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Makatea : le feo transformé en gravats ?

Si l’exploitation des phosphates de Makatea fait désormais peu de doutes quand on voit l’implication du gouvernement dans le dossier, il est un autre matériau de l’île qui pourrait connaître un nouveau débouché : le feo. Cette roche pourrait être ramenée sur Tahiti afin d’être concassée pour produire des gravats. Ce sera toujours ça de moins de pris dans les rivières. Une société de la place a déjà contacté la société Avenir Makatea pour trouver un arrangement.
LO

Du kava à New York !

Pour les inconditionnels des boissons traditionnelles, sachez que la dernière mode des bars new-yorkais, comme à Brooklyn, est de commercialiser du kava. Après le dessin animé Vaiana, le Pacifique Sud est décidément tendance.
LO

L’alcool moins cher

L’annonce a de quoi surprendre, mais, au sein du gouvernement, on travaille à une loi du Pays afin de revoir la politique en matière de taxes sur certains alcools. Le tout répressif a montré ses limites, avec deux conséquences opposées aux résultats attendus. D’une part, seule la consommation "légale" a baissé, au profit de boissons comme le komo, bien plus dangereuses pour la santé que n’importe quelle autre. D’autre part, les rentrées fiscales sur les alcools sont en chute libre. Deux raisons qui devraient mener à une baisse des taxes sur les boissons alcoolisées comme le vin et le champagne. Pour la bière, pour le moment, on ne toucherait à rien.
LO

Culture : Miriama Bono à la tête du Musée de Tahiti et des îles

crédit photo : Keana Photography
Conseillère technique au ministère de la Culture depuis septembre 2014, Miriama Bono devrait prendre prochainement la direction du Musée de Tahiti et des îles-Te Fare Manaha, une information annoncée par Radio 1. La jeune femme a en effet répondu favorablement à la proposition de son ministre Heremoana Maamaatuaiahutapu. Mardi dernier, la Commission de contrôle budgétaire et financier (CCBF) a rendu un avis unanime en faveur de cette nomination. Reste maintenant au conseil des ministres d'entériner cette décision, ce qui devrait se faire dans les jours à venir.
La Polynésienne, qui aura 40 ans en juillet prochain, a suivi une formation à l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette. Artiste-peintre, elle a été par ailleurs la déléguée générale de l'Association du Festival international du film documentaire océanien (Afifo) pendant quatre ans, avant d'en prendre la présidence l'année dernière, après Walles Kotra. Cette nomination est pour elle "un honneur et un gros défi". Très impliquée pour le fenua, elle confie en outre "aimer mettre en valeur notre patrimoine à tous" et avoir "un grand respect pour notre culture".
Elle succédera à Manouche Lehartel, qui avait été la première à occuper ces fonctions et qui avait accepté d'en assurer l'intérim en début d'année, après le départ de Théano Jaillet, qui a intégré pour sa part une formation à l’Institut national du patrimoine à Paris. Parmi ses principales missions, elle mènera les travaux de rénovation du Musée de Tahiti et des îles, assurera la communication des événements importants et sera également en charge du projet prometteur de Centre culturel en Polynésie, dont le chantier doit débuter en 2018.
DS

Coup de gueule en pré-conseil des ministres

L’information d’un accrochage entre Nuihau Laurey et Tearii Alpha avait été relayée en milieu de semaine dernière sur le site de Tahiti Today, en version "bagarre dans la cour de récréation" faisant courir le bruit d’un "pugilat" au conseil des ministres. Cette exagération a depuis été supprimé du site. Mais il n’en reste pas moins qu’un sévère accrochage verbal s’est produit entre les deux ministres du gouvernement Fritch, ce jour-là.
Cette prise de bec et l’apparente mésentente qu’elle montre au sein du gouvernement, pourrait d’ailleurs être à l’origine de la démission prématurée de l’ancien vice-président d’Édouard Fritch. Nuihau Laurey, également ministre de l'Énergie, et Tearii Alpha s'étaient accrochés verbalement lors du pré-conseil des ministres de lundi 13 février, sur la question de l'avenir de la centrale électrique de Hao. Celle-ci tarde à être déménagée pour permettre l'installation de la ferme aquacole. Tearii Alpha en avait fait le reproche à Nuihau Laurey, alors que ce dossier est transversal et implique plusieurs ministères "Il serait temps qu’au ministère de l’Énergie on finisse par assumer ses responsabilités", aurait dit Tearii Alpha en interpellant son homologue. Le ton était vite monté. Cet accrochage avait conduit Nuihau Laurey à quitter précipitamment la séance.
JPV

Le rāhui au JOPF ?

Tahiti Pacifique n°348
Il semble que le dossier que nous avons consacré au rāhui dans notre dernier numéro (Tahiti Pacifique n°348) ait eu quelque résonance, puisque le président Édouard Fritch a annoncé, peu après, lors d’une réunion publique sur Afareaitu, que le rāhui avait toute sa place à Moorea. Il a même été évoqué une légalisation juridique de l’appellation rāhui au Journal officiel.
LO

Une étude à 678 000 Fcfp pour Ia Hau Noa

Ia Hau Noa, vous vous rappelez ? Mais si, ce parti politique créé en 2009 par Bruno Sandras et qui défraye la chronique par… son silence. Il est vrai que Bruno Sandras, inéligible jusqu’en juillet 2017 suite à sa condamnation définitive dans l’affaire des emplois fictifs, s’est plutôt fait discret. Cela n’empêche pas son parti de continuer à percevoir en toute légalité les subventions de l’État auxquelles il peut prétendre. C’est ainsi que dans l’édition des documents administratifs du JO de la République française du 7 février dernier, on peut lire que le parti avait perçu 412 000 Fcfp, comme depuis plusieurs années, au titre de l’exercice 2015. Le plus surprenant porte sur les dépenses de cet exercice que nous vous livrons telles qu’écrites dans le document administratif :

"IV. 1 Faits caractéristiques de l’exercice
[…]
Le parti a fait réaliser, pour un montant de 5 682€ (ce qui constitue 67% des dépenses de l’exercice) une étude bilan/perspectives sur l’organisation du parti, son statut et son programme politique.
Cette étude, autorisée par le bureau exécutif le 6 mars 2015 et réalisée par le cabinet BS consultant, représenté par son exploitant Bruno SANDRAS, a pour objet :
- de dresser un bilan du fonctionnement des structures actuelles du parti depuis sa création (état des lieux - diagnostic), ainsi que de proposer les modifications à apporter en vue d’une organisation plus performante ;
- de procéder à une analyse des statuts actuels du parti (difficultés ou absence de mise en œuvre, dispositions obsolètes ou inadaptées…) et d’en proposer une nouvelle mouture ;
- d’analyser les divers documents ayant été produits par IA HAU NOA (campagnes électorales bulletins d’information, lettres de IA HAU NOA, documents issus d’ateliers de réflexions, voire de commissions spécifiques internes)
La convention de prestation de service, ainsi que le rapport d’études réceptionné et validé par le bureau exécutif.[…]"

Observations des commissaires aux comptes :
"Nous attirons votre attention sur le point suivant exposé dans la note IV.1 de l’annexe concernant les frais d’études réalisés par le cabinet BS Consultant, représenté par son exploitant, M. Bruno SANDRAS."

Le président-fondateur du parti s’est donc facturé une étude sur son parti ! Que ses partisans se rassurent : "(…) ces moyens financiers seront disponibles lorsque l’on reviendra sur le devant de la scène politique", avait déclaré Bruno Sandras l’année dernière à nos confrères de Tahiti Infos.
LO

Plus d’outrage permis

Dans le JO de la République en date du 27 janvier dernier, François Hollande promulgue une loi homologuant des peines d’emprisonnement (déjà prévues par la Polynésie française depuis mai 2016) relative à l’outrage public au drapeau, aux armes et à l’hymne du fenua.
LO

Les douaniers indemnisés

Le tribunal administratif a condamné l’État à dédommager deux des huit douaniers de l’Arafenua qui avaient été accusés à tort de viol par une collègue. Les deux plaignants se verront verser des indemnités correspondant aux années durant lesquelles ils ont été suspendus de leurs fonctions entre 2012 et 2015.
LO

Éclairage : le Pays condamné

Ce sont près de 3,8 millions de Fcfp que le Pays a été condamné à verser, par le tribunal administratif, à la société Enrobage Concassage et Infrastructure (ECI) suite à une invalidation des conditions d’attribution du marché pour la mise aux normes et la modernisation de l’éclairage public du boulevard Pomare et de l’avenue Pouvanaa a Oopa. La société ECI avait perdu le marché en 2014 au bénéfice de la Société polynésienne de réseaux d’études et de services (Spres) alors en redressement judiciaire et de ce fait en dehors des stipulations du code des marchés publics. La Spres avait déjà défrayé la chronique l’année dernière quand Bruno Marty avait été soupçonné de conflit d’intérêt pour une éventuelle double facturation entre la Spres et la TEP dont il avait été à la tête successivement.
LO

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2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier