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Appel à candidatures pour la World Art Day

Appel à candidatures pour la World Art Day
Pour sa 3e édition, qui aura lieu du 1er au 30 avril 2022, la Journée mondiale de l’art invite les artistes du fenua à réfléchir aux “Correspondances vibratoires de nos écosystèmes“. Toujours sous le commissariat d’exposition de Here’iti Vairaaroa et de Valmigot, mais avec un troisième commissaire de choc, Viri Taimana, le WAD Tahiti surprend en se déployant de l’innovant écomusée Te Fare Natura jusqu’à Te Fare Tauhiti Nui avec la complicité de Brigitte Bourger. Indéfectible partenaire, la galerie Winkler proposera sa propre sélection. L’audacieux Centre Tschan entre également dans la danse, poussant toujours plus loin les limites de l’art. “ECOH“ (“Eco pour écosystèmes et H pour humanité, humain, humanisme, mais le « H » est aussi une lettre miroir, qui se fait « écho” par elle-même en symétrie. Et puis bien sûr ECOH, si on mélange les lettres, devient ECHO“, détaille Valmigot) rebondira de Moorea à Tahiti, et plus encore !
Règlement sur demande à wad.tahiti@gmail.com

D. S.

La Littérature irradiée selon Andréas Pfersmann

La Littérature irradiée selon Andréas Pfersmann
Dans son ouvrage La Littérature irradiée - Les essais nucléaires en Polynésie française au prisme de l’écriture, Andréas Pfersmann confronte trois corpus de textes inspirés du Centre d’expérimentation du Pacifique : des romans d’espionnage, dus essentiellement à des écrivains de l’Hexagone, deux romans néo-zélandais et des textes d’écrivains autochtones de Polynésie française hantés par Moruroa. Professeur de littérature générale et comparée à l’Université de la Polynésie française (UPF) et membre du laboratoire EASTCO (Équipe d’accueil “Sociétés traditionnelles et contemporaines en Océanie”), l’auteur ne s’intéresse pas aux essais eux-mêmes, mais à la représentation littéraire de leurs conséquences sociales, politiques, sanitaires et environnementales dans la fiction, la chanson ou la performance.

D. S.

Le Nucléaire en Océanie : Jean-Marc Regnault raconte l’histoire des essais atmosphériques (1946-1974)

Le Nucléaire en Océanie : Jean-Marc Regnault raconte l’histoire des essais atmosphériques (1946-1974)
b[Maître de conférences émérite et chercheur à l’Université de la Polynésie française, Jean-Marc Regnault publie aux éditions ‘Api Tahiti, dès le 3 juillet, un nouveau livre intitulé Le nucléaire en Océanie – Histoire des essais atmosphériques (1946-1974). La présentation de l’ouvrage est bâtie sur le schéma de la collection “Tahiti, tu connais ?”, à savoir une présentation simple des problèmes sur une page de gauche, et des documents, illustrations et commentaires sur une page de droite. ]b

Si les conséquences sanitaires des essais nucléaires sont abordées, l’historien n’a “pas voulu entrer dans les polémiques sur la dangerosité des doses puisque même les savants spécialistes ne sont pas d’accord entre eux”. Il précise cependant : “Mais les documents sont suffisamment parlant pour dénoncer l’absence de précautions prises par les ingénieurs de l’Armée et du CEA, pour dénoncer les mensonges répétés et l’absence de respect des volontés des Polynésiens (après manipulations des esprits).”
L’auteur, qui espère que son livre sera accessible à tous, nous présente son travail.


Quels sont les grands axes de cette publication ?
“Les essais atmosphériques américains, britanniques et français sont étudiés pour montrer la tendance lourde à utiliser le Pacifique pour les essais en négligeant souvent les populations locales, leur santé et leur environnement. Il fallait présenter le contexte historique qui explique que les grandes puissances ci-dessus aient tenu absolument à se doter de l’arme atomique.
Les essais français sont étudiés plus en profondeur. Pourquoi la France est-elle venue les réaliser en Polynésie ? Comment s’y est-elle prise pour faire accepter l’inacceptable aux Polynésiens ? Quelles ont été les “complicités” qui ont permis cette installation ?
Si on peut comprendre la nécessité pour la France de se doter de l’arme nucléaire, il est plus difficile d’admettre les mensonges des plus hautes autorités de l’État dès avant l’installation en Polynésie, les manipulations de l’opinion publique et des élections pendant les essais qui sont étudiées à l’aide de documents objectifs.
Et surtout les conséquences politiques, sociales, économiques et sanitaires de ces essais sont présentées sous toutes leurs facettes.”

Qu’apprend-on de nouveau ?
“Les nouveautés sont les suivantes :
- une chronologie serrée des décisions qui, depuis 1957, destinaient la Polynésie à accueillir le CEP (en utilisant des documents d’archives déjà présentés dans mes livres précédents, ceux que Bruno Barrillot avait dévoilé et d’autres originaux consultés avec dérogations) ;
- une étude de la pensée du général de Gaulle avec des révélations sur la façon dont il a abordé les problèmes nucléaires ;
- la manipulation des esprits qui ne respectait pas la démocratie dont la France s’honore pourtant ;
- l’analyse des parcours politiques d’hommes dont on ne connaissait jusqu’ici que superficiellement l’itinéraire : Henri Bouvier (sur lequel on n’insistera jamais assez), John Teariki et Francis Sanford qui s’appuyaient sur le premier après avoir hésité à condamner le CEP, Jacques-Denis Drollet et Gérald Coppenrath qui se rallient à la défense du général de Gaulle par fidélité, pour ne citer que les principaux ;
- une prise de distance avec le livre Toxique, qui est plus un coup médiatique qu’une étude sérieuse menée par des auteurs qui ignorent trop de choses sur la Polynésie et sur les études menées par la Commission d’enquête de l’APF en 2005.”

Dominique Schmitt

Un kit pour défendre nos amis à quatre pattes

Crédit photo : Dominique Schmitt
Dans le cadre de son action de lutte contre la maltraitance animale, l’Alliance pour le respect et la protection des animaux de Polynésie (ARPAP) a réalisé un kit juridique afin “d’informer sur les lois et aider ceux qui veulent agir en justice à le faire”. Le kit comprend notamment un document d’information complet, un mémento juridique, un guide et modèle de courrier pour les plaintes, etc. L’objectif est double : “Aider chacun à pouvoir exercer ses droits de citoyen mais aussi encourager les autorités à exercer des contrôles, intervenir et interpeller les contrevenants”.

D. S.

Plan d’innovation Outre-mer : le consortium de recherche polynésien RESIPOL, lauréat de l’appel à projets

Crédit photo : DR
Dans le cadre du “Plan d’innovation Outre-mer” (PIOM), la déclinaison ultramarine du Programme d’investissements d’avenir (PIA) – mis en place par l’État pour financer des investissements permettant à la France d’augmenter son potentiel de croissance et d’emplois –, un premier appel à manifestation d’intérêt a été lancé. Doté de 1,9 milliard de Fcfp, l’objet du PIOM est de financer des projets répondant aux besoins et spécificités de chaque territoire ultramarin en matière d’innovation et de recherche. Le projet dénommé Nāhiti conduit par le consortium de recherche polynésien RESIPOL (Recherche enseignement supérieur innovation pour la Polynésie) est ainsi lauréat du premier appel et bénéficiera d’une enveloppe de 11,6 millions de Fcfp. Un communiqué explique : “Au travers de l’engagement de son chef de file, l’Université de Polynésie française (UPF), RESIPOL rassemble dans ce projet inédit les acteurs locaux de la recherche (CNRS, Ifremer, ILM, IRD et UC Berkeley) et les acteurs privés du monde de l’entreprise et de l’innovation (French Tech Polynésie, CCISM, Cluster maritime). Ce soutien financier va permettre de lancer la première phase d’ingénierie du projet Nāhiti et ainsi lui donner les plus grandes chances de succès en vue du second appel à projets qui sera lancé en 2022.” Une première étape dans la transformation durable des conditions de développement des projets innovants en Polynésie est franchie.

D. S.

Armes nucléaires : La France investira 27,85 milliards d’euros entre 2021 et 2025

Armes nucléaires : La France investira 27,85 milliards d’euros entre 2021 et 2025
Selon les auteurs du rapport “Complicit : 2020 Global Nuclear Weapons Spending, publié par ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), ce sont plus de 60 milliards d’euros qui ont été dépensés pour les arsenaux nucléaires en 2020, ce qui équivaut à plus de 113 000 euros (environ 13,5 millions de Fcfp) par minute. Le document liste également certaines des entreprises (Safran, Airbus, Boeing…) qui fabriquent des systèmes d’armes nucléaires et des centres de recherche (IFRI, FRS, Brooking institution…) qui animent des réseaux en faveur de la dissuasion nucléaire. ”Ces différents acteurs tirent, eux aussi, de nets profits financiers de leur participation à la course aux armements“, commente ICAN dans un communiqué.
Et de détailler : ”En 2020, la France a ainsi dépensé plus de 8 969 euros (environ 1,1 million de Fcfp) par minute pour son arsenal nucléaire, soit 500 euros de plus que sur l’année 2019. C’est autant d’argent qui n’a pas été consacré à la santé ou à l’éducation de ses citoyens. Le budget officiel est annoncé à 4,7 milliards d’euros (environ 564 milliards de Fcfp) pour l’année 2020”. Le communiqué précise en outre : “Ce montant ne contient pas les salaires des personnels militaires affectés aux armes nucléaires. Certains coûts additionnels ne sont pas, non plus, pris en compte, tels ceux associés au Rafale ou à la gestion des déchets nucléaires militaires. Et la facture va continuer de s’alourdir, entre 2021 et 2025, puisque la France consacrera, selon la Loi de programmation militaire (LPM), la somme de 27,85 milliards d’euros à la dissuasion nucléaire et au renouvellement complet des deux composantes”.

D. S.

Lancement d’un appel à projets gestion et valorisation des déchets

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L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et la Collectivité de Polynésie française, en partenariat avec la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers (CCISM) lancent un appel à projets, intitulé “De l’approvisionnement durable à la valorisation des déchets”, afin d’accompagner les acteurs du territoire (entreprises, collectivités publiques, établissements publics, associations) dans le développement de l’économie circulaire au fenua. L’objectif est de soutenir les initiatives et de susciter des innovations dans le domaine de la gestion et de la valorisation des déchets.
L’économie circulaire a pour but de produire des biens et des services, tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, d’eau et des sources d’énergie à tous les stades du cycle de vie. Cette année, un volet entier sera consacré à la mise en place d’alternatives au plastique à usage unique. “Les projets attendus devront permettre in fine de faire évoluer les comportements et de privilégier de nouveaux modes de consommation sans plastique, voire sans produits jetables”, précise le communiqué.
Les dossiers de candidature doivent être déposés avant le 23 juillet 2021, à minuit (1re session) et avant le 31 décembre 2021, à minuit (2e session).

D. S.

“Insolite corail, sous l’œil des photographes”

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L’Institut des récifs coralliens du Pacifique (IRCP) organise, jusqu’au 15 octobre prochain, un concours photographique intitulé “Insolite corail, sous l’œil des photographes”, en partenariat avec l’écomusée Te Fare Natura de Moorea et la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers (CCISM). Présidé par Alexis Rosenfeld, photojournaliste français et plongeur aguerri, le jury sera composé de professionnels de la photographie et de responsables d’exposition. Œuvrant depuis plus de dix ans pour la préservation de la faune et la flore, l’objectif de l’IRCP est de sensibiliser la population en montrant les écosystèmes coralliens de la Polynésie sous un œil insolite. Cet événement sera suivi en outre par deux expositions des photographies lauréates, dont l’une aura lieu à Tahiti et l’autre sur l’île Sœur.
Contact : Cécile Berthe, 87 31 05 54 / cecile.berthe@criobe.pf

D. S.

Tour de France et d’Europe pour une exposition polynésienne itinérante

Crédit photo : DR
L’inauguration de l’exposition itinérante “La belle histoire de Tahiti et ses îles” a eu lieu, le 31 mai dernier, à Arrou, non loin de Châteaudun, en Métropole. La Délégation de la Polynésie française est partenaire de cet événement imaginé par le producteur Frank Doucet, qui offre une belle promotion du fenua grâce à de superbes objets polynésiens et plus de 1 000 iconographies. “Le visiteur voyage d’archipel en archipel, de thématique en thématique, qu’il s’agisse de la perle noire, du tapa ou encore de la vannerie”, souligne un communiqué. Par ailleurs, “l’histoire des Polynésiens, des migrations à nos jours, est mise en évidence avec un focus particulier sur les Tamari’i Volontaires, mais aussi sur le Bataillon du Pacifique et leur sacrifice pour la France. Autant d’illustrations et textes, fruits des travaux de recherche de l’auteur passionné Teva Shigetomi”.
Durant plusieurs années, l’exposition voyagera de ville en ville, comme à Orléans ou Paris, mais aussi, plus largement, en Europe et notamment en Belgique et en Suisse.

D. S.

Toujours pas de tri à Faa’a, mais plus qu’une seule collecte hebdomadaire

Crédit photo : Dominique Schmitt
La municipalité de Oscar Temaru change de braquet en modifiant sa politique de ramassage des ordures ménagères. La volonté affichée de Faa’a étant de réduire son impact sur l’environnement, on aurait pu croire qu’elle proposerait enfin le tri à ses administrés, à l’instar des autres communes de Tahiti et Moorea avec les bacs gris et vert. Malheureusement, non… Les résidents de Faa’a doivent désormais se procurer un bac bleu et devront se contenter d’une seule collecte par semaine. Objectif : obliger les foyers à produire moins de déchets. Ceux qui le souhaitent pourront toutefois investir dans un bac deux fois plus grand, mais la redevance passera alors du simple au double, soit de 20 000 Fcfp à 40 000 Fcfp par an !
Une mesure qui est jugée fortement discriminatoire par les familles nombreuses. En réalité, ce sont les administrés qui doivent aujourd’hui raquer pour palier l’incompétence de la commune dans le traitement des déchets. Auparavant, Faa’a offrait trois ramassages hebdomadaires ; avec une unique collecte par semaine, on imagine les odeurs devant les fare dont pourront se délecter tout un chacun. Un vrai bonheur...

D. S.

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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT