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Gaston Tong Sang refuse que la croisière abuse…

Crédit photo : Dominique Schmitt
Alors que la croisière se développe à vitesse grand V en Polynésie, Gaston Tong Sang, le maire de Bora Bora et président de l’assemblée, a annoncé, en marge du colloque sur la "Résilience des îles et territoires d’Asie-Pacifique", son intention d’interdire, d’ici 2022, l’accès aux gros paquebots dans le lagon de l’île, du moins ceux de plus de 2 000 passagers. L’édile, qui redoute "la saturation" et "inéluctablement l’asphyxie de l’écosystème", citant également "la pollution de l’air" et "le bruit du moteur qui fait fuir le poisson", a envoyé un courrier officiel au président du Pays et à la ministre du Tourisme. Tahiti Pacifique ne peut que saluer cette belle prise de position, notre rédaction ayant pointé de nombreuses fois du doigt l’impact environnemental géant de ces monstres des mers, notamment au travers de sa Une "La croisière abuse" (lire TPM n° 409 du 14 juin 2019). On se souvient par ailleurs que plusieurs escales de paquebots énormes ont créé la polémique récemment, comme celles de l’Amsterdam à Rangiroa, en décembre dernier, sans omettre l’accident survenu à Raiatea, le 1er juin 2019, lorsque le Wind Spirit a heurté deux fois le quai d’Uturoa, ainsi qu’un voilier à proximité. Non, la croisière n’amuse plus !

(D.S.)

"Une autorité polynésienne de la concurrence peu pacifique", selon le Canard Enchaîné

"Une autorité polynésienne de la concurrence peu pacifique", selon le Canard Enchaîné
On ne vous cache pas notre satisfaction en découvrant que nos confrères du Canard enchaîné avaient cité Tahiti Pacifique, en page 4 de leur édition du 22 janvier 2020, pour rebondir sur les casseroles que traîne derrière elle l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC). Bon, l’hebdomadaire satirique s’est un peu emmêlé les pinceaux en parlant de "Tahiti Magazine", mais on aura compris que la rédaction réagit à notre couverture intitulée "L’APC en manque d’impartialité" (lire TPM n° 419 du
31 octobre 2019). Sous la plume de Dominique Simonnot, l’article rappelle comment, selon la Cour d’appel de Paris, le président de l’APC, Jacques Mérot, se trouve "dans une situation fort singulière" dans l’affaire de la réfrigération de boissons impliquant le groupe de distribution Wane, et évoque même "un joli conflit d’intérêts". Le Canard enchaîné se demande ensuite si les dernières décisions du collège de l’APC augurent "plus de transparence et de justice". Et de concéder : "Pas si simple". En effet, un haut fonctionnaire local, dont on ne mentionne pas le nom, aurait lâché : "Il règne en Polynésie une forte collusion entre les grands groupes, le pouvoir politique et des réseaux qui ne veulent à aucun prix que l’on touche aux intérêts économiques. Et ce conflit d’intérêts du président les a bien arrangés." Et Le Canard de conclure : "Cet été, la Cour de cassation se penchera à son tour sur l’affaire. Le micmac tahitien risque de la tenir occupée…"
(D.S.)

Ils sont forts ces Chinois (et on n’est vraiment pas bons)

Crédit photo : AFP
Nous avons consacré dans nos colonnes de nombreux articles concernant notre système de santé qui n’est pas au point, loin s’en faut. La construction spectaculaire en dix jours du nouvel hôpital "Huoshenshan", à Wuhan, (d’une capacité de 1 000 lits, il a mobilisé 4 000 ouvriers qui se sont relayés jour et nuit, ainsi que 1 000 machines), pour lutter contre le coronavirus, puis, deux jours après, celle d’un autre édifice du même type, le "Leishenshan Hospital" (1 500 lits), nous incitent à faire une rapide comparaison de productivité entre la Chine et le fenua

Capacité d’hospitalisation :
- 2 500 lits pour Wuhan (Chine)
- 564 lits pour le CHPF (Centre hospitalier de la Polynésie française)
Coût de construction :
- 39 millions d’euros = 4,680 milliards de Fcfp pour les deux bâtiments (Chine)
- Estimation réaliste : plus de 30 milliards de Fcfp pour le CHPF (sans oublier des frais de fonctionnement annuels de 21,2 milliards de Fcfp, correspondant à sa Dotation globale de financement pour 2017)

Délai de réalisation : 
- 10 jours pour Huoshenshan (Chine)
- 12 ans pour le CHPF

Face à cet exploit des Chinois et ces premiers chiffres, force est de constater – avec de surcroît une nouvelle directrice du CHPF, Claude Panero, payée près de 2 millions de Fcfp par mois (soit le double du salaire moyen d’un directeur d’un hôpital métropolitain) – qu’on est très loin du compte au fenua ! Vertigineux, les frais annuels d’exploitation du CHPF sont si élevés qu’ils rattrapent le coût total de construction…

(D.S.)

Les violences intrafamiliales et conjugales explosent !

Infographie : Taema Cuneo - Source : Bilan 2019 des chiffres de la délinquance
Le haut-commissariat a présenté son bilan 2019 ; le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres de la délinquance sont alarmants, avec surtout "une augmentation de la violence liée aux taux des violences intrafamiliales constatée en Polynésie, supérieurs aux moyennes nationales" (en 2019, le taux pour 1 000 habitants est 10,86 faits au fenua contre 10,12 faits en Métropole). Deux femmes ont été tuées à la suite de violences conjugales et 2 929 personnes ont été victimes de violences, dont la majorité dans la sphère familiale. Les "faits constatés en matière d’infractions à la législation sur les stupéfiants" sont deux fois plus élevés qu’en Métropole et "les saisies des avoirs criminels" se développent constamment depuis ces trois dernières années. Points positifs : la baisse des atteintes aux biens et la diminution du nombre de tués sur la route (29 morts contre 36, en 2018).

(D.S.)

École bilingue de Polynésie : injonction faite au CAMICA de “cesser toute entrave”

Crédit photo : Tahiti Infos
Dans l’affaire qui oppose l’École bilingue de Polynésie (EBP) au foyer du Bon Pasteur du Conseil d’administration de la Mission catholique (CAMICA), le tribunal civil de première instance a tranché en faveur de l’EBP, en condamnant le personnel de la Mission catholique à “mettre un terme aux troubles illicites”. Le juge de la mise en état a rejeté l’ensemble des demandes incidentes du CAMICA. L’EBP avait déjà gagné au tribunal administratif en juillet 2018. Reste désormais à la Justice de décider de la durée et de la nature du bail qui lie les deux parties.
(D.S.)

Route du Sud : Édouard Fritch veut “calmer les choses”

Crédit photo : DR
Avec notamment les élections municipales en mars et la venue d’Emmanuel Macron en avril, le début de l’année 2020 s’annonce riche en événements – et rebondissements. Ainsi, le président de la Polynésie a finalement décidé de jouer la carte de la prudence en suspendant le projet de Route du Sud, reliant Punaauia à Taravao, et en le retirant du plan général d’aménagement de Paea. Édouard Fritch affirme en effet avoir “entendu la détresse de la population” et vouloir “calmer les choses”. Il va ainsi relancer une nouvelle étude afin de “répondre aux préoccupations” des riverains et repousser le tracé plus en pied de montagnes. Pour rappel, l’investissement est estimé à 180 milliards de Fcfp, selon Jean-Christophe Bouissou, le ministre de l’Aménagement. Dans son rapport relatif à l’enquête publique du Schéma d’aménagement général de la Polynésie française, le Conseil économique, social, environnemental et culturel note "la nécessité d’élargir la route de ceinture de Punaauia à Paea, de finaliser l’étude de la route de contournement de Papeete, de limiter le recours aux ronds-points, de créer des parkings à la périphérie des agglomérations". Farouchement opposé au projet, le collectif Mata Atea des riverains de Paea, présidé par Gilles Parzy, prône “la décentralisation économique, sanitaire, éducative et institutionnelle”.

(D.S.)

Un Néo-Calédonien à la tête de Tahiti Tourisme : la fausse bonne idée ?

Crédit photo : DR
Jean-Marc Mocellin est de retour au fenua pour prendre les rênes de Tahiti Tourisme et succéder à Paul Sloan, parti depuis le mois d’octobre dernier. Le Néo-Calédonien a plus de trente-cinq ans d’expérience dans l’hôtellerie de luxe en Europe, Afrique, Océanie et Asie. Ici, il est surtout connu pour avoir été le directeur de l’hôtel Beachcomber (ex-InterContinental Resort Tahiti) pendant vingt-trois ans, avant de prendre la tête de Nouvelle-Calédonie Tourisme en mai 2017. “Sa connaissance de la Polynésie et de son expérience en Asie et dans la région seront utiles à la destination”, a considéré Nicole Bouteau, la ministre du Tourisme. M. Mocellin prendra ses fonctions au début du mois d’avril prochain. Jusque-là, l’intérim de la direction sera assuré par Vaima Deniel, directrice des opérations locales de Tahiti Tourisme.
D’après nos informations, le casting pour ce poste important a été limité à six candidatures internationales, mais aucune personnalité locale (ni aucune femme) n’a été entendue sur une centaine de CV reçus. Par ailleurs, la nouvelle agence de communication pour la stratégie 2020, Circul8, est australienne. Elle sera chargée de développer la campagne globale 2021 pour promouvoir Tahiti et ses îles à l'international.
Gageons que ces influences diverses contribuent encore plus au développement du tourisme en Polynésie, dont la destination affiche, de janvier à octobre 2019, une progression de 9,6 % de sa fréquentation (198 619 touristes) par rapport à la même période en 2018.
Pour sa part, le quotidien Les Nouvelles Calédoniennes évoque "un malaise", car le tourisme sur le Caillou "peine vraiment à décoller".

(D.S.)

L’APC fait (encore) les choux gras de la presse spécialisée

Crédit photo : Tahiti Infos
Après avoir révélé de lourdes irrégularités procédurales au sein de l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC), violant les principes fondamentaux de séparation des pouvoirs et d’impartialité, nous avons relayé dans une précédente édition (lire TPM n° 422 du 13 décembre 2019) quelques extraits de la presse spécialisée qui fustige l’APC. Eh bien, cela continue encore et encore, et comme on ne s’en lasse pas, on vous propose ici quelques morceaux choisis. À propos du dossier impliquant des sociétés de gardiennage, les frères Vogel écrivent dans L’essentiel : “Informées de graves entorses à leurs droits procéduraux, les entreprises mises en cause ont demandé et obtenu que l’affaire soit attribuée à un collège autrement composé. (…) Selon l’APC, dans sa nouvelle composition, la subordination du rapporteur général au collège traduit un manquement caractérisé au principe de séparation des fonctions d’instruction et de jugement. Celui-ci se double d’un doute sérieux sur l’impartialité de la décision finale, puisqu’en qualifiant, dans sa demande d’instructions au collège, la proposition de non-lieu de risque, la rapporteure a pu laisser craindre un préjugement de l’affaire, dans un sens répressif. En conséquence, l’APC déclare la procédure viciée et prononce un non-lieu.” Et de conclure, de façon tonitruante : “Ce nouveau dysfonctionnement, mis en lumière par le nouveau collège de l’APC, militerait en faveur d’une profonde réforme de sa gouvernance.”
Dans la même revue, Emmanuel Dieny rappelle, lui, comment l’APC s’est fait “taper sur les doigts par la Cour d’appel de Paris” suite à l’affaire de la réfrigération de boissons impliquant le groupe de distribution Wane, après que l’absence d’impartialité du président en personne, Jacques Mérot, eut été invoquée par les entreprises poursuivies pour abus de position dominante. En effet, M. Mérot avait notamment rédigé une attestation en faveur d’un des anciens collaborateurs de l’APC dans le cadre d’un contentieux prud’homal les opposant. Notre petit doigt nous dit qu’il devrait se passer des choses dans les semaines à venir…

(D.S.)

Audiovisuel : un film sur Mara V au Quai Branly

Crédit photo : DR
Jonathan Bougard a réalisé un film sur le sculpteur polynésien Vaiere Mara, aka Mara V, à qui nous avions consacré un dossier (voir TPM n˚ 414 du 23 août 2019). Bien connu de son vivant, puis tombé dans l’oubli, le génie de la sculpture revient sur les devants de la scène grâce à ce documentaire. Diffusée sur TNTV en décembre dernier, l’œuvre audiovisuelle sera présentée au Musée du Quai Branly le 23 janvier prochain dans le cadre d’un cycle cinéma des Océanistes. De quoi donner une visibilité notoire au travail de recherches de Jonathan Bougard, qui ambitionne de recenser les œuvres du virtuose de la sculpture.

(A.A.)

Marine : deux patrouilleurs d’outre-mer d’ici 2025 ?

Crédit photo : DR
Un contrat des Patrouilleurs d’Outre-mer (POM) a été notifié à la fin du mois de décembre dernier au constructeur boulonnais, Socarenam, par la Direction générale de l’armement. Cette procédure a connu quelques péripéties dans le courant du mois de décembre, du fait de la velléité d’un des compétiteurs d’initier un recours contre l’attribution du marché au lauréat. Ainsi, six POM de la Marine nationale seront livrés entre 2022 et 2025. Deux d’entre eux seront basés en Nouvelle-Calédonie, deux autres à la Réunion et les deux derniers en Polynésie.

(A.A.)

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Coronavirus : n’est-il pas déjà trop tard ?

Coronavirus : n’est-il pas déjà trop tard ?
Depuis la confirmation du premier cas de coronavirus en Polynésie, le 11 mars dernier, un vent de panique générale souffle au fenua, poussant des centaines de familles à se précipiter dans les supermarchés pour y dévaliser les rayons… jusqu’à l’épuisement du papier hygiénique, comme si c’était la fin du monde ! Hasard du calendrier, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré le même jour que nous étions passés au stade de pandémie, mais a assuré que ce satané virus venu de Chine pouvait “être maîtrisé”. Depuis fin décembre, le Covid-19 s’est répandu dans 110 pays et territoires, et a contaminé plus de 120 000 personnes dans le monde, notamment en Europe et aux États-Unis. Nous assistons ainsi à une véritable hécatombe, avec au moins 4 351 décès recensés, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse, à partir de sources officielles. Emmanuel Macron a même martelé dans son discours officiel : “Nous sommes en guerre”. Ici et ailleurs, les mêmes scènes se reproduisent et la psychose collective se propage… À l’heure où nous mettions sous presse, mercredi en fin d’après-midi, six cas étaient déclarés en Polynésie (cinq à Tahiti et un à Moorea). Pour vous protéger vous et les autres, on ne peut que rappeler la nécessité de veiller au respect strict des gestes barrières contre le virus et des recommandations sanitaires.

L’angoisse de la population illustre surtout le manque de confiance dans les mesures prises par le Pays et l’État. En effet, il aura quand même fallu attendre l’annonce d’un premier cas à Tahiti avant que le gouvernement ne se décide à interdire l’entrée des paquebots. On n’a pas compris, non plus, l’entêtement du Pays à vouloir garder ouverts les crèches, les garderies et les établissements scolaires, à l’heure où le président de la République française, évoquant “une crise sanitaire grave” (la Métropole est passée, le 14 mars, au stade 3, avec confinement obligatoire), fermait toutes les structures pour “freiner l’épidémie” et “protéger les plus faibles”. Le discours de la ministre locale de l’Éducation, Christelle Lehartel, demandant aux parents de faire confiance au Pays, et de continuer à emmener leurs enfants à l’école, car “toutes les mesures sanitaires sont prises pour protéger les enfants et le personnel enseignant”, a choqué nombre de parents d’élèves et les syndicats. Mais peut-être que l’on voulait guetter, là aussi, le premier cas dans les écoles pour réagir ? Jusqu’à ce que la décision de fermer les écoles, à compter de mercredi après-midi (18 mars), soit enfin prise, nos enfants sont donc restés entassés comme des sardines dans des classes à sureffectif, alors qu’une distance de sécurité d’au moins
1 mètre entre deux personnes est recommandée. Cherchez l’erreur…
Où est donc passé le sacro-saint principe de précaution ? Pourquoi avoir un coup de retard quand on pouvait avoir une longueur d’avance ? Le 18 mars, le Pays est passé à la vitesse supérieure en interdisant tous les voyageurs non-résidents à toucher le sol polynésien. Mais n’était-il pas déjà trop tard ? N’aurait-il pas fallu exiger d’emblée le confinement général, comme l’ont préconisé au gouvernement les organisations syndicales et patronales depuis lundi dernier, parmi les 15 mesures d’urgence de sauvegarde des entreprises et des sala-
riés ? Nos dirigeants réalisent-ils qu’au fenua, il y a uniquement
40 appareils respiratoires à notre disposition ? Pourquoi les magasins sont-ils encore ouverts et les jeunes se baladent dans la rue comme si de rien n’était ? Par contre, alors qu’aucun rassemblement n’est désormais autorisé jusqu’à nouvel ordre, le gouvernement central a maintenu, ici et en Métropole, le premier tour des élections municipales. Message reçu : les intérêts politiques avant tout !

On relèvera par ailleurs les bons conseils délivrés par le haut-commissariat sur sa page Facebook : “Pour voter, les bons gestes à adopter : privilégiez les heures de moindre affluence, entre 11h30 et 14h30” et, n’oubliez pas, “chacun son stylo”. Bons conseils qui n’ont pas empêché de voir de braves citoyens agglutinés dans les bureaux de vote. Anticipant un effondrement sans précédent de l’économie locale, le gouvernement planche sur un “plan de sauvetage” avec les partenaires sociaux afin de réfléchir à des plans de continuité d’activités en développant, par exemple, le télétravail (néanmoins, un vide juridique existerait en Polynésie et inciterait certaines entreprises à refuser cette option…). Il est nécessaire de se réorganiser, mais pensons avant tout à la santé des personnes âgées et des plus vulnérables. Dans ces moments-là, aujourd’hui plus que jamais, on a juste envie d’embarquer sa famille sur un voilier, larguer les amarres, prendre le large et se mettre à l’abri sur une île déserte ! Pour notre part, la rédaction de Tahiti Pacifique a dû s’adapter ; nous avons ainsi décidé d’espacer nos parutions toutes les trois semaines au lieu des quinze jours habituels. Nous vous donnons donc rendez-vous le 9 avril 2020 pour le prochain numéro. Bon courage à tous, fa’aitoito, restons responsables et solidaires.
À défaut des mains, il faut se serrer les coudes.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt