TAHITI-PACIFIQUE Magazine
N° 220 Août 2009
CONFIDENCES
Fraudes à la défiscalisation, à Tahiti aussi
Après s’être « fait la main » à Wallis et Futuna où
ils ont découvert de vrais « jackpots » de fraudes à
la défiscalisation (lire TPM 212, déc. 2008), les inspecteurs de Bercy
sont depuis janvier venus (discrètement) se pencher sur comment l’on
fait en notre belle Polynésie française. D’où de nouvelles
“trouvailles”, notamment auprès d’un ou plusieurs importateurs
d’automobiles dont des vendeurs indélicats avaient fait la
« gonflette » du prix du véhicule présenté à la
défiscalisation, et cela apparemment en occultant la supercherie à
leurs clients grâce à des « tu signes juste là, on s’occupe de
toute la paperasse ». Surprise, consternation et indignation
alors de la part de clients (« un nombre
considérable ») qui se voient soudainement réclamés de grosses
sommes « pour régulariser votre situation », voire
même être accusés de fraude. On ne sait pas si l’agence de
défiscalisation a été complice ou peu rigoureuse lors de ces
escroqueries, mais elle aurait apuré le“passif” envers la DGI. Il se
pourrait qu’à l’avenir de plus gros scandales éclatent.
Motion de défiance avortée
Début juillet, tous les accords entre le To Tatou Aia et le Tahoera’a
étaient fin prêts pour une motion de défiance destinée à remettre
Gaston Tong Sang au pouvoir avec Edouard Fritch à la vice-présidence.
C’est l’incarcération de Melba Ortas, donc l’implication de Gaston
Flosse et du Tahoera’a au scandale de l’OPT, qui a mis un terme à cette
opération.
Toujours pas payés
Les marins (des PNIM - personnel non inscrit maritime) qui avaient
convoyé les thoniers depuis la Chine pour le compte de la société
Shipchandler avant 2005 (lire TPM 171, juillet 2005 et n° 177, janvier
2006) n’ont toujours pas été payés à ce jour (5 ans déjà !) et
l’affaire traîne en justice. Pis encore, les marins qui ont osé ester
en justice pour récupérer leur dû semblent être sur une sorte de
« liste noire » car depuis il leur semble impossible
de trouver un autre emploi. Rere Puputauki, si discret ces temps
derniers, aurait-il toujours des
« pouvoirs » ?
Parano et menaces chez Flosse
Lors du procès en appel du sénateur Flosse sur l’affaire du
« festin de victoire du Tahoera triomphant »
(dorénavant connu sous le nom de « l’affaire des
Sushi » car Me Quinquis a déclaré qu’il « ne s’agit
que de quelques sushis »), les journalistes venus couvrir
l’événement au palais de justice de Papeete ont eu droit à des insultes
de la part des « fidèles » du Tahoera’a. Selon les
Nouvelles, Vera Flosse, la fille du sénateur, a même menacé en lança un
« On se retrouvera dans le lagon… » à l’égard d’au
moins quatre journalistes. Bis repetita le 25 juillet à l’aéroport de
Tahiti-Faa’a lors du retour du sénateur de Paris après une garde à vue
de 10 heures à la DNIF de Nanterre, lorsque les
« fans » de Flosse ont accueilli le photographe
Werner Bringold (qui nous ressemble un peu) avec des « Du
Prel, on aura ta peau » et des attaques similaires envers
d’autres journalistes, notamment la rédactrice en chef des Nouvelles,
Muriel Pontarollo.
La parole de nos “leaders” …
Fin juin, un avocat assurant la défense de la société d’assurance
Maxima (lire TPM du mois dernier) avait pris un rendez-vous ferme avec
le président Temaru pour discuter du dossier. A cet effet, il a fait le
voyage de 20 heures depuis la France. En débarquant de l’avion de
Paris, l’avocat apprend que M. Temaru s’était envolé la veille au soir
vers Paris « en urgence pour raison de santé », ce
qu’il découvrira être mensonger car le voyage était annoncé
depuis une semaine. Le vice-président Tony Géros devait alors le
recevoir le lendemain à 16 h. Il se décommanda en début d’après-midi,
déclarant avoir dû se faire hospitaliser en urgence en raison d’un
malaise, ce qui se révéla aussi être faux.
Surtout pas sur le fond !
A la mi-juillet, harcelé par les médias sur les enquêtes dont il fait
l’objet, le sénateur Flosse a répliqué avec un communiqué, certainement
destiné à effrayer les médias, qui annonce « Patrick De
Carolis et Elise Lucet renvoyés pour diffamation devant le tribunal
correctionnel de Paris » pour la diffusion de l’émission
Pièces à conviction, un reportage intitulé Mort sous les tropiques
consacré à la disparition de Jean-Pascal Couraud. Le sénateur Gaston
Flosse a déposé plainte en diffamation, avec constitution de partie
civile pour ce reportage réalisé par Magali Serre qui met en cause
Gaston Flosse dans la disparition de JPK. « Le procureur de la
République a en effet retenu des charges suffisantes du délit de
diffamation pour renvoyer devant le tribunal M. Patrick De Carolis,
directeur de publication des chaînes France 3 et Tempo, ainsi que [les
journalistes] Elise Lucet et Magali Serre, pour complicité de
diffamation. ». Magali Serre confirme, expliquant que
« Flosse a porté plainte, mais pas sur le fond du
dossier ! Pour ma part, il porte plainte sur ces
deux phrases de commentaire : « Quelle piste
suivait JPK peu avant sa disparition ? Le journaliste n’avait
de cesse de chercher les preuves de malversations
financières ». Flosse n’est même pas cité, C’est
dingue ! Il y a 70 minutes de reportages ou on revient sur ses
“dossiers” avec des interviews a charges et lui attaque sur ces deux
phrases ! Autant dire qu’ils ne veulent surtout pas aborder le
fond devant un tribunal. Je me demande encore pourquoi ils portent
plainte, j’imagine juste pour dire qu’ils l’ont fait. Bref, du grand
n’importe quoi ».
La France “invitée” ?
Le 14 juillet, le sénateur Flosse a déclaré à l’ATP qu’il a
« toujours été présent aux cérémonies du 14 juillet »
(mais pas en 2008) car « je me fais un devoir […] de fêter la
présence de la France dans notre Pays ». Voilà qui tranche
beaucoup avec le « Tahiti, c’est la France »
Tentative de suicide
Beaucoup de rumeurs ont couru à Tahiti début juillet au sujet de notre
charmante et très populaire Thérèse Moke, notre Miss Marquises et Miss
Tahiti 1993. Selon une source « impeccable », elle a
bien tenté de se suicider par pendaison suite à un abus d’alcool. Fin
juillet, selon sa famille, elle se trouvait toujours à l’hôpital et se
rétablissait bien,. Bien entendu, Tahiti-Pacifique souhaite un prompt
rétablissement à notre « Thérèse nationale » qui
devrait rentrer chez elle à la mi août.
N’oublier personne !
Dans l’affaire dite « des 94 emplois fictifs de la
présidence » dans laquelle le sénateur Flosse pourrait être
renvoyé en correctionnelle en septembre, affaire qui date de 1997 et où
il a été mis en examen pour « prise illégale d’intérêt et
détournement de fonds publics », les juges Redonnet et
Stelmach écrivent dans leur ordonnance de renvoi que Gaston Flosse a
payé des syndicalistes, des responsables sportifs et des journalistes,
avec l’argent de la collectivité territoriale, « au profit de
son parti politique ». Espérons qu’ils n’oublient aucun(e)
journaliste !
Crise ? Pas pour certains !
Selon des indiscrétions, l’assemblée de Polynésie française
envisagerait de renouveler intégralement son parc de 27 voitures de
fonction !
Cher parc
950 millions, tel est le coût total annoncé pour le “parc
Hokulea” sur le front de mer à Papeete, un projet qui avance lentement
depuis 2004. En plus des travaux, ce montant comprend les frais
d’études et de surveillance du parc.
Taxes nouvelles ?
Au premier août, les prix des carburants ont encore augmentés, alors
qu’au 1er juillet la valeur CAF (sur le quai à Papeete) de l’essence
était de 46,4 Fcfp/litre et le diesel à 41,7 Fcfp/litre.
A.d.P.
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