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ICAN : “La France prend le risque de l’apocalypse nucléaire”

ICAN : “La France prend le risque de l’apocalypse nucléaire”
L’entrée en vigueur, le 22 janvier 2021, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) ouvre une nouvelle ère : ces armes de destruction massive sont illégales au regard du droit international, a annoncé dans un communiqué le relais national de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), prix Nobel de la paix 2017. Créée en 2007, ICAN regroupe 570 organisations non gouvernementales partenaires dans 103 pays. Pour elle, “la France — à l’égal des autres puissances nucléaires — tourne le dos à la paix, à la démocratie et au droit international. En refusant ce traité, ses responsables politiques favorisent une accoutumance des citoyens aux périls possibles d’une apocalypse nucléaire”. En outre, ICAN dénonce “un non-sens pour un État qui se veut « responsable », et souhaite renforcer la sécurité internationale, garantir la préservation de la biodiversité et de l’environnement jusque dans sa Constitution”.
(D.S.)

Le tapa “made in Thailand”, l’intarissable poule aux œufs d’or…

Le tapa “made in Thailand”, l’intarissable poule aux œufs d’or…
Alors qu’en fin d’année, la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers de Polynésie française (CCISM) lançait la campagne de communication “J’achète au fenua pour Noël” (“Pour les fêtes, je donne du sens à mes achats. J’achète au fenua, je soutiens l’emploi et l’économie locale”, slogan ensuite repris pour la période des soldes de janvier), notre numéro 445 du 18 décembre (photo ci-contre) révélait une affaire majeure de suspicion de fraude au tapa. Nous confirmions avoir découvert que cette entreprise avait vendu des soi-disant tapa à des grands hôtels de nos îles et même jusqu’à la boutique du Musée du Quai Branly… !
Un sujet qui ne saurait laisser nos dirigeants indifférents. Le service de l’Artisanat avait donc saisi la Direction générale des affaires économiques (DGAE), mais un an après – et alors que deux mois se sont écoulés depuis la publication de notre article – il semblerait que l’enquête soit toujours en cours… Sabine Bazile, directrice de la DGAE, explique : “Du fait du secret des enquêtes, il ne m’est pas possible de communiquer des informations détaillées. Par ailleurs, comme vous l’avez indiqué dans votre article, la société incriminée est placée en liquidation amiable, ce qui n’est pas de nature à faciliter notre enquête. Surtout, l’enquête a été étendue aux produits invoquant une origine locale ou résultant de la mise en œuvre de méthodes traditionnelles de fabrication. Enfin, il me semble nécessaire d’attirer l’attention des revendeurs, dont la responsabilité peut également être recherchée en fonction des circonstances dans lesquelles ils ont acheté et présenté à la vente les produits.”
En attendant, les produits importés, eux, sont toujours à la vente. Si les mentions ont quelque peu changé (il est désormais indiqué “articles en papier faits main”, voir photo à gauche), il n’en reste pas moins qu’ils ne sont en rien issus de l’artisanat. De plus, au verso, demeure le texte sur la fabrication du tapa, entretenant encore habilement le doute d’une production artisanale.
La raison d’être de la presse engagée est de faire avancer les débats de société, conjointement avec le politique. Espérons que ce dossier saura trouver un écho auprès de nos dirigeants, notamment avec des prises de décision fortes. En attendant l’issue de l’enquête, il nous faudra donc prendre notre mal en patience, mais la rédaction compte bien suivre le dossier jusqu’au bout.

(V.D.)

Vents contraires sur Mururoa, le nouveau livre de Ghislain Houzel

Vents contraires sur Mururoa, le nouveau livre de Ghislain Houzel
Son nom ne vous est certainement pas inconnu, et pour cause ! Cet ancien ingénieur à la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) nous a livré des confidences explosives dans notre édition spéciale consacrée au douloureux sujet du nucléaire (lire TPM n° 433 du 31 mai 2020). Après Secrets de Mururoa et Des nouvelles de Monsieur de La Pérouse, Ghislain Hozel a profité du confinement pour écrire un nouveau roman, cette fois historique, disponible sur Amazon. Dans Vents contraires sur Mururoa, il relate l’histoire extraordinaire et véridique de Samuel Pollend, un jeune juif anglais qui, en 1790, fut injustement condamné et envoyé au bagne pour un vol qu’il n’avait pas commis. En 1791, Samuel Pollend réussit à s’évader du célèbre bagne de Botany-Bay situé au sud de l’Australie. Cette passionnante histoire trouve son point d’orgue avec le naufrage sur l’atoll de Mururoa d’un baleinier anglais, La Matilda, qui repartait vers l’Angleterre et sur lequel Samuel Pollend avait réussi à se cacher… C’est sur ce même atoll, marqué par le destin, que deux siècles plus tard la France a expérimenté près de 200 bombes atomiques dont les explosions ont eu de très lourdes conséquences sanitaires et environnementales dans toute la Polynésie. Conséquences qui, aujourd’hui encore, sont bien loin d’être effacées…
Géophysicien de formation, docteur ès sciences, écrivain et conférencier, Ghislain Houzel a fait toute sa carrière au CEA. Dans le cadre de ses activités professionnelles, il a participé à la mise en œuvre des expérimentations nucléaires, qui, de 1966 à 1996, ont eu lieu sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. Très attaché à la Polynésie où il réside souvent, il s’est passionné pour sa culture et son histoire. Depuis de nombreuses années, il s’est personnellement et courageusement engagé pour la défense des Polynésiens victimes directes ou indirectes des essais nucléaires effectués par la France. Selon nos dernières informations, l’auteur vient d’achever un nouvel ouvrage, Soleil noir à Mururoa, dans lequel il raconte “sous forme romancée, comment les trente années nucléaires ont été vécues et ressenties par les Polynésiens”. Le manuscrit vient d’être proposé à la maison d’édition Au Vent des îles pour une publication éventuelle.

Te tau matari’i, te matahi à la mairie de Arue

i[‘Ōro’a haamauraa i te ‘ōfa’i tihi]i, la pierre sculptée dévoilée - Crédit photo : Laura Théron
Cette année, pour la première fois, la mairie de Arue a célébré le changement de saison polynésien. Le lever des Pléiades au-dessus de l’horizon, qui a lieu chaque année autour du 20 novembre, marque l’entrée dans la saison d’abondance, tau ‘auhune. Matari’i i ni’a signifie littéralement, “les Pléiades, en haut”, par opposition à Matari’i i raro, “les Pléiades en bas”, qui survient aux alentours du 20 mai, lorsque l’amas d’étoiles passe sous la ligne de l’horizon. Traditionnellement célébré par de nombreux acteurs de la culture, comme l’association Haururu, de Papenoo, l’événement Matari’i i ni’a est considéré dans le Pacifique polynésien comme le Nouvel An mā’ohi.
Ces festivités traditionnelles sont une volonté du nouveau conseil municipal, présidé par Teura Iriti, de mettre l’accent sur la culture et de valoriser ces événements culturels du calendrier qui font sens, en Polynésie. Cette première célébration “te matahi” n’aura pas pu avoir la portée populaire souhaitée en raison de la situation sanitaire actuelle. Plus confidentielles, les festivités se sont néanmoins déroulées sur trois jours, comme initialement prévu.
Vendredi 20 novembre, les jardins communaux, dans lesquels un paepae a été construit spécialement pour l’occasion, ont accueilli une cérémonie traditionnelle dirigée par Jacky Bryant, adjoint au maire. Pour célébrer le lever des Pléiades, la mairie a commandé une pierre sculptée représentant le lever des Pléiades. Celle-ci dévoilée au cours de la cérémonie, trône désormais sur le nouveau paepae, voué à rester dans les jardins de la mairie.
Samedi 21 novembre, la mairie avait prévu des ateliers mettant l’accent sur le partage et l’apprentissage de la langue tahitienne et du patrimoine de la commune : évolution de la langue au cours des deux derniers siècles et toponymie du milieu lagonaire ; des ateliers dispensés par Mila Tapea et Jacky Bryant.
Dimanche 22 novembre, une randonnée sur le domaine communale de Aneane était organisée grâce au partenariat avec la toute jeune association Hotu Auna, qui entretien le sentier depuis quelques mois, et avec l’accord de Henri Jay, car l’accès au domaine ne peut se faire qu’en passant sur les terres de ce dernier.
L’ensemble de ces rendez-vous se sont déroulés dans le respect des gestes barrières, en comité restreint, et dans l’espoir de pouvoir poursuivre ces célébrations chaque année avec la participation, pour les prochaines fois, de la population.

Laura Théron

Le Mémorial du bagne calédonien primé

Le Mémorial du bagne calédonien primé
L’ouvrage Le Mémorial du bagne calédonien - Entre les chaînes et la terre (éditions Au Vent des îles), écrit par Louis-José Barbançon, est lauréat du Trophée de la fabrication du livre 2020, décerné par la rédaction du magazine littéraire Livres Hebdo et d’un jury présidé par Patricia Barbizet, sous le patronage de Roselyne Bachelot, ministre de la Culture. Ce prix récompense le travail magistral de l’auteur, docteur en histoire et spécialiste indéniable du bagne de la Nouvelle-Calédonie. En deux volumes, intitulés “Les chaînes”, consacré à la phase de répression subie par les forçats à la suite de leurs condamnations, et “La terre”, qui traite des phases d’amendement et de réhabilitation, cette œuvre forte de 1 000 pages et 1 000 illustrations a l’ambition de rendre ce sujet accessible au plus grand nombre et ainsi, mettre en lumière l’histoire du bagne calédonien d’un point de vue patrimonial. 
Par ailleurs, elle a reçu le soutien du Centre national du livre dans la catégorie “Grands projets” et a fait partie des “projets remarqués” mis en avant par cette institution. Elle a également remporté le Prix Popaï - Prix spécial du jury lors du Salon international du livre océanien (SILO), décerné le 11 octobre dernier à Nouméa.
(D.S.)

La Dépêche sauvée par le Covid ?

La Dépêche sauvée par le Covid ?
Nouvel épisode dans la télénovela qui se joue du côté de la Fautaua. Alors que le tribunal du commerce de Papeete a prononcé la liquidation judiciaire du quotidien La Dépêche de Tahiti, le 12 octobre dernier, la Société d’information et de communication (SIC), propriétaire du titre de presse, vient d’obtenir un prêt de l’État, par l’entremise de Bpifrance Financement SA, à hauteur de 763 000 euros (91 millions de Fcfp). Selon l’arrêté du ministère de l’Économie, des finances et de la relance, paru le 12 novembre au Journal officiel de la République française (JORF), cet appui financier intervient dans le cadre du “soutien de la trésorerie des entreprises fragilisées par la crise du Covid-19”. Cette somme vient donc en plus de l’aide exceptionnelle à la presse qui sera versée à La Dépêche de Tahiti via les ministères de la Culture et des Outre-mer.
Un coup de pouce inespéré pour nos confrères, dans un contexte de grave crise économique où certaines entreprises en difficulté se sont vu refuser ce dispositif en Polynésie…
(D.S.)

Pandémie de la bêtise humaine

Pandémie de la bêtise humaine
Ancien chroniqueur pour Tahiti Pacifique, Boris Alexandre Spasov publie un nouvel essai aux éditions Arcalis. L’auteur (Ordre mondial, désordre moral, 1 euro avant de voter), qui considère que la crise du Covid-19 n’est que le catalyseur d’un ras-le-bol général, signe un livre plaidoyer sur la bêtise humaine, dont le titre évocateur s’applique sous toutes les latitudes… Au fil des 70 pages, il écrit notamment : “Ne pas se soumettre, c’est accepter de remettre en cause ce que nous sommes, ce que nous fûmes, le temps d’avant ; c’est accepter que ce qui permit l’existence « d’avantages et acquis » issus de longues luttes depuis près de deux siècles ne soit pas obligatoirement possible ou réaliste pour les générations à venir. C’est accepter que le « jour d’après » soit plein d’incertitudes et de risques.”

(D.S.)

Retour à la case départ pour Jacques Mérot

Crédit photo : DR
Selon nos informations, l’ancien président de l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC) a été muté en Métropole à la Chambre régionale des comptes (CRC) de Nantes. Ancien magistrat de la Cour des comptes de Lille, Jacques Mérot a exercé au sein de la Chambre territoriale des comptes (CTC) en Polynésie (2006-2011), avant d’être placé à la tête de l’APC en 2015. Mais, alors que son mandat de six ans était quasiment irrévocable, il n’a jamais réussi à s’en tenir au protocole, à savoir veiller à une stricte étanchéité entre les fonctions de décision (le collège, qui a un rôle de jugement) et d’instruction (le service d’instruction, qui garantit l’impartialité de l’Autorité dans l’examen des dossiers). Après avoir cumulé pas moins de trois irrégularités (affaires des sociétés de gardiennage, de la réfrigération des boissons du groupe Wane et du BTP), il a été désavoué par son propre collège, puis destitué.
Il a alors tenté de contester sa démission d’office auprès du tribunal administratif (TA), plaidant “une situation financière précaire”, mais le TA n’a pas été dupe (sa rémunération mensuelle est passée de 2,3 millions de Fcfp à 800 000 Fcfp, ce qui reste un joli pactole !) et l’a débouté, le 17 août dernier. Après la forme, une nouvelle session du TA devra trancher cette fois sur le fond du dossier, probablement dans les jours qui viennent. Mais il semble que les carottes sont cuites… Un retour à la case départ s’annonce donc pour Mérot, qui ne progresse pas professionnellement et conserve son grade de président de section, voyant ainsi s’envoler ses ambitions de passer président de chambre. En clair, il paye ses frasques ! On attend par ailleurs toujours le rapport de la CTC sur le contrôle de gestion de l’APC. Tahiti Pacifique vous en fera l’écho dans un prochain numéro.

(D.S.)

Honorer les Polynésiens morts pour la patrie

Crédit photo : DR
L’association Souvenir Français en Polynésie française organise une collecte de fonds pour entretenir les tombes abandonnées des Polynésiens morts pour la France. Cette opération sera réalisée pour la première fois au fenua du 28 octobre au 2 novembre, grâce aux membres bénévoles de l’association devant les cimetières de Tahiti. “Cette quête est essentielle pour sauver les tombes des combattants tahitiens dont la mémoire doit être enracinée dans le présent et l’avenir ainsi que dans l’histoire du Pays. Cette mémoire est avant tout locale et familiale, et fait partie du patrimoine mémoriel national”, explique Denis Michel, délégué général du Souvenir Français en Polynésie française, dont la branche locale a été réactivée en mai 2019 (www.souvenirfrancaispolynesie.com).
Cette délégation de l’association “Le Souvenir Français”, fondée en 1887 et reconnue d’utilité publique le 1er février 1906, a pour vocation d’honorer la mémoire de tous ceux qui sont morts pour la France, qu’ils soient Français ou étrangers. Le Souvenir Français a été créé dans le contexte de l’après-guerre de 1870. En Moselle, comme en Alsace, une partie de la population marquait son attachement à la France par un culte aux militaires morts pour la France (entretien des tombes, offices religieux, dépôt de cocardes par des jeunes filles alsaciennes sur les tombes des soldats de leur commune...).
La délégation polynésienne mène plusieurs types d’actions :
Des activités de rayonnement et de coordination
Des activités commémoratives (particulièrement celles qui rendent hommage aux “héros” de l’histoire locale, celles des trois dates fortes de notre calendrier national : 8-Mai, 14-Juillet, 11-Novembre, et celles du 1er et 2 novembre créées par le Souvenir Français, afin d’entretenir les tombes familiales des soldats “Morts pour la France”)
Des activités de transmission (soutien aux initiatives pédagogiques, au dépôt de drapeaux dans les établissements scolaires, etc.)
Tous ceux qui sont intéressés par ces actions et par l’entretien de cette mémoire héroïque polynésienne peuvent adhérer à l’association, un formulaire d’adhésion est disponible sur le site. Vous pouvez également contacter le délégué en écrivant au souvpf@gmail.com.

(D.S.)

La soprano polynésienne Leila Rifflart reçue au Conservatoire de Lille

Crédit photo : DR
Le mois dernier, Leila Rifflart, élève au Conservatoire artistique de Polynésie française (CAPF), apprenait qu’elle avait réussi le concours régional du Conservatoire de Lille, cursus art lyrique. "Au concours d’entrée, j’avais choisi un chant sacré, en souvenir du tout premier chant que j’ai présenté au Conservatoire, mais aussi comme une prière à moi-même pour me donner du courage. Puis, lors de l’entretien, j’ai exposé au jury mon projet de revenir au fenua pour devenir professeur d’art lyrique au Conservatoire", relate Leila. À l’annonce des résultats, la jeune soprano polynésienne a tenu à remercier notamment le club Soroptimist Tahiti, ainsi que ses professeurs Emmanuelle Vidal et Gaby Cavallo qui l’ont repérée, puis soutenue lors du casting du concours de talents vocaux "le Penu d’or", où elle a obtenu le prix Coup de cœur du jury en 2007.
Inscrite depuis six ans en assidu au CAPF et par ailleurs diplômée d’un BTS Services informatiques aux organisations, la jeune chanteuse de 29 ans poursuivra désormais en Métropole des études supérieures pendant au moins cinq ans, qui pourront l’amener éventuellement vers la danse, le théâtre, ou le piano. Celle qui pratiquait déjà environ trois heures de chant par semaine rien qu’au Conservatoire, ainsi que le ’ori tahiti, depuis ses 4 ans s’engage également, en parallèle, sur une Licence de musicologie. "Après Mahealani Amaru, future reine de la scène en théâtre et art dramatique, et Viriamu Itae-Tetaa, que les plus grandes salles de piano attendent, c’est encore une élève de Te Fare Upa Rau qui part pour grandir !", s’enthousiasme Frédéric Cibard, chargé de communication.

(V.D.)

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Comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ?

Après avoir reçu une gifle par un jeune habitant de la Drôme au cri d’un slogan royaliste “Montjoie ! Saint-Denis !” et “À bas la Macronie”, comment sera accueilli Emmanuel Macron au fenua ? Que lui réservent les Polynésiens lors de sa venue probable du 25 au 28 juillet : un collier de fleurs ou le balai nī’au ? Toutes les associations de défense des victimes des essais nucléaires (hormis l’association Tamarii Moruroa), ainsi que l’Église protestante mā’ohi ont refusé de participer à la Table ronde organisée les 1er et 2 juillet, à Paris. En outre, des manifestations d’envergure sont prévues à Tahiti, les 2 et 17 juillet, respectivement aux dates anniversaires des tirs atomiques en 1966 et 1974. Le récent passage de “Sébaston”, ministre des “colonies françaises” (euh… des Outre-mer), censé préparer le terrain pour le Président, n’aura pas vraiment réussi à calmer les esprits. Aussi, il se murmure dans les couloirs de Radio cocotier que “Manu 1er” aurait demandé à notre champion Henri Burns de l’initier à la boxe…

À l’heure où nous mettions sous presse, nous ne connaissions pas encore les conclusions de cette Table ronde de “haut niveau”. Nous espérons tous que les discussions ne tourneront pas en rond et que la délégation polynésienne emmenée par “Doudou” saura aller droit au but. Éprise de “vérité et justice”, Moruroa e tatou a regretté que la proposition de loi du député Moetai Brotherson “Prise en charge et réparation des conséquences des essais nucléaires français” ait été rejetée, lors de son examen à l’Assemblée par la majorité présidentielle. “Vous vous rendez compte, seuls 80 députés présents sur 577 que compte l’Assemblée nationale ont voté. C’est une insulte à ce pays. C’est une insulte à ce peuple qui a souffert, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui vont nous succéder”, a considéré Hirohiti Tefaarere, le président de l’association. Tout cela n’est pas de très bon augure, mais rien n’est encore fait, et le séjour du chef de l’État pourrait réserver son lot de surprises et d’annonces.

Macron sera le sixième président de la République française en visite en Polynésie (voir notre rétrospective pages 16 à 27). Lorsque François Hollande était venu en 2016, notre rédaction l’avait interpellé sur notre titre de couverture : “Elles sont où vos promesses, M. Hollande ?”. S’il avait fait part de sa “reconnaissance” et s’était engagé à des “réparations”, force est de constater que très peu de Polynésiens ont obtenu des indemnisations. Aujourd’hui, c’est un grand Pardon de Peretiteni qu’attend la population et, bien sûr, des actes concrets plutôt que des paroles en l’air. Si l’illustre poète polynésien Henri Hiro était encore parmi nous, il n’aurait pas manqué de l’interpeller avec ces mots : “Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi”… Alors, “Manu 1er” saura-t-il redescendre de son trône et écouter les Polynésiens pour mieux les comprendre, et enfin les entendre ? Nous l’espérons tous de tout cœur. En attendant, Tahiti Pacifique profite du mois de juillet pour faire sa trêve annuelle : rendez-vous donc en août !

Dominique SCHMITT