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L’APC adopte un Plan stratégique et une Charte des valeurs

L’APC adopte un Plan stratégique et une Charte des valeurs
À l’instar de la majorité des autorités de la concurrence dans le monde, le collège de l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC) a adopté, le 3 mars, un Plan stratégique et une Charte des valeurs, que vous pouvez retrouver sur le site Internet et les réseaux sociaux de l’organisme. Pour rappel, l’APC a pour mission de mettre en application l’ensemble des règles destinées à assurer le bon fonctionnement des marchés (droit antitrust). Dans un communiqué, l’APC explique que, pour atteindre ses objectifs stratégiques, “il faut que l’Autorité soit une organisation performante, c’est-à-dire : influente, comprise et respectée ; centrée sur les actions les plus bénéfiques à l’économie et aux consommateurs ; déployant des méthodes de travail de qualité”. Cela nécessite également “un engagement de ses ressources humaines au respect d’une charte de valeurs fondamentales”, dont les maîtres-mots sont : excellence ; impartialité ; responsabilité ; respect ; discernement”.
Christian Montet, président par intérim, est porté par des valeurs humaines et de travail, et s’engage à les faire respecter. On ne peut que saluer cette initiative ! Cela nous changera de Jacques Mérot, l’ancien président de l’APC, dont la direction calamiteuse a défrayé la chronique et fait l’objet de joutes judiciaires jusqu’à Paris. D’ailleurs, à propos de justice, nouveau rebondissement dans l’affaire interminable des boissons réfrigérées : malgré l’annulation de la décision de condamner les magasins du groupe Wane par la Cour d’appel de Paris, le dossier vient d’être relancé. Quant à Mérot, après avoir été désavoué par son propre collège et été destitué, il a été mis au “frigo” à Nantes (lire pages 24-25, rubrique “L’économie”).

D.S.

Une Polynésienne à la tête de Polynésie la 1ère

Crédit photo : Greg. Boissy
Stella Taaroamea a été nommée, le 1er mars, rédactrice en chef de Polynésie la 1ère. Une femme ET Polynésienne de surcroît : c’est une première pour la station de Pamatai ! Belle nouvelle et beau clin d’œil alors que l’on vient de célébrer la Journée internationale des droits des femmes. Entrée au sein de la rédaction en juin 1990, elle a été recrutée en 1991 en tant que journaliste bilingue (français-tahitien) et a exercé différentes responsabilités au sein des rédactions de Polynésie et de Malakoff (près de Paris). Ce nouveau poste récompense ainsi un long parcours de trente années dans la presse, après avoir eu notamment une expérience à la tête des programmes et de la rédaction TV.
Cette nomination est intervenue dans un contexte de concurrence accrue sur le Territoire obligeant à structurer une direction éditoriale, notamment par la nomination de collaborateurs expérimentés afin d’élargir l’offre de programmes TV, Radio et Numérique”, précise la direction de l’antenne. Outre les activités de responsable des programmes TV, Stella Taaroamea réalise des magazines de 26 minutes et présente une émission télévisée axée sur la santé, ainsi qu’une série de magazines sur la mer, dont le tournage est effectué dans les îles.
Déterminée, la vahine a désormais une mission principale : “Faire évoluer la chaîne et notamment l’INFO.” Et ce, “dans un esprit optimiste et d’équipe”, assure-t-elle.

Dominique Schmitt

L’académie marquisienne prend le virage numérique

Crédit photo : DR
b[Depuis notre dernier article sur le sujet il y a un an (voir TPM n° 425 du 24 janvier 2020), l’académie marquisienne, Te pū tuhuka èo ènana, a fêté ses 20 ans. Mais les festivités, fortement perturbées par une année Covid, n’ont malheureusement pu se tenir comme prévu en 2020. Fort heureusement, le passage au numérique de la structure, elle, a bien avancé. Site Internet, page Facebook, l’académie revit désormais aux yeux du grand public.
Près de six mois après ce virage, il est temps de faire un point avec Jacques Iakopo Pelleau, à l’initiative
de cette digitalisation.]b

Après vingt ans d’existence, l’académie marquisienne a enfin entamé son virage digital. Il était temps, car, à l’ère du tout numérique, quelle organisation digne de ce nom compose et se viabilise sans fenêtre ouverte vers le digital ni outils de communication ? Dernièrement, l’intégration successive de deux nouveaux membres en les personnes de Jacques Iakopo Pelleau et Teiki Huukena a participé à fournir de nouvelles perspectives aux académiciens quant au fonctionnement de l’institution.
La mise en ligne du tout premier site Internet de l’académie s’est faite il y a près de six mois, en octobre 2020. Grâce à ce support désormais incontournable, des articles sont publiés chaque semaine pour informer le grand public du travail accompli et des réflexions sur la langue.
La création de contenus est assurée en français et marquisien par Jacques Iakopo Pelleau (lire aussi page 39), intégré à l’institution en 2019 et initiateur de cette ouverture au numérique, qui a pu voir le jour grâce à son dynamisme et à son lobbying. Fort de son expérience digitale réussie avec son site www.te-eo.com en ligne depuis 2014 et sur lequel on retrouve notamment un dictionnaire en ligne, des cours d’initiation à la langue marquisienne, ainsi que du contenu historique et des actualités sur la culture marquisienne. Avec la création de ce portail, le professeur d’anglais retraité (qui vit aux Marquises depuis 1995) a réussi le tour de force de réunir une communauté de 30 000 visiteurs, ainsi que de 4 100 abonnés grâce à la page Facebook éponyme.

Le public au rendez-vous

Six mois écoulés depuis la mise en ligne du site www.academiemarquisienne.com, on peut dire que l’institution, constituée en loi association 1901, a su trouver son public : déjà près de 2 500 visites ont été enregistrées en seulement quatre mois, et près de 70 nouvelles personnes par semaine. C’est dire si cette digitalisation était attendue et correspond à un besoin des Polynésiens de se tenir informés des problématiques et des projets portés par les tuhuka. La page Facebook éponyme n’est pas en reste : 1 000 abonnés ont été enregistrés depuis le 1er décembre dernier, avec la visite de 7 000 personnes par mois grâce à la publication des articles hébergés sur le site. “L’article le plus lu avec 800 lectures est un compte-rendu des réunions hebdomadaires de l’académie. Les gens s’intéressent à nos travaux de près”, se félicite Jacques Iakopo. Tout ce contenu s’avère précieux, non seulement au regard de la constitution d’archives, mais également de l’accès à ces informations pour les institutions similaires dans toute l’Océanie ou les chercheurs en linguistique.

Maintenant que le volet communication est opérationnel, les membres de l’académie peuvent se consacrer à la rédaction de leur dictionnaire, un grand projet qui va les tenir en haleine au long des prochaines années. Reste désormais à prendre aussi en main le volet événementiel, afin que l’institution aille à la rencontre du public. Gageons que ce sera là la prochaine grande mission de l’académie à l’horizon 2021-2022.

Pour suivre l’académie Te pū tuhuka èo ènana :
www.academiemarquisienne.com
www.facebook.com/AcademieMarquisienne


Vaea Deplat

Le Pays encourage les investissements photovoltaïques

Crédit photo : Greg. Boissy
L’adoption par le Pays d’une Programmation pluriannuelle des investissements (PPI) constitue “un véritable signal en direction des porteurs de projets privés qui souhaiteraient investir dans la transition énergétique”, affirme un communiqué du conseil des ministres. Cette PPI sera prochainement complétée par le lancement d’un appel à projets portant sur 30 MWc de fermes solaires. “Avec la construction de ces fermes solaires, le Pays poursuit son objectif d’accroissement de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique de l’île de Tahiti”, peut-on encore lire. Ces nouvelles réalisations devraient “faire passer la production d’énergie renouvelable de 37 à 43%”, selon le Pays.
On avance, mais on est encore bien loin des ambitions affichées dans le Plan de transition énergétique 2015-2030, qui assurait que nous atteindrions 50% d’énergies renouvelables dans la production électrique en 2020 et 75% en 2030…

D.S.

Le collège de Huahine ne portera pas le nom de Bobby

Le collège de Huahine ne portera pas le nom de Bobby
Le refus de la Présidence de voir le collège de Huahine rebaptisé Bobby Holcomb suscite l’indignation de la population tant ce chanteur et peintre était un artiste d’exception, reconnu par son sens du partage, sa générosité et sa joie de vivre. “Monsieur Holcomb a indéniablement contribué au renouveau culturel de la Polynésie française, notamment par son intégration au sein du mouvement « Pupu Arioi » et par son investissement infaillible auprès des jeunes afin de valoriser l’identité mā’ohi”, reconnaît Édouard Fritch. Cependant, le président balaie la proposition de la représentante Tavini Éliane Tevahitua et préfère se ranger derrière les avis défavorables du collège et de la mairie, pour qui Bobby ne pas être assimilé au milieu éducatif, en raison de sa consommation de “produits illicites”. Des explications pour le moins… “fumeuses” !

“Au sein du conseil municipal, certains son​t connus pour ne pas fumer que du tabac...”

La réaction du député Moetai Brotherson vaut le détour : “Parmi toutes les raisons possibles, le conseil municipal a choisi celle, inepte, qui cache toute la forêt d’hypocrisie de notre société derrière la branche de cannabis, pour refuser la proposition de baptiser le collège. Il faudrait donc écrire à toutes les municipalités de France et de Navarre qui ont des collèges ou lycées, Charles Baudelaire, Alfred de Musset, Jean-Paul Sartre, Arthur Rimbaud, Honoré de Balzac, Apollinaire, Jules Verne, Alexandre Dumas, Maupassant.” Et de sortir de ses gongs : “C’est d’autant plus décevant qu’au sein du conseil municipal, certains sont connus pour ne pas fumer que du tabac...” Avant de rappeler : “Ah, oui, il faudrait aussi que les membres du conseil municipal refusent d’envoyer leurs enfants au lycée Paul-Gauguin, qui en plus d’être opiomane était pédophile… On nage en pleine bigoterie.”
Pendant ce temps-là, le Pays songe à renommer le Centre hospitalier de Taaone “Jacques-Chirac”, du nom du Président français qui a décidé de reprendre les essais nucléaires en Polynésie… On marche sur la tête !

D.S.

L’ÉCOnomie polynésienne face aux défis de 2021

L’ÉCOnomie polynésienne face aux défis de 2021
La revue annuelle qui “décrypte l’économie du fenua” revient sur les moments forts de cette année 2020 au travers notamment d’une frise chronologique et des témoignages. La rédactrice en chef, Alexandra Sigaudeau-Fourny, explique : “En 2021, les incertitudes sont nombreuses, mais toute la rédaction s’est mobilisée pour donner la parole aux experts, comprendre les enjeux à venir, rencontrer des entrepreneurs, proposer des solutions innovantes, analyser les chiffres-clés…” Cette deuxième édition de L’ÉCOnomie polynésienne tente de démontrer “pourquoi l’année 2021 sera une année « test » pour tendre vers une économie résiliente”.

(D.S.)

DIXIT 2021 : top des entreprises locales

DIXIT 2021 : top des entreprises locales
Comme chaque année, le magazine annuel, qui est “une référence de l’économie polynésienne”, selon les éditions Créaprint, présente le tableau des 200 premières entreprises par chiffre d’affaires et des 200 premiers employeurs du Pays. Sans surprise, la compagnie aérienne Air Tahiti Nui est en tête de file du top 5 avec un chiffre d’affaires de 31,9 milliards de Fcfp en 2019 (mais une grosse turbulence est à prévoir pour 2020), tandis que EDT reste en 2e place (22,8 milliards de Fcfp), suivie de Onati (Ex-Vini SAS) qui explose avec 19,4 milliards de Fcfp, de Pacific Petroleum et Services (16,3 milliards de Fcfp) et enfin de la Brasserie de Tahiti (14,4 milliards de Fcfp).
Dans le classement par effectifs, les entreprises Louis Wane restent premiers employeurs de Polynésie, avec plus de 2 000 salariés en 2019. La Brasserie de Tahiti arrive juste après, avec plus de 1 000 salariés. Quant à Air Tahiti, elle conserve sa première place en tant qu’entreprise hors groupe.
Pour cette 29e édition du Dixit, crise du Covid-19 oblige, les articles sont dédiés aux temps forts et aux mutations en cours de notre économie et s’appuient sur 16 interviews qui offrent “une photographie de la situation”. La responsable de la rédaction, Dominique Morvan, aspire à ce que nous oublions vite “cette annus horribilis pour beaucoup d’entre nous”. Et de remarquer : “Ce kaléidoscope de témoignages décrit une société en état de choc, mais contrainte de se réinventer.”

(D.S.)

Cinquante solutions pour un fenua durable : le premier magazine consacré à l’environnement !

Cinquante solutions pour un fenua durable : le premier magazine consacré à l’environnement !
Pour démarrer l’année en beauté, la Fédération des associations de protection de l’environnement (FAPE) - Te Ora Naho a lancé, en janvier dernier, le tout premier magazine qui recense les initiatives durables au fenua. Rencontre…

Quel est le principe du magazine ?
Te Ora Naho - FAPE : “50 solutions pour un fenua durable est un magazine annuel qui met en avant cinquante alternatives développées par des acteurs du changement du fenua. Il peut s’agir d’entreprises, d’institutions, d’associations et de collectifs. Ces actions et acteurs existent déjà et ce magazine est l’occasion de les recenser et de leur offrir une plateforme concrète pour se faire connaître et, pourquoi pas, inspirer les lecteurs à se lancer, eux aussi, dans la transition écologique. C’est un merveilleux outil pour les acteurs eux-mêmes qui se voient récompensés de leurs efforts, mais aussi pour toutes les personnes qui s’intéressent au développement durable au fenua et qui souhaitent avoir des informations exhaustives regroupée en un seul support.”

Concrètement, ça ressemble à quoi ?
“Le magazine a été conçu de façon à être esthétique, logique et simple de lecture. Nous présentons chaque alternative dans ses grandes lignes : la problématique abordée, la solution proposée et l’acteur qui a mis en place cette solution. Les alternatives sont regroupées par catégories, il y en a neuf au total. Nous aidons également le lecteur à situer ces alternatives dans un contexte global, puisque nous indiquons les Objectifs de développement durable des Nations unies auxquels chaque alternative répond.”

Est-ce que toutes les initiatives durables de Polynésie française y figurent ?
“Il existe plus de cinquante alternatives durables au fenua et nous ne pouvons donc pas toutes les mettre en avant. Cependant, le magazine est réédité et mis à jour chaque année, ce qui donnera aux lecteurs l’opportunité de découvrir de nouveaux projets à chaque publication. Le magazine propose, en plus des alternatives, un annuaire exhaustif des acteurs du changement en Polynésie.”

Le magazine est en vente au prix de 1 000 Fcfp. À quoi seront affectés les fonds récoltés ?
“Le magazine est accompagné de divers outils qui permettent d’informer et de sensibiliser au quotidien sur des questions environnementales (revue de presse, newsletter, etc). Les fonds récoltés serviront d’abord à perpétuer ces outils, mais également à soutenir notre fédération dans son fonctionnement et dans la pérennisation des nombreux projets que nous avons amorcés depuis quelques années.”

Qui est Te Ora Naho - FAPE et quel a été son rôle dans l’élaboration de ce magazine ?
“Nous sommes la Fédération des associations de protection de l’environnement, un organisme qui existe depuis plus de trente ans et qui regroupe aujourd’hui près de quarante associations locales œuvrant pour la transition écologique. Pour ce magazine, nous nous sommes basés sur le merveilleux travail de recensement effectué par l’association Manu Iti Fa’aora, que l’on peut retrouver sur la plateforme gratuite www.tahiti.green. À partir de cela, notre rôle a été de coordonner tout le développement du magazine, ainsi que sa mise en vente.”

Propos recueillis par Pauline Sillinger

Pratique
Le siège de Te Ora Naho - FAPE est situé à Papeete dans l’immeuble Essor. Pour plus d’infos : 40 43 83 84.

Appel à projets en faveur de la biodiversité

Crédit photo : DR
Plus de 8 millions d’euros, c’est le montant mobilisé en 2021 pour soutenir les porteurs de projets en faveur de la biodiversité en Métropole et dans les Outre-mer. Cette somme bénéficie aux deux appels à projets lancés par l’Office français de la biodiversité (OFB) en ce début d’année : l’un dédié aux Atlas de la biodiversité communale, l’autre à la restauration des écosystèmes. Le dépôt des candidatures doit se faire respectivement avant le 15 mars 2021 et le 20 avril 2021. Un engagement conséquent permis grâce au plan France Relance mis en place par le gouvernement central en septembre dernier. Les Pays et Territoires d’Outre-mer (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Wallis-et-Futuna) n’étant pas éligibles aux crédits du plan France Relance, un budget spécifique de l’OFB leur est réservé (près de 57,27 millions de Fcfp, pour chaque appel à projets). Contacts : sonia.bongain@ofb.gouv.fr / 40 54 29 77 ou franck.connan@ofb.gouv.fr / 40 54 29 75

(D.S.)

Nouvelles missions pour l’expédition Under The Pole

Crédit photo : DR
Une nouvelle collaboration scientifique a été actée entre le Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe) de Moorea et l’expédition Under The Pole, menée par Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout. Durant deux mois, deux grandes missions sont ainsi au programme sur l’île Sœur et à Makatea :
 sensibilité des coraux mésophotiques aux changements climatiques (augmentation de la température et acidification de l’océan) et caractérisation écologique et environnementale du champ de Leptoseris découvert à 90 mètres à Makatea.

 Pour rappel, en juillet 2018, dans le cadre de l’expédition Under The Pole  III – Twilight Zone – 2017-2021, les plongeurs se sont associés aux scientifiques du Criobe pendant près de dix-huit mois. Les explorateurs ont notamment étudié les coraux mésophotiques (entre -30 et -150 mètres de profondeur) dans les eaux des cinq archipels et ont récolté 6 029 échantillons, découvert de nouvelles espèces de corail jamais signalées auparavant en Polynésie et prélevé le corail scléractiniaire photosynthétique le plus profond au monde, à -172 mètres. Par ailleurs, dans le cadre de la “Mission Capsule”, un habitat sous-marin avait été mis en place à des fins d’observation de l’écosystème sur une durée de plusieurs jours.

(D.S.)

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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT