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Aides familiales : salariés lésés

Aides familiales : salariés lésés
Depuis le début de cette année, les demandes des salariés qui bénéficient des aides familiales ne sont plus adressées au service social de la CPS, mais directement à la Direction des solidarités de la famille et de l’égalité (DSFE, ex-DAS), en plus des bénéficiaires du RSPF. Ces derniers, dont les dossiers sont déjà gérés par cette structure, passent donc prioritairement, en témoigne une salariée qui s’est présentée à
7 heures 30 pour sortir à midi passé. Il faut dire que, par souci d’économie, il n’y a toujours qu’une secrétaire à l’accueil pour recevoir salariés et non-salariés et qu’en raison de cette nouvelle affluence, elle a été obligée de fermer les inscriptions à 10 heures.
Cette longue attente est loin d’être la seule contrainte, car la transmission des dossiers des salariés ne s’est apparemment pas encore effectuée et le retrait de la CPS du circuit vaut aussi pour sa participation financière. Dorénavant, il en coûtera donc plus au salarié pour régler son loyer.
(LO)

Grand projet : "village tahitien", l’horloge tourne

Grand projet : "village tahitien", l’horloge tourne
Ils sont de plus en plus nombreux les sceptiques au projet du "Village tahitien", et pas seulement dans le milieu politique. Dans celui des affaires, le projet hôtelier aux quatre hôtels et deux résidences en condominium, porteur d’emplois et de développement touristique, on émet les plus grands doutes quant à sa réalisation.
Dans son discours d’ouverture de la session budgétaire de l’assemblée le 20 septembre 2018, le président Édouard Fritch déclarait : "Concernant le Village tahitien, comme vous le savez, un protocole d’accord a été signé en août dernier avec le groupement Kaitiaki Tagaloa. TNAD, sous la houlette de notre vice-président, négocie en ce moment les termes des contrats définitifs qui seront signés, je l’espère, avant la fin de cette année ou, au plus tard, en tout début d’année prochaine." Le vice-président, Teva Rohfritsch, le jour de la signature du protocole d’accord le 17 août, se montrait encore plus catégorique, puisque il annonçait la signature du contrat sur le marae de Taputapuatea avant le fin de l’année.
Le protocole, signé le 17 août pour une durée de vie de 200 jours, fixe donc son échéance à début mars, et toujours pas la plus petite annonce en vue. L’optimisme du début se heurte à des points d’achoppement, qui devront être réglés lors de la venue d’une délégation de Kaitiaki Tagaloa pour la fin de ce mois. Du moins, on l’espère, sinon il faudra tout reprendre de zéro.
(LO)

Départ : Nicole Levesques quitte Rohfritsch

Départ : Nicole Levesques quitte Rohfritsch
Nicole Levesques, la directrice de cabinet du vice-président Teva Rohfrisch, a donné sa démission la semaine dernière. Le nom de son remplaçant n’est pas encore connu.
(LO)

Diplomatie : une parcelle de 1 220 m2 acquise par la République populaire de Chine

Le lot 68 de la rue Wallis est désormais propriété de la RPC. Crédit photo : DR
Un arrêté du conseil des ministres, daté au 13 décembre 2018 et paru dans le Journal officiel le 21 décembre suivant, porte “autorisation préalable d’investissement étranger en Polynésie française au profit de la République populaire de Chine”. La RPC est ainsi “autorisée à acquérir une parcelle de terre d’une superficie de 1 220 m2, cadastrée section BO n° 62 et située à Papeete, et les constructions y édifiées consistant en une maison d’habitation”. D’après nos recherches sur le plan cadastral, le terrain abrite trois grands modules de résidence, ainsi qu’une piscine, et se situe à Fāri’ipiti, dans la rue Wallis.
Pour rappel, depuis le 6 août dernier, le siège du consulat de la République populaire de Chine à Tahiti s’est légèrement délocalisé. En effet, un grave litige a opposé les diplomates chinois à leur ancienne bailleresse après avoir utilisé sa maison depuis 2007 pour faire office de consulat, et ce sans son accord. Ils y avaient notamment installé une énorme parabole sur le toit-terrasse, qui pourrait faire penser à une antenne satellite d’espionnage. Pour obtenir leurs papiers, les ressortissants chinois doivent toujours se rendre à Punaauia, dans la résidence Taina, mais les locaux se trouvent désormais au rez-de-chaussée de l’immeuble Bellevue (appartement B1), sis à quelques battements d’ailes seulement de l’ancienne propriété. Le site officiel précisant que ce bureau de visas est “provisoire”, il est fort probable que cette nouvelle parcelle sise à Papeete accueille le nouveau siège du consulat chinois, voire le consul lui-même.
(DS)

Environnement : près de 2 millions de Fcfp pour les déchets de la Hawaiki Nui Va’a

Environnement : près de 2 millions de Fcfp pour les déchets de la Hawaiki Nui Va’a
La grande course de va’a aux Îles Sous-le-Vent génère malheureusement son lot d’inconvénients, et les déchets en font partie. Le gouvernement a décidé d’octroyer une enveloppe de 1 940 000 Fcfp au comité organisateur Hawaiki Nui Va’a sous forme d’une convention :
"Article 1er. - Objet de la convention La présente convention a pour objet de définir les obligations de l’association "Comité organisateur Hawaiki Nui Va’a" et les objectifs à atteindre au moyen de la subvention de fonctionnement accordée par la Polynésie française pour le ramassage des déchets générés par la course Hawaiki Nui Va’a. Dans la limite des crédits disponibles et dans les conditions définies par la présente convention, la Polynésie française consent à l’association "Comité organisateur Hawaiki Nui Va’a", qui l’accepte sans réserve ni restriction, l’octroi d’une subvention de fonctionnement d’un montant d’un million neuf cent quarante mille francs Pacifique (1 940 000 F CFP).
Article 2. - Objectifs à atteindre L’association "Comité organisateur Hawaiki Nui Va’a" s’engage à œuvrer dans le respect de ses obligations statutaires pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée pour l’année 2018, dans le cadre du ramassage des déchets générés par la course Hawaiki Nui Va’a.
Un bilan moral et financier, rédigé par le comité, devra être adressé à la Direction de l’environnement. Nous avons hâte d’en prendre connaissance pour mieux jauger l’incivisme de tous les acteurs de cet événement sportif, qui draine des milliers de personnes.
(LO)

Finances : le beau cadeau de Noël de l’OPT

Finances : le beau cadeau de Noël de l’OPT
Pas d’excitation ! Ce cadeau n’est pas à l’attention des usagers, mais à celle des employés. Dans le Journal officiel du 25 décembre 2018, l’EPIC a lancé un "avis d’attribution du marché relatif à une prestation de mutuelle de santé pour le personnel permanent de l’OPT et leurs ayants droit". On peut en déduire que les comptes – régulièrement annoncés dans le rouge – de l’OPT vont mieux ; on s’en réjouit.
Cet avantage en nature, que l’on retrouve dans beaucoup d’entreprises de la place – généralement les plus grandes – va-t-il s’étendre, dans un souci d’égalité, à tous les EPIC, voire les SEML ? Cela ne serait que justice.
(LO)

Voitures hybrides de luxe : la marche arrière de l’Équipement

Crédit photo : Présidence - Illustration : Juliette Doucet
Nous avions été les premiers (TPM n° 396 du 14 décembre 2018) a relevé cette publication au Journal officiel concernant l’acquisition par le ministère de l’Équipement de plusieurs véhicules hybrides haut de gamme. Devant le tollé médiatique, le ministère a dû faire marche arrière et se justifie tant bien que mal. Tout d’abord, il s’agit bien évidemment d’interprétations erronées, ensuite il s’agit d’acquisition "éventuelle" (de qui se moque-t-on ?) et enfin un petit mea-culpa administratif, puisqu’il s’agirait d’un malentendu. En résumé, au ministère on voulait acheter des véhicules hybrides, parce que recommandés par la CTC, et tout le reste a été mal interprété. Ils sont vraiment bêtes ces journalistes !
(LO)

Agriculture : Cyril Tetuanui, éleveur bovin

Crédit photo : Tahiti Infos
Le maire de Tumaraa et président du Syndicat pour la promotion des communes, époux de la représentante et sénatrice Lana, a une casquette moins médiatique, puisqu’il est aussi éleveur bovin. C’est en tout cas ce qui apparaît à la lecture du Journal officiel du 25 décembre 2018 (Arrêté n° 13615 MED, du 18 décembre 2018), dans lequel il se voit octroyer une aide financière de 414 000 Fcfp pour la production de viande bovine, représentant un poids total de carcasses estimé à 1 200 kilos. Vu le poids moyen d’une carcasse, on peut estimer l’équivalence à deux bêtes. L’homme politique, en proie à des soucis avec la justice, a donc le temps de s’évader.
(LO)

Solidarité : coup de com’ sur le dos de la pauvreté

Crédit photo : DR
Interpellée ces derniers temps à l’assemblée sur ses actions en faveur des plus déshérités, la ministre de la Famille et des solidarités, Isabelle Sachet, a voulu répondre aux attaques par la médiatisation d’une action sur le terrain.
Si participer à une maraude, comme le fait le Père Christophe avec l’association Te Vai-ete ("la corbeille d’eau"), une fois par semaine, est un véritable acte de chrétienté, vouloir en tirer profit sur le plan politique l’est beaucoup moins. Pêché d’orgueil pourrait-on même écrire. L’humilité qui sied à ces actions, auxquelles participent de nombreux bénévoles, sans qu’ils sentent le besoin de se mettre en valeur sur les réseaux sociaux ou dans les médias, a certainement échappé à l’équipe de communication de la ministre. Isabelle Sachet devrait peut-être s’inspirer de son homologue à la Santé, qui a occupé précédemment son portefeuille, et qui n’a jamais fait grand cas d’avoir été l’un des cofondateurs, il y a vingt-quatre ans, de l’association Te Vai-ete.
Il faut croire cependant que l'action d'Isabelle Sachet a fait des émules au sein du gouvernement, puisque le président Édouard Fritch, accompagné de quatre de ses ministres et des représentants de l'assemblée, se sont mobilisés vendredi dernier pour apporter repas et cadeaux aux SDF ; à grands renforts de photos, bien sûr.
(LO)

Environnement : deux artistes du fenua lancent un cri d’alerte à la Maison des Océans

Tableau de Jean-Luc Bousquet
À l’occasion de l’exposition-conférence intitulée "Les récifs coralliens, objets d’art et de science", qui s’est tenue le 18 décembre dernier, à Paris, deux artistes du fenua ont été mis à l’honneur, aux côtés d’invités internationaux. Olivier Louzé et Jean-Luc Bousquet ont en effet pu dévoiler l’une de leurs toiles à la Maison des Océans afin de défendre la cause environnementale. L’œuvre du premier, Si loin du Monde est "un cri d’alerte inspiré de ce que j’ai pu voir en naviguant sur mon voilier à travers les îles du Pacifique : même à des milliers de kilomètres de la civilisation, les déchets plastiques sont omniprésents". Quant au second peintre, il a présenté un tableau qu’il a appelé Le blanchissement du cerveau, un titre explicite qui se passe de commentaires… L’état de santé préoccupant des récifs coralliens, dont c’est l’année internationale, a fait l’objet d’une soirée complète, marquée notamment par la présence de Lambert Wilson (l’acteur français a également été le parrain des deux expositions organisées à Tahiti par le Centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement – le Criobe) et de Serge Planes (directeur du Criobe jusqu’en 2018 et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique – CNRS –, spécialiste des coraux).
(DS)

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier