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Un dessinateur local au Canada

Crédit photo : DR
José Marquez, alias Hotu Painu, fidèle collaborateur de Tahiti Pacifique depuis l’ère du Prel, est l’un des cinq invités internationaux du Festival Québec BD (du 4 au 24 avril) où sa gouaille et son trait de crayon font le bonheur des visiteurs. José n’a pas manqué d’embarquer quelques exemplaires des titres de Fenua Communication comme HINE Magazine et bien sûr Tahiti Pacifique. Ce grand voyageur sera aussi présent
du 1er au 24 juin à Sydney et enfin les 5 et 6 juillet au festival de
l’Abervrac’h, en Bretagne.
(LO)

Aéroports : Rangiroa rendu au Pays ?

Aéroports : Rangiroa rendu au Pays ?
Le gouvernement a récemment communiqué sur l’avenir de l’aéroport de Rangiroa choisi comme aéroport de dégagement pour Tahiti-Faa’a à la place de celui des îles Cook. Le ministère des Outre-mer avait lui aussi communiqué il y a quelque temps sur le retour au Pays, d’ici 2020, de trois aéroports, jusqu’alors gérés par ADT, dont celui de Rangiroa. Ne resterait plus que celui de Tahiti-Faa’a dans le giron de l’État. Quel statut aura donc Rangiroa en tant qu’aéroport de dégagement ?
(LO)

Patronat : Olivier Kressmann quitte ses fonctions

Patronat : Olivier Kressmann quitte ses fonctions
Olivier Kressmann, actuel vice-président du Medef (après en avoir été le président) a fait part, lors de la dernière assemblée générale fin mars, de sa volonté de démissionner de ses fonctions. Outre des activités professionnelles de plus en plus prenantes dans le domaine de la technologie, il semble qu’un petit différend né de l’édito d’un bulletin du Medef en début d’année concernant un aspect de la réforme des retraites, qui lui aurait été reproché, soit un élément déclencheur de son départ. Celui-ci n’a pas encore été acté.

(LO)

Photographie d’art : Karine Roué, de Raiatea à New York

Crédit photo : Karine Roué
Depuis plus de dix-sept ans, Karine Roué vit sur l’île de Raiatea, où elle se consacre à la photographie d’art et à l’écriture. Autodidacte, l’artiste a été retenue pour participer à l’exposition collective “Beyond Boundaries : LensCulture Discoveries in Contemporary Photography”, présentée prochainement à New York. C’est une photographie de sa série “Les Architectonies femelles”, prise à Vairua, à Raiatea, qui a été sélectionnée lors des LensCulture Art Photography Awards 2018. Le travail de 77 photographes venant de 27 pays différents, dont la Polynésie, sera ainsi exposé du 25 avril au 2 mai, à la galerie de la prestigieuse fondation Aperture, à Chelsea, Manhattan.
(DS)

Dissuasion nucléaire : l’Assemblée nationale souligne la “mise à contribution” de la Polynésie par la France

Crédit photo : DR
L’Assemblée nationale a donné son aval, le 11 avril dernier, à une réforme du statut d’autonomie de la Polynésie française qui reconnaît le caractère involontaire de sa contribution au développement de la capacité de dissuasion nucléaire française. La formule retenue auparavant, stipulant que “la République reconnaît la contribution de la Polynésie française à la construction de la capacité de dissuasion nucléaire et à la défense de la Nation”, avait provoqué le profond désaccord du Tavini, de l’association 193, des syndicats, ainsi que du représentant polynésien au Conseil économique, social et environnemental (CESE), Christian Vernaudon. Celui-ci avait d’ailleurs pris l’initiative d’écrire, le 27 mars dernier, au Premier ministre Édouard Philippe afin de lui signifier que les éléments présentés aux parlementaires nationaux ne correspondaient pas aux avis exprimés par la très grande majorité de la société civile organisée, comme cela avait été indiqué “dans un rapport rendu par le Conseil économique, social et culturel (CESC) dès le 15 novembre 2006”…
Les députés polynésiens Moetai Brotherson et Maina Sage ont ainsi obtenu une précision sémantique à ce projet de loi organique, déjà adopté par le Sénat, qui permet d’avancer “sur un chemin plus apaisé”. La “contribution” de la Polynésie française à la dissuasion nucléaire française a été remplacée par l’expression “mise à contribution” afin de souligner que les 193 essais nucléaires effectués entre 1966 et 1996 étaient le “choix de la France”. Selon Christian Vernaudon, la rédaction du premier article sous le titre “De la reconnaissance de la Nation” était “particulièrement inappropriée pour exprimer ce que les Polynésiens attendent en matière de reconnaissance et que le Premier ministre, Monsieur Alain Juppé, avait parfaitement su exprimer lors de son passage”. Lors de sa visite au fenua, le
27 juillet 2016, l’homme politique avait en effet déclaré : “Ces essais ont eu et ont toujours un impact préoccupant sur l’environnement ainsi que des effets sur la population.” Il souhaitait ainsi faire “acte de reconnaissance”, mais également de “réparation” en renonçant à “ce principe de risque négligeable” dans la loi Morin et enfin de “réconciliation” avec les Polynésiens.
Dans son courrier adressé au Premier ministre, le représentant polynésien du CESE a tenu par ailleurs à replacer dans son contexte le vote de la commission permanente en 1964 de la location pour un franc symbolique à l’État des atolls de Moruroa et Fangataufa, grâce au témoignage de Jacques-Denis Drollet, enregistré le
23 juin 2011 et reproduit dans le documentaire L’élu du peuple - Pouvanaa, Te Metua de Marie-Hélène Villierme (2012). Lorsque l’ancien représentant à l’assemblée locale raconte sa rencontre avec le général de Gaulle, il confie : “Il me fait comprendre qu’il a besoin de ces atolls pour les expérimentations et qu’il serait souhaitable que nous les donnions à la France et que si nous ne le faisions pas, il aurait les moyens de nous contraindre.” Les députés ont voté aussi un second projet de loi, portant “diverses dispositions institutionnelles” en Polynésie. Les textes doivent maintenant faire l’objet d’une procédure de conciliation entre l’Assemblée nationale et le Sénat.
(DS)

Escale des paquebots à Papeete : une société privée pour gérer le flux des piétons

Crédit photo : DR
Enfin, le gouvernement annonce la couleur ! Saluons cette initiative qui consiste à prévenir la population que ce sera le bazar sur le front de mer, et ce jusqu’au 2 mai. En effet, des paquebots vont accoster en rafales au port de Papeete durant plusieurs semaines, ce qui va engendrer un trafic encore plus important qu’à l’accoutumée. C’est dire. Il y a un an, Tahiti Pacifique avait déjà mis le doigt sur cette prise en otage des citadins polynésiens, coincés dans d’épouvantables embouteillages causés par le défilé permanent des croisiéristes traversant l’unique route pour se rendre en centre-ville. Le ministère du Tourisme nous avait alors aimablement répondu que “les travaux entrepris sur le front de mer avaient aggravé la situation” et que ceux-ci s’étendront “jusqu’à mi-2019 pour la ville et fin 2020 pour la zone portuaire”. À terme et dans le cadre de l’aménagement du terminal de croisière par le Port autonome de Papeete, une promenade suspendue au-dessus du Boulevard Pomare devrait relier le front de mer au cœur de la ville (zone du marché de Papeete).
Si nous attendons avec grande impatience cette passerelle afin de pallier ce problème récurrent, un communiqué précise en outre que le Pays a fait appel à une société privée : “Cette mesure, financée par le ministère du Tourisme, fait appel à une prestation privée, habilitée par le maire de Papeete, pour gérer les flux piétons aux passages du front de mer pendant les heures de pointe. Elle permet ainsi de redéployer les ressources de la police municipale, ainsi que de la DSP, pour assurer la prévention et la sécurité en ville.” Une explication qui ne nous convainc pas vraiment… On apprend par ailleurs que des animations seront organisées en soirée sur la place Vaiete, réunissant la population, les membres d’équipages, ainsi que les passagers.
Notez bien les neuf escales de navires de plus de 1 500 passagers programmées : après l’Eurodam, le 27 mars, le Carnival Legend débarquera le 11 avril, le Star Princess le 16 avril, le Golden Princess le 21 avril, le Solstice le 22 avril, le Maasdam et le Ovation of the Seas le 24 avril, le Radiance of the Seas le 27 avril et le Sea Princess le 2 mai. Vous voilà prévenus.
(DS)

Un autre Swac “dans les tuyaux”

Crédit photo : service des énergies
Dans notre précédente édition, nous évoquions les remous autour des appels d’offres du Swac (Sea water air conditioning) du Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF), dont le marché des travaux a été finalement remporté par SAS Géocéan, la société qui avait déjà réalisé pour Créocéan le système de refroidissement via l’eau de mer de la climatisation de l’hôtel The Brando, à Tetiaroa, en 2012. L’assistance à la maîtrise d’ouvrage ayant été attribuée en 2016 à Airaro, le bureau d’étude partenaire de Créocéan, et la maîtrise d’œuvre ayant été remportée par Créocéan en 2017, l’avocat du groupe Boyer dont l’offre a été retoquée a crié aux “conflits d’intérêts”, se demandant même “pourquoi la Polynésie française met-elle autant d’énergie à vouloir nous écarter ?” (lire TPM n° 403 du 22 mars).
Cette fois, on apprend par le Journal officiel qu’un autre appel d’offres est lancé, dont l’objet du marché public est la réalisation d’une étude de faisabilité d’un système de climatisation par eau de mer des profondeurs (Swac) pour la zone urbaine de Papeete sur l’île de Tahiti. Le périmètre de l'étude concerne l'ouest de la capitale et s'étend de Carrefour Faa'a-Pacific Plaza au Centre Vaima. Le gouvernement souhaite inclure impérativement certains bâtiments : la Présidence, la Vice-présidence, l'assemblée de la Polynésie française, le CESC, le haut-commissariat et l'IEOM. La date limite de remise des candidatures ou des offres est fixée au 26 avril 2019, à 11 heures, au Service des énergies. Après Tetiaroa, Bora Bora et prochainement le CHPF, cette énergie renouvelable et moins onéreuse séduit le Pays. Désormais, la question qui nous brûle les lèvres est : retrouverons-nous l’ogre Créocéan dans cette nouvelle course aux milliards ? Cela risque fort de chauffer encore pour ces juteux marchés du froid…
(DS)

Un cliché sous-marin pris à Fakarava récompensé

Crédit photo : DR
La Polynésie française a été distinguée par le quotidien britannique The Guardian, le mois dernier. À l’occasion de la 4e édition de son concours du meilleur photographe sous-marin de l’année, Richard Barnden a remporté le prix 2019 grâce à un impressionnant cliché pris de nuit, dans la passe de l’atoll de Fakarava. Baptisée L’Affrontement (“The Gauntlet”), la scène montre le frénétique festin des 700 requins qui peuplent ce lieu réputé, se disputant un poisson-perroquet.

(DS)

Budget : règle des 3%, la triche aux délégations

Crédit photo : Présidence
En vertu de l’article 86 de la loi organique, le nombre de collaborateurs de cabinet des membres de gouvernement, ainsi que les crédits nécessaires à leur rémunération, sont limités par l’assemblée de la Polynésie française. Les crédits ne peuvent excéder 3 % des crédits consacrés à la rémunération des personnels de la Polynésie française. D’apparence stricte, le dispositif aurait été allégrement "contourné" avec la multiplication des délégations, entités directement rattachées à la Présidence ou un ministère. Entre autres, la Délégation aux affaires internationales, européennes et du Pacifique est ainsi "chargée d’assister le président de la Polynésie". Au total, une vingtaine d’emplois échapperaient ainsi aux décomptes prévus dans le cadre de l’article 86.

(LD)

Médias : Les rédacteurs en chef sont connus

Médias : Les rédacteurs en chef sont connus
Nous vous avons fait part il y a un mois des changements à venir à la tête de quelques médias. Après Antoine Samoyeau à Tahiti Infos, c’est Lara Dupuy, ancienne rédactrice en chef de La Dépêche qui a poursuivi sa carrière en Guyane, qui mènera la barque de TNTV, à compter du 23 avril. Dominique Schmitt prendra les rênes de Tahiti Pacifique à compter du 1er juin.
(LO)

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De l’art de se compliquer la vie

De l’art de se compliquer la vie
L’art de se créer des problèmes quand les champs politique et économique sont dégagés est-il l’apanage de nos élus ? Certainement pas, mais quand même. Il faut leur reconnaître une propension à se crêper le chignon à la moindre occasion, à la moindre contrariété, un peu comme des enfants gâtés. Et l’actualité de ces derniers jours ne viendra pas démentir nos écrits. Les chiffres de l’économie tombent et chaque trimestre apporte un peu plus de crédit à la reprise. Pour les plus sceptiques, pas de "Moody’s Blues", car l’agence internationale y va de son "A3 avec perspective positive", une note que n’a jamais atteinte le Pays. Il a commencé à redistribuer, majoritairement envers les communes, pas moins de 5 milliards de Fcfp. Tout va donc pour le mieux en Polynésie française ? Eh bien, non ! Une crise chasse l’autre, et la politique remplace l’économique.

Dire que des tensions ont vu le jour au sein du Tapura est un doux euphémisme. Et si la maison ne brûle pas encore, Édouard Fritch va devoir jouer les pompiers de service. Des flammèches sont apparues, tout d’abord avec les parlementaires polynésiens à Paris. Ils ont peu goûté – et l’ont fait savoir – de n’avoir pas été consultés lors du soutien du Tapura à La République en Marche (LRM) pour les élections européennes de mai. On imagine leurs explications embarrassées sur les bancs de l’Assemblée ou du Sénat avec leurs pairs centristes. Comme un retour de flamme, l’initiative de la députée Maina Sage : elle a obtenu de l’Assemblée nationale un changement du texte initial sur la reconnaissance du fait nucléaire par l’État, modifiant le terme "contribution" par celui de "mise à contribution". "Le débat nucléaire devrait nous rassembler, il ne devrait pas y avoir de débat sémantique", a déclaré en retour le président Fritch, qui assure avoir laissé faire sa députée…
Outre les parlementaires, c’est ici même, à l’assemblée de la Polynésie française (APF), que le ton est monté au sein des représentants de la majorité pour se mettre d’accord sur la composition des commissions et, notamment, pour choisir leurs différents présidents.
 À tel point que le bruit de la création d’un nouveau groupe politique à l’APF a couru dans les couloirs. Des élus se sont émus des méthodes de management d’Édouard Fritch. Faut-il voir l’intégration d’Angelo Frebault, représentant banni du Tahoera’a, comme une réponse à ces mouvements d’humeur ? Toujours est-il qu’avec maintenant 40 représentants sur 57, le Tapura est en capacité de faire face à quelques grognements, voire à des menaces. 
Quant à l’opposition, elle se gausse. Mais est-elle également à la hauteur de ce que les citoyens attendent de leurs politiques ? Le député Tavini Moetai Brotherson partageait sur un réseau social : "Voilà donc le Tapura qui siège à l’UDI, après avoir soutenu Juppé et Fillon (Les Républicains), mais qui soutient aujourd’hui LRM aux Européennes... Mais dont un membre éminent est accessoirement secrétaire territorial des "Républicains"..." Son parti, après s’être rapproché en d’autres occasions du Parti socialiste, fait aujourd’hui cavalier seul et va même plus loin : il organise son propre scrutin, en appelant la population à déposer des bulletins faits maison "Maohi Nui" dans les urnes des élections européennes ! Quant au Tahoera'a, plutôt discret, il la joue retour au bercail, avec une demande de soutien à la liste des Républicains, après avoir soutenu, il y a deux ans, la candidate Marine Le Pen ! 
J’allais oublier, cerise sur le gâteau, l’arrivée de "The Polynesian Kingdom of Atooi", un gouvernement autoproclamé avec, à sa tête, le roi Ali’i Nui Aleka Aipoalani, qui vit à Hawaii. Les Pakumotu ne sont donc plus seuls !

Les années passent et on a l’impression de vivre toujours la même histoire, sur le fenua. Pathétique ou comique, c’est selon…

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier