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Restauration : ceci n'est pas du fromage local…

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Juliet Lamy, alias La Fromagère de Tahiti, gagnante du 2d prix du "Concours de création et développement d'entreprises" de la Chambre de commerce, d'industrie, des services et des métiers en 2016, a posté un coup de gueule sur les réseaux sociaux, via sa page professionnelle. Alors que la jeune femme traverse de nombreuses difficultés pour faire du fromage 100 % made in fenua, malgré le soutien de son activité par le Pays grâce notamment à son intégration dans les ateliers relais de Taravao, elle dénonce "certains restaurants de Tahiti (qui) commandent qu'une ou deux fois du fromage et ensuite laissent le nom de mes fromages sur leur carte. Alors qu'ils ne me commandent plus rien…" De grands noms de la place n'hésitent pas en effet à troquer le bon fromage local contre du brie industriel. Et d'ajouter : "Je tiens à signaler cette mauvaise pub pour mes produits !"
(D.S.)

CVD : des demandeurs d'emploi "admis" par erreur !

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Yo-yo émotionnel pour une vingtaine de personnes résidant au fenua. Alors qu'un courrier annonçait leur admission au stage "Corps des volontaires au développement de la Polynésie française" (CVD), certains demandeurs d'emploi ont eu la très mauvaise surprise d'apprendre, parfois en se présentant devant leur futur employeur, qu'en réalité ils n'avaient pas obtenu leur sésame. "Une erreur de publipostage" du Service de l'emploi de la formation et de l'insertion professionnelles est à l'origine de cette bévue, qui, de surcroît, a entraîné l'annulation prématurée de patentes, selon nos informations. Pour rappel, le dispositif CVD a pour objectif principal de favoriser l'adaptation à l'emploi et l'insertion professionnelle des futurs jeunes cadres polynésiens âgés de moins de 30 ans, sans emploi et détenteurs d'un diplôme de deux ou trois années d'études après le baccalauréat, dans des secteurs d'activités publics ou privés. Un faux espoir fort regrettable pour ces personnes en quête de travail…

(D.S.)

Exposition : immersion dans les richesses polynésiennes

Exposition : immersion dans les richesses polynésiennes
L'Aquarium de Paris met le fenua à l'honneur en lui consacrant une exposition jusqu'au 30 juin. Cet événement permet de valoriser les spécificités de la culture polynésienne, synthétisées en neuf grands panneaux. Par ailleurs, une autre exposition sera consacrée à l'expédition Under The Pole III, nommée "À la recherche des coraux de la Twilight Zone" (zone profonde située entre -30 mètres et -150 mètres). Les chercheurs et les équipes de cette fondation se joignent au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (CRIOBE) pour étudier les coraux profonds et créer, à terme, un remède pour ceux situés en zone moins profonde. C'est ainsi l'occasion de sensibiliser les visiteurs de ces expositions sur l'urgence de préserver les fonds marins polynésiens. Parallèlement, des animations pédagogiques et participatives sur la richesse de notre patrimoine marin, des ateliers créatifs et ludiques, ainsi que des animations sur notre fenua seront organisés.

(A.A.)

Très très chère Autorité polynésienne de la concurrence  ?

Très très chère Autorité polynésienne de la concurrence  ?
L'Autorité polynésienne de la concurrence (APC) a communiqué son dernier rapport annuel le 3 juin dernier. Un document qui fait état d'une activité pour l'année 2018 globalement en baisse et d'une rémunération moyenne au sein de l'organisme supérieure à 1 million de Fcfp brut par mois.


Créée par la loi du pays du 23 février 2015, l'APC a pour mission de participer à la lutte contre la vie chère en sanctionnant notamment les pratiques anticoncurrentielles entre entreprises polynésiennes, pratiques qui sont sources de prix élevés défavorables au consommateur. Le dernier rapport ainsi publié indique qu'aucune décision contentieuse n'a été rendue en 2018 pour la troisième année consécutive. Plus de 85 % de l'activité concerne en effet la production d'avis purement consultatifs et d'autorisation d'ouverture ou d'agrandissement de supermarchés. Les recommandations formulées dans le cadre des avis à destination des pouvoirs publics sont suivis dans seulement un quart des cas (26,7 %) faisant ainsi de l'APC un organisme principalement consultatif, mais peu écouté.
Une situation qui pourrait s'expliquer par les modifications du Code de la concurrence intervenues en fin d'année 2018 et réduisant quelque peu les prérogatives de l'organisme. Cette productivité de l'APC sur l'année concernée est allée de pair avec le maintien d'une politique salariale au sein même de l'institution, perpétuant ainsi les constats réalisés par la rédaction de Tahiti Pacifique dès décembre 2016. En effet, dans l'article "Très chère Autorité polynésienne de la concurrence" (lire TPM n° 346 du 13 janvier 2017), il avait été déjà relevé que, compte tenu du budget voté pour l'exercice 2017, la rémunération moyenne se situait aux alentours de 850 000 Fcfp par mois en net. Or, du fait d'une modification du Code de la concurrence intervenue l'année dernière, il est désormais fait obligation à l'APC, dans un souci de transparence et de bonne gestion des deniers publics, de rendre publics les salaires et avantages de son président et des agents au travers du rapport annuel.

Une rémunération deux fois plus élevée que celle du président du Pays

L'annexe du document transmis à l'assemblée de la Polynésie française et au président montre que l'APC ne s'est que partiellement soumise à cette obligation. Le rapport et son annexe révèlent cependant que M. Jacques Mérot, président de l'APC, s'est ainsi octroyé une rémunération moyenne mensuelle de 2,3 millions de Fcfp brut (1,9 million de Fcfp net), soit, à titre indicatif, l'équivalent du double de l'indemnité prévue pour le président de la Polynésie française, niveau pouvant expliquer certaines des crispations entre l'Autorité administrative indépendante (AAI) et le gouvernement.
La rémunération moyenne d'un agent de l'APC s'établit quant à elle à 1,1 million de Fcfp brut, soit à un niveau sensiblement plus élevé que celui constaté par TPM dans son article début janvier 2017. Ce niveau de rémunérations pourrait expliquer le déficit de fonctionnement de près de 10 millions de Fcfp pour 2018 constaté d'après les comptes de l'organisme également publiés au Journal officiel le 17 mai dernier.
Rappelons que dernièrement, dans le cadre de l'avis n° 2019-A-01 du 2 avril 2019 relatif aux effets de la réglementation sur le fonctionnement concurrentiel des marchés de produits de première nécessité, l'APC a conclu à la nécessité de supprimer le dispositif des PPN, dispositif favorable aux plus démunis. Cette recommandation avait conduit le gouvernement à indiquer dans un communiqué le 3 avril dernier que ces conclusions émanaient d'"une élite déconnectée des réalités sociales", mettant ainsi en avant l'inadéquation entre les travaux de l'APC et la situation économique et sociale réelle de la population polynésienne, ainsi que ses contraintes géographiques. Une position que les derniers éléments publiés ne sont probablement pas de nature à infléchir.

(C.P.)

Justice : le thonier chinois a bien pollué volontairement !

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Le 12 mai dernier, un thonier chinois, le Xin Shi Ji 203, a été intercepté après le constat d'une pollution marine au large de Arue. Sur le moment, le Centre de coordination de sauvetage aéromaritime en Polynésie française (JRCC Tahiti) ne s'inquiétait pas outre mesure : "Ce qui est rassurant, c’est que la nappe qui apparaissait hier est en nette régression et en situation de dilution." Un message qui avait créé un tollé sur les réseaux sociaux, inquiétés par la multiplication du nombre de bateaux étrangers au port de Papeete et le manque de contrôle du gouvernement. Les éléments constatés "ne nécessitent pas la mise en œuvre de moyens de lutte antipollution en mer" assurait même un communiqué diffusé par le haut-commissariat. Cependant, on apprend aujourd'hui qu'une enquête a bien été ouverte pour rejet volontaire d’hydrocarbures en mer et que celle-ci a révélé que le thonier avait lâché en mer "de l'eau pompée dans ses cales contenant 450 litres de polluants, dont du gasoil". Par ailleurs, "la pompe de cale n'était pas conforme aux normes de prévention de la pollution (absence de filtre réglementaire)". Le capitaine et la société propriétaire du navire devront s'expliquer devant le tribunal le 14 janvier prochain. En attendant, ils ont dû verser une caution de 35,8 millions de Fcfp. Le capitaine chinois encourt dix ans d'emprisonnement et 1,8 milliard de Fcfp d'amende, tandis que la société pourrait avoir une peine d'amende, dont le maximum légal est égal au quintuple de celui prévu pour la personne physique. Une affaire qui nous fait rire jaune…
(D.S.)

Tourisme : les bungalows sur pilotis du Sofitel enfin rénovés

Crédit photo : Dominique Schmitt
Cela faisait deux ans environ que les hébergements côté mer de l'ancien Méridien étaient quasiment à l'abandon… L'accès était fermé aux touristes et les travaux n'en finissaient plus, en raison de "défauts de communication et de problèmes de compréhension de la défiscalisation", nous expliquait en début d'année le directeur de l'établissement, Didier Lamoot (lire TPM n° 400 du 8 février)… Géré depuis le 15 octobre 2018 par le géant mondial Accor, le Tahiti Ia Ora Beach Resort, avec son nouveau label Sofitel, souhaite décrocher les "5 étoiles" et a trois ans pour le faire. C'est pourquoi il vient d'investir 300 millions de Fcfp pour rénover totalement ses douze bungalows sur pilotis afin de séduire une clientèle de luxe. Pour taper dans le haut de gamme, les chambres et les suites vont être également refaites et la gastronomie développée. Un lifting sera ensuite offert aux autres hôtels de la chaîne (deux à Bora Bora et un à Moorea).
(D.S.)

TNTV : le Pays injecte encore 900 millions de Fcfp pour sa télé

Crédit photo : Dominique Schmitt
Les membres de la Commission de contrôle budgétaire et financier (CCBF) de l’assemblée de la Polynésie ont accepté à l'unanimité d’octroyer une subvention de 900 millions de Fcfp à Tahiti Nui Télévision (TNTV) pour le "financement de son activité générale" pour l'exercice 2019. Une perfusion financière colossale qui tendait pourtant à se réduire, sauf l'année dernière. En effet, alors que le financement du Pays a longtemps franchi la barre du milliard de Fcfp annuellement, la subvention avait été revue à la baisse avec 880 millions Fcfp en 2016 et 870 millions de Fcfp en 2017, avant d'être augmentée de nouveau à 900 millions de Fcfp en 2018. Ce qui est surtout surprenant, ce sont les raisons évoquées par le président.
Édouard Fritch explique : "Les audiences de la chaîne sont en hausse pour la 4e année consécutive alors que celles de son concurrent sont en repli. Les sondages font état d’une progression de l'audience cumulée établie à 51 % (+6 % en 2017) tandis que celle de Polynésie la 1ère accuse un repli (-3 % en 2017)." Et de justifier : "L’activité de TNTV pour 2019 confortera cette position avec l’ambition de maintenir son statut de leader, tout en visant à conquérir de nouvelles parts d’audience." Dans son courrier adressé au président de l’assemblée, il insiste également sur "le caractère d’urgence de ce dossier", arguant que "TNTV a déjà lancé ses actions afin de mener à bien les missions qui lui ont été confiées". Il se félicite en outre que "en quelques années, la chaîne a réussi le pari de redresser ses capitaux propres à travers une gestion rigoureuse et contenue".

15 000 Fcfp/an par foyer

"Télé Gaston", telle qu’elle fut baptisée à ses débuts en juin 2000, tant elle émanait de la volonté de l’homme fort de la Polynésie française de l’époque, a souvent défrayé la chronique par les "affaires" qui ont émaillé son parcours au gré des changements politiques et des hommes qui en ont pris les commandes. TNTV est certainement la Société d’économie mixte locale qui a symbolisé le mieux les dérives que l’on connaît quand politique et argent public se côtoient. Tahiti Pacifique, notamment dans ses éditions de mars 2007 puis de mars 2010, a mis en exergue les petits arrangements entre amis que supportait la chaîne.
En 2017 (lire TPM n° 346 du 13 janvier), nous nous interrogions aussi sur l'absence d'une redevance télévisuelle identique à celle existante en métropole, qui contribue en grande partie au financement des chaînes publiques. Aucun président du Pays n’a retenu cette alternative, préférant que la subvention soit inscrite au budget. À ce jour, le montant de cette redevance est de 137 euros en métropole, soit 16 350 Fcfp/an, tandis que la subvention de fonctionnement pour 2019 (900 millions de Fcfp) à diviser par les 60 000 foyers polynésiens revient pour chacun d’eux à 15 000 Fcfp/an. En y ajoutant les subventions d’investissement, les montants seraient quasi identiques, voire supérieurs. Alors qu’une telle mesure permettrait de pérenniser la chaîne et remplacer aussi le fonds pour le soutien à la production audiovisuelle, politiquement personne n’a eu le courage de s’y attaquer. De peur que l’on se rende compte que l’amour des Polynésiens à leur chaîne locale s’arrêtera là où la taxe débutera ?
(D.S. & L.O.)

Élections européennes : le Tapura en tête, suivi du Rassemblement national

Élections européennes : le Tapura en tête, suivi du Rassemblement national
Sans surprise, les élections européennes en Polynésie française n’ont pas mobilisé les électeurs (22,17%) même si, dans les faits, on constate une augmentation de près de 50% (43 357 votants, contre 29 555) par rapport à 2014.
L’explication à ce rebond n’est pas due à une prise de conscience citoyenne pour un scrutin extraterritorial. Elle est le reflet de la mobilisation, même timide, des grands partis locaux. Aucun appel au boycott, comme le Tahoera’a l’avait demandé en 2014, n’est venu contrarier la lente marche des électeurs.
Le résultat des urnes annoncé dimanche – bien que les Polynésiens aient voté la veille, comme une partie de l’Outre-mer –, a conforté la majorité au pouvoir, le Tapura, qui récolte 43,31% des voix au nom de la liste Renaissance, soutenue par la République en marche, le Modem et ses partenaires.
Si ce résultat était attendu, d’autres l’étaient beaucoup moins, comme l’émergence du Rassemblement national soutenu localement par Te Nati qui, bien que sans véritable maillage local, obtient 16,43% des suffrages, soit près de 6 000 voix. La vague bleu marine qui s’est imposée sur le plan national a donc fait quelques vaguelettes localement, tout comme la vague verte d’Europe Écologie, qui atteint les 11,06%. Heiura-les-Verts de Jacky Bryant peut se féliciter de ce résultat, tout comme Éric Minardi pour Te Nati, qui devra encore attendre le probable départ des élus du Royaume-Uni pour siéger à Bruxelles, conjugué à la démission pour non-cumul des mandats des élus RN lors des prochaines élections régionales de 2021
Il serait, dans ce cas-là le premier Polynésien à siéger à Bruxelles.

Pour le Tahoera'a, c’est la déconfiture, malgré un soutien annoncé aux Républicains. Les Orange qui, comme le Tapura et le Tavini, voulaient se compter avant les prochaines élections locales de 2020, ont pris une claque qui interroge. Le nomadisme politique de leur leader après la dernière présidentielle peut expliquer ce manque de soutien. Un exemple à ne pas suivre. Et pourtant, le Tapura en a pris le chemin en soutenant la majorité présidentielle, au détriment de la liste UDI en pleine déconfiture, à laquelle ses parlementaires sont attachés. L’ambiance risque d’être pesante pour eux au Palais Bourbon.
Enfin, le Tavini et ses bulletins nuls "I love Maohi Nui" a plus fait le buzz qu’autre chose lors de ses élections. Difficile de lui attribuer l’ensemble des bulletins nuls, qui représentaient 2,5% des votes en 2014. En gardant la même proportion en 2019, ces 2,5% représenteraient 1 350 bulletins, à retrancher des 5 400 comptabilisés. Reste un peu plus de 4 000 bulletins pour les indépendantistes, soit à peu près autant que les Verts.
Il y a encore beaucoup de travail pour le Tahoera’a et le Tavini pour les prochaines échéances, même si une élection ne ressemble jamais à une autre.
(LO)

Ferme aquacole à Hao : le "flouze artistique" persiste

Ferme aquacole à Hao : le "flouze artistique" persiste
Quatre ans après la première pierre posée (mai 2015) et quatorze mois après les premiers coups de pelle, le chantier de la future ferme aquacole à Hao est toujours au point mort. Pour l'heure, seule la moitié du terrassement a été effectuée, et cela repousse déjà ! Lorsque nous avons réalisé notre reportage en février dernier, nous avons pu constater que la végétation avait repris le dessus avec des acacias de presque un mètre de haut. La plaque scellant l'accord officiel avec les investisseurs n'est même plus visible (voir notre photo)… Cette opération a pourtant coûté 134 millions de Fcfp au Pays, qui a également mis
1 milliard de Fcfp sur la table, en construisant notamment une digue de protection, ainsi qu'une route de contournement de plusieurs kilomètres, tandis que la société Tahiti Nui Ocean Food n'a pas encore placé 1 franc. Surtout, personne n'est capable de dire aujourd'hui quelles seront les réelles retombées financières pour les Polynésiens… Les changements de plans incessants des investisseurs chinois ont donc conduit à l'arrêt des travaux et au report des dates. En outre, il restait plusieurs questions d'ordre environnemental à régler. Ainsi, une délégation polynésienne, composée de représentants de la Délégation polynésienne aux investissements (DPI, de la Direction de l'Environnement (DirEn), de la Direction des ressources marines et minières (DRMM) et de la Direction de la biosécurité, ainsi que de trois bureaux d'études techniques, s'est déplacée mi-avril à Shanghai, en Chine, afin de rencontrer les décideurs de TNOF, dont le grand patron Wang Cheng.
"C'est la course ! Les permis de construire sont à refaire !", nous explique Mara Aitamai, le gérant de la société Marama Developpment & Management (MDM), responsable de la maîtrise d'ouvrage. Et de préciser : "Le nouveau contrat a été signé et nous avons réglé 90 % des questions." C'était surtout la première fois que tous les acteurs étaient réunis autour d'une même table. Le premier permis de construire, celui concernant la base vie, devrait être délivré à la mi-juin et les travaux pourraient commencer le 1er août. Quant au second permis de construire, relatif à la grande base, il devrait être obtenu fin juillet pour un début des travaux fixé au 1er janvier 2020. MDM, mandataire de TNOF, doit désormais rédiger le "bon document", qui sera ensuite transmis pour instruction au Pays et aux différents services concernés. Quant aux 240 conteneurs attendus pour le logement des ouvriers, la base commune et les bureaux, ils seraient "en construction", les investisseurs préférant de toute façon attendre la délivrance des permis de construire. Par ailleurs, le problème de la dépollution de l'atoll n'est pas réglé, puisque 90 % des terres ne sont pas encore traités. Le haut-commissaire, René Bidal, interrogé récemment par Tahiti Infos, avouait en effet : "Sur le futur emplacement de la ferme aquacole, le traitement est déjà abouti. Il n’y a plus d’hydrocarbures. Par contre, il y a la problématique des métaux lourds, qui demeurent un sujet sur lequel nous cherchons la meilleure solution. Le traitement pour les métaux lourds n’existe pas aujourd’hui. La seule alternative est de prélever ces terres et de les isoler."
Entre la ferme aquacole de Hao et le Village Tahitien, dont les délais sont, eux aussi, sans cesse repoussés, on a l'impression de vivre des mauvais scenarii. Ces projets vont-ils enfin naître ou mourir dans l'œuf ? Il va falloir s'armer encore de beaucoup de patience pour le savoir. Pour sa part, dépité, le maire de Hao, Théodore Tuahine concède qu'il "attend de voir" et que la population est "vraiment fiu". Pour le tāvana, le projet doit voir le jour, car il le sait, c'est la loterie pour lui et son conseil municipal, les échéances électorales étant prévues en 2020.

(DS)

Retraite : la réforme bouge

Retraite : la réforme bouge
La récente mise en place des membres du Comité d’orientation et de suivi des retraites (COSR) porte ses premiers fruits, puisqu’un premier changement né d’un entretien avec le président Fritch vient d’être décidé. Il n’y aura plus de pénalités sur la Tranche B pour ceux qui partiront à l’âge de 60 ans. Les syndicats ont fait valoir qu’il était impossible d’atteindre le plafond de la Tranche B durant toute sa carrière et que donc l’impact de cette mesure serait minime.
(LO)

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Déforestation mondiale : tous responsables !

Déforestation mondiale : tous responsables !
Dans notre éditorial du 3 mai 2019 (voir TPM n° 406), nous écrivions "Faut-il que la planète s’enflamme (pour que nous lui venions en aide) ?" en réaction au violent incendie qui a ravagé Notre-Dame, le 15 avril dernier. Nous nous interrogions sur les priorités de notre société de plus en plus individualiste capable, d’un côté, de promettre une centaine de milliards de Fcfp de dons pour reconstruire la cathédrale de l’archidiocèse de Paris, tout en ignorant, de l’autre, la misère des personnes en grande précarité et à la rue. Plutôt que de s’attrister de la dévastation de biens matériels, il semble en effet bien plus urgent de remettre l’humain au centre de nos inquiétudes, avant que les préoccupations collectives ne revêtent des airs de cours des Miracles… Eh bien, aussi malheureux que cela puisse être, ce jour est arrivé, et il sera intéressant d’observer comment les nations réagissent, une fois la médiatisation passée. Depuis le 22 août, de gigantesques feux de forêt embrasent l’Amazonie, le "premier poumon vert" de la planète, qui absorbe pas moins de 14 % du CO2 mondial. L’état d’urgence a été décrété sur le plan international et le G7 s’est même mobilisé. Précisons cependant d’emblée que, s’il y a eu davantage d’incendies en 2019 qu’en 2017 et 2018, c’est légèrement moins que les huit premiers mois de 2016, par exemple. Cette tendance, bien qu’à la hausse, ne semble donc pas exceptionnelle.

Cette catastrophe environnementale a le mérite de susciter une prise de conscience générale. Après les massacres des animaux liés à l’exploitation de l’huile de palme, on prend enfin toute la mesure des conséquences de la déforestation qui s’est accélérée ces dernières années, les terres déboisées servant à augmenter les surfaces agricoles (le bétail en occupe la plus grosse partie, à hauteur de 65 % environ). Ces incendies ont rapidement déclenché une tempête anti-Bolsonaro, le président brésilien étant considéré comme le principal coupable de la situation, mais nous sommes TOUS responsables ! La France a également sa part de complicité, puisqu’elle importe de nombreux produits brésiliens, notamment du tourteau de soja – qui sert à nourrir le bétail –, mais aussi du bœuf et de la pâte à papier, dans des proportions moins importantes. En outre, l’Hexagone vient d’être épinglé pour l’importation massive de bois illégal en provenance d’Amazonie. Donc arrêtons d’accuser les autres, les lobbies, le commerce international, etc. Emmanuel Macron a annoncé vouloir "recréer la souveraineté protéinique de l’Europe", sauf que nous avons besoin de soja et nous n’en avons pas beaucoup (140 000 tonnes de graines sont récoltées chaque année). En novembre dernier, le gouvernement français a d’ailleurs lancé sa Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI). Le but est notamment de trouver "un compromis équilibré entre impératifs environnementaux, capacités des États et des acteurs privés et situation des populations locales". Très belle initiative, mais désormais ces bonnes intentions doivent se transformer en véritables mesures réglementaires.

Parallèlement, une thèse a embrasé les réseaux sociaux : les forêts d’Afrique centrale brûleraient encore plus vite que l’Amazonie dans l’indifférence générale. Le bassin du Congo, souvent comparé au "deuxième poumon vert de la planète", est un sanctuaire d’espèces en voie de disparition. Mais attention, ces feux sont observés plutôt en Angola, en Zambie, etc. Ce qu’il faut retenir, surtout, c’est que ces incendies sont les conséquences de l’agriculture itinérante sur brûlis, une pratique millénaire et artisanale qui est la première cause de la déforestation. "Au rythme actuel d’accroissement de la population et de nos besoins en énergie, nos forêts sont menacées de disparition à l’horizon 2100", s’est ainsi inquiété le président congolais Félix Tshisekedi. Aussi, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 850 millions d’euros de promesses de dons pour Notre-Dame (82 millions d’euros seulement ont déjà été versés, soit moins de 10 % honorés), 18 millions pour l’Amazonie et… rien pour l’Afrique subsaharienne. L’espèce humaine a décidément des comportements surprenants ! En proie à une déforestation effrénée (-17 % en cinquante ans pour l’Amazonie), les forêts dans le monde se réduisent et perdent peu à peu leur rôle de "puits de carbone".
Nos prières n’éteindront pas les incendies. Nos actions, oui. C’est à nous de changer de mode d’alimentation et de voter avec nos chariots de supermarché.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt