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“Under The Pole III” : les plongeurs vont se lancer dans la “Capsule” à Moorea

Crédit photo : DR
L’expédition scientifique “Under The Pole III - Twilight Zone - 2017/2020”, menée par Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout, a terminé la première phase du programme baptisé “DeepHope”. Partie de Concarneau en 2017 et arrivée en juillet 2018 en Polynésie, l’équipe a notamment découvert, le 4 avril dernier, un corail mésophotique à 172 m de profondeur dans l’archipel des Gambier : le Leptoseris hawaiiensis. Désormais, les plongeurs s’apprêtent à se lancer dans “La Capsule”, un observatoire sous-marin digne des projets de Jacques-Yves Cousteau, pouvant accueillir trois plongeurs. Le chargé de communication nous explique : “L’ensemble de l’équipe se réunira début août près de la baie d’Opunohu. Dans un premier temps, la mission consistera à sortir la capsule de son conteneur et de la préparer. Puis des tests seront effectués en surface. La capsule sera alors remplie d’air. Une fois que tout sera testé, elle sera immergée à 18 mètres de profondeur, non loin de la baie d’Opunohu. Elle sera cette fois-ci remplie d’un mélange de gaz trimix.” Et de poursuivre : “Début septembre, les premières plongées commenceront (inférieures à 24 heures). Puis nos hommes-grenouilles s’immergeront jusqu’à 72 heures. Enfin, ils tenteront des plongées de plus de trois jours. Les sujets d’études seront nombreux et notamment : étude de la reproduction des coraux (qui n’a lieu qu’une heure par an), des requins citron…” Cette première mondiale qui aura lieu à Moorea ouvre un nouveau champ des possibles…

(D.S.)

José Thorel : de lourds secrets ?

Crédit photo : Tahiti Infos/Antoine Samoyeau
L’ancien procureur de la République, José Thorel, raccroche sa robe et s’apprête à se rapprocher de sa famille en Bretagne. Retour sur une longue carrière, éclaboussée notamment par le brûlot d’Éric Dupond-Moretti, Bête noire. Dans cet ouvrage, l’avocat “rentre dans le chou” du magistrat !

Avec 40 ans de magistrature au compteur, dont 17 ans passés en Polynésie, José Thorel s’apprête à retrouver les siens en Bretagne. L’ancien procureur de la République, actuellement avocat général au parquet, va en effet quitter le fenua. Depuis son premier poste en 1988, comme juge d’application des peines et juge forain, il est intervenu dans de nombreux dossiers. On se souvient tous, par exemple, de la polémique qu’il avait suscitée en 2010, dans le cadre des affaires politiques qui concernaient notamment l’ancien président du Pays, Gaston Flosse, lorsqu’il avait déclaré, selon Médiapart, qu’il “était payé pour leur rentrer dans le chou”. Interrogé sur le plateau de Polynésie la 1ère, le magistrat a confié qu’il gardera notamment en mémoire : la résolution inespérée (grâce au code génétique), vingt-trois ans après, de l’affaire Rachel Aberos, une fillette enlevée, violée et tuée ; le crime du touriste allemand aux Marquises ; ainsi que la disparition de Papy Fat, identifié huit ans après. Il a également expliqué qu’il raccrochait la robe, “mais pas de manière définitive”, espérant bien “pouvoir encore s’enquérir ou régler des dossiers en tant que magistrat honoraire”. En outre, on devrait le revoir assez rapidement, puisqu’il “i[laisse en Polynésie [sa] fille aînée qui est institutrice et [ses]]i mo’otua (petits-enfants, ndlr)”.
Ce que l’on connaît moins, c’est le passé de M. Thorel en Corse et surtout dans le Nord de la France, avant qu’il ne débarque dans nos eaux. Dans le livre Bête noire - Condamné à plaider (Éditions J’ai lu, 2012, réédité en 2018), Éric Dupond-Moretti et Stéphane Durand-Souffland révèlent le modus operandi de José Thorel. Avocat depuis plus de trente ans, le premier a plaidé dans les procès d’Outreau et Érignac, avant de défendre Jérôme Kerviel et Nikola Karabatic. Le second est chroniqueur judiciaire pour Le Figaro. Ensemble, ils ont écrit également Directs du droit.
À sa sortie, l’ouvrage Bête noire avait d’ailleurs créé un tollé dans les couloirs du Palais de justice de Papeete...

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Littérature : l’exemple d’Hiroshima à la Maison de la culture

Crédit photo : Ariitaimai Amary
Dans le contexte de la commémoration des 74 ans des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, survenus successivement les 6 et 9 août 1945, la Maison de la culture met à disposition une œuvre sur les conséquences du nucléaire au Japon. Ainsi, quatre exemplaires de La Vieille Dame d’Hiroshima – Éducation à la paix seront disponibles à la consultation et au prêt. Ce livre, dont la teneur scientifique est notoire, a été écrit par Nanao Kamada, docteur en médecine spécialisé en hématologie, qui a accompagné les hibakusha, victimes de ces bombardements, via ses travaux scientifiques et ses engagements sociétaux au sein de l’Hiroshima atomic bomb survivors relief foundation. Mille exemplaires avaient été offerts à la Polynésie française en 2018 à destination des scolaires et, aujourd’hui, la Maison de la culture compte cette œuvre scientifique et humaine dans sa bibliothèque. Accessible malgré son caractère érudit, le livre donne à lire des témoignages réels sur la page de gauche et, sur la page de droite, des réponses scientifiques, étayées par des spécialistes internationaux. Nous vous invitons à découvrir cet ouvrage, dans lequel les activistes locaux du fait nucléaire trouveront des informations croustillantes à se mettre sous la dent. Notons cependant que loin de développer un discours victimisant, ce livre a pour objectif d’éduquer à la paix.
(A.A.)

Les Maoris racontent les aventures de Tupaia en BD

Les Maoris racontent les aventures de Tupaia en BD
Nouvelle-Zélande : 1 / Tahiti : 0. Écrite par Courtney Sina Meredith et illustrée par Mat Tait, une bande dessinée intitulée The Adventures of Tupaia vient de voir le jour à Aotearoa, “le pays du long nuage blanc”. Le 13 avril dernier, la commémoration de l’arrivée à Tahiti du capitaine James Cook, il y a 250 ans (1759), par la baie de Matavai, s’est en effet tenue à la Pointe Vénus. Si l’on est ravi que le héros polynésien inspire nos cousins maoris, on regrette tout de même que ce ne soit pas une initiative locale qui honore ce grand navigateur et ari’oi originaire de Raiatea. Le nom de Tupaia restera gravé dans les mémoires comme l’homme qui a guidé le capitaine James Cook lors de son premier voyage. D’ailleurs, Courrier international consacre, dans sa dernière édition, un article au grand marin du fenua, qui “a permis de lever le voile sur une énigme : l’arrivée des premiers humains sur les îles de Polynésie il y a plus de mille ans”. Il s’agit d’un récit du Wall Street Journal. (D.S.)

Jean Guiart, mémoire vivante de l’Océanie, nous a quittés

Crédit photo : Dominique Schmitt
Ethnologue et anthropologue de formation, Jean Guiart est décédé à son domicile à Punaauia, le 4 août, à l’âge de 94 ans. Dans notre édition du
30 décembre 2015 (lire TPM n° 307), nous avions consacré un long dossier à cet homme érudit, qui a ausculté, sa vie durant, la société traditionnelle océanienne, notamment en Mélanésie pour le compte de l’État français après la guerre. Né en 1925 à Lyon et issu d’une famille de grands médecins et de banquiers, il a été l’un des fondateurs de la Société des Océanistes à Paris, avant d’être directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE), de 1968 à 1973, puis directeur du Laboratoire d’ethnologie du Musée de l’Homme, de 1973 à 1988. Il avait fondé par ailleurs ses propres sociétés d’édition, Le Rocher-à-la-Voile et Te Pito o te henua. Lors de notre entretien, il nous avait confié nombre de ses péripéties. Spécialiste des arts et des religions de l’Océanie, il ne mâchait pas ses mots : “J’ai dû me battre avec une administration qui faisait l’innocente”, nous avait-il, par exemple, expliqué. Il affirmait en outre : “La France gouvernait des îles dont elle ne savait rien. Aujourd’hui, plus ça va, moins Paris est au courant de ce qui se passe dans le Pacifique, parce qu’ils ne savent pas où aller chercher les informations… Persona non grata, je suis aujourd’hui classé pro-Kanak”. Jean Guiart restera une mémoire précieuse pour l’histoire de l’Océanie.
(D.S.)

Le documentaire 700 requins nominé aux Emmy Awards

Crédit photo : Laurent Ballesta
Le film tourné à Fakarava et réalisé par Luc Marescot, avec l’appui d’une équipe locale, est en lice pour les prochains Emmy Awards, qui se tiendront les 14 et 15 septembre, à Los Angeles. Le Festival international du film scientifique Pariscience avait déjà remis le Prix étudiant et le Prix du public à 700 requins dans la nuit, un documentaire exceptionnel dans lequel on découvre Laurent Ballesta mener une expédition scientifique inédite au cœur d’une horde de requins, rassemblés pour une grande chasse annuelle sur l’atoll des Tuamotu. “Jusqu’à preuve du contraire, une telle concentration de requins est unique au monde”, affirme le biologiste marin. Ils affluent en même temps que 18 000 mérous, poissons solitaires d’ordinaire et qui se regroupent pour la ponte annuelle à la pleine lune de juin.
Diffusé en juin dernier sur Arte, ce film avait suscité par ailleurs une vive polémique sur les réseaux sociaux, Mathias Michel reprochant notamment aux équipes d’avoir creusé une tranchée dans le corail pour les besoins du tournage et bouleversé un cadre préservé, classé réserve de biosphère par l’Unesco. “Cette installation rentre dans le cadre d’un suivi à long terme des requins et de l’ensemble de la biodiversité de la passe”, s’était alors défendu l’une des maisons de production. À l’origine notamment des documentaires Le 7e ciel des requins gris (Prix du public au Fifo 2006) et Le mystère mérou de Fakarava (film hors compétition au Fifo 2016), Laurent Ballesta avait été également l’invité de marque du Festival Hoho’a Nui 2017.
(D.S.)

Classement des compagnies aériennes "Skytrax" : ATN se maintient

Crédit photo : DR
Dans le classement Skytrax 2019 des meilleures compagnies aériennes, Air Tahiti Nui est toujours 7e sur le plan régional et French Bee arrive 10e compagnie mondiale chez les low-cost long-courriers. Comme chaque année, l’organisme Skytrax évalue plus de 200 compagnies aériennes et les classent par zone géographique et par service fourni (repas, équipage, divertissement…). Un classement mondial 2019 des 100 meilleures compagnies, dominé cette année par Qatar Airways, qui succède à Singapore Airlines et dans lequel ne figure pas Air Tahiti Nui. Sont cependant présentes, bien placées et en légère progression, les compagnies qui desservent l’aéroport de Tahiti Faa’a. Air New Zealand est ainsi classée 16e (+1 place par rapport à 2018), Air France 23e (+2), LATAM 49e (+14) et United 68e (+20). Seule Hawaiian Airlines est en repli, passant de la 77e à la 83e place.
Si Air Tahiti Nui n’apparaît toujours pas dans le top 100, l’une des plus fortes progressions est à mettre à l’actif de Fiji Airways, qui passe de la 65e place en 2018 à la 45e en 2019 (+20 places), notamment grâce à l’amélioration de la qualité de l’équipage. En effet, la compagnie fidjienne prend la première place dans ce domaine dans la région Australie/Pacifique, devant Qantas et Air New Zealand, alors qu’Air Tahiti Nui occupe la 6e place (-1 place par rapport à 2018). L’ex-Air Pacific, qui vient d’intégrer OneWorld, obtient par la même occasion le titre de compagnie ayant le plus progressé dans la zone Australie/Pacifique
Au classement régional, Qantas et Air New Zealand dominent encore les petites compagnies du Pacifique Sud. Si Air Tahiti Nui (7e) ne parvient pas faire jeu égal avec Fiji Airways (4e), la Compagnie au tiare devance cependant, comme en 2018, Air Calin (8e), Air Vanuatu (9e) et Air Niugini (10e).
French Bee, qui dessert trois zones géographiques distinctes et la Polynésie française depuis mai 2018, n’apparaît pas dans les classements régionaux et mondiaux, mais obtient la 10e place dans la catégorie low-cost long-courriers. En 2018, Skytrax ne classait que cinq compagnies dans cette catégorie et cette extension témoigne ainsi de l’essor au niveau mondial de ce marché de transport aérien à bas coût.
(S.P.)

Exposition "Rama Rama" : les stages mis à l’honneur à l’Université

Exposition "Rama Rama" : les stages mis à l’honneur à l’Université
Les stages professionnels constituent un réel tremplin vers l’emploi. En effet, ils permettent une immersion totale dans le monde du travail, suivant les projets professionnels des uns et des autres. Qu’ils soient obligatoires ou facultatifs, les stages ont donné aux étudiants l’opportunité d’utiliser les notions théoriques accumulées en cours et de les remobiliser de manière plus concrète.
L’importance de ces stages est souvent minimisée, et pour y remédier, l’Université de la Polynésie française (UPF) relance l’exposition "Rama Rama" dès le mois d’août prochain au Centre d’orientation des stages et de l’insertion professionnelle et à la Bibliothèque universitaire. Cet événement permet de mettre en avant le lien entre la diversité des expériences et l’évolution des projets professionnels, de rendre compte de l’expérience d’un stagiaire au sein d’une entreprise de manière plus explicite, et de créer un dialogue entre les différentes figures qui rentrent en ligne de compte lors de l’élaboration d’un projet de stage.
Pour cela, l’UPF a réalisé des portraits de six étudiants volontaires pour aborder les démarches effectuées pour trouver le stage, les missions qui leur ont été assignées et leurs performances. Les supports sont variés, puisque les interviews sont non seulement écrites, mais aussi accessibles en ligne via des vidéos personnalisées, que vous pouvez retrouver sur le site de l’université. C’est aussi l’occasion pour l’UPF de valoriser les formations qu’elle propose ou de faire découvrir aux étudiants de potentiels débouchés professionnels qu’ils n’avaient peut-être pas envisagés, ce qui leur permettrait, le cas échéant, d’entamer une démarche de réorientation.
(A.A.)

Sacem Polynésie : déclarez vos œuvres en ligne

Sacem Polynésie : déclarez vos œuvres en ligne
Bonne nouvelle pour les sociétaires de la Sacem Polynésie, le paramétrage de “Polynésie française” est enfin opérationnel. Vous pouvez donc déclarer vos œuvres en ligne et sélectionner cette origine. Les titres seront ensuite extraits pour un passage à la commission d’écoute à Tahiti.


(D.S.)

Concours international à Monaco : casting fin août

Concours international à Monaco : casting fin août
Vous souhaitez participer au concours “Écoute un monde en musique” ? Ne manquez pas le casting qui se tiendra fin août, aux 3 Brasseurs. Une cinquantaine de pays participeront à cet événement, qui est placé sous le haut patronage de S.A.S le Prince Albert II de Monaco. Âgés de moins de 25 ans, les concurrents doivent présenter une œuvre musicale (sans paroles) de trois minutes maximum. Les gagnants du fenua (les trois premiers) s’envoleront ensuite pour la finale, qui se déroulera le 30 novembre, à Monaco. Le grand vainqueur aura alors le privilège d’être invité par la Principauté, tous frais payés, lors de la soirée de gala de l’association Femmes leaders mondiales Monaco, l’organisatrice du concours, dont le but est de réduire les inégalités entre hommes et femmes. 
Contacts : 87 32 50 50 (Michel Bardy) / FB : Bardy Fetia
(D.S.)

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Équipement du Pays : mépris de l’environnement, gabegie et incompétence…

Équipement du Pays : mépris de l’environnement, gabegie et incompétence…
Le Pays vient encore d’être pris la main dans le sac. Une enquête pour “terrassement illégal et rejet de matières polluantes” a été en effet ouverte par le parquet, après la construction du remblai de 18 hectares sur le lagon ceinturant l’ex-hôtel Maeva Beach, à Outumaoro, ont révélé nos confrères de La Dépêche de Tahiti. Une information judiciaire a ainsi été engagée suite au dépôt, entre 2013 et 2015, de 110 000 mètres cubes de terre et matériaux sur le site de développement touristique dit “Mahana Beach”, laissant craindre plusieurs risques environnementaux, à terre et en mer. Le fait que ces opérations, menées par l’ancien puis l’actuel présidents de la Polynésie française, Gaston Flosse et Édouard Fritch, aient été réalisées dans le plus grand mépris du Code de l’urbanisme et du Code de l’environnement jette l’opprobre, une fois de plus, sur le gouvernement local… Un scandale politico-environnemental qui rappelle amèrement l’affaire des bonbonnes toxiques immergées à bord du Kura Ora II, en début d’année, où trois responsables de services du Pays seraient impliqués. Une aberration d’autant plus révoltante que le 30e Congrès des communes qui vient de se tenir aux Gambier était placé sous le thème “Nos liens à l’environnement”. L’objectif étant de “sensibiliser l’élu communal et chaque participant, en tant qu’individu, être humain et citoyen, sur ses habitudes et les conséquences de ses actes sur son cadre de vie”. Cerise sur ce gâteau de très mauvais goût, 180 élus communaux venus des quatre coins de la Polynésie se sont réunis à Rikitea, située à… 1 643 kilomètres de Papeete ! Un choix peu judicieux, sur le plan financier certes, mais surtout écologique.
De son côté, on notera que le CESC est devenu le CESEC, le Conseil économique, social, environnemental et culturel de la Polynésie française (prononcer “cézék”), et s’est engagé à intégrer les préoccupations de développement durable dans l’ensemble de ses avis présentés au gouvernement. Non seulement, les grands travaux conduits par le Pays ne respectent pas l’environnement, mais ils sont aussi, souvent, la source d’une gabegie effarante. Pour exemple, l’installation de feux tricolores à Mahina pour la modique somme de 40 millions de Fcfp, qui n’ont pas fonctionné pendant plus d’un an ni réglé le problème de la circulation. On pense également à l’inutile passerelle Taina, construite à Punaauia, qui a coûté 152 millions de Fcfp alors qu’elle est à peine empruntée. Que dire en outre de l’aménagement du front de mer de Papeete prévu par le ministère de l’Équipement, alors que la première tranche a été inaugurée il y a un an déjà ? On nous explique qu’après avoir détruit le carrefour du Pacifique pour empêcher les usagers de la route de tourner à gauche sur l’avenue Prince Hinoi, on va désormais démolir le terre-plein central afin de réaménager le carrefour à feux à la sortie de la gare maritime, pour pouvoir tourner à gauche vers le giratoire de la base marine.
Selon la formule consacrée, le ministre ad hoc remercie à chaque fois par avance la population de sa “compréhension pour les désagréments occasionnés par ces travaux”. On le conçoit bien, soit, mais pas lorsque ceux-ci se font au détriment du développement durable ou sans aucune logique économique. On construit, on déconstruit, puis on reconstruit au même endroit… Gaspillage à tous les étages ! Pendant ce temps, la fermeture du viaduc de la Punaruu a créé d’énormes bouchons sur la côte ouest, un projet de trois lotissements à Moorea suscite l’indignation des riverains et la troisième voie à Punaauia n’est toujours pas terminée deux ans après le démarrage du chantier (évalué à 574 millions de Fcfp). Cette incompétence latente, mise en exergue par plusieurs rapports de la Chambre territoriale des comptes visant différents services du Pays, porte à nous interroger sur la bonne gestion de nos deniers, qui pourraient servir à d’autres causes. Car, en attendant, Théodore Tehau, SDF de 48 ans, est la sixième personne en grande précarité et à la rue qui est décédée cette année, comme l’a rappelé Père Christophe. D’ailleurs, sachez que le vicaire de la cathédrale de Papeete n’a reçu, pour l’heure, qu’un peu plus de 6 millions sur les 150 millions de Fcfp nécessaires à la création d’un nouveau centre d’accueil Te Vai-ete. Et puis, la Faucheuse a déjà tué 24 personnes sur nos routes en 2019. Si on y réfléchit bien, il y a moyen de trouver des investissements plus concrets, c’est sûr.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique Schmitt