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Aménagement : les CRSD : cadeaux empoisonnés ?

Crédit photo : Dominique Schmitt
Dans le cadre des Contrats de redynamisation des sites de défense (CRSD), l'État a procédé à la libération des emprises militaires dans les communes de Papeete, Faa'a, Pirae, Arue, Mahina et Taiarapu-Est. Leurs rétrocessions à l'euro symbolique aux cinq communes concernées polynésiennes ont finalement été actées au travers des différents décrets parus depuis 2017, après le dénouement d'un imbroglio juridique mettant notamment en lumière un problème de répartition des compétences entre Pays et communes en matière d'aménagement. Les anciennes emprises foncières militaires récupérées depuis deux ans par les communes représentent ainsi une valorisation de 41 millions d'euros, soit 5 milliards de Fcfp, et un total de 22 hectares sur lesquels des zones d’activités économiques ou à vocation mixte et des zones de développement touristique sont ainsi prévues.
Si l'État a cédé les emprises après la réalisation de diagnostics destinés à la parfaite information sur l'état des terrains des maîtres d'ouvrage des communes, il les accompagne également dans le financement, à hauteur de 80 % des études de dépollution, de déconstruction, de faisabilité des projets susceptibles de créer de l'activité économique. Mais, en dehors du financement de ces études, il reste cependant aux communes de financer la dépollution effective des sites. En effet, les 5 milliards de Fcfp d'emprises ainsi cédés sont répartis entre la valeur des terrains nus, mais aussi des constructions qui y reposent. Ces dernières, valorisées – dans les sept décrets déjà parus – à hauteur de 940 millions de Fcfp, correspondent à des bâtiments inutilisés depuis de nombreuses années, délabrés et dont la vétusté, associée notamment à l'utilisation de matériaux à base d'amiante ou de métaux lourds et la présence d'hydrocarbures, nécessite une dépollution et une déconstruction respectant les règles environnementales.

Amiante, peintures au plomb…

Sur l'emprise de la caserne Broche de Arue, les constructions militaires transférées avaient été valorisées par l'État
à 18 millions de Fcfp, mais montrent un double niveau de pollution à l'amiante, qui nécessite un traitement impératif, et aux peintures au plomb. Il en coûtera 262 millions de Fcfp pour les faire disparaître et rendre aménageable le premier des trois hectares du site. Un montant pour lequel une répartition a finalement été trouvée et actée entre l'État, le Pays et Arue lors du dernier Comité de pilotage (COPIL) des CRSD, la commune devant cependant encore supporter à elle seule près de 100 millions de Fcfp sur cette première phase de travaux. 
À Mahina et Taiarapu-Est, les actes de cession n'ont été signés qu'en janvier dernier. Selon le maire de Mahina, les cinq hectares de l'ex-centre technique du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et de la résidence Mahina doivent faire l'objet d'une dépollution, notamment des cloisons des bâtiments, estimée pour l'instant à environ 200 millions de Fcfp, montant pour lequel une solution de financement doit encore être trouvée, particulièrement avec l'État. À Taiarapu-Est, les 4 hectares récupérés, comprenant notamment le Fort de Taravao, devraient représenter un montant proche en termes de coût de dépollution. 
L'idée a été suggérée de faire prendre en charge des frais d'aménagement par les entreprises destinées à terme à occuper ces espaces. Une solution vite écartée à Mahina où la municipalité y a vu une façon de dissuader les investisseurs sur une zone qui doit être économiquement attractive.
À Pirae, le conseil municipal a ainsi d'ores et déjà budgété 180 millions de Fcfp pour la déconstruction et l'aménagement de l'ancien mess des officiers (Cercle mixte de Tahiti), qui comprend à l'heure actuelle des bâtiments de construction proche de ceux de Mahina, pour la création d'un grand centre-ville. Près de 85 % de cette somme ne devrait être mobilisée qu'à compter de 2021, selon une dernière programmation du conseil municipal en avril dernier, la libération de l'emprise à proximité du site de Aorai Tini Hau n'étant pas encore été actée officiellement.

De 1 euro à 1 milliard de Fcfp

Un effort de dépollution et d'aménagement qui sera probablement réduit à Faa'a. Même si bon nombre de constructions militaires y sont encore édifiées, le projet de marché de proximité envisagé à Faa'a doit en effet s'inscrire dans l'utilisation d'un terrain de 0,6 hectare seulement, situé à Heiri, et pour lequel les études de faisabilité viennent à peine de faire l'objet d'une répartition de financement entre État et commune. À noter que, hors CRSD, dans le cadre de la cession de biens à la Cité de l'Air, le haut-commissariat a également procédé à la vente, fin juin, de quatre anciennes résidences, vente dont les cahiers des charges annexés indiquent la présence à de nombreux endroits d'amiante et la nécessité de procéder à une dépollution en respectant les mesures de suppression des risques liés à l'inhalation des fibres. Comme pour les communes, les particuliers acquéreurs devront s'acquitter de frais supplémentaires pour procéder à la dépollution. 
Cédés dans le cadre du CRSD pour un euro symbolique, ces terrains et les constructions qui y sont édifiées vont probablement, selon les dernières estimations, nécessiter une dépollution, par désamiantage et suppression des métaux lourds et carburants, à hauteur de 1 milliard de Fcfp pour les rendre aménageables. Outils de reconversion économique majeure à long terme, les CRSD représentent donc, à court terme, une charge d'investissement importante pour les communes qui, parallèlement, doivent toujours faire face aux
contraintes de rénovation de leur réseau d'eau potable et à la nécessaire mise en conformité des écoles. Aux prochaines élections municipales de 2020, les équipes sortantes ne pourront donc capitaliser sur l'état d'avancement réel de l'aménagement, mais devront plaider et prier pour un retour rapide sur investissement. 

(S.P.)

“Under The Pole III” : les plongeurs vont se lancer dans la “Capsule” à Moorea

Crédit photo : DR
L’expédition scientifique “Under The Pole III - Twilight Zone - 2017/2020”, menée par Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout, a terminé la première phase du programme baptisé “DeepHope”. Partie de Concarneau en 2017 et arrivée en juillet 2018 en Polynésie, l’équipe a notamment découvert, le 4 avril dernier, un corail mésophotique à 172 m de profondeur dans l’archipel des Gambier : le Leptoseris hawaiiensis. Désormais, les plongeurs s’apprêtent à se lancer dans “La Capsule”, un observatoire sous-marin digne des projets de Jacques-Yves Cousteau, pouvant accueillir trois plongeurs. Le chargé de communication nous explique : “L’ensemble de l’équipe se réunira début août près de la baie d’Opunohu. Dans un premier temps, la mission consistera à sortir la capsule de son conteneur et de la préparer. Puis des tests seront effectués en surface. La capsule sera alors remplie d’air. Une fois que tout sera testé, elle sera immergée à 18 mètres de profondeur, non loin de la baie d’Opunohu. Elle sera cette fois-ci remplie d’un mélange de gaz trimix.” Et de poursuivre : “Début septembre, les premières plongées commenceront (inférieures à 24 heures). Puis nos hommes-grenouilles s’immergeront jusqu’à 72 heures. Enfin, ils tenteront des plongées de plus de trois jours. Les sujets d’études seront nombreux et notamment : étude de la reproduction des coraux (qui n’a lieu qu’une heure par an), des requins citron…” Cette première mondiale qui aura lieu à Moorea ouvre un nouveau champ des possibles…

(D.S.)

José Thorel : de lourds secrets ?

Crédit photo : Tahiti Infos/Antoine Samoyeau
L’ancien procureur de la République, José Thorel, raccroche sa robe et s’apprête à se rapprocher de sa famille en Bretagne. Retour sur une longue carrière, éclaboussée notamment par le brûlot d’Éric Dupond-Moretti, Bête noire. Dans cet ouvrage, l’avocat “rentre dans le chou” du magistrat !

Avec 40 ans de magistrature au compteur, dont 17 ans passés en Polynésie, José Thorel s’apprête à retrouver les siens en Bretagne. L’ancien procureur de la République, actuellement avocat général au parquet, va en effet quitter le fenua. Depuis son premier poste en 1988, comme juge d’application des peines et juge forain, il est intervenu dans de nombreux dossiers. On se souvient tous, par exemple, de la polémique qu’il avait suscitée en 2010, dans le cadre des affaires politiques qui concernaient notamment l’ancien président du Pays, Gaston Flosse, lorsqu’il avait déclaré, selon Médiapart, qu’il “était payé pour leur rentrer dans le chou”. Interrogé sur le plateau de Polynésie la 1ère, le magistrat a confié qu’il gardera notamment en mémoire : la résolution inespérée (grâce au code génétique), vingt-trois ans après, de l’affaire Rachel Aberos, une fillette enlevée, violée et tuée ; le crime du touriste allemand aux Marquises ; ainsi que la disparition de Papy Fat, identifié huit ans après. Il a également expliqué qu’il raccrochait la robe, “mais pas de manière définitive”, espérant bien “pouvoir encore s’enquérir ou régler des dossiers en tant que magistrat honoraire”. En outre, on devrait le revoir assez rapidement, puisqu’il “i[laisse en Polynésie [sa] fille aînée qui est institutrice et [ses]]i mo’otua (petits-enfants, ndlr)”.
Ce que l’on connaît moins, c’est le passé de M. Thorel en Corse et surtout dans le Nord de la France, avant qu’il ne débarque dans nos eaux. Dans le livre Bête noire - Condamné à plaider (Éditions J’ai lu, 2012, réédité en 2018), Éric Dupond-Moretti et Stéphane Durand-Souffland révèlent le modus operandi de José Thorel. Avocat depuis plus de trente ans, le premier a plaidé dans les procès d’Outreau et Érignac, avant de défendre Jérôme Kerviel et Nikola Karabatic. Le second est chroniqueur judiciaire pour Le Figaro. Ensemble, ils ont écrit également Directs du droit.
À sa sortie, l’ouvrage Bête noire avait d’ailleurs créé un tollé dans les couloirs du Palais de justice de Papeete...

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Littérature : l’exemple d’Hiroshima à la Maison de la culture

Crédit photo : Ariitaimai Amary
Dans le contexte de la commémoration des 74 ans des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, survenus successivement les 6 et 9 août 1945, la Maison de la culture met à disposition une œuvre sur les conséquences du nucléaire au Japon. Ainsi, quatre exemplaires de La Vieille Dame d’Hiroshima – Éducation à la paix seront disponibles à la consultation et au prêt. Ce livre, dont la teneur scientifique est notoire, a été écrit par Nanao Kamada, docteur en médecine spécialisé en hématologie, qui a accompagné les hibakusha, victimes de ces bombardements, via ses travaux scientifiques et ses engagements sociétaux au sein de l’Hiroshima atomic bomb survivors relief foundation. Mille exemplaires avaient été offerts à la Polynésie française en 2018 à destination des scolaires et, aujourd’hui, la Maison de la culture compte cette œuvre scientifique et humaine dans sa bibliothèque. Accessible malgré son caractère érudit, le livre donne à lire des témoignages réels sur la page de gauche et, sur la page de droite, des réponses scientifiques, étayées par des spécialistes internationaux. Nous vous invitons à découvrir cet ouvrage, dans lequel les activistes locaux du fait nucléaire trouveront des informations croustillantes à se mettre sous la dent. Notons cependant que loin de développer un discours victimisant, ce livre a pour objectif d’éduquer à la paix.
(A.A.)

Les Maoris racontent les aventures de Tupaia en BD

Les Maoris racontent les aventures de Tupaia en BD
Nouvelle-Zélande : 1 / Tahiti : 0. Écrite par Courtney Sina Meredith et illustrée par Mat Tait, une bande dessinée intitulée The Adventures of Tupaia vient de voir le jour à Aotearoa, “le pays du long nuage blanc”. Le 13 avril dernier, la commémoration de l’arrivée à Tahiti du capitaine James Cook, il y a 250 ans (1759), par la baie de Matavai, s’est en effet tenue à la Pointe Vénus. Si l’on est ravi que le héros polynésien inspire nos cousins maoris, on regrette tout de même que ce ne soit pas une initiative locale qui honore ce grand navigateur et ari’oi originaire de Raiatea. Le nom de Tupaia restera gravé dans les mémoires comme l’homme qui a guidé le capitaine James Cook lors de son premier voyage. D’ailleurs, Courrier international consacre, dans sa dernière édition, un article au grand marin du fenua, qui “a permis de lever le voile sur une énigme : l’arrivée des premiers humains sur les îles de Polynésie il y a plus de mille ans”. Il s’agit d’un récit du Wall Street Journal. (D.S.)

Jean Guiart, mémoire vivante de l’Océanie, nous a quittés

Crédit photo : Dominique Schmitt
Ethnologue et anthropologue de formation, Jean Guiart est décédé à son domicile à Punaauia, le 4 août, à l’âge de 94 ans. Dans notre édition du
30 décembre 2015 (lire TPM n° 307), nous avions consacré un long dossier à cet homme érudit, qui a ausculté, sa vie durant, la société traditionnelle océanienne, notamment en Mélanésie pour le compte de l’État français après la guerre. Né en 1925 à Lyon et issu d’une famille de grands médecins et de banquiers, il a été l’un des fondateurs de la Société des Océanistes à Paris, avant d’être directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE), de 1968 à 1973, puis directeur du Laboratoire d’ethnologie du Musée de l’Homme, de 1973 à 1988. Il avait fondé par ailleurs ses propres sociétés d’édition, Le Rocher-à-la-Voile et Te Pito o te henua. Lors de notre entretien, il nous avait confié nombre de ses péripéties. Spécialiste des arts et des religions de l’Océanie, il ne mâchait pas ses mots : “J’ai dû me battre avec une administration qui faisait l’innocente”, nous avait-il, par exemple, expliqué. Il affirmait en outre : “La France gouvernait des îles dont elle ne savait rien. Aujourd’hui, plus ça va, moins Paris est au courant de ce qui se passe dans le Pacifique, parce qu’ils ne savent pas où aller chercher les informations… Persona non grata, je suis aujourd’hui classé pro-Kanak”. Jean Guiart restera une mémoire précieuse pour l’histoire de l’Océanie.
(D.S.)

Le documentaire 700 requins nominé aux Emmy Awards

Crédit photo : Laurent Ballesta
Le film tourné à Fakarava et réalisé par Luc Marescot, avec l’appui d’une équipe locale, est en lice pour les prochains Emmy Awards, qui se tiendront les 14 et 15 septembre, à Los Angeles. Le Festival international du film scientifique Pariscience avait déjà remis le Prix étudiant et le Prix du public à 700 requins dans la nuit, un documentaire exceptionnel dans lequel on découvre Laurent Ballesta mener une expédition scientifique inédite au cœur d’une horde de requins, rassemblés pour une grande chasse annuelle sur l’atoll des Tuamotu. “Jusqu’à preuve du contraire, une telle concentration de requins est unique au monde”, affirme le biologiste marin. Ils affluent en même temps que 18 000 mérous, poissons solitaires d’ordinaire et qui se regroupent pour la ponte annuelle à la pleine lune de juin.
Diffusé en juin dernier sur Arte, ce film avait suscité par ailleurs une vive polémique sur les réseaux sociaux, Mathias Michel reprochant notamment aux équipes d’avoir creusé une tranchée dans le corail pour les besoins du tournage et bouleversé un cadre préservé, classé réserve de biosphère par l’Unesco. “Cette installation rentre dans le cadre d’un suivi à long terme des requins et de l’ensemble de la biodiversité de la passe”, s’était alors défendu l’une des maisons de production. À l’origine notamment des documentaires Le 7e ciel des requins gris (Prix du public au Fifo 2006) et Le mystère mérou de Fakarava (film hors compétition au Fifo 2016), Laurent Ballesta avait été également l’invité de marque du Festival Hoho’a Nui 2017.
(D.S.)

Classement des compagnies aériennes "Skytrax" : ATN se maintient

Crédit photo : DR
Dans le classement Skytrax 2019 des meilleures compagnies aériennes, Air Tahiti Nui est toujours 7e sur le plan régional et French Bee arrive 10e compagnie mondiale chez les low-cost long-courriers. Comme chaque année, l’organisme Skytrax évalue plus de 200 compagnies aériennes et les classent par zone géographique et par service fourni (repas, équipage, divertissement…). Un classement mondial 2019 des 100 meilleures compagnies, dominé cette année par Qatar Airways, qui succède à Singapore Airlines et dans lequel ne figure pas Air Tahiti Nui. Sont cependant présentes, bien placées et en légère progression, les compagnies qui desservent l’aéroport de Tahiti Faa’a. Air New Zealand est ainsi classée 16e (+1 place par rapport à 2018), Air France 23e (+2), LATAM 49e (+14) et United 68e (+20). Seule Hawaiian Airlines est en repli, passant de la 77e à la 83e place.
Si Air Tahiti Nui n’apparaît toujours pas dans le top 100, l’une des plus fortes progressions est à mettre à l’actif de Fiji Airways, qui passe de la 65e place en 2018 à la 45e en 2019 (+20 places), notamment grâce à l’amélioration de la qualité de l’équipage. En effet, la compagnie fidjienne prend la première place dans ce domaine dans la région Australie/Pacifique, devant Qantas et Air New Zealand, alors qu’Air Tahiti Nui occupe la 6e place (-1 place par rapport à 2018). L’ex-Air Pacific, qui vient d’intégrer OneWorld, obtient par la même occasion le titre de compagnie ayant le plus progressé dans la zone Australie/Pacifique
Au classement régional, Qantas et Air New Zealand dominent encore les petites compagnies du Pacifique Sud. Si Air Tahiti Nui (7e) ne parvient pas faire jeu égal avec Fiji Airways (4e), la Compagnie au tiare devance cependant, comme en 2018, Air Calin (8e), Air Vanuatu (9e) et Air Niugini (10e).
French Bee, qui dessert trois zones géographiques distinctes et la Polynésie française depuis mai 2018, n’apparaît pas dans les classements régionaux et mondiaux, mais obtient la 10e place dans la catégorie low-cost long-courriers. En 2018, Skytrax ne classait que cinq compagnies dans cette catégorie et cette extension témoigne ainsi de l’essor au niveau mondial de ce marché de transport aérien à bas coût.
(S.P.)

Exposition "Rama Rama" : les stages mis à l’honneur à l’Université

Exposition "Rama Rama" : les stages mis à l’honneur à l’Université
Les stages professionnels constituent un réel tremplin vers l’emploi. En effet, ils permettent une immersion totale dans le monde du travail, suivant les projets professionnels des uns et des autres. Qu’ils soient obligatoires ou facultatifs, les stages ont donné aux étudiants l’opportunité d’utiliser les notions théoriques accumulées en cours et de les remobiliser de manière plus concrète.
L’importance de ces stages est souvent minimisée, et pour y remédier, l’Université de la Polynésie française (UPF) relance l’exposition "Rama Rama" dès le mois d’août prochain au Centre d’orientation des stages et de l’insertion professionnelle et à la Bibliothèque universitaire. Cet événement permet de mettre en avant le lien entre la diversité des expériences et l’évolution des projets professionnels, de rendre compte de l’expérience d’un stagiaire au sein d’une entreprise de manière plus explicite, et de créer un dialogue entre les différentes figures qui rentrent en ligne de compte lors de l’élaboration d’un projet de stage.
Pour cela, l’UPF a réalisé des portraits de six étudiants volontaires pour aborder les démarches effectuées pour trouver le stage, les missions qui leur ont été assignées et leurs performances. Les supports sont variés, puisque les interviews sont non seulement écrites, mais aussi accessibles en ligne via des vidéos personnalisées, que vous pouvez retrouver sur le site de l’université. C’est aussi l’occasion pour l’UPF de valoriser les formations qu’elle propose ou de faire découvrir aux étudiants de potentiels débouchés professionnels qu’ils n’avaient peut-être pas envisagés, ce qui leur permettrait, le cas échéant, d’entamer une démarche de réorientation.
(A.A.)

Sacem Polynésie : déclarez vos œuvres en ligne

Sacem Polynésie : déclarez vos œuvres en ligne
Bonne nouvelle pour les sociétaires de la Sacem Polynésie, le paramétrage de “Polynésie française” est enfin opérationnel. Vous pouvez donc déclarer vos œuvres en ligne et sélectionner cette origine. Les titres seront ensuite extraits pour un passage à la commission d’écoute à Tahiti.


(D.S.)

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Déforestation mondiale : tous responsables !

Déforestation mondiale : tous responsables !
Dans notre éditorial du 3 mai 2019 (voir TPM n° 406), nous écrivions "Faut-il que la planète s’enflamme (pour que nous lui venions en aide) ?" en réaction au violent incendie qui a ravagé Notre-Dame, le 15 avril dernier. Nous nous interrogions sur les priorités de notre société de plus en plus individualiste capable, d’un côté, de promettre une centaine de milliards de Fcfp de dons pour reconstruire la cathédrale de l’archidiocèse de Paris, tout en ignorant, de l’autre, la misère des personnes en grande précarité et à la rue. Plutôt que de s’attrister de la dévastation de biens matériels, il semble en effet bien plus urgent de remettre l’humain au centre de nos inquiétudes, avant que les préoccupations collectives ne revêtent des airs de cours des Miracles… Eh bien, aussi malheureux que cela puisse être, ce jour est arrivé, et il sera intéressant d’observer comment les nations réagissent, une fois la médiatisation passée. Depuis le 22 août, de gigantesques feux de forêt embrasent l’Amazonie, le "premier poumon vert" de la planète, qui absorbe pas moins de 14 % du CO2 mondial. L’état d’urgence a été décrété sur le plan international et le G7 s’est même mobilisé. Précisons cependant d’emblée que, s’il y a eu davantage d’incendies en 2019 qu’en 2017 et 2018, c’est légèrement moins que les huit premiers mois de 2016, par exemple. Cette tendance, bien qu’à la hausse, ne semble donc pas exceptionnelle.

Cette catastrophe environnementale a le mérite de susciter une prise de conscience générale. Après les massacres des animaux liés à l’exploitation de l’huile de palme, on prend enfin toute la mesure des conséquences de la déforestation qui s’est accélérée ces dernières années, les terres déboisées servant à augmenter les surfaces agricoles (le bétail en occupe la plus grosse partie, à hauteur de 65 % environ). Ces incendies ont rapidement déclenché une tempête anti-Bolsonaro, le président brésilien étant considéré comme le principal coupable de la situation, mais nous sommes TOUS responsables ! La France a également sa part de complicité, puisqu’elle importe de nombreux produits brésiliens, notamment du tourteau de soja – qui sert à nourrir le bétail –, mais aussi du bœuf et de la pâte à papier, dans des proportions moins importantes. En outre, l’Hexagone vient d’être épinglé pour l’importation massive de bois illégal en provenance d’Amazonie. Donc arrêtons d’accuser les autres, les lobbies, le commerce international, etc. Emmanuel Macron a annoncé vouloir "recréer la souveraineté protéinique de l’Europe", sauf que nous avons besoin de soja et nous n’en avons pas beaucoup (140 000 tonnes de graines sont récoltées chaque année). En novembre dernier, le gouvernement français a d’ailleurs lancé sa Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI). Le but est notamment de trouver "un compromis équilibré entre impératifs environnementaux, capacités des États et des acteurs privés et situation des populations locales". Très belle initiative, mais désormais ces bonnes intentions doivent se transformer en véritables mesures réglementaires.

Parallèlement, une thèse a embrasé les réseaux sociaux : les forêts d’Afrique centrale brûleraient encore plus vite que l’Amazonie dans l’indifférence générale. Le bassin du Congo, souvent comparé au "deuxième poumon vert de la planète", est un sanctuaire d’espèces en voie de disparition. Mais attention, ces feux sont observés plutôt en Angola, en Zambie, etc. Ce qu’il faut retenir, surtout, c’est que ces incendies sont les conséquences de l’agriculture itinérante sur brûlis, une pratique millénaire et artisanale qui est la première cause de la déforestation. "Au rythme actuel d’accroissement de la population et de nos besoins en énergie, nos forêts sont menacées de disparition à l’horizon 2100", s’est ainsi inquiété le président congolais Félix Tshisekedi. Aussi, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 850 millions d’euros de promesses de dons pour Notre-Dame (82 millions d’euros seulement ont déjà été versés, soit moins de 10 % honorés), 18 millions pour l’Amazonie et… rien pour l’Afrique subsaharienne. L’espèce humaine a décidément des comportements surprenants ! En proie à une déforestation effrénée (-17 % en cinquante ans pour l’Amazonie), les forêts dans le monde se réduisent et perdent peu à peu leur rôle de "puits de carbone".
Nos prières n’éteindront pas les incendies. Nos actions, oui. C’est à nous de changer de mode d’alimentation et de voter avec nos chariots de supermarché.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt