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Hamani Lab, un atelier à Tipaerui pour les artistes professionnels

Hamani Lab, un atelier à Tipaerui pour les artistes professionnels
Bonne nouvelle pour les artistes du fenua, détenteurs du statut professionnel : un atelier a été mis à leur disposition par le ministre de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu. Ces locaux, situés dans une partie des bâtiments affectés au Service de la culture et du patrimoine à Tipaerui, peuvent désormais accueillir jusqu'à dix plasticiens et sculpteurs pour une durée de six mois renouvelables.
C’est l’association Hamani Lab, présidée par Hell Ton John, qui sera en charge de la gestion de cet espace, en collaboration avec le Service de la culture. Hāmani signifiant en reo tahiti "faire, construire, fabriquer", ce laboratoire a pour vocation de mettre en lumière la création polynésienne.

DS

Une drôle de coïncidence

Alors que les hommes et femmes politiques ne cessent de faire remarquer que la justice n’en finit pas de les harceler au moment de leurs campagnes électorales, que dire de celle qui frappe Aldo Tirao, l’ancien directeur du Service pénitentiaire d’insertion et de probation ? Condamné en 2015 en appel à quatre mois de prison avec sursis pour "complicité de tentative d’escroquerie", mais réintégré provisoirement dans l’administration pénitentiaire dans le cadre de l’organisation de la nouvelle prison de Papeari, la Cour de cassation a publié sa condamnation définitive. À la veille de l’arrivée du garde des Sceaux, le timing est-il si anecdotique?

LO

Makatea : le feo transformé en gravats ?

Si l’exploitation des phosphates de Makatea fait désormais peu de doutes quand on voit l’implication du gouvernement dans le dossier, il est un autre matériau de l’île qui pourrait connaître un nouveau débouché : le feo. Cette roche pourrait être ramenée sur Tahiti afin d’être concassée pour produire des gravats. Ce sera toujours ça de moins de pris dans les rivières. Une société de la place a déjà contacté la société Avenir Makatea pour trouver un arrangement.
LO

Du kava à New York !

Pour les inconditionnels des boissons traditionnelles, sachez que la dernière mode des bars new-yorkais, comme à Brooklyn, est de commercialiser du kava. Après le dessin animé Vaiana, le Pacifique Sud est décidément tendance.
LO

L’alcool moins cher

L’annonce a de quoi surprendre, mais, au sein du gouvernement, on travaille à une loi du Pays afin de revoir la politique en matière de taxes sur certains alcools. Le tout répressif a montré ses limites, avec deux conséquences opposées aux résultats attendus. D’une part, seule la consommation "légale" a baissé, au profit de boissons comme le komo, bien plus dangereuses pour la santé que n’importe quelle autre. D’autre part, les rentrées fiscales sur les alcools sont en chute libre. Deux raisons qui devraient mener à une baisse des taxes sur les boissons alcoolisées comme le vin et le champagne. Pour la bière, pour le moment, on ne toucherait à rien.
LO

Culture : Miriama Bono à la tête du Musée de Tahiti et des îles

crédit photo : Keana Photography
Conseillère technique au ministère de la Culture depuis septembre 2014, Miriama Bono devrait prendre prochainement la direction du Musée de Tahiti et des îles-Te Fare Manaha, une information annoncée par Radio 1. La jeune femme a en effet répondu favorablement à la proposition de son ministre Heremoana Maamaatuaiahutapu. Mardi dernier, la Commission de contrôle budgétaire et financier (CCBF) a rendu un avis unanime en faveur de cette nomination. Reste maintenant au conseil des ministres d'entériner cette décision, ce qui devrait se faire dans les jours à venir.
La Polynésienne, qui aura 40 ans en juillet prochain, a suivi une formation à l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette. Artiste-peintre, elle a été par ailleurs la déléguée générale de l'Association du Festival international du film documentaire océanien (Afifo) pendant quatre ans, avant d'en prendre la présidence l'année dernière, après Walles Kotra. Cette nomination est pour elle "un honneur et un gros défi". Très impliquée pour le fenua, elle confie en outre "aimer mettre en valeur notre patrimoine à tous" et avoir "un grand respect pour notre culture".
Elle succédera à Manouche Lehartel, qui avait été la première à occuper ces fonctions et qui avait accepté d'en assurer l'intérim en début d'année, après le départ de Théano Jaillet, qui a intégré pour sa part une formation à l’Institut national du patrimoine à Paris. Parmi ses principales missions, elle mènera les travaux de rénovation du Musée de Tahiti et des îles, assurera la communication des événements importants et sera également en charge du projet prometteur de Centre culturel en Polynésie, dont le chantier doit débuter en 2018.
DS

Coup de gueule en pré-conseil des ministres

L’information d’un accrochage entre Nuihau Laurey et Tearii Alpha avait été relayée en milieu de semaine dernière sur le site de Tahiti Today, en version "bagarre dans la cour de récréation" faisant courir le bruit d’un "pugilat" au conseil des ministres. Cette exagération a depuis été supprimé du site. Mais il n’en reste pas moins qu’un sévère accrochage verbal s’est produit entre les deux ministres du gouvernement Fritch, ce jour-là.
Cette prise de bec et l’apparente mésentente qu’elle montre au sein du gouvernement, pourrait d’ailleurs être à l’origine de la démission prématurée de l’ancien vice-président d’Édouard Fritch. Nuihau Laurey, également ministre de l'Énergie, et Tearii Alpha s'étaient accrochés verbalement lors du pré-conseil des ministres de lundi 13 février, sur la question de l'avenir de la centrale électrique de Hao. Celle-ci tarde à être déménagée pour permettre l'installation de la ferme aquacole. Tearii Alpha en avait fait le reproche à Nuihau Laurey, alors que ce dossier est transversal et implique plusieurs ministères "Il serait temps qu’au ministère de l’Énergie on finisse par assumer ses responsabilités", aurait dit Tearii Alpha en interpellant son homologue. Le ton était vite monté. Cet accrochage avait conduit Nuihau Laurey à quitter précipitamment la séance.
JPV

Le rāhui au JOPF ?

Tahiti Pacifique n°348
Il semble que le dossier que nous avons consacré au rāhui dans notre dernier numéro (Tahiti Pacifique n°348) ait eu quelque résonance, puisque le président Édouard Fritch a annoncé, peu après, lors d’une réunion publique sur Afareaitu, que le rāhui avait toute sa place à Moorea. Il a même été évoqué une légalisation juridique de l’appellation rāhui au Journal officiel.
LO

Une étude à 678 000 Fcfp pour Ia Hau Noa

Ia Hau Noa, vous vous rappelez ? Mais si, ce parti politique créé en 2009 par Bruno Sandras et qui défraye la chronique par… son silence. Il est vrai que Bruno Sandras, inéligible jusqu’en juillet 2017 suite à sa condamnation définitive dans l’affaire des emplois fictifs, s’est plutôt fait discret. Cela n’empêche pas son parti de continuer à percevoir en toute légalité les subventions de l’État auxquelles il peut prétendre. C’est ainsi que dans l’édition des documents administratifs du JO de la République française du 7 février dernier, on peut lire que le parti avait perçu 412 000 Fcfp, comme depuis plusieurs années, au titre de l’exercice 2015. Le plus surprenant porte sur les dépenses de cet exercice que nous vous livrons telles qu’écrites dans le document administratif :

"IV. 1 Faits caractéristiques de l’exercice
[…]
Le parti a fait réaliser, pour un montant de 5 682€ (ce qui constitue 67% des dépenses de l’exercice) une étude bilan/perspectives sur l’organisation du parti, son statut et son programme politique.
Cette étude, autorisée par le bureau exécutif le 6 mars 2015 et réalisée par le cabinet BS consultant, représenté par son exploitant Bruno SANDRAS, a pour objet :
- de dresser un bilan du fonctionnement des structures actuelles du parti depuis sa création (état des lieux - diagnostic), ainsi que de proposer les modifications à apporter en vue d’une organisation plus performante ;
- de procéder à une analyse des statuts actuels du parti (difficultés ou absence de mise en œuvre, dispositions obsolètes ou inadaptées…) et d’en proposer une nouvelle mouture ;
- d’analyser les divers documents ayant été produits par IA HAU NOA (campagnes électorales bulletins d’information, lettres de IA HAU NOA, documents issus d’ateliers de réflexions, voire de commissions spécifiques internes)
La convention de prestation de service, ainsi que le rapport d’études réceptionné et validé par le bureau exécutif.[…]"

Observations des commissaires aux comptes :
"Nous attirons votre attention sur le point suivant exposé dans la note IV.1 de l’annexe concernant les frais d’études réalisés par le cabinet BS Consultant, représenté par son exploitant, M. Bruno SANDRAS."

Le président-fondateur du parti s’est donc facturé une étude sur son parti ! Que ses partisans se rassurent : "(…) ces moyens financiers seront disponibles lorsque l’on reviendra sur le devant de la scène politique", avait déclaré Bruno Sandras l’année dernière à nos confrères de Tahiti Infos.
LO

Plus d’outrage permis

Dans le JO de la République en date du 27 janvier dernier, François Hollande promulgue une loi homologuant des peines d’emprisonnement (déjà prévues par la Polynésie française depuis mai 2016) relative à l’outrage public au drapeau, aux armes et à l’hymne du fenua.
LO

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Confiture et déconfitures…

Confiture et déconfitures…
Le landerneau polynésien a été agité ces dernières semaines. D'abord, on a appris que l'affaire JPK faisait de nouveaux remous et remontait à la surface plus de 21 ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud, avec la garde à vue, puis la mise en examen pour "meurtre" de l'ex-compagne et de l'ami du journaliste, Miri Tatarata et Francis Stein, respectivement directrice de l'Environnement et directeur adjoint du Service de la culture et du patrimoine. L'occasion pour Tahiti Pacifique de se replonger dans ses archives et de rappeler comment la politique peut peser sur la justice (lire page 38). C'est valable encore aujourd'hui avec, comme piqûre de rappel, ce nouvel épisode dans l'affaire Te Maru Ata, où des propriétaires "irréductibles" font face depuis plus de vingt ans à l'obstination du promoteur du lotissement, Bill Ravel (lire page 16), qui a bénéficié à plusieurs reprises du soutien politique de Jean-Christophe Bouissou, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire, en charge des Transports interinsulaires maritimes et aériens, et porte-parole du gouvernement. Tous deux sont sous le coup d'une mise en examen pour "soupçons de corruption" aux côtés d'Emmanuel Sztejnberg-Martin, ancien responsable de la communication du haut-commissariat.
La même semaine, celle où l'on a célébré l'autonomie du Pays, une salve de condamnations et de mises en examen a ébranlé le fenua. Notre ex-président, Gaston Flosse, et notre actuel président, Édouard Fritch, ont été condamnés dans l'affaire de la citerne d'Erima : le premier a écopé de 2 ans de prison avec sursis, 10 millions de Fcfp d’amende et 3 ans d’inéligibilité ; quant au second, il lui est réclamé 5 millions de Fcfp d’amende et 46,3 millions de Fcfp de dommages et intérêts. Les deux hommes, ancien et actuel maires de Pirae, ont été accusés de "détournement de fonds publics" pour avoir fait supporter aux administrés de Pirae l’adduction en eau au domicile de Gaston Flosse, à Arue, depuis 1989. Ils ont décidé de faire appel de ces décisions. Dans la foulée, trois chefs de service locaux ont été mis en examen : deux pour meurtre (cités plus haut) et un pour proxénétisme de mineurs de moins de 15 ans (il sera jugé en comparution immédiate le 18 juillet, aux côtés de deux chefs d'entreprise et d'un pharmacien). Peu de temps auparavant, le maire de Papara et représentant à l'assemblée de la Polynésie française, Putai Taae, a été, lui aussi, condamné pour "prise illégale d'intérêts et recel d'abus de confiance" pour avoir versé des subventions à l’association Ia Ora Papara, dont il était le président d’honneur. L'affaire Haddad-Flosse, elle, a été renvoyée en septembre, pour la quatrième fois en quinze mois.
Au vu du nombre d'hommes politiques ou de responsables corrompus à Tahiti et dans les îles, on devrait lancer un concours : celui qui trempe le mieux le doigt dans la confiture ! D'ailleurs, souvent, ce n'est plus le doigt, mais le bras entier qui plonge dans le pot… Par contre, côté projets, le gouvernement collectionne les déconfitures, à l'instar du Village tahitien. Ainsi, malgré deux reports de date (le 22 mars et le 6 mai 2019), les investisseurs maoris et le Samoan Frederick Grey n'ont pas concrétisé leur offre. Le groupement Kaitiaki Tagaloa avait pourtant été déclaré lauréat le 13 avril 2018 des six lots d’hébergements touristiques de l'appel à projets sur les seize lots que constitue le projet global et avait signé le 17 août suivant le protocole d’engagement avec TNAD. Le délai ayant expiré, deux prolongations de 45 jours leur ont été accordées jusqu'à la date butoir du 30 juin dernier. Désormais, on attend le plan B de  la Vice-présidence, en charge de la supervision de ce grand projet d'investissement, qui a déjà coûté la bagatelle de 700 millions de Fcfp de frais d'études. On guette aussi des nouvelles de la ferme aquacole de Hao, dont on a fêté, le 6 mai dernier, le quatrième anniversaire de la première pierre inaugurale…

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt