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Littérature : Titaua Peu remporte le prix Eugène Dabit 2017

crédit photo : DR
Le jury du prix Eugène Dabit du roman populiste 2017 a distingué Titaua Peu pour Pina (Au Vent des îles, 2016). En 2003, la Tahitienne, 34 ans, devenait déjà la plus jeune auteur et femme locale à être publiée, avec Mutismes (Haere Pō). Dans Pina, elle brosse le portrait d'une Polynésie contemporaine déchirée par la misère et les différences, et lève le voile sur les violences morales, affectives, sexuelles et sociales. Par ailleurs, nous vous avions annoncé dans le TPM n° 364 que Pina avait été sélectionné dans la "short list" du Grand Prix du Roman Métis 2017. Une première pour un auteur du Pacifique ! Mais le jury réunionnais a finalement élu les deux lauréats suivants : L’Amas ardent du Tunisien Yamen Manai et Tropique de la violence de la Mauricienne Nathacha Appanah. De son côté, Flora Devatine a reçu le prix Heredia pour Au Vent de la piroguière - Tifaifai.
DS

Culture : Tahuata prépare le Festival des arts aux Marquises

crédit photo : Tahiti Infos
Le prochain Matavaa o te Fenua Enata, le Festival des arts des Marquises, se tiendra sur l'île de Tahuata, du 18 au 21 décembre. Cette 11e édition aura pour thème "La croissance de la culture marquisienne". Durant quatre jours, les festivités vont battre leur plein avec la présence des délégations de toutes les îles de l'archipel, mais aussi de Raivavae (Australes). Au programme : des prestations de danse et de chant, des démonstrations de tatouage, ainsi que de nombreux ateliers d'initiation : sports coutumiers, récits et contes, médecine traditionnelle, costumes… L'événement se clôturera par la cérémonie de "la passation du bâton du chef" et un concert assuré par des artistes locaux.
Pour faciliter l'accès au festival, 27 militaires affectés au RIMaP-P ont passé deux semaines à Vaitahu pour bétonner une portion de route qui descend vers la salle omnisport de Hanamiai. Aussi, aucun hôtel n'existant sur cette île abritant un peu plus de 700 âmes, le public venu de l'extérieur aura le choix d'être hébergé chez l'habitant, faire du camping, dormir en dortoir dans la salle paroissiale catholique de Hapatoni, réserver une cabine à bord de l'Aranui, ou encore opter pour des croisières privées.
DS

Santé : erreur d’identification au CHPF

Santé : erreur d’identification au CHPF
Cela pourrait prêter à sourire et nous faire penser au film La vie est un long fleuve tranquille, mais l’erreur commise la semaine dernière au CHPF a fait vivre une nuit d’angoisse à une mère. La prise de sang effectuée sur son bébé pour une infection a décelé un excès de globules rouges. La mère a donc subi elle aussi en pleine nuit une prise de sang pour vérification, avant qu’en milieu de matinée on ne l’informe que son bébé n’avait rien, qu'il s’agissait d’une erreur d’échantillon. Un soulagement pour la mère qui n’en oublie pas pour autant les heures d’angoisse. 
LO

Environnement : le PGEM de Moorea préféré au Rāhui

Environnement : le PGEM de Moorea préféré au Rāhui
Il y a dix jours, le ministre Jean-Christophe Bouissou présidait le Comité local d’aménagement du territoire (CAT) afin d'acter "le lancement en phase de concertation publique du nouveau Plan de Gestion de l’Espace Maritime (PGEM) de la commune de Moorea". Ce PGEM a visé à concilier développement socio-économique et protection du milieu lagonaire, avec l’adhésion de la population, selon le communiqué de la Présidence. Mais il semble que nos responsables n’aient pas tenu compte de l’avis d’une autre partie de la population qui rejette le PGEM au profit du Rāhui. Informé de ce communiqué, le représentant du Rāhui nous a indiqué que "la guerre est loin d'être terminée... On analysera la situation en vue de futures actions à entreprendre si le Pays valide en l'état ce que nous (pêcheurs et population) n'approuvons pas... du TOUT !"
Ça va bouillonner dans le lagon puisqu’une consultation populaire doit être engagée avant une décision annoncée après les élections territoriales.
LO

Justice : plainte sans suite contre EDT-Engie

Justice : plainte sans suite contre EDT-Engie
Dans cette même rubrique du n° 367, nous faisions état d’une plainte déposée par Yannick Jehanno à l’encontre d’EDT-Engie. Dans un courrier daté du 13 novembre, le procureur a informé le plaignant que les faits dont il se plaignait n’étaient pas punis par la loi et que, par conséquent, aucune suite n’y sera donnée

Tarif aérien : Paris-Nouméa à 999 euros !

Tarif aérien : Paris-Nouméa à 999 euros !
Vous ne rêvez pas ! Moins de 1 000 euros aller-retour pour rejoindre la Nouvelle-Calédonie, au départ de Paris, mais aussi d’autres grandes villes métropolitaines. C’est l’offre promotionnelle d’un site de voyages pour des périodes en mars et mai-juin 2018. On se prend à rêver à de telles offres pour Tahiti. 
LO

Transport aérien : les vraies raisons de l’arrivée de French blue

L’annonce récente de l'arrivée (mai 2018) de la compagnie aérienne French blue n’a pas manqué d’animer les conversations au sein de la population, jusqu’aux strates politiques, avec la question au gouvernement de l’élu indépendantiste, Tony Géros, s’interrogeant sur le contrôle d’une arrivée "massive" de backpackers. French blue viendrait donc, avec ses tarifs toujours pas annoncés (?), apporter un nouvel élan à notre tourisme, pilier de notre économie. Dans sa campagne de communication, le P-dg de French blue, Marc Rochet, n’a pas manqué de rappeler son attachement à la destination polynésienne pour justifier le choix de cette desserte, lui qui fut un temps président d'AOM lorsque la compagnie desservait Tahiti. "Pourquoi Papeete ?, répondait-il à Jean-Pierre Viatge de Tahiti Infos, mi-novembre. Parce qu’on pense que les conditions sont réunies pour répondre aux besoins de la population tahitienne et des touristes (…)" Si cette concurrence nouvelle est plutôt bien perçue, comme pourrait l’être celle annoncée plus récemment par la compagnie américaine United Airlines de se rendre à Tahiti via San Francisco, on peut regretter que Marc Rochet n’ait peut-être pas révélé les vraies raisons de l’arrivée de la compagnie française.
Renseignements pris, il semble que l’acquisition du nouvel appareil de French blue avait pour but d’ouvrir une nouvelle ligne sur l’île Maurice, dans l’océan Indien. Les droits attendus depuis un an sur cette destination lui ont été refusés, ce qui a obligé la compagnie à chercher une autre ligne. Le choix s’est alors porté sur Tahiti, via Los Angeles. Mais là encore, nouvelle déconvenue, l’aéroport a refusé ce nouvel opérateur, certainement pour ne pas gêner la compagnie nationale Delta et l’aménagement de son nouveau terminal. C’est en définitive par défaut que French blue va desservir Tahiti via San Francisco et non pas pour des raisons affectives ou de marché nord-américain, comme cela a pu être dit et écrit.
Il était important de rétablir certaines vérités. Aujourd’hui, la question se pose de savoir si du côté de French blue, ces choix par défaut étaient les bons puisque, depuis, un autre opérateur low-cost, Norwegian Airways, s’est positionné sur le Paris-San Francisco et que United Airlines, aux moyens financiers colossaux, a ciblé Tahiti depuis San Francisco.
LO

Arts traditionnels : entre 30 et 40 danseuses étrangères en stage au Conservatoire

Passionnées par la culture polynésienne, elles viennent de six destinations différentes (Japon, Mexique, Espagne, États-Unis, Brésil, Suède et Nouvelle-Calédonie) pour assister au 17e stage international de pratique des arts traditionnels, prévu du 27 novembre au 1er décembre, au Conservatoire. Une période d'autant plus riche en apprentissage pour ces étrangères qu'elle correspond à la seconde semaine du Hura Tapairu 2017 (du 22 novembre au 2 décembre), une des compétitions les plus importantes de l'année avec le Heiva i Tahiti. Toutes les stagiaires ou presque s'y rendront, tandis que certaines participeront également au championnat du monde de 'ori tahiti. Âgées de 14 à 52 ans, la trentaine de femmes, dont la moitié sont d'origine japonaise, seront réparties en trois groupes de niveau différent (levels 1, 2 et 3) et vont être formées dans trois disciplines : le 'ori tahiti (un minimum de 10 heures), les percussions et le 'ukulele (5 heures). Le dernier jour du stage, elles se présenteront toutes devant un jury de professionnels afin d'effectuer une prestation collective, puis de présenter, chacune en fonction de son niveau, les chorégraphies spécialement créées pour elles (postures et musique) par les professeurs et musiciens du corps pédagogique du Conservatoire. À l'issue de cette formation non diplômante, elles recevront une attestation de participation ainsi qu'une mention qualifiant leurs prestations. 
DS

Projet : pôle santé unique, résultat à la fin du mois

Après un appel à projets fin juin concernant la création d’un pôle privé unique de santé, et une possibilité d’ajout d’éléments complémentaires jusqu’à fin octobre, on nous a confirmé au ministère concerné que le Comité d’organisation de la santé rendrait son avis d’ici fin novembre. Nous saurons donc qui du projet mené par les médecins hospitaliers de Paofai ou de Cardella remportera le marché. Il est fort probable que celui qui en sera évincé ne manquera pas de faire appel… le temps, c’est de l’argent.
LO

Aviation civile : une démission qui peut amener à des fermetures de pistes

Si la lettre de démission de Jean-Christophe Shigetomi, directeur de l’Aviation civile de la Polynésie française, la semaine dernière à son ministre Luc Faatau n’a pas ému les foules, elle risque cependant de créer quelques désagréments quant au bon fonctionnement du service et à ses missions au risque de voir quelques aérodromes fermés.
La direction de l’Aviation civile (DAC) est définie par un arrêté, ce qui permet à l’État de reconnaître la DAC en tant qu’exploitant des aérodromes. De ce fait, son directeur est dirigeant responsable, le pays étant exonéré de toute responsabilité en cas de problème, d’accident.
Toutes les homologations de pistes effectuées par l’État sont accordées au directeur de l’Aviation civile, Jean-Christophe Shigetomi, dont le départ prévu pour la fin de ce mois obligera à refaire toutes les signatures auprès du nouveau directeur. Cette "paperasse" prendra du temps d’autant que le successeur n’est pas connu, la directrice adjointe partant à la retraite. Durant ce laps de temps, qui voudra prendre la responsabilité de dirigeant responsable, sachant que ce n’est pas un simple poste de chef de service ?
Le gouvernement doit bien avoir son candidat, puisqu’il est maintenant su de tous que ce départ fait suite entre autres à des problèmes relationnels entre Jean-Christophe Shigetomi et un syndicaliste proche de la ministre du Tourisme, son mari, Gérard Barff. Vu la responsabilité du poste, il ne pourra y avoir pléthore de candidats.
La question qui se pose en attendant la nomination et le report d’homologation, est de savoir qui est responsable si jamais le dramatique accident de Moorea se répète ?
L’État prendra-t-il le risque de laisser l’exploitation de certaines pistes, les plus dangereuses, sans dirigeant responsable ?
LO

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Des chaises vides aux Assises

Depuis quelques semaines, la population polynésienne est invitée à s’exprimer lors des Assises des Outre-mer. Le gouvernement central a délégué un référent qui tente de recueillir les attentes des populations, qu’elles soient à Tahiti, à Moorea ou aux Australes, en attendant d’autres archipels. Après la loi sur l'Égalité réelle des Outre-mer, l’État fait un pas de plus vers ses petits bouts de France qui participent, sous diverses formes, à sa grandeur. La première phase de cette consultation, entamée début octobre, s’est terminée la semaine dernière et force est de constater qu’elle n’a pas recueilli un franc succès. Un manque de communication ? Un désintérêt de la population sur des questions pourtant centrales ? Une méfiance envers l’État et des interlocuteurs inconnus ? Un fiu de tout ce qui touche au politique ? Certainement un mixte de ces suggestions.
Pour ceux qui ont pris la peine de se déplacer ou de faire part de leurs desiderata via un site Internet dédié (www.assisesdesoutremer.fr. ), soit environ 1 000 personnes, les thèmes abordés ont tourné autour de la santé, de la sécurité et de l’éducation, nous apprend un communiqué du haut-commissariat. Et si Jacques Wadrawane, le référent des Assises des Outre-mer pour les collectivités françaises du Pacifique, s’est dit satisfait du déroulé de cette première phase en affirmant que "les participants ont fait part de problèmes concrets, de comment améliorer les conditions de vie au quotidien", il n’a pas manqué de noter que la population avait du mal à faire le distinguo entre les compétences de l’État et celles du Pays. Et l’on reparle de manque de culture politique des Polynésiens, que nos politologues ne manquent pas de rappeler avant chaque élection, entretenu par beaucoup, et qui empêche ce peuple de penser par lui-même, de s’élever.
Si ce manque de culture politique, surtout envers celle menée depuis Paris, peut être reproché aux Polynésiens, il est juste de rappeler que les élus de l’Hexagone se montrent tout aussi incultes envers les Outre-mer. C’est pourquoi la ministre de tutelle, Annick Girardin, essaye d’insuffler un "réflexe d’outre-mer" dans les décisions de ses collègues du gouvernement.
Quant au résultat de ces Assises, "les priorités vont maintenant être déterminées, sur la base de cette première consultation. Des projets seront ensuite soumis à l’avis de la population, de mi-janvier à fin février. Puis, les propositions feront l’objet d’un Livre Bleu. Jacques Wadrawane assure que ces idées déboucheront sur des réalisations concrètes, contrairement à ce qu’on a vu dans le passé, avec les États généraux de l’Outre-mer en 2009, notamment", peut-on lire en fin de communiqué. Il manque de préciser que, pour le moment, il n’y a pas de budget réservé aux décisions qui sortiront des Assises qui, elles-mêmes, n’ont bénéficié que d’un budget très limité (72 millions de Fcfp) pour l’ensemble des territoires et collectivités.
Un recueil de doléances, mais par d’argent pour les appliquer, du moins dans un proche avenir. On verra bien si ce sont les chaises vides qui avaient raison.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier