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Chantal T. Spitz et Titaua Peu s’insurgent contre le colonialisme !

Portraits de Chantal T. Spitz et Titaua Peu par Titouan Lamazou
Dans le cadre de l’exposition “Le Bateau-atelier de Titouan Lamazou”, qui s’est tenue jusqu’au 10 février dernier au musée du quai Branly - Jacques Chirac, Zoé Lamazou, l’aînée des trois enfants de l’artiste, navigateur et écrivain, donne la parole à Chantal T. Spitz et Titaua Peu. Les portraits incandescents de la fille complètent ceux du père, réalisés en peinture. Face à la caméra de Zoé, journaliste indépendante, auteur et réalisatrice, ces deux écrivains incontournables au fenua témoignent de leur vécu du fait colonialiste en tant que femmes, mais aussi tahitiennes. “Je suis née en colère”, explique tout d’abord Chantal T. Spitz, qui confie avoir eu un déclic en découvrant dans “la bibliothèque extraordinaire” de son père, à l’âge de 14 ans, le livre Discours sur le colonialisme. Elle rapporte être issue d’une “famille où il faut absolument s’occidentaliser” et que sa “grand-mère maternelle avait décidé de blanchir sa descendance”.
Ainsi, elle n’avait “pas le droit d’aller remuer ses fesses quand elle entendait le tō’ere”. Elle dit également avoir “détesté” ses “parents” qui l’ont obligée à “faire du piano et de la danse classique”, des activités qui la rendaient “ridicule”. Quant à Titaua Peu, elle rapporte “avoir eu l’impression de grandir dans un monde qui n’était pas le sien”. Elle était “tahitienne, mais avec des apports” qu’elle “n’acceptait pas forcément, et sans savoir pourquoi”. Elle explique : “J’ai vécu dans une famille où l’on était fier d’avoir du sang blanc.” Et de poursuivre : “Très tôt, j’ai intégré le sentiment du colonialisme à grande échelle et cette espèce d’injustice. Dès le départ, il y a eu un malaise dans le passé ; le passé comme on te le racontait…

Pour Chantal T. Spitz, “le plus important, c’est de dire ce qui nous est arrivé. (…) On a eu l’alcool, on a eu les maladies, etc. il y eu aussi des histoires d’amour, bien sûr. Mais que l’on ne vienne pas me dire que quand ces marins arrivent (d’ailleurs lors des premiers contacts, violents, on se fait tirer dessus !), on se précipite vers eux et que les femmes se sont jetées dans les couches des marins, etc. Attends, les marins à l’époque, après six mois de navigation, ils ont le scorbut, cela veut dire qu’ils ont les gencives qui saignent, les dents qui se déchaussent, la peau brûlée qui pèle, des barbes jusque-là et ils sentent mauvais, c’est ça la réalité ! Ils voudraient nous faire croire que nos grands-mères se sont précipitées dans leurs couches alors qu’elles avaient des mecs là, bien beaux, qui sentaient bon, se baignaient quinze fois par jour, qui n’avaient pas de poils, pas de caries, faut arrêter…
Des propos qui renvoient à l’ouvrage Tahiti - 1768. Jeunes filles en pleurs. La face cachée des premiers contacts et la naissance du mythe occidental, paru Au vent des îles en 2004, et dans lequel l’auteur Serge Tcherkézoff explique comment les récits des voyageurs à Tahiti inventèrent une société où les jeunes femmes auraient eu pour règle de pratiquer “l’amour libre” et même de le faire “en public”. Mme Spitz précise : “Après, que l’on ait donné des femmes parce que de tous temps c’est la meilleure monnaie d’échange et qu’il il y ait eu des histoires d’amour, évidemment ! Mais déjà là, tu te dis mais on nous a raconté des conneries, et nous, on a cru. Ensuite pour l’évangélisation, ils ont tout rasé, cela a été d’une violence !” Et de conclure : “On a besoin de mémoire, mais nous n’avons pas de mémoire. On n’a même pas la mémoire d’il y a vingt ans. Je suis intimement persuadée que tant que nous n’aurons pas la mémoire et traversé l’Histoire, on ne va pas s’en sortir…” Ces entretiens détonants, capturés par la caméra de Zoé Lamazou, sont à retrouver sur YouTube. (DS)

Tuberculose : 25 porteurs potentiels de la maladie déclarés au lycée Paul Gauguin !

Tuberculose : 25 porteurs potentiels de la maladie déclarés au lycée Paul Gauguin !
Après la contraction de la tuberculose par une enseignante du lycée Paul Gauguin (LPG), les professeurs et les élèves ayant été en contact avec la malade avaient dû se soumettre à des tests de dépistage en septembre 2018. Ce sont ainsi une centaine de profs et 177 lycéens qui avaient passé une série d’examens. Mais "en raison de la longue période d’incubation de la maladie", le personnel de l’établissement et les élèves ont eu la mauvaise surprise d’être de nouveau dépistés la semaine dernière. Résultat : plusieurs d’entre eux sont porteurs de la maladie, ce qui multiplie le risque de nouveaux cas potentiels ! D'après nos informations, 24 professeurs ont été diagnostiqués positifs au test. Parmi les élèves, un seul n'aurait pas encore réalisé le test. Ils devront tous effectuer une prise de sang pour confirmer le résultat et s'assurer de ne pas avoir d'Infection tuberculeuse latente (ITL). Cependant, le traitement préventif est fortement déconseillé aux personnes de plus de 45 ans, notamment en raison de risques hépatiques et autres complications. Une réunion obligatoire d'information a été déclenchée en urgence le 6 février, en présence du ministre de la Santé et du Directeur général de l'Éducation et des Enseignements.
Pour rappel, la tuberculose est une maladie sévère, qui peut conduire au décès si elle n’est pas traitée. En Polynésie, 50 à 60 nouveaux cas sont décelés chaque année. Les signes les plus fréquents sont la fièvre, une transpiration abondante pendant la nuit, un amaigrissement et une toux traînante. C’est une maladie contagieuse qui se transmet de personne à personne par la toux. La contagion est favorisée par la promiscuité et les habitats mal aérés. Pour stopper la propagation de la maladie, la seule solution est de faire un dépistage dans l’entourage des malades et de traiter les personnes contaminées.
Le LPG est donc de nouveau sous haute surveillance, bien que les porteurs ne soient pas contagieux tant qu’ils ne déclarent pas la maladie, ce qui est le cas d’une personne sur dix en moyenne. Reste donc maintenant à espérer qu’aucun de ces porteurs avérés, professeurs et élèves confondus, ne déclare la tuberculose pendant les deux années à venir…
(TF)

Économie : retard des travaux des bungalows de l’ex-Méridien Tahiti

Crédit photo : Dominique Schmitt
Vous l’avez sûrement remarqué, il n’y a pas âme qui vive dans les bungalows sur pilotis du nouveau Tahiti Ia Ora Beach Resort, l’ex-hôtel Le Méridien Tahiti, depuis fort longtemps… En cause, des travaux qui n’en finissent plus et semblent même suspendus. Lorsque nous nous sommes rendus sur les lieux, l’entrée était en effet condamnée au niveau du ponton et nous n’avons pu observer qu’un seul ouvrier qui était à l’œuvre. "Cela fait plus d’un an que le chantier a commencé, peut-être même deux ans, remarque un employé. Mais les travaux devraient être achevés bientôt, dans quelques mois." Comment se fait-il que les dix logements qui doivent être tous rénovés et remeublés ne sont-ils toujours pas opérationnels ? D’ailleurs, le ponton doit être également refait entièrement sur ce superbe site qui fait face au lagon de Punaauia.
Le directeur de l’établissement, Didier Lamoot, explique : "Le groupe AccorHotels a repris la gestion de l’ex-Méridien le 15 octobre 2018. Le chef de projet, Allan Wallis, souhaite que l’hôtel soit aux normes Sofitel et que le cahier des charges soit respecté. Le propriétaire a trois ans pour tout remettre à niveau, c’est pour cela que le nom exact de l’hôtel est pour l’heure Tahiti Ia Ora Beach Resort managed by Sofitel. Les travaux sont en cours de finition, l’ouverture des bungalows flambant neufs sera effective le 1er mai 2019. Le restaurant Le Carré, lui, sera déjà en mesure d’accueillir ses clients début février."

Rénovation des hôtels Sofitel à Bora Bora

Il est tout de même surprenant de constater que cette zone prestigieuse est inaccessible sur une durée aussi longue. Tous les acteurs du tourisme sont unanimes, ces fare placés au-dessus de la mer sont les plus prisés par les visiteurs du monde entier ; sauf exception, ils affichent partout complets. Didier Lamoot argumente : "Nous ne connaissons pas l’historique exact. Il s’agit d’un investissement à long terme et si nous visons à le rentabiliser, il s’agit avant tout que le produit soit aux normes Sofitel. Nous avons en outre rencontré des défauts de communication, les cabinets d’expertise étant localisés à Bangkok (Thaïlande, ndlr) et Singapour, le designer habitant Hong Kong, etc., mais aussi des problèmes de compréhension de la défiscalisation qui ont rallongé les délais prévus"… C’est via la Société hôtelière Rivnac, acquise en 2012, que le propriétaire des lieux, Frederick Grey, exploite Le Méridien Tahiti. Des indiscrétions évoquaient un litige avec l’entreprise Multiposes, chargée de la maîtrise d’ouvrage, mais il n’en serait rien, bien au contraire.
Nous avons tenu à interroger le gérant, Mathieu Stéphane. Il assure : "Tous les paiements de M. Grey sont à jour, nous n’avons eu aucun souci sur le plan financier. Les travaux ont duré environ huit mois, puis il y a eu des ajustements supplémentaires. Aussi, un bungalow témoin a été réalisé avant de lancer les appels d’offre, qui ont ensuite pris du temps." 
L’homme d’affaires samoan, qui est également l’un des principaux investisseurs du projet de "Village tahitien", contrôle depuis août 2016 trois autres hôtels Sofitel situés en Polynésie française : Sofitel Bora Bora Motu Private Island, Sofitel Bora Bora Marara Beach Resort et Sofitel Moorea la Ora Beach Resort, au travers de la société Lupesina Tahiti Investments (groupe Grey). Mathieu Stéphane ajoute : "Le timing a été respecté comme prévu pour le Marara Beach Resort, à Bora Bora, les travaux ont démarré le 7 janvier dernier. Puis, ce sera au tour du Motu Private Island. La Polynésie a besoin d’investisseurs comme M. Grey, il nous a promis encore deux ans au moins de beaux projets à venir."
(DS)

Culture : le documentaire polynésien Patutiki bientôt diffusé sur France Ô

Culture : le documentaire polynésien Patutiki bientôt diffusé sur France Ô
Le magazine télévisé Archipels programme la diffusion du documentaire inédit Patutiki, l’art du tatouage des îles Marquises, dimanche 17 février, à 14h35. À Henua Enana, cette tradition découle d’une pratique millénaire unique par la densité et l’étendue de ses motifs, et dont la richesse graphique lui vaut aujourd’hui d’être prisée dans le monde entier, le plus souvent dans l’ignorance de son origine et de sa portée symbolique. Réalisé par Heretu Tetahiotupa et Christophe Cordier, cet unique métrage polynésien en compétition au Festival international du film documentaire océanien jusqu’au
10 février nous invite à un superbe voyage culturel sur la "Terre des Hommes".
(DS)

Terrains militaires : la rétrocession tarde à Pirae

Terrains militaires : la rétrocession tarde à Pirae
Alors que la rétrocession des terrains militaires avance bien dans plusieurs communes dont Mahina, qui a récupéré dernièrement cinq hectares, à Pirae, il va falloir se montrer plus patient, car les militaires ne sont pas encore partis des terrains à rétrocéder.
Il s’agit notamment de celui du Taaone qui sert d’habitation, où se passent les examens au permis de conduire. La commune négocie actuellement pour récupérer une parcelle ne faisant pas partie de la rétrocession initiale, afin de réaménager tout cet ensemble (qui comprend le marché municipal) et en faire un véritable cœur de ville.
(LO)

Retraites : la réforme adoptée

Retraites : la réforme adoptée
La mise en œuvre de la réforme de la Protection sociale généralisée, adoptée le 21 septembre 2018 par l’assemblée territoriale, n’est désormais plus suspendue à la décision du Conseil d’État, puisque ce dernier s’est enfin prononcé et l’a validée.
Comme on pouvait s’y attendre, les recours déposés par la CSIP, O oe to oe rima et le Syndicat de la fonction publique ont été en grande partie rejetés. Les grandes lignes structurantes progressives concernant l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans, tout comme le nombre d’années de cotisation de 35 à 38 ans ont été validées. Le gouvernement Fritch a très rapidement promulgué la loi, dont la première mesure concrète concerne le passage de l’âge minimal de la retraite de 55 à 57 ans, au 1er juillet 2019. Ensuite, les treize membres (cinq du patronat, cinq du syndicat, deux de la retraite et un de la Jeune chambre économique) appelés à composer le Comité de suivi et d’orientation des retraites (COSR) devront être nommés. Cette force de proposition aura un peu de pain sur la planche…
(LO)

Moorea : la chasse aux cochons sauvages ouverte pour réguler leur nombre

Crédit photo : DR
Si 2019 est l’année du Cochon selon l’horoscope chinois (du 5 février 2019 au 24 janvier 2020), Moorea ne sera pas leur meilleur refuge… En effet, la Direction de l’agriculture (DAG) de l’île Sœur y a autorisé la chasse aux cochons sauvages à trois associations, celle des chasseurs de Paopao no Moorea présidée par Jean-Pierre Tetuanui, A fa’a Nui no Moorea dirigée par Aldo Huaa et Te mau peho no Eimeho de William Faruia-Perry, mais uniquement dans la vallée d’Opunohu, sur certaines zones. L’objectif est en réalité de réguler la population de sangliers dans ce domaine de l’île. Lancée le 4 janvier dernier, l’ouverture de la chasse devrait durer jusqu’au 31 mars 2019. Les règles suivantes devront obligatoirement être respectées :
- Le chasseur devra porter le gilet de sécurité fluorescent ;
- Le chasseur devra avoir sur lui son permis de port d’arme ;
- Les fusils autorisés sont de calibre 30 (30/30) et de calibre 12 à balle ou à chevrotine. Ils doivent impérativement être cadenassés dans les voitures et déchargés sur le terrain ;
- Le chasseur devra avoir sur lui sa carte de membre de l’association de chasseurs ;
- Le chasseur devra respecter les dates d’ouverture de chasse, à savoir du 04/01 au 31/03, du vendredi 18 heures au lundi matin 6 heures ;
- L’association devra déclarer le nombre, le sexe et le poids des prises abattues par ses membres auprès de la DAG à chaque fin de mois et en tout état de cause avant le 15 avril 2019.
Le non-respect de toutes ces consignes obligera à rompre cette autorisation de chasse exceptionnelle qui est accordée par la DAG. Attention : la chasse à l’aide de chien par battue et à l’aide de piège est interdite.
(DS)

Environnement : l’océan, notre poubelle…

Triste "palmarès" en termes de pollution marine cette semaine passée. Crédit photo : DR
Ce ne sont plus des poissons que l’on trouve désormais dans les eaux polynésiennes, mais des traces de pollution en tous genres. En quelques jours, notre océan a été une nouvelle fois la cible de l’inconscience et de l’irrespect de l’Homme. Début janvier, plus d’une centaine d’emballages en plastique venaient s’échouer sur une plage à Hiva Oa, aux Marquises. Destinés au marché asiatique, ces sacs provenaient d’un navire usine chinois spécialisé dans la pêche aux calamars au large des côtes argentines. La semaine suivante, une trentaine de bonbonnes (on parle même de 80 bouteilles) ayant contenu du bromure de méthylène, un gaz toxique et très écotoxique, s’échappaient du Kura Ora II après que la goélette eut été immergée au large de Tahiti. Comment des objets aussi dangereux n’ont-ils pas été décelés par les experts maritimes chargés du processus de dépollution ? Ces bonbonnes ont-elles été placées à leur insu après leur compte rendu ou ont-ils fermé les yeux ? La société propriétaire du bateau étant en liquidation, qui de la Direction de l’environnement ou du Port autonome porte la responsabilité de cet acte grave ? Une enquête administrative a été demandée par la Présidence et une deuxième enquête pénale est également en cours, mais l’on peut dire que cela sent le gaz et risque de faire de gros remous… Peu après, un civil retrouvait d’autres bonbonnes qui flottaient au large de la passe de Taapuna, à Punaauia. Pendant ce temps, un habitant de Bora Bora pêchait, lui,
32 sacs de riz de la marque Tahiti Riz, probablement tombés après le passage du Taporo. À l’heure où l’enjeu mondial est de bannir totalement le plastique, véritable menace pour la planète et responsable de la mort des animaux marins, il est urgent de cesser les pratiques anciennes et de réveiller les consciences : non, notre océan n’est pas une poubelle et ce n’est pas en tirant la chasse que nos déchets disparaîtront !
(DS)

Transports : Tupaia, le Dreamliner qui rend hommage au navigateur polynésien

Crédit photo : Dominique Schmitt
Après l’arrivée de Fakarava, le premier Dreamliner d’Air Tahiti Nui, le second, judicieusement baptisé Tupaia, s’est posé au fenua le 17 janvier dernier. La compagnie au tiare remplace en effet ses cinq A340 par quatre appareils long courrier de nouvelle génération Boeing 787-9. Alors que les cinq anciens avions portent le nom d’îles de la Polynésie (Mangareva, Moorea, Rangiroa, Bora Bora et Nuku Hiva), ce nouvel avion rend enfin hommage à la culture locale, et particulièrement au grand navigateur originaire de l’île Sacrée (Raiatea) qui a guidé au XVIIIle siècle le capitaine Cook à travers le Pacifique grâce à ses connaissances des étoiles, des vagues, du vent, des courants, des plantes, etc. Durant l’expédition, Tupaia sauve même la vie de Cook à plusieurs reprises, surtout en Nouvelle-Zélande quand ce dernier frôle la mort après avoir abattu un grand chef maori… À la fois ‘arioi, haut-prêtre et intellectuel, Tupaia était aussi un artiste : il est ainsi le premier Polynésien à peindre une aquarelle, mais également le premier à écrire, dans une grotte à Aotearoa.
Le troisième Dreamliner, Bora Bora, est attendu en mai 2019 et le quatrième, Tetiaroa, en août 2019. Et puisque l’on parle d’Air Tahiti Nui, sachez que les voyageurs en classe affaires (Poerava Business) ont désormais à leur disposition le magazine Tahiti Pacifique (numéro en cours) sur tous les vols au départ de Tahiti. Les usagers peuvent également retrouver le mensuel féminin Hine Magazine et le journal Tahiti Infos. Bon vol et bonne lecture !
DS

Politique : vœu exaucé

Politique : vœu exaucé
L’année 2019 sera-t-elle placée sous le signe de la communication ? Nous sommes enclins à le croire puisque votre magazine, contrairement à 2018, a été convié aux vœux à la presse de la Présidence, la semaine dernière. Nous espérons que l’accès aux ministères et autres services en sera facilité. Pour le reste, pas de grande annonce : le président Fritch, comme depuis
deux ans, met en garde contre les fake news des réseaux sociaux, auxquels il fait d’ailleurs appel pour communiquer, à l’instar du ministère de la Santé qui a lancé une campagne. Dommage pour les retombées économiques pour la Polynésie, les médias locaux, à l’exception de la chaîne "privée" du Pays, doivent se passer des budgets de communication.
(LO)

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier