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Alex, trois ans déjà…

Crédit photo : Dominique Schmitt
Cela fait déjà trois ans qu’Alex W. du Prel, le fondateur de Tahiti Pacifique, s’en est allé, un mardi 14 mars 2017, à l’âge de 73 ans. Il n’y a pas un jour où la rédaction n’a pas une pensée ou un mot pour rendre hommage au père créateur du magazine au slogan "Une goutte de liberté dans l’océan". Cet homme, doté à la fois d’une culture remarquable et d’une simplicité touchante, n’avait pas froid aux yeux : il était une vraie force tranquille. Alex, ta chemise bleue, ton mordant et ton irrévérence nous manquent toujours !

(D.S)

Démission de Michel Paoletti : malaise à l’APC ?

Crédit photo : APC
L’Autorité polynésienne de la concurrence (APC) connaît de nouvelles turbulences. L’un des membres du collège, Michel Paoletti, a démissionné de l’institution. Fraîchement nommé, le 1er octobre 2019, par le conseil des ministres, après avis du président de l’APC, son mandat devait pourtant durer quatre ans. L’ancien conseiller de Gaston Flosse a ainsi préféré se retirer de l’APC, et laisser ses collègues Aline Baldassari, Youssef Guenzoui et Christian Montet poursuivre leurs missions sur les questions de concurrence ou de consommation, de leur probité et de leur indépendance. Pour remplacer M. Paoletti, le gouvernement devra soumettre à l’APC une personnalité issue du monde juridique ou économique qui respecte de nombreuses conditions, ce qui n’est pas aisé. Aussi, ce départ précipité serait-il l’illustration du malaise qui existe au sein de l’APC depuis les différentes affaires ayant entaché son président Jacques Mérot, accusé de "manque d’impartialité" par toute la presse spécialisée ? Les autres membres du collège vont-ils le pousser à partir, afin de sauver la crédibilité de l’APC ?
En effet, le collège peut obtenir la démission d’un de ses membres ou du président par un vote à la majorité, lorsque celui-ci fait preuve d’un "manque de dignité dans la fonction et/ou d’impartialité".
Deux conditions que M. Mérot réunit à lui tout seul, mais il semblerait que celui-ci préfère cependant rester accroché à ses 2,3 millions de Fcfp mensuels. Depuis la création de l’APC, le 23 février 2015, les relations avec le Pays sont de plus en plus tendues. En septembre 2019, un communiqué du gouvernement avertissait : “L’APC dispose de tous les outils nécessaires à la recherche et la sanction des pratiques anticoncurrentielles et à la lutte contre la vie chère.” Et de rappeler : “L’APC dispose d’un budget annuel de 185 millions de francs, soit environ 30 millions de plus que son homologue calédonienne. Un effort conséquent du budget de la Polynésie française dont la contrepartie devrait être plus de résultats et moins de polémiques.”
Suite au prochain épisode…

(D.S.)

L’ÉCOnomie polynésienne, un magazine ’āpī

L’ÉCOnomie polynésienne, un magazine ’āpī
Polypress Seripol (Honuatere, Honoi’te, Coco Mag) vient de lancer un nouveau magazine de l’économie dont il a confié le contenu éditorial à Alesimédia. De périodicité annuelle, le magazine s’attachera notamment à "expliquer les enjeux économiques et sociétaux" et "mettre en exergue les défis de demain".

(D.S.)

Le fenua fier de son pianiste prodige Viriamu Itae-Tetaa

Crédit photo : CAPF
Après des artistes polynésiens danseurs comme Florian Teatiu et Mikael Champs, ou la comédienne Mahealani Amaru, Viriamu Itae-Tetaa, pianiste virtuose, poursuit brillamment sa carrière en Europe depuis qu’il a 13 ans. L’année dernière, à seulement 20 ans, il a été le premier Polynésien sur 200 candidats à intégrer le Royal College of Music, le second Conservatoire le plus réputé au monde, premier en Europe. Il y a même décroché une bourse au mérite. Le 21 février dernier, il continue sur sa lancée et devient le premier Mā’ohi à réussir le Conservatoire national supérieur de musique de Paris, temple de la musique classique. Il obtient d’ailleurs l’unanimité du jury. Sur les réseaux sociaux, sa réaction ne s’est pas fait attendre : "Depuis Papeete, je trouve qu’il y a eu beaucoup de chemin parcouru et beaucoup de sacrifices (…) Mais je suis très heureux d’avoir la base de mon apprentissage à Tahiti, car ça représente un ancrage."
Le Conservatoire artistique de la Polynésie française (CAPF), là où tout a commencé pour Viriamu, a également exprimé sa fierté : "C’est une grande joie et un honneur de voir un de nos élèves arriver au sommet. Viriamu a fait preuve de courage. Il a énormément travaillé et a été très bien accompagné. Il devient le porte-étendard d’une jeunesse polynésienne qui a besoin de leaders en matière culturelle, comme notre élève en théâtre, Mahealani Amaru, qui a été, de son côté, la première Polynésienne à réussir un concours national de théâtre. Viriamu sera peut-être un jour un grand concertiste, ou bien, il composera de la musique de film – c’est un de ses souhaits – mais il ouvre une voie que d’autres jeunes Polynésiens suivront un jour, l’essentiel est là."

(V.D.)

Forbes Travel Guide : l’excellence pour The St. Regis et The Brando

Crédit photo : Forbes Travel Guide
Le guide annuel d’experts en hôtellerie et restauration haut de gamme, Forbes Travel Guide, distribue chaque année sa collection d’étoiles aux établissements considérés parmi les plus luxueux de la planète. Pour la première fois, la Polynésie française entre dans le palmarès avec deux hôtels primés, qui obtiennent de surcroît le résultat maximal d’excellence de cinq étoiles : The St. Regis à Bora Bora et The Brando à Tetiaroa. Entretien
avec Filip Boyen, le président-directeur général de Forbes Travel Guide...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 428 en cliquant ICI

Le collectif contre le projet de porcherie s’adresse aux candidats de la Presqu’île

Le collectif contre le projet de porcherie s’adresse aux candidats de la Presqu’île
Dans notre article concernant un projet d’élevage porcin sur le plateau de Taravao (lire TPM n° 390 du 21 septembre 2018), un collectif s’inquiétait de "toutes les pollutions que cela comporte". Pour rappel, cette initiative industrielle de la SCEA Polyculture vise l’exploitation de 1 844 bêtes, dont une centaine de truies, "une première sur le Territoire". À l’approche des municipales, le Collectif interdisciplinaire contre la porcherie industrielle du plateau de Taravao confie rester "aux aguets". Et d’expliquer : "On profite des élections communales de mars prochain pour sensibiliser les candidats en lice. Aussi, il nous a semblé important que la lecture des articles de M. Gilbert Wane (en 2019, Tahiti Pacifique a publié 16 articles sur le réchauffement climatique et ses enjeux, ndlr), d’une grande valeur documentaire, puisse être recommandée dans la lettre ouverte jointe qui est aussi destinée au grand public." Bien que le syndicat des éleveurs porcins affirme que "le cheptel de Tahiti et Moorea, supérieur à 1 100 truies, ne représente que 24 % de taux de couverture des besoins de la consommation", le collectif laisse toujours entendre qu’il ne manquera pas d’attaquer le Pays si une catastrophe écologique impactait la Presqu’île.

(D.S.)

Oscars 2020 : la consécration pour deux Océaniens !

Crédit photo : DR
Alors que le Festival international du film documentaire océanien (Fifo) vient de s’achever en Polynésie, l’Océanie est à l’honneur sur le plan international. Saluons tout d’abord la victoire aux Oscars 2020 de Taika Waititi, primé pour la Meilleure adaptation du film Jojo Rabbit. Celle-ci récompense l’excellence du travail mené depuis plusieurs années par ce jeune et brillant réalisateur judéo-maori né en Nouvelle-Zélande, le premier Océanien à remporter la fameuse statuette d’or, emblème du cinéma hollywoodien. "La victoire de Taika Waititi et son allocution lors de la réception de ce prix sont extrêmement pertinentes dans notre contexte et pour tous les porteurs d’histoires océaniens. Elle représente une influence majeure dans l’histoire de notre audiovisuel et pour les artistes des temps modernes en Océanie. Elle rappelle également l’un des principes fondateurs de notre festival : promouvoir l’Océanie, ses peuples et ses cultures à travers le monde grâce à des contenus audiovisuels authentiques. Enfin, elle est en pleine cohérence avec les projets et les visions d’avenir que l’association du FIFO développera dans les prochaines années", a ainsi commenté l’association du Fifo (Afifo).
Quant à Chelsea Winstanley, l’épouse de Taika Waititi, elle a été nommée aux mêmes Academy Awards pour le prix de la Meilleure production. Originaire aussi de Nouvelle-Zélande, elle est la première femme océanienne à réaliser cette performance. Également productrice du film Merata : How Mum Decolonised The Screen, primé lors du Fifo 2020, "elle fait la preuve, elle aussi, du talent, du dynamisme et de la passion des Océaniens à raconter eux-mêmes leurs histoires et à produire leur propre cinéma", s’est réjouie encore l’Afifo.

(D.S.)

Dernière évolution des modèles climatiques

Source : www.bloomberg.com/news/features/2020-02-03/climate-models-are-running-red-hot-and-scientists-don-t-know-why
On vous donne les dernières nouvelles à propos de l’affinement des énormes programmes informatiques (modèles climatiques), conçus pour analyser et prédire l’évolution de la température mondiale (voir mon article sur le réchauffement climatique n° 5/16, intitulé "Une idéologie et l’avènement de l’informatique", paru dans TPM n° 412 du 26 juillet 2019). Bloomberg Green vient de publier les dernières simulations des modèles climatiques, en cas de doublement du niveau de CO2 dans l’atmosphère. Ci-dessus (voir tableau), leurs prévisions de hausse de température, qui seraient plus alarmantes que prévues.

Malheureusement, les scientifiques qui ont conçu ces modèles climatiques ne comprennent pas vraiment cet emballement anormal de la température mondiale. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) suit cela de très près pour leur prochain rapport, prévu en 2021. Voici la conclusion de l’article en question, rédigé par Akshat Rathi : "En attendant, Andrew Gettelman et ses collègues du monde entier iront de l’avant. « C’est comme un puzzle géant », a-t-il dit, « où tout le monde possède une petite pièce »."
Dans mon article n° 5/16, je rappelais que le climat était avant tout un "système chaotique couplé et non-linéaire" que l’on ne pouvait modéliser sur le long terme car le critère de "reproductibilité" n’était pas démontré. À l’article n° 15/16, intitulé "La transition espérée vers l’énergie renouvelable (EnR)" (lire TPM n° 422 du
13 décembre 2019), j’écrivais : "Les marcheurs pour le climat sous-entendent qu’il faut cesser la combustion des énergies fossiles, impliquant pour la Polynésie l’arrêt des importations de pétrole et de gaz. Imaginez ici la vie avec l’arrêt des groupes électrogènes de l’EDT (voir un aperçu du black-out survenu le 10 octobre 2019 sur Tahiti), et aussi des avions internationaux et bateaux interinsulaires. Tout le monde devra circuler à pied, à cheval, à vélo, à la voile, à la nage, en trottinette ou en pirogue ! Nous aurons alors de l’électricité que s’il y a du vent (en supposant que les éoliennes soient acceptées ici), du soleil (panneaux PV) ou si les barrages ont suffisamment d’eau. Avec un tel scénario, on risque fort de se rapprocher des scènes apocalyptiques du film Mad Max, où les gens se battraient pour sécuriser l’énergie nécessaire à leur survie."
Donc oui, entre-temps, essayons de minimiser l’utilisation de l’énergie fossile (pétrole-gaz-charbon) ; ce qui n’est pas si facile.

(Gilbert Wane)

Gaston Tong Sang refuse que la croisière abuse…

Crédit photo : Dominique Schmitt
Alors que la croisière se développe à vitesse grand V en Polynésie, Gaston Tong Sang, le maire de Bora Bora et président de l’assemblée, a annoncé, en marge du colloque sur la "Résilience des îles et territoires d’Asie-Pacifique", son intention d’interdire, d’ici 2022, l’accès aux gros paquebots dans le lagon de l’île, du moins ceux de plus de 2 000 passagers. L’édile, qui redoute "la saturation" et "inéluctablement l’asphyxie de l’écosystème", citant également "la pollution de l’air" et "le bruit du moteur qui fait fuir le poisson", a envoyé un courrier officiel au président du Pays et à la ministre du Tourisme. Tahiti Pacifique ne peut que saluer cette belle prise de position, notre rédaction ayant pointé de nombreuses fois du doigt l’impact environnemental géant de ces monstres des mers, notamment au travers de sa Une "La croisière abuse" (lire TPM n° 409 du 14 juin 2019). On se souvient par ailleurs que plusieurs escales de paquebots énormes ont créé la polémique récemment, comme celles de l’Amsterdam à Rangiroa, en décembre dernier, sans omettre l’accident survenu à Raiatea, le 1er juin 2019, lorsque le Wind Spirit a heurté deux fois le quai d’Uturoa, ainsi qu’un voilier à proximité. Non, la croisière n’amuse plus !

(D.S.)

"Une autorité polynésienne de la concurrence peu pacifique", selon le Canard Enchaîné

"Une autorité polynésienne de la concurrence peu pacifique", selon le Canard Enchaîné
On ne vous cache pas notre satisfaction en découvrant que nos confrères du Canard enchaîné avaient cité Tahiti Pacifique, en page 4 de leur édition du 22 janvier 2020, pour rebondir sur les casseroles que traîne derrière elle l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC). Bon, l’hebdomadaire satirique s’est un peu emmêlé les pinceaux en parlant de "Tahiti Magazine", mais on aura compris que la rédaction réagit à notre couverture intitulée "L’APC en manque d’impartialité" (lire TPM n° 419 du
31 octobre 2019). Sous la plume de Dominique Simonnot, l’article rappelle comment, selon la Cour d’appel de Paris, le président de l’APC, Jacques Mérot, se trouve "dans une situation fort singulière" dans l’affaire de la réfrigération de boissons impliquant le groupe de distribution Wane, et évoque même "un joli conflit d’intérêts". Le Canard enchaîné se demande ensuite si les dernières décisions du collège de l’APC augurent "plus de transparence et de justice". Et de concéder : "Pas si simple". En effet, un haut fonctionnaire local, dont on ne mentionne pas le nom, aurait lâché : "Il règne en Polynésie une forte collusion entre les grands groupes, le pouvoir politique et des réseaux qui ne veulent à aucun prix que l’on touche aux intérêts économiques. Et ce conflit d’intérêts du président les a bien arrangés." Et Le Canard de conclure : "Cet été, la Cour de cassation se penchera à son tour sur l’affaire. Le micmac tahitien risque de la tenir occupée…"
(D.S.)

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT