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Retraites : pas foule aux guichets

Retraites : pas foule aux guichets
L’entrée en vigueur des premières mesures sur la réforme des retraites n’a pas franchement incité les cotisants en capacité de partir à franchir le pas. En effet, sur les 7 000 (chiffres CPS) personnes qui peuvent postuler à un départ, seules 445 avaient déposé leur demande de retraite à la fin février. Le vœu du Medef de libérer de la place pour les nouveaux arrivants va tarder à se réaliser.
(LO)

Retraites : le compte n’est pas bon

Retraites : le compte n’est pas bon
Si les retraités concernés par la réforme prennent les devants en déposant leur dossier au plus tard au 31 mai, date butoir avant les premiers effets le 1er juillet 2019, pour un calcul de leur pension sous l’ancien régime, il apparaît que cela est plus compliqué pour ceux qui le font après cette date. Un dossier déposé récemment laisse apparaître des failles dans le mode de calcul de la pension. En effet, le service retraite ne peut préjuger de ce que décidera le Comité d’orientation et de suivi des retraites (COSR) en matière de majoration pour départ tardif, ni même de pénalités sur la tranche B. Le Conseil d’État s’étant prononcé il y a bientôt deux mois en faveur de cette réforme, il serait temps que le COSR se mette en œuvre, il est difficilement acceptable de laisser les cotisants dans le flou.
(LO)

Pharmacies : CESC oublié, loi du Pays retoquée

Crédit photo : Tahiti Infos
La semaine dernière, le Conseil d’État a retoqué le texte voté en novembre 2018 qui assouplissait les conditions d’installation de nouvelles pharmacies. Ce texte prévoyait d’abaisser les quotas de population, vieux de trente ans, de 7 000 à 5 000 pour l’ouverture des deux premières pharmacies. Les recours du Conseil de l’ordre des pharmaciens, de deux syndicats professionnels de pharmaciens et du Syndicat de la fonction publique ont donc abouti au prétexte d’une procédure jugée irrégulière. Le texte, avant son adoption, aurait dû être présenté à l’avis du CESC, qui était pourtant en ordre de marche dès septembre. Un oubli gênant, difficile à justifier. La Présidence manque-t-elle de conseillers ? Le gouvernement va donc reprendre la procédure en respectant les étapes et les institutions.
(LO)

Transports : enfin de nouveaux bus pour les PMR en juillet prochain…

Crédit photo : DR
Le directeur de la société Réseau de transport en commun de Tahiti (RTCT) de Willy Chung Sao a tenu à nous féliciter suite à notre édito intitulé “Transports en commun : on roule sur la tête !”, dans lequel nous pointions du doigt l’incohérence de la politique des transports en Polynésie, en raison notamment de l’absence de couloirs réservés aux bus et de l’inadaptation des trottoirs au fenua pour les rampes d’accès à destination des personnes à mobilité réduite (PMR), à l’heure où 240 autocars flambant neufs seront acquis d’ici 2020. Willy Chung Sao profite par ailleurs pour répondre à une de nos questions restée en suspens, celle de la date de livraison des bus pour les PMR. Alors que le Pays en avait promis une vingtaine dès le 1er janvier 2019, RCT affirme que “huit bus équipés de plateaux rétractables pour accueillir les PMR en fauteuils roulants” seront enfin livrés en juillet prochain. Les autres arriveront dans un second temps, d’ici la fin de l’année. Willy Chung Sao précise en outre que “ces véhicules nécessitent un surcoût et occupent l’espace de quatre sièges classiques (pour deux fauteuils roulants)”, donc il espère la mise en place d’infrastructures adaptées par le gouvernement. En effet, même avec des bus possédant un plancher bas, RTCT nous explique que si les PMR sont déposés sur la route, il y aura alors un vide de 28 centimètres sous les roues de leur fauteuil…

DS

Communication : remue-ménage dans la presse

Communication : remue-ménage dans la presse
Jamais un début d’année n’aura été aussi mouvementé à la tête des rédactions des principaux organes de presse de ce Territoire. Télévision, radio, presse écrite, c’est le grand remue-ménage, alors que d’autres changements pourraient voir le jour.
Le premier changement s’est effectué chez Polynésie la 1ere après le départ de sa rédactrice en chef, Nadine Félix, en fin d’année dernière, remplacée par Fabrice Juste en début d’année. L’autre télévision, TNTV, connaît le même changement pour le mois d’avril puisque son rédacteur en chef, Bertrand Parent, rentre en métropole à la mi-avril. La rédactrice en chef de Tahiti Infos, Nathalie Montelle, ainsi qu’Alain Barbaroux, directeur de publication des titres de la société Fenua Communication (Tahiti Infos, Tahiti Pacifique, Hine Magazine et Fenua TV) quitteront leurs fonctions au 30 avril pour un retour en métropole. Le remplacement de Nathalie Montelle est déjà acté en la personne d’Antoine Samoyau de Radio1, lui-même remplacé par l’ancienne journaliste de La Dépêche Caroline Perdrix.
Enfin, je quitterai mes fonctions de rédacteur en chef de Tahiti Pacifique au 31 mai, pour un départ à la retraite.
(LO)

Édition : Tāparau, une nouvelle association de créateurs locaux

Crédit photo : DR
Promouvoir la production d’écrits sous toutes ses formes (livres imprimés, numériques, etc.) en fédérant auteurs, illustrateurs, compositeurs, lecteurs, organisateurs de manifestations, professionnels des métiers du livre, associations et collectivités territoriales, tel est l’objectif de Tāparau (“écrivain” en reo tahiti). Une initiative “née d’un besoin exprimé par de nombreux acteurs et créateurs de supports écrits ou illustrés pour une structure leur permettant de mettre en commun leurs bonnes volontés, mais aussi de transmettre la passion de l’écriture ou de l’édition aux nouvelles générations”, selon ses membres fondateurs. Ouverte à tous, l’association a vu le jour grâce à Patrick Chastel (le président), Pascale Cruchet, Christine Fabre, Teiki Huukena, Daniel Margueron, Riccardo Pineri, Jean-Luc Bodinier, Jean-Marc Regnault, Tumata Robinson, Jean-Christophe Shigetomi. Depuis, ils ont été rejoints par plus d’une vingtaine de jeunes plumes et illustrateurs, qui proposeront dans les semaines à venir leurs premiers ouvrages.
(DS)

Politique : J.-C. Bouissou, un ministre bien encombrant !

Crédit photo : Tahiti Infos
Édouard Fritch a de la patience, une vertu que tout le monde lui reconnaît. Mais il semble que celle-ci ait tout de même des limites. Un de ses ministres lui porte paraît-il sur les nerfs depuis pas mal de temps et de plus en plus intensément, ministre qui mène de front deux activités : son ministère et la promotion intensive… des affaires de Dominique Auroy ! 
Dès que ce dernier eut repris le groupe La Dépêche de Tahiti, un long séminaire était organisé au Royal Tahitien, à Pirae, séminaire auquel Jean-Christophe Bouissou (JCB) avait assisté, on ne sait à quel titre. Mais c’était une façon pour Auroy de montrer à ses cadres que le gouvernement était derrière lui et qu’il avait donc les coudées franches.
Bien sûr, l’intérêt d’un homme d’affaires (ou d’un affairiste, c’est comme on voudra) pour un ministre n’est jamais désintéressé. Et vice versa. Pour cela, des "services" sont demandés, moyennant, on s’en doute des compensations "affectives".

Le plus incongru de ces services avait consisté à demander à JCB il y a deux ou trois ans de soutenir la proposition faite à TNTV par Dominique Auroy de racheter La Dépêche qu’il avait mise en perdition, incapable de la gérer professionnellement. Le ministre avait appuyé cette proposition qui avait été refusée bien évidemment, Édouard Fritch n’étant pas tombé de la dernière pluie.
Qu’importe, Auroy est un têtu et cent fois sur le métier, il remet son ouvrage. Plus récemment, JCB, qui voulait se débarrasser de sa radio associative lui coûtant de l’argent, avait tenté de la "fourguer" à TNTV, par le biais de personnes physiques déclarera-t-il un peu plus tard. Le conflit d’intérêts avec le ministre était tel qu’avec sagesse, TNTV avait refusé. Qu’à cela ne tienne, le ministre pouvait compter sur la fidèle amitié désintéressée d’Auroy. Celui-ci a repris sa radio, qui ne vaut que par ses fréquences dans les îles.
JCB, dans l’euphorie de la transaction, avait plus qu’agacé le président Fritch en annonçant un peu vite aux médias qu’un budget de 70 millions (d’argent public) serait à débloquer pour aider à l’émergence d’une Web TV. Une dépense sur le devenir de laquelle Fritch a été clair : pas question de débourser un franc et de donner une suite favorable à une telle proposition.

De son côté, avec dans son giron NRJ, Rire & Chansons et Taui FM, Auroy s’est dépêché d’annoncer aux quatre vents qu’il entendait profiter de cette synergie pour développer le pôle audiovisuel de son groupe de médias. En réalité, TNTV ne pouvant reprendre une radio dirigée par un ministre, elle peut – aux yeux d’Auroy et de Bouissou – parfaitement reprendre le pôle radios que lui proposerait aujourd’hui Auroy pour la modique, mais alors vraiment modique somme de 200 millions de Fcfp… Deux cents millions qui n’iraient pas aux budgets sociaux, mais dans les poches d’un entrepreneur plus que sulfureux… Elle est pas belle la vie, quand on a construit toute sa carrière sur l’utilisation des fonds publics ?

La directrice de TNTV goûterait assez peu qu’on lui force à nouveau la main avec ce dossier Taui FM, en la contraignant à accepter ce marché que le contribuable polynésien aurait à payer de sa poche ; mais celui qui est le plus mal à l’aise est incontestablement le président Fritch, qui en a plus que ras-la-casquette de cette association "borderline" Auroy-Bouissou, qui lui amène régulièrement une affaire douteuse dans les pattes.
D’ailleurs, samedi 23 février, une grande soirée était organisée à la Présidence pour les Chevaliers du Tastevin, au cours de laquelle JCB s’est fendu d’un discours à la limite du larmoyant pour vanter les mérites de son grand ami. Édouard Fritch avait jugé bon de ne pas être présent à la mascarade de son ministre, accompagné de Tearii Alpha et du nouvel intronisé, René Temeharo. La patience, nous l’avons écrit plus haut, a ses limites.

PRÉCISION : tuberculose : “Parmi les premiers résultats, 7 sur 10 sont négatifs”

Crédit photo : DR
Suite à notre article intitulé "Tuberculose : 25 porteurs de la maladie déclarés au lycée Paul Gauguin !", paru dans notre précédente édition, Marine Giard, médecin responsable du Bureau de veille sanitaire, souhaite apporter des précisions et donner de nouveaux chiffres. Elle explique : "Il s’agit de potentielles infections tuberculeuses latentes (ITL). Les 25 tests de contrôle ont été prescrits au-delà des recommandations habituelles, devant les inquiétudes des personnes. Parmi les premiers résultats, 7 sur 10 sont négatifs. C’est pourquoi nous n’avons pas confirmé, au cours de la réunion, que « plusieurs d’entre eux sont porteurs de la maladie ». Même si certains tests reviennent positifs, il ne s’agit pas de maladie mais d’infection tuberculeuse latente, qui est non contagieuse : cela ne « multiplie » pas « le risque de nouveaux cas potentiels ». La réunion, faite au LPG en présence de la directrice de la Santé, a été organisée à la demande de la DGEE pour rassurer les professeurs inquiets des résultats. Les résultats sont semblables à ceux des autres enquêtes menées en Polynésie française, c’est-à-dire que la proportion d’ITL était attendue. Les étapes de l’enquête de dépistage autour du cas index sont les mêmes que pour toutes les autres enquêtes. La particularité de celle-ci, du fait de la proximité des personnes dans cette collectivité, est le nombre élevé de personnes dépistées."

Chantal T. Spitz et Titaua Peu s’insurgent contre le colonialisme !

Portraits de Chantal T. Spitz et Titaua Peu par Titouan Lamazou
Dans le cadre de l’exposition “Le Bateau-atelier de Titouan Lamazou”, qui s’est tenue jusqu’au 10 février dernier au musée du quai Branly - Jacques Chirac, Zoé Lamazou, l’aînée des trois enfants de l’artiste, navigateur et écrivain, donne la parole à Chantal T. Spitz et Titaua Peu. Les portraits incandescents de la fille complètent ceux du père, réalisés en peinture. Face à la caméra de Zoé, journaliste indépendante, auteur et réalisatrice, ces deux écrivains incontournables au fenua témoignent de leur vécu du fait colonialiste en tant que femmes, mais aussi tahitiennes. “Je suis née en colère”, explique tout d’abord Chantal T. Spitz, qui confie avoir eu un déclic en découvrant dans “la bibliothèque extraordinaire” de son père, à l’âge de 14 ans, le livre Discours sur le colonialisme. Elle rapporte être issue d’une “famille où il faut absolument s’occidentaliser” et que sa “grand-mère maternelle avait décidé de blanchir sa descendance”.
Ainsi, elle n’avait “pas le droit d’aller remuer ses fesses quand elle entendait le tō’ere”. Elle dit également avoir “détesté” ses “parents” qui l’ont obligée à “faire du piano et de la danse classique”, des activités qui la rendaient “ridicule”. Quant à Titaua Peu, elle rapporte “avoir eu l’impression de grandir dans un monde qui n’était pas le sien”. Elle était “tahitienne, mais avec des apports” qu’elle “n’acceptait pas forcément, et sans savoir pourquoi”. Elle explique : “J’ai vécu dans une famille où l’on était fier d’avoir du sang blanc.” Et de poursuivre : “Très tôt, j’ai intégré le sentiment du colonialisme à grande échelle et cette espèce d’injustice. Dès le départ, il y a eu un malaise dans le passé ; le passé comme on te le racontait…

Pour Chantal T. Spitz, “le plus important, c’est de dire ce qui nous est arrivé. (…) On a eu l’alcool, on a eu les maladies, etc. il y eu aussi des histoires d’amour, bien sûr. Mais que l’on ne vienne pas me dire que quand ces marins arrivent (d’ailleurs lors des premiers contacts, violents, on se fait tirer dessus !), on se précipite vers eux et que les femmes se sont jetées dans les couches des marins, etc. Attends, les marins à l’époque, après six mois de navigation, ils ont le scorbut, cela veut dire qu’ils ont les gencives qui saignent, les dents qui se déchaussent, la peau brûlée qui pèle, des barbes jusque-là et ils sentent mauvais, c’est ça la réalité ! Ils voudraient nous faire croire que nos grands-mères se sont précipitées dans leurs couches alors qu’elles avaient des mecs là, bien beaux, qui sentaient bon, se baignaient quinze fois par jour, qui n’avaient pas de poils, pas de caries, faut arrêter…
Des propos qui renvoient à l’ouvrage Tahiti - 1768. Jeunes filles en pleurs. La face cachée des premiers contacts et la naissance du mythe occidental, paru Au vent des îles en 2004, et dans lequel l’auteur Serge Tcherkézoff explique comment les récits des voyageurs à Tahiti inventèrent une société où les jeunes femmes auraient eu pour règle de pratiquer “l’amour libre” et même de le faire “en public”. Mme Spitz précise : “Après, que l’on ait donné des femmes parce que de tous temps c’est la meilleure monnaie d’échange et qu’il il y ait eu des histoires d’amour, évidemment ! Mais déjà là, tu te dis mais on nous a raconté des conneries, et nous, on a cru. Ensuite pour l’évangélisation, ils ont tout rasé, cela a été d’une violence !” Et de conclure : “On a besoin de mémoire, mais nous n’avons pas de mémoire. On n’a même pas la mémoire d’il y a vingt ans. Je suis intimement persuadée que tant que nous n’aurons pas la mémoire et traversé l’Histoire, on ne va pas s’en sortir…” Ces entretiens détonants, capturés par la caméra de Zoé Lamazou, sont à retrouver sur YouTube. (DS)

Tuberculose : 25 porteurs potentiels de la maladie déclarés au lycée Paul Gauguin !

Tuberculose : 25 porteurs potentiels de la maladie déclarés au lycée Paul Gauguin !
Après la contraction de la tuberculose par une enseignante du lycée Paul Gauguin (LPG), les professeurs et les élèves ayant été en contact avec la malade avaient dû se soumettre à des tests de dépistage en septembre 2018. Ce sont ainsi une centaine de profs et 177 lycéens qui avaient passé une série d’examens. Mais "en raison de la longue période d’incubation de la maladie", le personnel de l’établissement et les élèves ont eu la mauvaise surprise d’être de nouveau dépistés la semaine dernière. Résultat : plusieurs d’entre eux sont porteurs de la maladie, ce qui multiplie le risque de nouveaux cas potentiels ! D'après nos informations, 24 professeurs ont été diagnostiqués positifs au test. Parmi les élèves, un seul n'aurait pas encore réalisé le test. Ils devront tous effectuer une prise de sang pour confirmer le résultat et s'assurer de ne pas avoir d'Infection tuberculeuse latente (ITL). Cependant, le traitement préventif est fortement déconseillé aux personnes de plus de 45 ans, notamment en raison de risques hépatiques et autres complications. Une réunion obligatoire d'information a été déclenchée en urgence le 6 février, en présence du ministre de la Santé et du Directeur général de l'Éducation et des Enseignements.
Pour rappel, la tuberculose est une maladie sévère, qui peut conduire au décès si elle n’est pas traitée. En Polynésie, 50 à 60 nouveaux cas sont décelés chaque année. Les signes les plus fréquents sont la fièvre, une transpiration abondante pendant la nuit, un amaigrissement et une toux traînante. C’est une maladie contagieuse qui se transmet de personne à personne par la toux. La contagion est favorisée par la promiscuité et les habitats mal aérés. Pour stopper la propagation de la maladie, la seule solution est de faire un dépistage dans l’entourage des malades et de traiter les personnes contaminées.
Le LPG est donc de nouveau sous haute surveillance, bien que les porteurs ne soient pas contagieux tant qu’ils ne déclarent pas la maladie, ce qui est le cas d’une personne sur dix en moyenne. Reste donc maintenant à espérer qu’aucun de ces porteurs avérés, professeurs et élèves confondus, ne déclare la tuberculose pendant les deux années à venir…
(TF)

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De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier