers de guerre dont le morceau le plus fin, l’oeil, était réservé au roi.
Les Pomare, et la vieille reine Aimata en particulier, se contentèrent toujours du simulacre, ce qui n’empêcha pas celle-ci de garder le surnom ou prénom sous lequel elle a été presque toujours connue à Tahiti...

Lèonce BRAULT, 1896

Les grandes chefferies de Tahiti et de ses dépendances

- Les grandes chefferies du Teva i Tai , représentées par le grand chef Vehiatua Teuira Timi - Taerea Ariihee - Lucas  Clarisse Vahine ;
- Les grandes chefferies du Teva i Uta  représentées par le prince Salmon - Pomare Tunui - Atitioroi Teururai - Vehiatua a Vehiatua - Teaotea Emile ;
- La grande chefferie du Teaharoa représentée par le grand chef Teriierooiterai - Graffe Raymond  - Doom - Paofai Ranold - le prince Pomare a Tu Tamatoa - la princesse Pomare a Tu Teraimateata - la princesse Pomare a Tu Teraimareva ;
- La grande chefferie du Te Porio Nuu représentée par le grand chef le prince Teheiura Pomare a Tu -  Lintz Gladys Vahine - Paofai Joseph - Maere Toni -Mme Pomare a Tu Holozet Vaiahu ;
- La grande chefferie de Tefana i Ahurai représentée par le grand chef  Matitai - Mai  Joe -  Bouit Mai Vaite  Tepau Claude - Moua Ronald - Ruaaha Johnston- la princesse Pomare a Tu Ariimanihinihi ;
- La grande chefferie du Te Oropaa -Mano Tahi - Mano Rua représentée par par le grand chef Pito i Maraetaata Clément  - Patere a Patere - Tangihia Jasmine Vahine - Haupuni Noota ;
- La grande chefferie de Moorea Te I’o Inia et Te I’o i Raro représentée par le prince Arii ‘au’e Axel Pomare  a Tu  (1er dauphin)  - par le grand chef Teuruarii Faatauuira Pierre - Moohono Manea Vahine, descendante directe des Manea - Marama, Pittman Tua - Tinirau Ariki Eric ;
 - Les grandes chefferies des Tamatoa de Raiatea représentées par les grands chefs Tavaearii a Tavaearii, Paa Ku, Temauri Kiri , Gontran Haapa, Temahahe Moe ;
- La grande chefferie de Bora Bora représentée par le grand chef  M. Tinorua Ioane, le prince Pomare a Tu Tuarikinui et la princesse Pomare a Tu Teremoemoe ;
- La grande chefferie de Huahine Tefarerii représentée par la princesse Tinitua Vahine, la princesse Teururai Annette vahine, le prince Izal Charles et le prince Pomare a Tu Teriihinoïatua Utarii ;
- Les grandes chefferies des Tu des Tuamotu représentées par Tahitoterai Emile, Parua Pahoa, Tumakinokino Rangivaru, Munanui Teave, Tangihia Levy, Tehaeura Jacques  et Tehaeura a Tehaeura ;
- Les grandes chefferies de Raivavae - Rimatara - Tupuai, représentées par le prince Viviura Tevaaura, le prince Teinauri Patrice, Teinaore Tony, Doom Ranold ;
- La grande chefferie de Rurutu : le prince Teinauri Patrice et Avae Utia.

Note : A partir de Teriihinoïatua Pomare a Tu (le prince Hinoï, lequel avait été adopté f’a’a’amu et élevé par le roi Pomare V). et comme Tahiti appartient depuis cette époque à la France, cet arbre généalogique utilise la lignée par l’aîné mâle, telle qu’il est de règle pour la noblesse française et belge. En cas du décès d’un prince héritier sans postérité mâle, c’est au frère cadet qu’incombe alors la responsabilité de la continuité de la dynastie. Ainsi, depuis Pomare V, la lignée est continue  par le prince de Joinville et si la monarchie était présentement rétablie à Tahiti, le prince  Joinville Pomare serait le prétendant légitime au trône de Tahiti sous le nom de Pomare XI. (Données 1993)


N.d.l.r. : Canaque : vient du mot hawaiien kanaka (ta’ata en tahitien, enata en marquisien) qui veut dire “homme”. Transformé en Canak par les Anglais, il devient Canaque en français et sera ensuite utilisé dans les plantations d’Australie pour désigner les travailleurs mélanésiens. D’où  l’adoption de ce mot polynésien par les Kanak de Nouvelle-Calédonie (Kanaky).


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