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Festival des Marquises : évincé, Kakaia se produira tout de même en marge du Matavaa

Crédits photos : Kakaia / Matavaa o te henua enana
L’ambiance promet d’être tout à fait particulière à Ua Pou à l’occasion des festivités du Matavaa 2019. Partie intégrante du programme initial, le groupe Kakaia a finalement été déprogrammé à quelques semaines de la cérémonie d’ouverture. C’est donc l’incompréhension pour ces jeunes Marquisiens installés à Tahiti, qui se préparaient depuis un an déjà. Car "Kakaia, ce n’est pas qu’un groupe, c’est une philosophie de vie". Raison probable de cette éviction ? Sans doute la faible mobilisation de la jeunesse auprès de la délégation officielle de Ua Pou au bénéfice de Kakaia. Quoi qu’il en soit, le comité organisateur du Matavaa affirme que depuis ses origines, le festival n’accepte qu’une seule délégation par île, et que la proposition a été faite à Kakaia d’intégrer celle de Ua Pou.
Déterminés, les membres de Kakaia ont décidé de maintenir leur prestation, mais en marge du festival, selon leur adage, "un Kakaia finit toujours ce qu’il a commencé et le fait dans un esprit de partage". Les vingt jeunes feront le déplacement de Tahiti et se produiront donc à Ua Pou du 16 au 19 décembre, en même temps que le Matavaa, avec une organisation indépendante sur place : hébergement, restauration, scène, programme, avec cinquante artistes de tous âges. Car ils estiment avoir le même but que les organisateurs du Matavaa : promouvoir la culture marquisienne.

Échanges interculturels à Rapa Nui et à Rarotonga

Si l’association Kakaia fête ses 10 ans en 2019, le groupe de danse se produit très régulièrement depuis 2013 dans toute la Polynésie (festival de Ua Huka, puis Hiva Oa en 2015). Ils étaient présents également lors de la dernière Hawaiki Nui Va’a. Les jeunes du groupe ne se sont pas limités au fenua, puisqu’ils ont également fait des déplacements d’échanges interculturels à Rapa Nui et à Rarotonga. Récemment, on a pu les voir à la 7e édition de la Polynesian Tatau Convention. Pour beaucoup, cette "querelle des anciens et des modernes" tient avant tout à la terminologie : si Matavaa évoque la transmission (l’éveil) et donc la tradition, le mot "festival" serait inadapté, faisant référence à la création et donc à l’évolution des pratiques.
Il appartient donc aux Marquisiens de répondre à la question : quel est le réel objectif de cet événement artistique ? Préserver le patrimoine ou laisser place à l’innovation ? Quoi qu’il se passe, chacun aura sa place et l’expérience se devra d’être bénéfique pour tous. Cette année, neuf groupes se produiront sur les sites de Anau (Hakahau) et Mauia (Hohoi) sur le thème : "Comment la culture peut-elle contribuer à la protection de notre environnement ?". Nous pourrons retrouver une délégation par île, ainsi que les groupes Rapa Nui, Toko Hènua (Tahiti) et Maohi Nui Ahima’a.
Pour retrouver l’actualité de Kakaia : Te Matakite O Te Tau Kakaia (FB)
Pour connaître le programme du festival : Matavaa o te henua enana (FB)
(V.D.)

Séjour express de Macron au fenua, du 16 au 18 avril 2020

Séjour express de Macron au fenua, du 16 au 18 avril 2020
C’est une information Tahiti Pacifique : Emmanuel Macron devrait séjourner en Polynésie les 16, 17 et 18 avril 2020 si le calendrier ne change plus. C’est en avion privé que le Président devrait arriver, accompagné par une délégation composée notamment de ses conseillers proches. Après la visite-éclair de François Hollande en 2016, ce sera le sixième chef d’État à fouler le sol tahitien depuis le général de Gaulle, en 1966. Hormis la tenue de la réunion internationale sur les changements climatiques du "One Planet Summit", M. Macron aura fort à faire avec le dossier explosif du nucléaire et la création du Centre de mémoire, dont les futurs locaux contaminés par l’amiante et le plomb doivent être dépollués… Son discours sera-t-il celui du temps des excuses ? On y croit, c’est bientôt Noël !
(D.S.)

Municipales : le vieux lion brigue Papeete

Municipales : le vieux lion brigue Papeete
Nous vous l’annoncions dans notre éditorial, le 23 août dernier (lire TPM n°414), Gaston Flosse souhaite se présenter comme candidat à la mairie de Papeete aux prochaines élections municipales (15 et 22 mars 2020). Incroyable mais vrai, par un jeu d’alliance avec le Tavini Huiratira’a, le Vieux Lion cherche encore à faire un baroud d’honneur, du haut de ses 88 ans ! Débarrassé de ses peines d’inéligibilité, il "veut faire tout ce qui n’a pas été fait"…
Cependant, sa conquête de la capitale pourrait être compromise faute de justificatif de domicile crédible. Mais on le sait, l’ancien président de la Polynésie n’est pas du genre à lâcher prise aussi facilement.
(D.S.)

Le British Museum en mission au fenua pour valoriser le costume du deuilleur

Crédit photos : British Museum et Centre des métiers d’art
Événement exceptionnel au fenua : la présence de trois spécialistes du British Museum venus présenter le processus de restauration du costume de deuilleur, bien connu pour avoir été récolté par James Cook lors de son deuxième voyage et dessiné par Tupaia. Fruit d’une collaboration scientifique avec le Musée de Tahiti et des îles, cette mission a donné lieu à une conférence intitulée "Reimagining the Heva tūpāpa'u at the British Museum", qui s’est déroulée au Conservatoire artistique de la Polynésie française, le 15 novembre dernier. Cette rencontre articulait trois approches complémentaires : celles de Julie Adams, conservatrice, Monique Pullan, restauratrice, et Chris Mussel, scientifique.
Une occasion unique de mieux comprendre la complexité de ce costume remarquable des collections muséales internationales et spécifique aux îles de la Société, d’appréhender les tenants et les aboutissants d’un processus de restauration entrepris pour sa parfaite conservation, et d’entrer dans les coulisses du British Museum par la petite porte. Il s’agissait également pour les spécialistes du Museum de prendre contact avec certains spécialistes de Polynésie dans l’espoir de répondre à certains mystères restés irrésolus jusque-là. Cette mission a également permis une rencontre avec le Centre des métiers d’art, avec l’objectif notamment de réaliser prochainement une copie du costume à partir des techniques de fabrication et savoir-faire traditionnels. Une cinquantaine de personnes étaient présentes ce soir-là, connaisseurs comme amateurs, c’est dire si le sujet passionne. La semaine suivante, une seconde conférence a été organisée, cette fois par la Maison James Norman Hall.
(V.D.)


Teva Victor expose deux œuvres monumentales

Crédit photo : DR
"Pour le plaisir du partage et afin de rendre accessible son travail au public", le sculpteur Teva Victor dévoilera, dès ce vendredi, deux sculptures de grande taille, pendant deux mois environ, dans les jardins du Musée de Tahiti et des îles. La première œuvre présentée est "Tu Mata Arii", "grand demi-visage à l’expression inspirant à la foi la force et la plénitude", explique l'artiste. "Celui qui porte les yeux du temps", lorsqu’il sera posé sur sa pierre de socle en forme d’île, mesurera environ 2,20 mètres. Quant à la seconde pièce, "Deux Tiki dos-à-dos", il s'agit d'un "grand monolithe dont la moitié supérieure est en partie sculptée". Une fois l’œuvre posée sur sa pierre de socle, elle devrait mesurer environ 2 mètres.
(D.S.)


La drôle de reconversion du fondateur du Cirque du Soleil…

Illustration : Hotu Painu
L'information a fait très vite le tour de la planète : Guy Laliberté, le fondateur du Cirque du Soleil et actuel propriétaire de Nukutepipi, a été mis en examen, avec un contrôle judiciaire, le 12 novembre dernier, après la découverte par la gendarmerie de Faa'a de photos de plants de cannabis cultivés sur son atoll privé aux Tuamotu, dans le téléphone portable de son directeur. Dans un communiqué de sa société, Lune Rouge, le milliardaire québecois, 60 ans, dit utiliser le pakalolo à des fins “médicales” et “strictement personnelles". Celui qui a déjà investi dans la marijuana médicinale au Canada abriterait une petite plantation indoor dans un conteneur sécurisé. D'après nos informations, il s'agirait de 26 jeunes pieds. Sans aboutir sur une perquisition, cette affaire a comme un goût de pétard mouillé...
(D.S.)

(Re)découvrez le documentaire polynésien Patutiki le 2 décembre

Crédit photo : DR
Polynésie la 1ère programme la diffusion de l'excellent documentaire Patutiki, l’art du tatouage des îles Marquises, lundi 2 décembre, à 19h30. Au Henua Enana, cette tradition découle d'une pratique millénaire unique par la densité et l'étendue de ses motifs, et dont la richesse graphique lui vaut aujourd'hui d'être prisée dans le monde entier, le plus souvent dans l'ignorance de son origine et de sa portée symbolique. Réalisé par Heretu Tetahiotupa et Christophe Cordier, ce métrage polynésien, qui a reçu le Prix du public dans la catégorie des films en compétition lors du dernier Festival international du film documentaire océanien (Fifo), invite le spectateur à un superbe voyage culturel sur la "Terre des Hommes". Par ailleurs, nos confrères de la station Pamatai nous apprennent que cet opus aura une seconde vie, puisque les studios Sony Pictures en Californie travaillent actuellement pour le sortir dans une version entièrement remastérisée et réétalonnée en résolution 4K.
(D.S.)

Inauguration d’un générateur électrique solaire unique à Raiatea

Inauguration d’un générateur électrique solaire unique à Raiatea
"Le soleil travaille pour nous", tel est le slogan des acteurs des énergies renouvelables qui se sont réunis le 29 octobre, à Raiatea, afin d’inaugurer un nouveau dispositif. En effet, la société Pacific Promotion Tahiti SA de Teva Sylvain a installé un générateur électrique solaire très particulier pour le magasin LS Proxi, qui a été raccordé au réseau public de distribution électrique selon les conditions dictées par la commune de Uturoa. "La centrale solaire fait une puissance crête de 86,4 kWc, mais la présence obligatoire d’un stockage d’énergie de 86 kWh permet à ce générateur solaire de ne pas déstabiliser le réseau électrique du réseau public de distribution électrique lorsque des nuages passent sur les panneaux solaires", explique Teva Sylvain. L’objectif est également de répondre à la problématique du réchauffement climatique et de protéger notre environnement, tout en faisant baisser de manière importante le prix du kWh. "Il faut savoir que l’installation solaire du haut-commissariat à Uturoa, bien qu’elle a été réalisée, n’a pas été autorisée au raccordement sur le réseau électrique public de Uturoa du fait qu’elle ne dispose pas de sto-ckage d’énergie pour stabiliser le réseau public de distribution électrique en cas de fluctuation de la météo. Ce n’est pas le cas de l’installation du générateur électrique du magasin LS Proxi de Uturoa et c’est une première en Polynésie française", développe Teva Sylvain.

(D.S.)

Tahiti Pacifique voyage jusqu’à Cuba pour rencontrer le "Che"

Crédit photo : Vaea Deplat
Nous avons parcouru près de 9 000 kilomètres jusqu’aux Caraïbes pour un séjour îlien sous d’autres latitudes tropicales, celles de la révolution cubaine. Au programme : plantations de tabac et cigares, lagons turquoises, architectures colorées et, clou du voyage, le mausolée d’Ernesto Guevara, surnommé "le Che" (photo ci-contre). Ce monument grandiose fut érigé en 1997 dans la ville de Santa Clara à la mémoire du révolutionnaire argentin, véritable bras droit de Fidel Castro, lui-même "Líder máximo" du pays entre 1976 et 2008 (31 ans au pouvoir !). Le mémorial est fièrement dominé par une immense statue de bronze de Guevara et sa célèbre devise "Hasta la victoria siempre". Fier émissaire du fenua parmi les 4,7 millions de visiteurs, originaires de plus de cent pays, Tahiti Pacifique a eu la chance de revivre le parcours de ce héros national.
C’est à Santa Clara que le "Che" et ses guérilleros portèrent un coup décisif à l’armée de Batista fin 1958. La ville résonne depuis comme l’une des grandes victoires de la guérilla cubaine sur la dictature. Elle compte également d’autres monuments mythiques de la révolution. Parmi eux, l’hôtel le Santa Clara Libre, ayant abrité en partie la fameuse bataille entre les guérilleros, barricadés, et les militaires. Les impacts de balles sur ses murs verts sont toujours visibles aujourd’hui. Si Santa Clara en elle-même n’est pas incontournable par sa beauté, elle l’est assurément par son histoire et les vestiges de l’époque glorieuse castriste. Une véritable immersion au cœur de la révolution cubaine à ne pas manquer si vous vous sentez l’âme voyageuse !


(V.D.)

Artisanat traditionnel : elles ont des doigts en or !

Crédit photo : Dominique Schmitt
Dans le cadre d’un partenariat avec le Service de l’artisanat du ministère de la Culture, l’organisme Activ’Result a été retenu cette année pour dispenser la troisième édition de la formation aux "Métiers de l’artisanat traditionnel". Neuf femmes ont ainsi participé à ce stage de sept semaines, qui vise à "professionnaliser et valoriser les secteurs de l’artisanat traditionnel, favoriser l’insertion professionnelle et encourager la jeunesse polynésienne à penser artisanat et se mettre à son compte", explique Élodie Bertrand, responsable du développement commercial.
Cette formation de 190 heures, composée de 100 heures de théorie (gestion et management d’entreprise, marketing, comptabilité, langues, histoire-géographie de la Polynésie, droits et obligations de la loi 1901, informatique) et 90 heures de découverte et pratique (sorties découvertes, tables rondes, projet professionnel et ateliers), s’est déroulée du 9 septembre au 25 octobre. Alliant compétences techniques, commerciales et de gestion, ce séminaire permet d’installer les stagiaires "dans la transmission du patrimoine et la création d’emplois durables et rémunérateurs". On leur souhaite à toutes de lancer et de développer durablement leurs projets culturels respectifs..
(D.S.)

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Comme un parfum de Macron…

Comme un parfum de Macron…
La décision du Conseil d’État, le 27 janvier dernier, de ne pas appliquer l’amendement à la loi Morin pour les demandes d’indemnisation des victimes des essais nucléaires déposées avant 2019 a surpris la Polynésie entière… mais agréablement pour une fois ! Cette institution publique, qui est chargée de conseiller le Gouvernement central et se veut la plus haute des juridictions de l’ordre administratif, met donc finalement à mal “l’amendement Tetuanui”, créé le 30 décembre 2018, qui réintégrait dans la loi, après la suppression de la notion de “risque négligeable”, un seuil minimal d’exposition aux rayonnements ionisants pour accéder aux indemnisations (une dose annuelle de 1 millisievert). Conséquence immédiate : deux victimes, dont les dossiers avaient pourtant été rejetés par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), ont pu obtenir gain de cause. Ces décisions font ainsi jurisprudence pour 62 autres cas ayant reçu un avis défavorable parmi les 138 demandes d’indemnisation en attente.

Même le président du Pays n’a pas caché son grand étonnement. Sans chercher à “faire le travail du Civen”, Édouard Fritch a considéré, au micro de Radio 1, qu’il va manquer au comité “un critère qui permette de dire oui ou non”. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, a déclaré pour sa part, lors de sa courte visite au fenua : “Chacun prend acte de cette décision”, en ajoutant que ce sera au Civen d’en “examiner les conséquences”, en l’absence d’une estimation précise de l’impact financier sur l’État. Sans surprise cette fois, Auguste Uebe-Carlson, fondateur et président de l’association 193, a, lui, réagi positivement à cette grande annonce dans les colonnes de Tahiti Infos : “C’est vraiment un encouragement (…) pour toutes les familles à se manifester pour que cet amendement [“Tetuanui”] soit supprimé ou suspendu en attendant des études sérieuses de la part de l’État à propos de la réalité des maladies qui touchent notre pays.” Selon lui, “le nombre de dossiers a considérablement baissé” depuis l’entrée en vigueur de cet amendement, qui “a découragé beaucoup de familles polynésiennes à entamer une demande d’indemnisation”. Le père Auguste n’a d’ailleurs pas manqué d’affirmer : “Nous rappellerons au président Macron ces décisions du Conseil d’État.

En effet, malgré deux reports en 2019, le président de la République française nous fera enfin l’honneur d’un séjour en Polynésie du 16 au 18 avril 2020, des dates dont nous vous avions donné la primeur dans l’édition du 13 décembre dernier (lire TPM n° 422). On peut tout de même s’interroger sur cette décision tonitruante du Conseil d’État en faveur des Polynésiens. D’autant qu’elle s’est suivie, quelques jours après, du passage tout sourire de Mme Girardin sur nos terres, offrant par la même occasion un joli coup de pouce pour les municipales au Tapura Huiraatira, parti local majoritaire rallié à la liste La République en marche (LREM) d’Emmanuel Macron… Juste avant la ministre des Outre-mer, c’était Stanislas Cazelles, le conseiller Outre-mer de l’Élysée, qui se déplaçait à Tahiti pour préparer le voyage du chef de l’État. Alors, hasard du calendrier ou pas, le terrain semble parfaitement déblayé pour l’arrivée du Président ! Si beaucoup redoutent qu’on leur vende encore des salades, ce qui est sûr, c’est que victimes ou non des essais, bien des hommes et des femmes l’attendent de pied ferme et qu’au menu, ils lui proposeront, eux, des échanges et des débats de vive voix autour du sujet explosif du nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt