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Oscars 2020 : la consécration pour deux Océaniens !

Crédit photo : DR
Alors que le Festival international du film documentaire océanien (Fifo) vient de s’achever en Polynésie, l’Océanie est à l’honneur sur le plan international. Saluons tout d’abord la victoire aux Oscars 2020 de Taika Waititi, primé pour la Meilleure adaptation du film Jojo Rabbit. Celle-ci récompense l’excellence du travail mené depuis plusieurs années par ce jeune et brillant réalisateur judéo-maori né en Nouvelle-Zélande, le premier Océanien à remporter la fameuse statuette d’or, emblème du cinéma hollywoodien. "La victoire de Taika Waititi et son allocution lors de la réception de ce prix sont extrêmement pertinentes dans notre contexte et pour tous les porteurs d’histoires océaniens. Elle représente une influence majeure dans l’histoire de notre audiovisuel et pour les artistes des temps modernes en Océanie. Elle rappelle également l’un des principes fondateurs de notre festival : promouvoir l’Océanie, ses peuples et ses cultures à travers le monde grâce à des contenus audiovisuels authentiques. Enfin, elle est en pleine cohérence avec les projets et les visions d’avenir que l’association du FIFO développera dans les prochaines années", a ainsi commenté l’association du Fifo (Afifo).
Quant à Chelsea Winstanley, l’épouse de Taika Waititi, elle a été nommée aux mêmes Academy Awards pour le prix de la Meilleure production. Originaire aussi de Nouvelle-Zélande, elle est la première femme océanienne à réaliser cette performance. Également productrice du film Merata : How Mum Decolonised The Screen, primé lors du Fifo 2020, "elle fait la preuve, elle aussi, du talent, du dynamisme et de la passion des Océaniens à raconter eux-mêmes leurs histoires et à produire leur propre cinéma", s’est réjouie encore l’Afifo.

(D.S.)

Dernière évolution des modèles climatiques

Source : www.bloomberg.com/news/features/2020-02-03/climate-models-are-running-red-hot-and-scientists-don-t-know-why
On vous donne les dernières nouvelles à propos de l’affinement des énormes programmes informatiques (modèles climatiques), conçus pour analyser et prédire l’évolution de la température mondiale (voir mon article sur le réchauffement climatique n° 5/16, intitulé "Une idéologie et l’avènement de l’informatique", paru dans TPM n° 412 du 26 juillet 2019). Bloomberg Green vient de publier les dernières simulations des modèles climatiques, en cas de doublement du niveau de CO2 dans l’atmosphère. Ci-dessus (voir tableau), leurs prévisions de hausse de température, qui seraient plus alarmantes que prévues.

Malheureusement, les scientifiques qui ont conçu ces modèles climatiques ne comprennent pas vraiment cet emballement anormal de la température mondiale. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) suit cela de très près pour leur prochain rapport, prévu en 2021. Voici la conclusion de l’article en question, rédigé par Akshat Rathi : "En attendant, Andrew Gettelman et ses collègues du monde entier iront de l’avant. « C’est comme un puzzle géant », a-t-il dit, « où tout le monde possède une petite pièce »."
Dans mon article n° 5/16, je rappelais que le climat était avant tout un "système chaotique couplé et non-linéaire" que l’on ne pouvait modéliser sur le long terme car le critère de "reproductibilité" n’était pas démontré. À l’article n° 15/16, intitulé "La transition espérée vers l’énergie renouvelable (EnR)" (lire TPM n° 422 du
13 décembre 2019), j’écrivais : "Les marcheurs pour le climat sous-entendent qu’il faut cesser la combustion des énergies fossiles, impliquant pour la Polynésie l’arrêt des importations de pétrole et de gaz. Imaginez ici la vie avec l’arrêt des groupes électrogènes de l’EDT (voir un aperçu du black-out survenu le 10 octobre 2019 sur Tahiti), et aussi des avions internationaux et bateaux interinsulaires. Tout le monde devra circuler à pied, à cheval, à vélo, à la voile, à la nage, en trottinette ou en pirogue ! Nous aurons alors de l’électricité que s’il y a du vent (en supposant que les éoliennes soient acceptées ici), du soleil (panneaux PV) ou si les barrages ont suffisamment d’eau. Avec un tel scénario, on risque fort de se rapprocher des scènes apocalyptiques du film Mad Max, où les gens se battraient pour sécuriser l’énergie nécessaire à leur survie."
Donc oui, entre-temps, essayons de minimiser l’utilisation de l’énergie fossile (pétrole-gaz-charbon) ; ce qui n’est pas si facile.

(Gilbert Wane)

Gaston Tong Sang refuse que la croisière abuse…

Crédit photo : Dominique Schmitt
Alors que la croisière se développe à vitesse grand V en Polynésie, Gaston Tong Sang, le maire de Bora Bora et président de l’assemblée, a annoncé, en marge du colloque sur la "Résilience des îles et territoires d’Asie-Pacifique", son intention d’interdire, d’ici 2022, l’accès aux gros paquebots dans le lagon de l’île, du moins ceux de plus de 2 000 passagers. L’édile, qui redoute "la saturation" et "inéluctablement l’asphyxie de l’écosystème", citant également "la pollution de l’air" et "le bruit du moteur qui fait fuir le poisson", a envoyé un courrier officiel au président du Pays et à la ministre du Tourisme. Tahiti Pacifique ne peut que saluer cette belle prise de position, notre rédaction ayant pointé de nombreuses fois du doigt l’impact environnemental géant de ces monstres des mers, notamment au travers de sa Une "La croisière abuse" (lire TPM n° 409 du 14 juin 2019). On se souvient par ailleurs que plusieurs escales de paquebots énormes ont créé la polémique récemment, comme celles de l’Amsterdam à Rangiroa, en décembre dernier, sans omettre l’accident survenu à Raiatea, le 1er juin 2019, lorsque le Wind Spirit a heurté deux fois le quai d’Uturoa, ainsi qu’un voilier à proximité. Non, la croisière n’amuse plus !

(D.S.)

"Une autorité polynésienne de la concurrence peu pacifique", selon le Canard Enchaîné

"Une autorité polynésienne de la concurrence peu pacifique", selon le Canard Enchaîné
On ne vous cache pas notre satisfaction en découvrant que nos confrères du Canard enchaîné avaient cité Tahiti Pacifique, en page 4 de leur édition du 22 janvier 2020, pour rebondir sur les casseroles que traîne derrière elle l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC). Bon, l’hebdomadaire satirique s’est un peu emmêlé les pinceaux en parlant de "Tahiti Magazine", mais on aura compris que la rédaction réagit à notre couverture intitulée "L’APC en manque d’impartialité" (lire TPM n° 419 du
31 octobre 2019). Sous la plume de Dominique Simonnot, l’article rappelle comment, selon la Cour d’appel de Paris, le président de l’APC, Jacques Mérot, se trouve "dans une situation fort singulière" dans l’affaire de la réfrigération de boissons impliquant le groupe de distribution Wane, et évoque même "un joli conflit d’intérêts". Le Canard enchaîné se demande ensuite si les dernières décisions du collège de l’APC augurent "plus de transparence et de justice". Et de concéder : "Pas si simple". En effet, un haut fonctionnaire local, dont on ne mentionne pas le nom, aurait lâché : "Il règne en Polynésie une forte collusion entre les grands groupes, le pouvoir politique et des réseaux qui ne veulent à aucun prix que l’on touche aux intérêts économiques. Et ce conflit d’intérêts du président les a bien arrangés." Et Le Canard de conclure : "Cet été, la Cour de cassation se penchera à son tour sur l’affaire. Le micmac tahitien risque de la tenir occupée…"
(D.S.)

Ils sont forts ces Chinois (et on n’est vraiment pas bons)

Crédit photo : AFP
Nous avons consacré dans nos colonnes de nombreux articles concernant notre système de santé qui n’est pas au point, loin s’en faut. La construction spectaculaire en dix jours du nouvel hôpital "Huoshenshan", à Wuhan, (d’une capacité de 1 000 lits, il a mobilisé 4 000 ouvriers qui se sont relayés jour et nuit, ainsi que 1 000 machines), pour lutter contre le coronavirus, puis, deux jours après, celle d’un autre édifice du même type, le "Leishenshan Hospital" (1 500 lits), nous incitent à faire une rapide comparaison de productivité entre la Chine et le fenua

Capacité d’hospitalisation :
- 2 500 lits pour Wuhan (Chine)
- 564 lits pour le CHPF (Centre hospitalier de la Polynésie française)
Coût de construction :
- 39 millions d’euros = 4,680 milliards de Fcfp pour les deux bâtiments (Chine)
- Estimation réaliste : plus de 30 milliards de Fcfp pour le CHPF (sans oublier des frais de fonctionnement annuels de 21,2 milliards de Fcfp, correspondant à sa Dotation globale de financement pour 2017)

Délai de réalisation : 
- 10 jours pour Huoshenshan (Chine)
- 12 ans pour le CHPF

Face à cet exploit des Chinois et ces premiers chiffres, force est de constater – avec de surcroît une nouvelle directrice du CHPF, Claude Panero, payée près de 2 millions de Fcfp par mois (soit le double du salaire moyen d’un directeur d’un hôpital métropolitain) – qu’on est très loin du compte au fenua ! Vertigineux, les frais annuels d’exploitation du CHPF sont si élevés qu’ils rattrapent le coût total de construction…

(D.S.)

Les violences intrafamiliales et conjugales explosent !

Infographie : Taema Cuneo - Source : Bilan 2019 des chiffres de la délinquance
Le haut-commissariat a présenté son bilan 2019 ; le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres de la délinquance sont alarmants, avec surtout "une augmentation de la violence liée aux taux des violences intrafamiliales constatée en Polynésie, supérieurs aux moyennes nationales" (en 2019, le taux pour 1 000 habitants est 10,86 faits au fenua contre 10,12 faits en Métropole). Deux femmes ont été tuées à la suite de violences conjugales et 2 929 personnes ont été victimes de violences, dont la majorité dans la sphère familiale. Les "faits constatés en matière d’infractions à la législation sur les stupéfiants" sont deux fois plus élevés qu’en Métropole et "les saisies des avoirs criminels" se développent constamment depuis ces trois dernières années. Points positifs : la baisse des atteintes aux biens et la diminution du nombre de tués sur la route (29 morts contre 36, en 2018).

(D.S.)

École bilingue de Polynésie : injonction faite au CAMICA de “cesser toute entrave”

Crédit photo : Tahiti Infos
Dans l’affaire qui oppose l’École bilingue de Polynésie (EBP) au foyer du Bon Pasteur du Conseil d’administration de la Mission catholique (CAMICA), le tribunal civil de première instance a tranché en faveur de l’EBP, en condamnant le personnel de la Mission catholique à “mettre un terme aux troubles illicites”. Le juge de la mise en état a rejeté l’ensemble des demandes incidentes du CAMICA. L’EBP avait déjà gagné au tribunal administratif en juillet 2018. Reste désormais à la Justice de décider de la durée et de la nature du bail qui lie les deux parties.
(D.S.)

Route du Sud : Édouard Fritch veut “calmer les choses”

Crédit photo : DR
Avec notamment les élections municipales en mars et la venue d’Emmanuel Macron en avril, le début de l’année 2020 s’annonce riche en événements – et rebondissements. Ainsi, le président de la Polynésie a finalement décidé de jouer la carte de la prudence en suspendant le projet de Route du Sud, reliant Punaauia à Taravao, et en le retirant du plan général d’aménagement de Paea. Édouard Fritch affirme en effet avoir “entendu la détresse de la population” et vouloir “calmer les choses”. Il va ainsi relancer une nouvelle étude afin de “répondre aux préoccupations” des riverains et repousser le tracé plus en pied de montagnes. Pour rappel, l’investissement est estimé à 180 milliards de Fcfp, selon Jean-Christophe Bouissou, le ministre de l’Aménagement. Dans son rapport relatif à l’enquête publique du Schéma d’aménagement général de la Polynésie française, le Conseil économique, social, environnemental et culturel note "la nécessité d’élargir la route de ceinture de Punaauia à Paea, de finaliser l’étude de la route de contournement de Papeete, de limiter le recours aux ronds-points, de créer des parkings à la périphérie des agglomérations". Farouchement opposé au projet, le collectif Mata Atea des riverains de Paea, présidé par Gilles Parzy, prône “la décentralisation économique, sanitaire, éducative et institutionnelle”.

(D.S.)

Un Néo-Calédonien à la tête de Tahiti Tourisme : la fausse bonne idée ?

Crédit photo : DR
Jean-Marc Mocellin est de retour au fenua pour prendre les rênes de Tahiti Tourisme et succéder à Paul Sloan, parti depuis le mois d’octobre dernier. Le Néo-Calédonien a plus de trente-cinq ans d’expérience dans l’hôtellerie de luxe en Europe, Afrique, Océanie et Asie. Ici, il est surtout connu pour avoir été le directeur de l’hôtel Beachcomber (ex-InterContinental Resort Tahiti) pendant vingt-trois ans, avant de prendre la tête de Nouvelle-Calédonie Tourisme en mai 2017. “Sa connaissance de la Polynésie et de son expérience en Asie et dans la région seront utiles à la destination”, a considéré Nicole Bouteau, la ministre du Tourisme. M. Mocellin prendra ses fonctions au début du mois d’avril prochain. Jusque-là, l’intérim de la direction sera assuré par Vaima Deniel, directrice des opérations locales de Tahiti Tourisme.
D’après nos informations, le casting pour ce poste important a été limité à six candidatures internationales, mais aucune personnalité locale (ni aucune femme) n’a été entendue sur une centaine de CV reçus. Par ailleurs, la nouvelle agence de communication pour la stratégie 2020, Circul8, est australienne. Elle sera chargée de développer la campagne globale 2021 pour promouvoir Tahiti et ses îles à l'international.
Gageons que ces influences diverses contribuent encore plus au développement du tourisme en Polynésie, dont la destination affiche, de janvier à octobre 2019, une progression de 9,6 % de sa fréquentation (198 619 touristes) par rapport à la même période en 2018.
Pour sa part, le quotidien Les Nouvelles Calédoniennes évoque "un malaise", car le tourisme sur le Caillou "peine vraiment à décoller".

(D.S.)

L’APC fait (encore) les choux gras de la presse spécialisée

Crédit photo : Tahiti Infos
Après avoir révélé de lourdes irrégularités procédurales au sein de l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC), violant les principes fondamentaux de séparation des pouvoirs et d’impartialité, nous avons relayé dans une précédente édition (lire TPM n° 422 du 13 décembre 2019) quelques extraits de la presse spécialisée qui fustige l’APC. Eh bien, cela continue encore et encore, et comme on ne s’en lasse pas, on vous propose ici quelques morceaux choisis. À propos du dossier impliquant des sociétés de gardiennage, les frères Vogel écrivent dans L’essentiel : “Informées de graves entorses à leurs droits procéduraux, les entreprises mises en cause ont demandé et obtenu que l’affaire soit attribuée à un collège autrement composé. (…) Selon l’APC, dans sa nouvelle composition, la subordination du rapporteur général au collège traduit un manquement caractérisé au principe de séparation des fonctions d’instruction et de jugement. Celui-ci se double d’un doute sérieux sur l’impartialité de la décision finale, puisqu’en qualifiant, dans sa demande d’instructions au collège, la proposition de non-lieu de risque, la rapporteure a pu laisser craindre un préjugement de l’affaire, dans un sens répressif. En conséquence, l’APC déclare la procédure viciée et prononce un non-lieu.” Et de conclure, de façon tonitruante : “Ce nouveau dysfonctionnement, mis en lumière par le nouveau collège de l’APC, militerait en faveur d’une profonde réforme de sa gouvernance.”
Dans la même revue, Emmanuel Dieny rappelle, lui, comment l’APC s’est fait “taper sur les doigts par la Cour d’appel de Paris” suite à l’affaire de la réfrigération de boissons impliquant le groupe de distribution Wane, après que l’absence d’impartialité du président en personne, Jacques Mérot, eut été invoquée par les entreprises poursuivies pour abus de position dominante. En effet, M. Mérot avait notamment rédigé une attestation en faveur d’un des anciens collaborateurs de l’APC dans le cadre d’un contentieux prud’homal les opposant. Notre petit doigt nous dit qu’il devrait se passer des choses dans les semaines à venir…

(D.S.)

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Thibaud Millet, maître ès libertés

Thibaud Millet, maître ès libertés
Thibaud Millet est le nouvel empêcheur de tourner en rond de la sphère judiciaire, le poil à gratter des autorités, le justicier des opprimés. À la rédaction, nous l’avons surnommé "l’avocat qui met les pieds dans le plat". Grand défenseur des libertés, il n’hésite pas à sortir des sentiers battus et à rentrer dans le chou de ses adversaires, les mettant face à leurs contradictions ! Illustre inconnu il y a encore six mois, Me Millet occupe depuis la crise Covid toute sa place dans les médias. En mai dernier, il a fait tomber l’arrêté du haut-commissaire instaurant le couvre-feu et l’interdiction de rassemblement. Puis, il s’est attaqué aux restrictions d’alcool. Le 22 septembre, le magistrat a également déposé deux référés-libertés concernant, cette fois, le port du masque et les gestes barrières. C’est lui qui est également l’avocat de Karl Anihia, le président de Tahiti Herb Culture, jugé en appel pour avoir planté un plant de paka devant l’assemblée et demandé la légalisation du cannabis thérapeutique. Par ailleurs, il défend son confrère Stanley Cross dans l’affaire Radio Tefana, qui oppose Oscar Temaru au procureur de la République Hervé Leroy. Autre cheval de bataille : les conditions de détention des détenus de Nuutania, la prison la plus surpeuplée de France. Ainsi, il est sur tous les fronts dès lors qu’il est question d’atteintes à la liberté. Qui est cet avocat qui n’a pas froid aux yeux ? C’est ce que nous avons voulu savoir.
Dans notre portrait à la Une, découvrez un homme passionné du juridique et expert du droit, un bosseur déterminé qui a le goût du challenge. Féru de chasse sous-marine et d’apnée, Thibaud Millet repousse ses limites, à la cour comme à la vie. Nous avons souhaité comprendre quelles sont les réelles motivations de ses plaidoiries. À propos de l’interdiction de vente d’alcool réfrigéré, il explique, par exemple, que cela s’adresse aux grandes surfaces ; les cavistes, eux, ont une dérogation. "On l’a contestée, mais le Pays nous a répondu qu’il y avait deux types de magasins pour différents publics : une clientèle qui sait déguster des bons alcools et une autre dite tout public qui se livre à une consommation de masse. Cette discrimination sociale est choquante", considère-t-il. Susciter "un vrai débat dépassionné" sur le port du masque, et vouloir des lois cohérentes et intelligibles, sans "gesticulation politique", est en outre légitime. Le tribunal administratif vient d’ailleurs de trancher dans son sens : les juges estiment notamment que l’obligation du port du masque doit être limitée dans le temps et qu’il doit pouvoir y être dérogé pour les personnes qui présentent une contre-indication médicale au port du masque. Aussi, dans ce contexte de crise sanitaire, les nombreuses contraintes exigées par les autorités au nom de la communauté sont parfois mal vécues sur le plan individuel par certains citoyens qui ont soif de liberté. Cette liberté chérie à laquelle nous aspirons tous, au même titre que l’égalité et la fraternité, les deux autres piliers de la République française. Mais n’oublions pas que "la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres". C’est toute la complexité de ce nouveau monde dans lequel nous devons réapprendre à vivre ensemble, celui de l’après-Covid. C’est pourquoi, Tahiti Pacifique s’évertue à chaque numéro à vous apporter "une goutte de liberté dans l’océan", la devise chère à Alex W. du Prel. D’ailleurs, nous avons pris également la liberté d’imprimer désormais votre magazine sur notre nouvelle presse numérique, gage d’une très haute qualité d’impression pour un rendu exceptionnel.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT