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Patronat : Olivier Kressmann quitte ses fonctions

Patronat : Olivier Kressmann quitte ses fonctions
Olivier Kressmann, actuel vice-président du Medef (après en avoir été le président) a fait part, lors de la dernière assemblée générale fin mars, de sa volonté de démissionner de ses fonctions. Outre des activités professionnelles de plus en plus prenantes dans le domaine de la technologie, il semble qu’un petit différend né de l’édito d’un bulletin du Medef en début d’année concernant un aspect de la réforme des retraites, qui lui aurait été reproché, soit un élément déclencheur de son départ. Celui-ci n’a pas encore été acté.

(LO)

Photographie d’art : Karine Roué, de Raiatea à New York

Crédit photo : Karine Roué
Depuis plus de dix-sept ans, Karine Roué vit sur l’île de Raiatea, où elle se consacre à la photographie d’art et à l’écriture. Autodidacte, l’artiste a été retenue pour participer à l’exposition collective “Beyond Boundaries : LensCulture Discoveries in Contemporary Photography”, présentée prochainement à New York. C’est une photographie de sa série “Les Architectonies femelles”, prise à Vairua, à Raiatea, qui a été sélectionnée lors des LensCulture Art Photography Awards 2018. Le travail de 77 photographes venant de 27 pays différents, dont la Polynésie, sera ainsi exposé du 25 avril au 2 mai, à la galerie de la prestigieuse fondation Aperture, à Chelsea, Manhattan.
(DS)

Dissuasion nucléaire : l’Assemblée nationale souligne la “mise à contribution” de la Polynésie par la France

Crédit photo : DR
L’Assemblée nationale a donné son aval, le 11 avril dernier, à une réforme du statut d’autonomie de la Polynésie française qui reconnaît le caractère involontaire de sa contribution au développement de la capacité de dissuasion nucléaire française. La formule retenue auparavant, stipulant que “la République reconnaît la contribution de la Polynésie française à la construction de la capacité de dissuasion nucléaire et à la défense de la Nation”, avait provoqué le profond désaccord du Tavini, de l’association 193, des syndicats, ainsi que du représentant polynésien au Conseil économique, social et environnemental (CESE), Christian Vernaudon. Celui-ci avait d’ailleurs pris l’initiative d’écrire, le 27 mars dernier, au Premier ministre Édouard Philippe afin de lui signifier que les éléments présentés aux parlementaires nationaux ne correspondaient pas aux avis exprimés par la très grande majorité de la société civile organisée, comme cela avait été indiqué “dans un rapport rendu par le Conseil économique, social et culturel (CESC) dès le 15 novembre 2006”…
Les députés polynésiens Moetai Brotherson et Maina Sage ont ainsi obtenu une précision sémantique à ce projet de loi organique, déjà adopté par le Sénat, qui permet d’avancer “sur un chemin plus apaisé”. La “contribution” de la Polynésie française à la dissuasion nucléaire française a été remplacée par l’expression “mise à contribution” afin de souligner que les 193 essais nucléaires effectués entre 1966 et 1996 étaient le “choix de la France”. Selon Christian Vernaudon, la rédaction du premier article sous le titre “De la reconnaissance de la Nation” était “particulièrement inappropriée pour exprimer ce que les Polynésiens attendent en matière de reconnaissance et que le Premier ministre, Monsieur Alain Juppé, avait parfaitement su exprimer lors de son passage”. Lors de sa visite au fenua, le
27 juillet 2016, l’homme politique avait en effet déclaré : “Ces essais ont eu et ont toujours un impact préoccupant sur l’environnement ainsi que des effets sur la population.” Il souhaitait ainsi faire “acte de reconnaissance”, mais également de “réparation” en renonçant à “ce principe de risque négligeable” dans la loi Morin et enfin de “réconciliation” avec les Polynésiens.
Dans son courrier adressé au Premier ministre, le représentant polynésien du CESE a tenu par ailleurs à replacer dans son contexte le vote de la commission permanente en 1964 de la location pour un franc symbolique à l’État des atolls de Moruroa et Fangataufa, grâce au témoignage de Jacques-Denis Drollet, enregistré le
23 juin 2011 et reproduit dans le documentaire L’élu du peuple - Pouvanaa, Te Metua de Marie-Hélène Villierme (2012). Lorsque l’ancien représentant à l’assemblée locale raconte sa rencontre avec le général de Gaulle, il confie : “Il me fait comprendre qu’il a besoin de ces atolls pour les expérimentations et qu’il serait souhaitable que nous les donnions à la France et que si nous ne le faisions pas, il aurait les moyens de nous contraindre.” Les députés ont voté aussi un second projet de loi, portant “diverses dispositions institutionnelles” en Polynésie. Les textes doivent maintenant faire l’objet d’une procédure de conciliation entre l’Assemblée nationale et le Sénat.
(DS)

Escale des paquebots à Papeete : une société privée pour gérer le flux des piétons

Crédit photo : DR
Enfin, le gouvernement annonce la couleur ! Saluons cette initiative qui consiste à prévenir la population que ce sera le bazar sur le front de mer, et ce jusqu’au 2 mai. En effet, des paquebots vont accoster en rafales au port de Papeete durant plusieurs semaines, ce qui va engendrer un trafic encore plus important qu’à l’accoutumée. C’est dire. Il y a un an, Tahiti Pacifique avait déjà mis le doigt sur cette prise en otage des citadins polynésiens, coincés dans d’épouvantables embouteillages causés par le défilé permanent des croisiéristes traversant l’unique route pour se rendre en centre-ville. Le ministère du Tourisme nous avait alors aimablement répondu que “les travaux entrepris sur le front de mer avaient aggravé la situation” et que ceux-ci s’étendront “jusqu’à mi-2019 pour la ville et fin 2020 pour la zone portuaire”. À terme et dans le cadre de l’aménagement du terminal de croisière par le Port autonome de Papeete, une promenade suspendue au-dessus du Boulevard Pomare devrait relier le front de mer au cœur de la ville (zone du marché de Papeete).
Si nous attendons avec grande impatience cette passerelle afin de pallier ce problème récurrent, un communiqué précise en outre que le Pays a fait appel à une société privée : “Cette mesure, financée par le ministère du Tourisme, fait appel à une prestation privée, habilitée par le maire de Papeete, pour gérer les flux piétons aux passages du front de mer pendant les heures de pointe. Elle permet ainsi de redéployer les ressources de la police municipale, ainsi que de la DSP, pour assurer la prévention et la sécurité en ville.” Une explication qui ne nous convainc pas vraiment… On apprend par ailleurs que des animations seront organisées en soirée sur la place Vaiete, réunissant la population, les membres d’équipages, ainsi que les passagers.
Notez bien les neuf escales de navires de plus de 1 500 passagers programmées : après l’Eurodam, le 27 mars, le Carnival Legend débarquera le 11 avril, le Star Princess le 16 avril, le Golden Princess le 21 avril, le Solstice le 22 avril, le Maasdam et le Ovation of the Seas le 24 avril, le Radiance of the Seas le 27 avril et le Sea Princess le 2 mai. Vous voilà prévenus.
(DS)

Un autre Swac “dans les tuyaux”

Crédit photo : service des énergies
Dans notre précédente édition, nous évoquions les remous autour des appels d’offres du Swac (Sea water air conditioning) du Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF), dont le marché des travaux a été finalement remporté par SAS Géocéan, la société qui avait déjà réalisé pour Créocéan le système de refroidissement via l’eau de mer de la climatisation de l’hôtel The Brando, à Tetiaroa, en 2012. L’assistance à la maîtrise d’ouvrage ayant été attribuée en 2016 à Airaro, le bureau d’étude partenaire de Créocéan, et la maîtrise d’œuvre ayant été remportée par Créocéan en 2017, l’avocat du groupe Boyer dont l’offre a été retoquée a crié aux “conflits d’intérêts”, se demandant même “pourquoi la Polynésie française met-elle autant d’énergie à vouloir nous écarter ?” (lire TPM n° 403 du 22 mars).
Cette fois, on apprend par le Journal officiel qu’un autre appel d’offres est lancé, dont l’objet du marché public est la réalisation d’une étude de faisabilité d’un système de climatisation par eau de mer des profondeurs (Swac) pour la zone urbaine de Papeete sur l’île de Tahiti. Le périmètre de l'étude concerne l'ouest de la capitale et s'étend de Carrefour Faa'a-Pacific Plaza au Centre Vaima. Le gouvernement souhaite inclure impérativement certains bâtiments : la Présidence, la Vice-présidence, l'assemblée de la Polynésie française, le CESC, le haut-commissariat et l'IEOM. La date limite de remise des candidatures ou des offres est fixée au 26 avril 2019, à 11 heures, au Service des énergies. Après Tetiaroa, Bora Bora et prochainement le CHPF, cette énergie renouvelable et moins onéreuse séduit le Pays. Désormais, la question qui nous brûle les lèvres est : retrouverons-nous l’ogre Créocéan dans cette nouvelle course aux milliards ? Cela risque fort de chauffer encore pour ces juteux marchés du froid…
(DS)

Un cliché sous-marin pris à Fakarava récompensé

Crédit photo : DR
La Polynésie française a été distinguée par le quotidien britannique The Guardian, le mois dernier. À l’occasion de la 4e édition de son concours du meilleur photographe sous-marin de l’année, Richard Barnden a remporté le prix 2019 grâce à un impressionnant cliché pris de nuit, dans la passe de l’atoll de Fakarava. Baptisée L’Affrontement (“The Gauntlet”), la scène montre le frénétique festin des 700 requins qui peuplent ce lieu réputé, se disputant un poisson-perroquet.

(DS)

Médias : Les rédacteurs en chef sont connus

Médias : Les rédacteurs en chef sont connus
Nous vous avons fait part il y a un mois des changements à venir à la tête de quelques médias. Après Antoine Samoyeau à Tahiti Infos, c’est Lara Dupuy, ancienne rédactrice en chef de La Dépêche qui a poursuivi sa carrière en Guyane, qui mènera la barque de TNTV, à compter du 23 avril. Dominique Schmitt prendra les rênes de Tahiti Pacifique à compter du 1er juin.
(LO)

Budget : règle des 3%, la triche aux délégations

Crédit photo : Présidence
En vertu de l’article 86 de la loi organique, le nombre de collaborateurs de cabinet des membres de gouvernement, ainsi que les crédits nécessaires à leur rémunération, sont limités par l’assemblée de la Polynésie française. Les crédits ne peuvent excéder 3 % des crédits consacrés à la rémunération des personnels de la Polynésie française. D’apparence stricte, le dispositif aurait été allégrement "contourné" avec la multiplication des délégations, entités directement rattachées à la Présidence ou un ministère. Entre autres, la Délégation aux affaires internationales, européennes et du Pacifique est ainsi "chargée d’assister le président de la Polynésie". Au total, une vingtaine d’emplois échapperaient ainsi aux décomptes prévus dans le cadre de l’article 86.

(LD)

Swac du CHPF : Boyer crie aux “conflits d’intérêts”

Crédit photo : Dominique Schmitt
Remous autour des appels d’offres du Swac (Sea water air conditioning) du Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF), dont le marché des travaux vient d’être remporté par SAS Géocéan, la société qui avait déjà réalisé pour Créocéan le système de refroidissement via l’eau de mer de la climatisation de l’hôtel Brando, à Tetiaroa, en 2012… En jeu : un chantier de deux milliards de Fcfp. Alors que les premières procédures ont démarré en 2010, il a fallu attendre 2016 (et quatre offres retoquées) pour qu’un nouvel appel soit lancé et que le marché d’assistance à la maîtrise d’ouvrage soit remporté par Airaro SAS (le bureau d’études partenaire de Créocéan) pour un montant de 92 872 440 Fcfp (contre
42,9 millions de Fcfp pour son concurrent, la société Speed). La passation du marché de maîtrise d’œuvre a, quant à elle, été attribuée en 2017 au groupement Créocéan SA - Luseo Pacific. Le lancement des appels d’offres des marchés des travaux a ensuite été réalisé en septembre 2018. Il s’agit de pomper de l’eau froide (entre 4 et 5° C) à 890 mètres de profondeur dans la baie du Taaone et de la remonter par une canalisation longue de 3,8 kilomètres jusqu’au CHPF.
Cependant, en janvier dernier, un litige a éclaté entre la Polynésie française et la société Boyer, écartée au motif que son dossier était incomplet. L’entreprise locale du BTP avait alors saisi le tribunal administratif de Papeete en référé pour contester, et obtenu finalement gain de cause par une ordonnance annulant toutes les décisions prises par le Pays dans la procédure d’analyses des candidatures pour la cons-
truction du lot 1 “ouvrages maritimes” du Swac du CHPF. Ce lot est le plus impor-tant des travaux du Swac : il représente un budget de 2 milliards de Fcfp, sur une enveloppe totale de presque 3 milliards de Fcfp pour l’ensemble des quatre lots. Mais, rebondissement, alors que Boyer se présentait lui-même comme le meilleur candidat avec un devis d’1,1 milliard de Fcfp, soit la moitié de la somme budgétisée, c’est de nouveau Géocéan, filiale du groupe Vinci, qui a été retenue avec son offre à 2,17 milliards de Fcfp. La société Interoute a remporté, elle, le marché des travaux du lot n° 4 “Réseau secondaire” (environ
280 millions de Fcfp contre 184 millions de Fcfp pour son concurrent).

À chaque étape, on a essayé d’éliminer Boyer

M. Le Bon, représentant la Polynésie française, et Me Gerando, représentant la société Géocéan, ont jugé l’offre de Boyer “anormalement basse” par rapport aux quatre autres marchés (évalués entre 1,9 milliard et 2,1 milliards de Fcfp), mais aussi “inadaptée et incohérente” sur le plan technique en raison de “moyens matériels et humains non justifiés”. L’avocat du groupe Boyer et de sa filiale Polynésie VRD, Me Ferré, a considéré, lui, que “à chaque étape, on a essayé d’éliminer Boyer” et s’est demandé “pourquoi la Polynésie française met-elle autant d’énergie à vouloir nous écarter ?”, avant de mettre en avant “des conflits d’intérêts” qui expliquent “la mauvaise note sur la méthode technique (1/5)”. Me Ferré a évoqué notamment le cas de “David Wary, le conducteur des travaux du Swac de Bora Bora (à l’hôtel InterContinental, en 2006, ndlr) pour le compte de Boyer, qui a quitté l’entreprise locale pour devenir le dirigeant de Airaro (bureau d’étude partenaire de Créocéan, ndlr), ainsi que d’une autre société spécialisée dans les ROV (pour Remotely Operated vehicle, des robots sous-marins téléguidés, ndlr). On a donc aujourd’hui une personne qui est mon concurrent direct et qui vient évaluer mon travail ! C’est contraire à l’objectivité souhaitée dans un appel d’offres.” La défense a alors tenu à rappeler : “Boyer a remporté 28 % des marchés attribués par la Polynésie française en 2018”. La SAS Boyer devra verser à la société Géocéan la somme de 500 000 Fcfp au “titre des frais exposés et non compris dans les dépens”.
On le sait, la direction du CHPF a été rapidement déchargée du dossier, le Pays ayant “la compétence en matière d’Énergie” et s’agissant de “Santé publique”, dans “une propriété publique”, explique M. Le Bon. En fouillant, on s’interroge alors sur le fait qu’on retrouve les mêmes noms qui gravitent autour de cette affaire, à l’instar de Stéphane Bitot, successivement conseiller technique au ministère de l’Énergie sous Nuihau Laurey (depuis 2016 jusqu’au 14 mars 2017), puis sous Heremoana Maamaatuaiahutapu (2017-2018) et actuellement sous Tea Frogier (depuis le 23 mai 2018). À ce poste, M. Bitot avait d’ailleurs succédé à Thierry Trouillet, le beau-frère de Richard Bailey, le patron du groupe Tahiti Beachcomber SA. Jean Hourçourigaray intrigue aussi, puisqu’il a été également conseiller technique sous James Salmon (ancien ministre de l’Énergie), et même le responsable du projet de Swac, puis conseiller technique sous Jacky Bryant en 2013, avant d’être consultant pour TBSA. Or, on découvre avec grand étonnement que Stéphane Bitot, Jean Hourçourigaray et David Wary sont par ailleurs tous les trois consultants de la société Airaro pour l’Agence française de développement (AFD), qui participe au financement du prêt au Pays (autofinancement de 928,3 millions de Fcfp), à hauteur de 895 millions de Fcfp, aux côtés de la Banque européenne d’investissement (895 millions de Fcfp) et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (255 millions de Fcfp). Les trois hommes ont en effet réalisé une étude intitulée “Énergies renouvelables dans les îles du Pacifique : état des lieux et projets exemplaires”, publiée en 2015. Neuf ans après que le projet soit “dans les tuyaux”, le contribuable paiera quasiment le double de la concurrence, mais la boucle est bouclée… Les travaux du Swac doivent durer deux ans, de 2019 à 2020. Grâce à cette technologie, le CHPF pourrait économiser 350 millions de Fcfp par an : un gain considérable compte tenu de la facture d’électricité annuelle du CHPF, qui atteint la somme colossale de 900 millions de Fcfp.
Dominique Schmitt

Partenariat TNTV - “The Explorers” : le Pays soutient une société condamnée !

Crédit photo : Dominique Schmitt
Surprise, le 6 mars dernier, en apprenant que le conseil des ministres avait validé la poursuite du partenariat liant le Pays à “The Explorers”, une collection documentaire internationale diffusée sur Tahiti Nui Télévision. Si prendre le pouls de la planète en dressant un inventaire de notre patrimoine naturel, culturel et humain est une ambition noble, abuser de la générosité de ses hôtes l’est beaucoup moins.
En 2014-2015, la société de production audiovisuelle Tagra 4K SARL s’est en effet engagée dans un programme de plusieurs reportages mettant en valeur la Polynésie française. Compte tenu de l’intérêt de cette initiative, le Pays a souhaité soutenir le projet en mettant à la disposition d’Olivier Chiabodo, le producteur de “The Explorers”, le navire Tahiti Nui 1 et son équipage, afin d’acheminer dans les îles le matériel nécessaire. À la charge de Tagra 4K de financer le reste de l'expédition notamment sa consommation en carburant. La veille du départ, le 24 avril 2014, Tagra 4K commande à la société PPS un bon de chargement de 117 494 litres de gasoil, pour un montant de 18 998 780 Fcfp, et se fait livrer le jour-même. À titre exceptionnel, PPS accepte un différé de paiement, Tagra 4K devant recevoir des fonds de divers organismes publics et privés dans le cadre de ses accords de partenariat, et notamment de l’OPT. Face à son refus de paiement, PPS met en demeure Tagra 4K, mais celle-ci, contre toute attente, fait valoir en défense qu’elle n’a jamais passé commande de carburant. Mieux, elle demande à PPS de faire suivre la facture au Pays qu’elle met en cause ! L’audience, qui a eu lieu le 16 juin 2017 au Tribunal mixte de commerce, a finalement condamné Tagra 4K au remboursement de la somme due, l’existence d’une livraison de PPS au capitaine de Tahiti Nui 1 n’étant pas contestable.
Tagra 4K ayant fait appel de cette décision, une nouvelle plaidoirie aura lieu en mai prochain. Cependant, comment peut-on encore soutenir une société qui a profité de l’appui des pouvoirs publics locaux et a tenté, par une analyse tronquée des pièces, de faire supporter le coût de son carburant, soit presque 20 millions de Fcfp, à la collectivité de Polynésie française ? D’ailleurs, on découvre que le margoulin en question, Olivier Chiabodo, a déjà fait l’objet de poursuite judiciaire, TF1 l’ayant attaqué pour “dénonciation calomnieuse” en avril 2018. ll y a vingt ans, l’animateur d’Intervilles avait été en outre accusé de tricherie, puis licencié dans la foulée pour faute grave. De surcroît, on découvre que le montant de l’aide logistique et matérielle accordée à Tagra 4K par le Pays a été fixé en premier lieu à environ 9,6 millions de Fcfp (arrêté n° 855 CM du 4 juin 2014), auquel il a été ajouté plus de 10,9 millions de Fcfp (arrêté n° 1516 CM du 31 octobre 2014 portant modification de l’arrêté n° 855 CM du 4 juin 2014), ce qui représente la coquette somme de 20 602 725 Fcfp. Si l’on cumule les factures, cela fait tout de même plus de 40 millions de francs Pacifique… C’est cher de développer le tourisme en Polynésie !

DS

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De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier