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Anniversaire TPM : une édition collector le 7 mai

Crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
Quatre ans. Cela fait déjà quatre ans qu’Alex du Prel, le fondateur de Tahiti Pacifique, nous a quittés, un mardi 14 mars 2017.
La rédaction poursuit la mission qui lui est donnée, enquêter et décortiquer l’information par le prisme de cette goutte de liberté dans l’océan qui fait la réputation de TPM. Ainsi, nous ne l’oublions pas, loin de là.

Et encore plus cette année qui célébrera une date historique, puisque votre magazine, créé en mai 1991, va fêter ses 30 ans !
Pour marquer ce bel anniversaire, nous préparons une édition collector, un hors-série, que vous pourrez découvrir le 7 mai prochain (TPM n° 454). Pour l’événement, votre TPM se refera une petite beauté grâce à une refonte de sa charte graphique. À très vite, merci à tous, chers lecteurs et abonnés, pour votre soutien et votre fidélité.

Sport contre le “virus de la peur”, le Pays se bouge enfin !

Crédit photo : DR
Notre précédent dossier de Une, intitulé “Renforcer son système immunitaire pour lutter contre le « virus de la peur »” (lire TPM n° 450 du 12 mars), aurait-il eu l’écho escompté auprès des autorités ? Nous nous interrogions sur la décision de fermer les salles de sport, sous prétexte d’une crise sanitaire mondiale, qui allait à l’encontre de la santé publique. Une aberration quand il s’agit, au contraire, de reconquérir l’essentiel, notre bien-être. Eh bien, figurez-vous que la Direction de la santé a enfin organisé, à Papeete, un atelier portant sur la restauration de la santé et le développement communal en post-Covid.
Il faut désormais gérer la phase post-épidémique, et en particulier restaurer la santé de la population pour permettre de relancer le développement économique et social des communes et du Pays. (…) La bonne santé des populations est un élément fondamentalement nécessaire au développement économique et social. En effet, la bonne santé définie par l’OMS comme un état de bien-être physique, mental et social, est un outil indispensable à chaque individu, lui permettant de réaliser ses projets personnels, familiaux et professionnels. L’économie a été fortement impactée par l’épidémie et le retour de la population à une meilleure santé est un impératif pour le développement.”
Un premier atelier en ce sens a ainsi été proposé à six communes des îles du Vent. Il sera suivi d’un deuxième en avril pour les autres communes volontaires, puis sera proposé ensuite aux communes des archipels. Ça bouge, doucement… mais ça bouge !

D.S.

L’APC adopte un Plan stratégique et une Charte des valeurs

L’APC adopte un Plan stratégique et une Charte des valeurs
À l’instar de la majorité des autorités de la concurrence dans le monde, le collège de l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC) a adopté, le 3 mars, un Plan stratégique et une Charte des valeurs, que vous pouvez retrouver sur le site Internet et les réseaux sociaux de l’organisme. Pour rappel, l’APC a pour mission de mettre en application l’ensemble des règles destinées à assurer le bon fonctionnement des marchés (droit antitrust). Dans un communiqué, l’APC explique que, pour atteindre ses objectifs stratégiques, “il faut que l’Autorité soit une organisation performante, c’est-à-dire : influente, comprise et respectée ; centrée sur les actions les plus bénéfiques à l’économie et aux consommateurs ; déployant des méthodes de travail de qualité”. Cela nécessite également “un engagement de ses ressources humaines au respect d’une charte de valeurs fondamentales”, dont les maîtres-mots sont : excellence ; impartialité ; responsabilité ; respect ; discernement”.
Christian Montet, président par intérim, est porté par des valeurs humaines et de travail, et s’engage à les faire respecter. On ne peut que saluer cette initiative ! Cela nous changera de Jacques Mérot, l’ancien président de l’APC, dont la direction calamiteuse a défrayé la chronique et fait l’objet de joutes judiciaires jusqu’à Paris. D’ailleurs, à propos de justice, nouveau rebondissement dans l’affaire interminable des boissons réfrigérées : malgré l’annulation de la décision de condamner les magasins du groupe Wane par la Cour d’appel de Paris, le dossier vient d’être relancé. Quant à Mérot, après avoir été désavoué par son propre collège et été destitué, il a été mis au “frigo” à Nantes (lire pages 24-25, rubrique “L’économie”).

D.S.

L’académie marquisienne prend le virage numérique

Crédit photo : DR
b[Depuis notre dernier article sur le sujet il y a un an (voir TPM n° 425 du 24 janvier 2020), l’académie marquisienne, Te pū tuhuka èo ènana, a fêté ses 20 ans. Mais les festivités, fortement perturbées par une année Covid, n’ont malheureusement pu se tenir comme prévu en 2020. Fort heureusement, le passage au numérique de la structure, elle, a bien avancé. Site Internet, page Facebook, l’académie revit désormais aux yeux du grand public.
Près de six mois après ce virage, il est temps de faire un point avec Jacques Iakopo Pelleau, à l’initiative
de cette digitalisation.]b

Après vingt ans d’existence, l’académie marquisienne a enfin entamé son virage digital. Il était temps, car, à l’ère du tout numérique, quelle organisation digne de ce nom compose et se viabilise sans fenêtre ouverte vers le digital ni outils de communication ? Dernièrement, l’intégration successive de deux nouveaux membres en les personnes de Jacques Iakopo Pelleau et Teiki Huukena a participé à fournir de nouvelles perspectives aux académiciens quant au fonctionnement de l’institution.
La mise en ligne du tout premier site Internet de l’académie s’est faite il y a près de six mois, en octobre 2020. Grâce à ce support désormais incontournable, des articles sont publiés chaque semaine pour informer le grand public du travail accompli et des réflexions sur la langue.
La création de contenus est assurée en français et marquisien par Jacques Iakopo Pelleau (lire aussi page 39), intégré à l’institution en 2019 et initiateur de cette ouverture au numérique, qui a pu voir le jour grâce à son dynamisme et à son lobbying. Fort de son expérience digitale réussie avec son site www.te-eo.com en ligne depuis 2014 et sur lequel on retrouve notamment un dictionnaire en ligne, des cours d’initiation à la langue marquisienne, ainsi que du contenu historique et des actualités sur la culture marquisienne. Avec la création de ce portail, le professeur d’anglais retraité (qui vit aux Marquises depuis 1995) a réussi le tour de force de réunir une communauté de 30 000 visiteurs, ainsi que de 4 100 abonnés grâce à la page Facebook éponyme.

Le public au rendez-vous

Six mois écoulés depuis la mise en ligne du site www.academiemarquisienne.com, on peut dire que l’institution, constituée en loi association 1901, a su trouver son public : déjà près de 2 500 visites ont été enregistrées en seulement quatre mois, et près de 70 nouvelles personnes par semaine. C’est dire si cette digitalisation était attendue et correspond à un besoin des Polynésiens de se tenir informés des problématiques et des projets portés par les tuhuka. La page Facebook éponyme n’est pas en reste : 1 000 abonnés ont été enregistrés depuis le 1er décembre dernier, avec la visite de 7 000 personnes par mois grâce à la publication des articles hébergés sur le site. “L’article le plus lu avec 800 lectures est un compte-rendu des réunions hebdomadaires de l’académie. Les gens s’intéressent à nos travaux de près”, se félicite Jacques Iakopo. Tout ce contenu s’avère précieux, non seulement au regard de la constitution d’archives, mais également de l’accès à ces informations pour les institutions similaires dans toute l’Océanie ou les chercheurs en linguistique.

Maintenant que le volet communication est opérationnel, les membres de l’académie peuvent se consacrer à la rédaction de leur dictionnaire, un grand projet qui va les tenir en haleine au long des prochaines années. Reste désormais à prendre aussi en main le volet événementiel, afin que l’institution aille à la rencontre du public. Gageons que ce sera là la prochaine grande mission de l’académie à l’horizon 2021-2022.

Pour suivre l’académie Te pū tuhuka èo ènana :
www.academiemarquisienne.com
www.facebook.com/AcademieMarquisienne


Vaea Deplat

Une Polynésienne à la tête de Polynésie la 1ère

Crédit photo : Greg. Boissy
Stella Taaroamea a été nommée, le 1er mars, rédactrice en chef de Polynésie la 1ère. Une femme ET Polynésienne de surcroît : c’est une première pour la station de Pamatai ! Belle nouvelle et beau clin d’œil alors que l’on vient de célébrer la Journée internationale des droits des femmes. Entrée au sein de la rédaction en juin 1990, elle a été recrutée en 1991 en tant que journaliste bilingue (français-tahitien) et a exercé différentes responsabilités au sein des rédactions de Polynésie et de Malakoff (près de Paris). Ce nouveau poste récompense ainsi un long parcours de trente années dans la presse, après avoir eu notamment une expérience à la tête des programmes et de la rédaction TV.
Cette nomination est intervenue dans un contexte de concurrence accrue sur le Territoire obligeant à structurer une direction éditoriale, notamment par la nomination de collaborateurs expérimentés afin d’élargir l’offre de programmes TV, Radio et Numérique”, précise la direction de l’antenne. Outre les activités de responsable des programmes TV, Stella Taaroamea réalise des magazines de 26 minutes et présente une émission télévisée axée sur la santé, ainsi qu’une série de magazines sur la mer, dont le tournage est effectué dans les îles.
Déterminée, la vahine a désormais une mission principale : “Faire évoluer la chaîne et notamment l’INFO.” Et ce, “dans un esprit optimiste et d’équipe”, assure-t-elle.

Dominique Schmitt

Le Pays encourage les investissements photovoltaïques

Crédit photo : Greg. Boissy
L’adoption par le Pays d’une Programmation pluriannuelle des investissements (PPI) constitue “un véritable signal en direction des porteurs de projets privés qui souhaiteraient investir dans la transition énergétique”, affirme un communiqué du conseil des ministres. Cette PPI sera prochainement complétée par le lancement d’un appel à projets portant sur 30 MWc de fermes solaires. “Avec la construction de ces fermes solaires, le Pays poursuit son objectif d’accroissement de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique de l’île de Tahiti”, peut-on encore lire. Ces nouvelles réalisations devraient “faire passer la production d’énergie renouvelable de 37 à 43%”, selon le Pays.
On avance, mais on est encore bien loin des ambitions affichées dans le Plan de transition énergétique 2015-2030, qui assurait que nous atteindrions 50% d’énergies renouvelables dans la production électrique en 2020 et 75% en 2030…

D.S.

Le collège de Huahine ne portera pas le nom de Bobby

Le collège de Huahine ne portera pas le nom de Bobby
Le refus de la Présidence de voir le collège de Huahine rebaptisé Bobby Holcomb suscite l’indignation de la population tant ce chanteur et peintre était un artiste d’exception, reconnu par son sens du partage, sa générosité et sa joie de vivre. “Monsieur Holcomb a indéniablement contribué au renouveau culturel de la Polynésie française, notamment par son intégration au sein du mouvement « Pupu Arioi » et par son investissement infaillible auprès des jeunes afin de valoriser l’identité mā’ohi”, reconnaît Édouard Fritch. Cependant, le président balaie la proposition de la représentante Tavini Éliane Tevahitua et préfère se ranger derrière les avis défavorables du collège et de la mairie, pour qui Bobby ne pas être assimilé au milieu éducatif, en raison de sa consommation de “produits illicites”. Des explications pour le moins… “fumeuses” !

“Au sein du conseil municipal, certains son​t connus pour ne pas fumer que du tabac...”

La réaction du député Moetai Brotherson vaut le détour : “Parmi toutes les raisons possibles, le conseil municipal a choisi celle, inepte, qui cache toute la forêt d’hypocrisie de notre société derrière la branche de cannabis, pour refuser la proposition de baptiser le collège. Il faudrait donc écrire à toutes les municipalités de France et de Navarre qui ont des collèges ou lycées, Charles Baudelaire, Alfred de Musset, Jean-Paul Sartre, Arthur Rimbaud, Honoré de Balzac, Apollinaire, Jules Verne, Alexandre Dumas, Maupassant.” Et de sortir de ses gongs : “C’est d’autant plus décevant qu’au sein du conseil municipal, certains sont connus pour ne pas fumer que du tabac...” Avant de rappeler : “Ah, oui, il faudrait aussi que les membres du conseil municipal refusent d’envoyer leurs enfants au lycée Paul-Gauguin, qui en plus d’être opiomane était pédophile… On nage en pleine bigoterie.”
Pendant ce temps-là, le Pays songe à renommer le Centre hospitalier de Taaone “Jacques-Chirac”, du nom du Président français qui a décidé de reprendre les essais nucléaires en Polynésie… On marche sur la tête !

D.S.

L’ÉCOnomie polynésienne face aux défis de 2021

L’ÉCOnomie polynésienne face aux défis de 2021
La revue annuelle qui “décrypte l’économie du fenua” revient sur les moments forts de cette année 2020 au travers notamment d’une frise chronologique et des témoignages. La rédactrice en chef, Alexandra Sigaudeau-Fourny, explique : “En 2021, les incertitudes sont nombreuses, mais toute la rédaction s’est mobilisée pour donner la parole aux experts, comprendre les enjeux à venir, rencontrer des entrepreneurs, proposer des solutions innovantes, analyser les chiffres-clés…” Cette deuxième édition de L’ÉCOnomie polynésienne tente de démontrer “pourquoi l’année 2021 sera une année « test » pour tendre vers une économie résiliente”.

(D.S.)

DIXIT 2021 : top des entreprises locales

DIXIT 2021 : top des entreprises locales
Comme chaque année, le magazine annuel, qui est “une référence de l’économie polynésienne”, selon les éditions Créaprint, présente le tableau des 200 premières entreprises par chiffre d’affaires et des 200 premiers employeurs du Pays. Sans surprise, la compagnie aérienne Air Tahiti Nui est en tête de file du top 5 avec un chiffre d’affaires de 31,9 milliards de Fcfp en 2019 (mais une grosse turbulence est à prévoir pour 2020), tandis que EDT reste en 2e place (22,8 milliards de Fcfp), suivie de Onati (Ex-Vini SAS) qui explose avec 19,4 milliards de Fcfp, de Pacific Petroleum et Services (16,3 milliards de Fcfp) et enfin de la Brasserie de Tahiti (14,4 milliards de Fcfp).
Dans le classement par effectifs, les entreprises Louis Wane restent premiers employeurs de Polynésie, avec plus de 2 000 salariés en 2019. La Brasserie de Tahiti arrive juste après, avec plus de 1 000 salariés. Quant à Air Tahiti, elle conserve sa première place en tant qu’entreprise hors groupe.
Pour cette 29e édition du Dixit, crise du Covid-19 oblige, les articles sont dédiés aux temps forts et aux mutations en cours de notre économie et s’appuient sur 16 interviews qui offrent “une photographie de la situation”. La responsable de la rédaction, Dominique Morvan, aspire à ce que nous oublions vite “cette annus horribilis pour beaucoup d’entre nous”. Et de remarquer : “Ce kaléidoscope de témoignages décrit une société en état de choc, mais contrainte de se réinventer.”

(D.S.)

Cinquante solutions pour un fenua durable : le premier magazine consacré à l’environnement !

Cinquante solutions pour un fenua durable : le premier magazine consacré à l’environnement !
Pour démarrer l’année en beauté, la Fédération des associations de protection de l’environnement (FAPE) - Te Ora Naho a lancé, en janvier dernier, le tout premier magazine qui recense les initiatives durables au fenua. Rencontre…

Quel est le principe du magazine ?
Te Ora Naho - FAPE : “50 solutions pour un fenua durable est un magazine annuel qui met en avant cinquante alternatives développées par des acteurs du changement du fenua. Il peut s’agir d’entreprises, d’institutions, d’associations et de collectifs. Ces actions et acteurs existent déjà et ce magazine est l’occasion de les recenser et de leur offrir une plateforme concrète pour se faire connaître et, pourquoi pas, inspirer les lecteurs à se lancer, eux aussi, dans la transition écologique. C’est un merveilleux outil pour les acteurs eux-mêmes qui se voient récompensés de leurs efforts, mais aussi pour toutes les personnes qui s’intéressent au développement durable au fenua et qui souhaitent avoir des informations exhaustives regroupée en un seul support.”

Concrètement, ça ressemble à quoi ?
“Le magazine a été conçu de façon à être esthétique, logique et simple de lecture. Nous présentons chaque alternative dans ses grandes lignes : la problématique abordée, la solution proposée et l’acteur qui a mis en place cette solution. Les alternatives sont regroupées par catégories, il y en a neuf au total. Nous aidons également le lecteur à situer ces alternatives dans un contexte global, puisque nous indiquons les Objectifs de développement durable des Nations unies auxquels chaque alternative répond.”

Est-ce que toutes les initiatives durables de Polynésie française y figurent ?
“Il existe plus de cinquante alternatives durables au fenua et nous ne pouvons donc pas toutes les mettre en avant. Cependant, le magazine est réédité et mis à jour chaque année, ce qui donnera aux lecteurs l’opportunité de découvrir de nouveaux projets à chaque publication. Le magazine propose, en plus des alternatives, un annuaire exhaustif des acteurs du changement en Polynésie.”

Le magazine est en vente au prix de 1 000 Fcfp. À quoi seront affectés les fonds récoltés ?
“Le magazine est accompagné de divers outils qui permettent d’informer et de sensibiliser au quotidien sur des questions environnementales (revue de presse, newsletter, etc). Les fonds récoltés serviront d’abord à perpétuer ces outils, mais également à soutenir notre fédération dans son fonctionnement et dans la pérennisation des nombreux projets que nous avons amorcés depuis quelques années.”

Qui est Te Ora Naho - FAPE et quel a été son rôle dans l’élaboration de ce magazine ?
“Nous sommes la Fédération des associations de protection de l’environnement, un organisme qui existe depuis plus de trente ans et qui regroupe aujourd’hui près de quarante associations locales œuvrant pour la transition écologique. Pour ce magazine, nous nous sommes basés sur le merveilleux travail de recensement effectué par l’association Manu Iti Fa’aora, que l’on peut retrouver sur la plateforme gratuite www.tahiti.green. À partir de cela, notre rôle a été de coordonner tout le développement du magazine, ainsi que sa mise en vente.”

Propos recueillis par Pauline Sillinger

Pratique
Le siège de Te Ora Naho - FAPE est situé à Papeete dans l’immeuble Essor. Pour plus d’infos : 40 43 83 84.

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Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT