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Ils sont forts ces Chinois (et on n’est vraiment pas bons)

Crédit photo : AFP
Nous avons consacré dans nos colonnes de nombreux articles concernant notre système de santé qui n’est pas au point, loin s’en faut. La construction spectaculaire en dix jours du nouvel hôpital "Huoshenshan", à Wuhan, (d’une capacité de 1 000 lits, il a mobilisé 4 000 ouvriers qui se sont relayés jour et nuit, ainsi que 1 000 machines), pour lutter contre le coronavirus, puis, deux jours après, celle d’un autre édifice du même type, le "Leishenshan Hospital" (1 500 lits), nous incitent à faire une rapide comparaison de productivité entre la Chine et le fenua

Capacité d’hospitalisation :
- 2 500 lits pour Wuhan (Chine)
- 564 lits pour le CHPF (Centre hospitalier de la Polynésie française)
Coût de construction :
- 39 millions d’euros = 4,680 milliards de Fcfp pour les deux bâtiments (Chine)
- Estimation réaliste : plus de 30 milliards de Fcfp pour le CHPF (sans oublier des frais de fonctionnement annuels de 21,2 milliards de Fcfp, correspondant à sa Dotation globale de financement pour 2017)

Délai de réalisation : 
- 10 jours pour Huoshenshan (Chine)
- 12 ans pour le CHPF

Face à cet exploit des Chinois et ces premiers chiffres, force est de constater – avec de surcroît une nouvelle directrice du CHPF, Claude Panero, payée près de 2 millions de Fcfp par mois (soit le double du salaire moyen d’un directeur d’un hôpital métropolitain) – qu’on est très loin du compte au fenua ! Vertigineux, les frais annuels d’exploitation du CHPF sont si élevés qu’ils rattrapent le coût total de construction…

(D.S.)

Les violences intrafamiliales et conjugales explosent !

Infographie : Taema Cuneo - Source : Bilan 2019 des chiffres de la délinquance
Le haut-commissariat a présenté son bilan 2019 ; le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres de la délinquance sont alarmants, avec surtout "une augmentation de la violence liée aux taux des violences intrafamiliales constatée en Polynésie, supérieurs aux moyennes nationales" (en 2019, le taux pour 1 000 habitants est 10,86 faits au fenua contre 10,12 faits en Métropole). Deux femmes ont été tuées à la suite de violences conjugales et 2 929 personnes ont été victimes de violences, dont la majorité dans la sphère familiale. Les "faits constatés en matière d’infractions à la législation sur les stupéfiants" sont deux fois plus élevés qu’en Métropole et "les saisies des avoirs criminels" se développent constamment depuis ces trois dernières années. Points positifs : la baisse des atteintes aux biens et la diminution du nombre de tués sur la route (29 morts contre 36, en 2018).

(D.S.)

École bilingue de Polynésie : injonction faite au CAMICA de “cesser toute entrave”

Crédit photo : Tahiti Infos
Dans l’affaire qui oppose l’École bilingue de Polynésie (EBP) au foyer du Bon Pasteur du Conseil d’administration de la Mission catholique (CAMICA), le tribunal civil de première instance a tranché en faveur de l’EBP, en condamnant le personnel de la Mission catholique à “mettre un terme aux troubles illicites”. Le juge de la mise en état a rejeté l’ensemble des demandes incidentes du CAMICA. L’EBP avait déjà gagné au tribunal administratif en juillet 2018. Reste désormais à la Justice de décider de la durée et de la nature du bail qui lie les deux parties.
(D.S.)

Route du Sud : Édouard Fritch veut “calmer les choses”

Crédit photo : DR
Avec notamment les élections municipales en mars et la venue d’Emmanuel Macron en avril, le début de l’année 2020 s’annonce riche en événements – et rebondissements. Ainsi, le président de la Polynésie a finalement décidé de jouer la carte de la prudence en suspendant le projet de Route du Sud, reliant Punaauia à Taravao, et en le retirant du plan général d’aménagement de Paea. Édouard Fritch affirme en effet avoir “entendu la détresse de la population” et vouloir “calmer les choses”. Il va ainsi relancer une nouvelle étude afin de “répondre aux préoccupations” des riverains et repousser le tracé plus en pied de montagnes. Pour rappel, l’investissement est estimé à 180 milliards de Fcfp, selon Jean-Christophe Bouissou, le ministre de l’Aménagement. Dans son rapport relatif à l’enquête publique du Schéma d’aménagement général de la Polynésie française, le Conseil économique, social, environnemental et culturel note "la nécessité d’élargir la route de ceinture de Punaauia à Paea, de finaliser l’étude de la route de contournement de Papeete, de limiter le recours aux ronds-points, de créer des parkings à la périphérie des agglomérations". Farouchement opposé au projet, le collectif Mata Atea des riverains de Paea, présidé par Gilles Parzy, prône “la décentralisation économique, sanitaire, éducative et institutionnelle”.

(D.S.)

Un Néo-Calédonien à la tête de Tahiti Tourisme : la fausse bonne idée ?

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Jean-Marc Mocellin est de retour au fenua pour prendre les rênes de Tahiti Tourisme et succéder à Paul Sloan, parti depuis le mois d’octobre dernier. Le Néo-Calédonien a plus de trente-cinq ans d’expérience dans l’hôtellerie de luxe en Europe, Afrique, Océanie et Asie. Ici, il est surtout connu pour avoir été le directeur de l’hôtel Beachcomber (ex-InterContinental Resort Tahiti) pendant vingt-trois ans, avant de prendre la tête de Nouvelle-Calédonie Tourisme en mai 2017. “Sa connaissance de la Polynésie et de son expérience en Asie et dans la région seront utiles à la destination”, a considéré Nicole Bouteau, la ministre du Tourisme. M. Mocellin prendra ses fonctions au début du mois d’avril prochain. Jusque-là, l’intérim de la direction sera assuré par Vaima Deniel, directrice des opérations locales de Tahiti Tourisme.
D’après nos informations, le casting pour ce poste important a été limité à six candidatures internationales, mais aucune personnalité locale (ni aucune femme) n’a été entendue sur une centaine de CV reçus. Par ailleurs, la nouvelle agence de communication pour la stratégie 2020, Circul8, est australienne. Elle sera chargée de développer la campagne globale 2021 pour promouvoir Tahiti et ses îles à l'international.
Gageons que ces influences diverses contribuent encore plus au développement du tourisme en Polynésie, dont la destination affiche, de janvier à octobre 2019, une progression de 9,6 % de sa fréquentation (198 619 touristes) par rapport à la même période en 2018.
Pour sa part, le quotidien Les Nouvelles Calédoniennes évoque "un malaise", car le tourisme sur le Caillou "peine vraiment à décoller".

(D.S.)

L’APC fait (encore) les choux gras de la presse spécialisée

Crédit photo : Tahiti Infos
Après avoir révélé de lourdes irrégularités procédurales au sein de l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC), violant les principes fondamentaux de séparation des pouvoirs et d’impartialité, nous avons relayé dans une précédente édition (lire TPM n° 422 du 13 décembre 2019) quelques extraits de la presse spécialisée qui fustige l’APC. Eh bien, cela continue encore et encore, et comme on ne s’en lasse pas, on vous propose ici quelques morceaux choisis. À propos du dossier impliquant des sociétés de gardiennage, les frères Vogel écrivent dans L’essentiel : “Informées de graves entorses à leurs droits procéduraux, les entreprises mises en cause ont demandé et obtenu que l’affaire soit attribuée à un collège autrement composé. (…) Selon l’APC, dans sa nouvelle composition, la subordination du rapporteur général au collège traduit un manquement caractérisé au principe de séparation des fonctions d’instruction et de jugement. Celui-ci se double d’un doute sérieux sur l’impartialité de la décision finale, puisqu’en qualifiant, dans sa demande d’instructions au collège, la proposition de non-lieu de risque, la rapporteure a pu laisser craindre un préjugement de l’affaire, dans un sens répressif. En conséquence, l’APC déclare la procédure viciée et prononce un non-lieu.” Et de conclure, de façon tonitruante : “Ce nouveau dysfonctionnement, mis en lumière par le nouveau collège de l’APC, militerait en faveur d’une profonde réforme de sa gouvernance.”
Dans la même revue, Emmanuel Dieny rappelle, lui, comment l’APC s’est fait “taper sur les doigts par la Cour d’appel de Paris” suite à l’affaire de la réfrigération de boissons impliquant le groupe de distribution Wane, après que l’absence d’impartialité du président en personne, Jacques Mérot, eut été invoquée par les entreprises poursuivies pour abus de position dominante. En effet, M. Mérot avait notamment rédigé une attestation en faveur d’un des anciens collaborateurs de l’APC dans le cadre d’un contentieux prud’homal les opposant. Notre petit doigt nous dit qu’il devrait se passer des choses dans les semaines à venir…

(D.S.)

Audiovisuel : un film sur Mara V au Quai Branly

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Jonathan Bougard a réalisé un film sur le sculpteur polynésien Vaiere Mara, aka Mara V, à qui nous avions consacré un dossier (voir TPM n˚ 414 du 23 août 2019). Bien connu de son vivant, puis tombé dans l’oubli, le génie de la sculpture revient sur les devants de la scène grâce à ce documentaire. Diffusée sur TNTV en décembre dernier, l’œuvre audiovisuelle sera présentée au Musée du Quai Branly le 23 janvier prochain dans le cadre d’un cycle cinéma des Océanistes. De quoi donner une visibilité notoire au travail de recherches de Jonathan Bougard, qui ambitionne de recenser les œuvres du virtuose de la sculpture.

(A.A.)

Marine : deux patrouilleurs d’outre-mer d’ici 2025 ?

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Un contrat des Patrouilleurs d’Outre-mer (POM) a été notifié à la fin du mois de décembre dernier au constructeur boulonnais, Socarenam, par la Direction générale de l’armement. Cette procédure a connu quelques péripéties dans le courant du mois de décembre, du fait de la velléité d’un des compétiteurs d’initier un recours contre l’attribution du marché au lauréat. Ainsi, six POM de la Marine nationale seront livrés entre 2022 et 2025. Deux d’entre eux seront basés en Nouvelle-Calédonie, deux autres à la Réunion et les deux derniers en Polynésie.

(A.A.)

Parlement européen : les échanges commerciaux Europe-Polynésie facilités

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Un texte a été adopté le 17 décembre dernier au Parlement européen pour faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et les Pays et Territoires d’Outre-mer (PTOM) : Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et Saint-Barthélemy. Avec 661 votes en faveur, un contre et 28 abstentions, le texte vise à simplifier les exportations des produits européens, ce qui aura pour effet d’augmenter les flux entre le continent et les PTOM. Ce texte proposé par la commission sert clairement l’Europe, qui voit son marché s’agrandir grâce à cet outil législatif. La simplification administrative voit la suppression du document obligatoire EUR1 qui visait les échanges de produits dont le montant était supérieur à 10 000 euros, mais elle pose aussi l’obligation pour les exportateurs d’être enregistrés au niveau des douanes.

(A.A.)

Mobilisation : la population pour la délation

Mobilisation : la population pour la délation
L’ice semble gangréner la société polynésienne depuis bien trop longtemps. Quand les pouvoirs publics et les forces de l’ordre se retrouvent démunis face à ce fléau, la population, elle, agit pour le combattre. En effet, depuis le début d’année, des citoyens se sont mobilisés avec comme objectif de “renseigner au mieux et de prévenir, sans jugement, nos adolescents, nos connaissances, notre entourage, pour qu’ils ne tombent pas dans cette drogue”. Le collectif “Luttons contre l’ICE” échange régulièrement et diffuse son message via les réseaux sociaux, recueillant des témoignages poignants de consommateurs, ex-consommateurs, et proches de consommateurs. Si certains fustigent le mot “dénoncer” quand il s’agit de partager les informations avec les forces de l’ordre, c’est bien ce dont il s’agit quand on voit les échanges qui ont lieu sur la page. Ce groupe a cependant le mérite de mettre en relief l’engagement des citoyens en réaction à la difficulté à laquelle les autorités font face au sujet de l’ice.

(A.A.)

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT