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L’ÉCOnomie polynésienne face aux défis de 2021

L’ÉCOnomie polynésienne face aux défis de 2021
La revue annuelle qui “décrypte l’économie du fenua” revient sur les moments forts de cette année 2020 au travers notamment d’une frise chronologique et des témoignages. La rédactrice en chef, Alexandra Sigaudeau-Fourny, explique : “En 2021, les incertitudes sont nombreuses, mais toute la rédaction s’est mobilisée pour donner la parole aux experts, comprendre les enjeux à venir, rencontrer des entrepreneurs, proposer des solutions innovantes, analyser les chiffres-clés…” Cette deuxième édition de L’ÉCOnomie polynésienne tente de démontrer “pourquoi l’année 2021 sera une année « test » pour tendre vers une économie résiliente”.

(D.S.)

DIXIT 2021 : top des entreprises locales

DIXIT 2021 : top des entreprises locales
Comme chaque année, le magazine annuel, qui est “une référence de l’économie polynésienne”, selon les éditions Créaprint, présente le tableau des 200 premières entreprises par chiffre d’affaires et des 200 premiers employeurs du Pays. Sans surprise, la compagnie aérienne Air Tahiti Nui est en tête de file du top 5 avec un chiffre d’affaires de 31,9 milliards de Fcfp en 2019 (mais une grosse turbulence est à prévoir pour 2020), tandis que EDT reste en 2e place (22,8 milliards de Fcfp), suivie de Onati (Ex-Vini SAS) qui explose avec 19,4 milliards de Fcfp, de Pacific Petroleum et Services (16,3 milliards de Fcfp) et enfin de la Brasserie de Tahiti (14,4 milliards de Fcfp).
Dans le classement par effectifs, les entreprises Louis Wane restent premiers employeurs de Polynésie, avec plus de 2 000 salariés en 2019. La Brasserie de Tahiti arrive juste après, avec plus de 1 000 salariés. Quant à Air Tahiti, elle conserve sa première place en tant qu’entreprise hors groupe.
Pour cette 29e édition du Dixit, crise du Covid-19 oblige, les articles sont dédiés aux temps forts et aux mutations en cours de notre économie et s’appuient sur 16 interviews qui offrent “une photographie de la situation”. La responsable de la rédaction, Dominique Morvan, aspire à ce que nous oublions vite “cette annus horribilis pour beaucoup d’entre nous”. Et de remarquer : “Ce kaléidoscope de témoignages décrit une société en état de choc, mais contrainte de se réinventer.”

(D.S.)

Cinquante solutions pour un fenua durable : le premier magazine consacré à l’environnement !

Cinquante solutions pour un fenua durable : le premier magazine consacré à l’environnement !
Pour démarrer l’année en beauté, la Fédération des associations de protection de l’environnement (FAPE) - Te Ora Naho a lancé, en janvier dernier, le tout premier magazine qui recense les initiatives durables au fenua. Rencontre…

Quel est le principe du magazine ?
Te Ora Naho - FAPE : “50 solutions pour un fenua durable est un magazine annuel qui met en avant cinquante alternatives développées par des acteurs du changement du fenua. Il peut s’agir d’entreprises, d’institutions, d’associations et de collectifs. Ces actions et acteurs existent déjà et ce magazine est l’occasion de les recenser et de leur offrir une plateforme concrète pour se faire connaître et, pourquoi pas, inspirer les lecteurs à se lancer, eux aussi, dans la transition écologique. C’est un merveilleux outil pour les acteurs eux-mêmes qui se voient récompensés de leurs efforts, mais aussi pour toutes les personnes qui s’intéressent au développement durable au fenua et qui souhaitent avoir des informations exhaustives regroupée en un seul support.”

Concrètement, ça ressemble à quoi ?
“Le magazine a été conçu de façon à être esthétique, logique et simple de lecture. Nous présentons chaque alternative dans ses grandes lignes : la problématique abordée, la solution proposée et l’acteur qui a mis en place cette solution. Les alternatives sont regroupées par catégories, il y en a neuf au total. Nous aidons également le lecteur à situer ces alternatives dans un contexte global, puisque nous indiquons les Objectifs de développement durable des Nations unies auxquels chaque alternative répond.”

Est-ce que toutes les initiatives durables de Polynésie française y figurent ?
“Il existe plus de cinquante alternatives durables au fenua et nous ne pouvons donc pas toutes les mettre en avant. Cependant, le magazine est réédité et mis à jour chaque année, ce qui donnera aux lecteurs l’opportunité de découvrir de nouveaux projets à chaque publication. Le magazine propose, en plus des alternatives, un annuaire exhaustif des acteurs du changement en Polynésie.”

Le magazine est en vente au prix de 1 000 Fcfp. À quoi seront affectés les fonds récoltés ?
“Le magazine est accompagné de divers outils qui permettent d’informer et de sensibiliser au quotidien sur des questions environnementales (revue de presse, newsletter, etc). Les fonds récoltés serviront d’abord à perpétuer ces outils, mais également à soutenir notre fédération dans son fonctionnement et dans la pérennisation des nombreux projets que nous avons amorcés depuis quelques années.”

Qui est Te Ora Naho - FAPE et quel a été son rôle dans l’élaboration de ce magazine ?
“Nous sommes la Fédération des associations de protection de l’environnement, un organisme qui existe depuis plus de trente ans et qui regroupe aujourd’hui près de quarante associations locales œuvrant pour la transition écologique. Pour ce magazine, nous nous sommes basés sur le merveilleux travail de recensement effectué par l’association Manu Iti Fa’aora, que l’on peut retrouver sur la plateforme gratuite www.tahiti.green. À partir de cela, notre rôle a été de coordonner tout le développement du magazine, ainsi que sa mise en vente.”

Propos recueillis par Pauline Sillinger

Pratique
Le siège de Te Ora Naho - FAPE est situé à Papeete dans l’immeuble Essor. Pour plus d’infos : 40 43 83 84.

Appel à projets en faveur de la biodiversité

Crédit photo : DR
Plus de 8 millions d’euros, c’est le montant mobilisé en 2021 pour soutenir les porteurs de projets en faveur de la biodiversité en Métropole et dans les Outre-mer. Cette somme bénéficie aux deux appels à projets lancés par l’Office français de la biodiversité (OFB) en ce début d’année : l’un dédié aux Atlas de la biodiversité communale, l’autre à la restauration des écosystèmes. Le dépôt des candidatures doit se faire respectivement avant le 15 mars 2021 et le 20 avril 2021. Un engagement conséquent permis grâce au plan France Relance mis en place par le gouvernement central en septembre dernier. Les Pays et Territoires d’Outre-mer (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Wallis-et-Futuna) n’étant pas éligibles aux crédits du plan France Relance, un budget spécifique de l’OFB leur est réservé (près de 57,27 millions de Fcfp, pour chaque appel à projets). Contacts : sonia.bongain@ofb.gouv.fr / 40 54 29 77 ou franck.connan@ofb.gouv.fr / 40 54 29 75

(D.S.)

Nouvelles missions pour l’expédition Under The Pole

Crédit photo : DR
Une nouvelle collaboration scientifique a été actée entre le Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe) de Moorea et l’expédition Under The Pole, menée par Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout. Durant deux mois, deux grandes missions sont ainsi au programme sur l’île Sœur et à Makatea :
 sensibilité des coraux mésophotiques aux changements climatiques (augmentation de la température et acidification de l’océan) et caractérisation écologique et environnementale du champ de Leptoseris découvert à 90 mètres à Makatea.

 Pour rappel, en juillet 2018, dans le cadre de l’expédition Under The Pole  III – Twilight Zone – 2017-2021, les plongeurs se sont associés aux scientifiques du Criobe pendant près de dix-huit mois. Les explorateurs ont notamment étudié les coraux mésophotiques (entre -30 et -150 mètres de profondeur) dans les eaux des cinq archipels et ont récolté 6 029 échantillons, découvert de nouvelles espèces de corail jamais signalées auparavant en Polynésie et prélevé le corail scléractiniaire photosynthétique le plus profond au monde, à -172 mètres. Par ailleurs, dans le cadre de la “Mission Capsule”, un habitat sous-marin avait été mis en place à des fins d’observation de l’écosystème sur une durée de plusieurs jours.

(D.S.)

ICAN : “La France prend le risque de l’apocalypse nucléaire”

ICAN : “La France prend le risque de l’apocalypse nucléaire”
L’entrée en vigueur, le 22 janvier 2021, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) ouvre une nouvelle ère : ces armes de destruction massive sont illégales au regard du droit international, a annoncé dans un communiqué le relais national de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), prix Nobel de la paix 2017. Créée en 2007, ICAN regroupe 570 organisations non gouvernementales partenaires dans 103 pays. Pour elle, “la France — à l’égal des autres puissances nucléaires — tourne le dos à la paix, à la démocratie et au droit international. En refusant ce traité, ses responsables politiques favorisent une accoutumance des citoyens aux périls possibles d’une apocalypse nucléaire”. En outre, ICAN dénonce “un non-sens pour un État qui se veut « responsable », et souhaite renforcer la sécurité internationale, garantir la préservation de la biodiversité et de l’environnement jusque dans sa Constitution”.
(D.S.)

Le tapa “made in Thailand”, l’intarissable poule aux œufs d’or…

Le tapa “made in Thailand”, l’intarissable poule aux œufs d’or…
Alors qu’en fin d’année, la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers de Polynésie française (CCISM) lançait la campagne de communication “J’achète au fenua pour Noël” (“Pour les fêtes, je donne du sens à mes achats. J’achète au fenua, je soutiens l’emploi et l’économie locale”, slogan ensuite repris pour la période des soldes de janvier), notre numéro 445 du 18 décembre (photo ci-contre) révélait une affaire majeure de suspicion de fraude au tapa. Nous confirmions avoir découvert que cette entreprise avait vendu des soi-disant tapa à des grands hôtels de nos îles et même jusqu’à la boutique du Musée du Quai Branly… !
Un sujet qui ne saurait laisser nos dirigeants indifférents. Le service de l’Artisanat avait donc saisi la Direction générale des affaires économiques (DGAE), mais un an après – et alors que deux mois se sont écoulés depuis la publication de notre article – il semblerait que l’enquête soit toujours en cours… Sabine Bazile, directrice de la DGAE, explique : “Du fait du secret des enquêtes, il ne m’est pas possible de communiquer des informations détaillées. Par ailleurs, comme vous l’avez indiqué dans votre article, la société incriminée est placée en liquidation amiable, ce qui n’est pas de nature à faciliter notre enquête. Surtout, l’enquête a été étendue aux produits invoquant une origine locale ou résultant de la mise en œuvre de méthodes traditionnelles de fabrication. Enfin, il me semble nécessaire d’attirer l’attention des revendeurs, dont la responsabilité peut également être recherchée en fonction des circonstances dans lesquelles ils ont acheté et présenté à la vente les produits.”
En attendant, les produits importés, eux, sont toujours à la vente. Si les mentions ont quelque peu changé (il est désormais indiqué “articles en papier faits main”, voir photo à gauche), il n’en reste pas moins qu’ils ne sont en rien issus de l’artisanat. De plus, au verso, demeure le texte sur la fabrication du tapa, entretenant encore habilement le doute d’une production artisanale.
La raison d’être de la presse engagée est de faire avancer les débats de société, conjointement avec le politique. Espérons que ce dossier saura trouver un écho auprès de nos dirigeants, notamment avec des prises de décision fortes. En attendant l’issue de l’enquête, il nous faudra donc prendre notre mal en patience, mais la rédaction compte bien suivre le dossier jusqu’au bout.

(V.D.)

Vents contraires sur Mururoa, le nouveau livre de Ghislain Houzel

Vents contraires sur Mururoa, le nouveau livre de Ghislain Houzel
Son nom ne vous est certainement pas inconnu, et pour cause ! Cet ancien ingénieur à la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) nous a livré des confidences explosives dans notre édition spéciale consacrée au douloureux sujet du nucléaire (lire TPM n° 433 du 31 mai 2020). Après Secrets de Mururoa et Des nouvelles de Monsieur de La Pérouse, Ghislain Hozel a profité du confinement pour écrire un nouveau roman, cette fois historique, disponible sur Amazon. Dans Vents contraires sur Mururoa, il relate l’histoire extraordinaire et véridique de Samuel Pollend, un jeune juif anglais qui, en 1790, fut injustement condamné et envoyé au bagne pour un vol qu’il n’avait pas commis. En 1791, Samuel Pollend réussit à s’évader du célèbre bagne de Botany-Bay situé au sud de l’Australie. Cette passionnante histoire trouve son point d’orgue avec le naufrage sur l’atoll de Mururoa d’un baleinier anglais, La Matilda, qui repartait vers l’Angleterre et sur lequel Samuel Pollend avait réussi à se cacher… C’est sur ce même atoll, marqué par le destin, que deux siècles plus tard la France a expérimenté près de 200 bombes atomiques dont les explosions ont eu de très lourdes conséquences sanitaires et environnementales dans toute la Polynésie. Conséquences qui, aujourd’hui encore, sont bien loin d’être effacées…
Géophysicien de formation, docteur ès sciences, écrivain et conférencier, Ghislain Houzel a fait toute sa carrière au CEA. Dans le cadre de ses activités professionnelles, il a participé à la mise en œuvre des expérimentations nucléaires, qui, de 1966 à 1996, ont eu lieu sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. Très attaché à la Polynésie où il réside souvent, il s’est passionné pour sa culture et son histoire. Depuis de nombreuses années, il s’est personnellement et courageusement engagé pour la défense des Polynésiens victimes directes ou indirectes des essais nucléaires effectués par la France. Selon nos dernières informations, l’auteur vient d’achever un nouvel ouvrage, Soleil noir à Mururoa, dans lequel il raconte “sous forme romancée, comment les trente années nucléaires ont été vécues et ressenties par les Polynésiens”. Le manuscrit vient d’être proposé à la maison d’édition Au Vent des îles pour une publication éventuelle.

Te tau matari’i, te matahi à la mairie de Arue

i[‘Ōro’a haamauraa i te ‘ōfa’i tihi]i, la pierre sculptée dévoilée - Crédit photo : Laura Théron
Cette année, pour la première fois, la mairie de Arue a célébré le changement de saison polynésien. Le lever des Pléiades au-dessus de l’horizon, qui a lieu chaque année autour du 20 novembre, marque l’entrée dans la saison d’abondance, tau ‘auhune. Matari’i i ni’a signifie littéralement, “les Pléiades, en haut”, par opposition à Matari’i i raro, “les Pléiades en bas”, qui survient aux alentours du 20 mai, lorsque l’amas d’étoiles passe sous la ligne de l’horizon. Traditionnellement célébré par de nombreux acteurs de la culture, comme l’association Haururu, de Papenoo, l’événement Matari’i i ni’a est considéré dans le Pacifique polynésien comme le Nouvel An mā’ohi.
Ces festivités traditionnelles sont une volonté du nouveau conseil municipal, présidé par Teura Iriti, de mettre l’accent sur la culture et de valoriser ces événements culturels du calendrier qui font sens, en Polynésie. Cette première célébration “te matahi” n’aura pas pu avoir la portée populaire souhaitée en raison de la situation sanitaire actuelle. Plus confidentielles, les festivités se sont néanmoins déroulées sur trois jours, comme initialement prévu.
Vendredi 20 novembre, les jardins communaux, dans lesquels un paepae a été construit spécialement pour l’occasion, ont accueilli une cérémonie traditionnelle dirigée par Jacky Bryant, adjoint au maire. Pour célébrer le lever des Pléiades, la mairie a commandé une pierre sculptée représentant le lever des Pléiades. Celle-ci dévoilée au cours de la cérémonie, trône désormais sur le nouveau paepae, voué à rester dans les jardins de la mairie.
Samedi 21 novembre, la mairie avait prévu des ateliers mettant l’accent sur le partage et l’apprentissage de la langue tahitienne et du patrimoine de la commune : évolution de la langue au cours des deux derniers siècles et toponymie du milieu lagonaire ; des ateliers dispensés par Mila Tapea et Jacky Bryant.
Dimanche 22 novembre, une randonnée sur le domaine communale de Aneane était organisée grâce au partenariat avec la toute jeune association Hotu Auna, qui entretien le sentier depuis quelques mois, et avec l’accord de Henri Jay, car l’accès au domaine ne peut se faire qu’en passant sur les terres de ce dernier.
L’ensemble de ces rendez-vous se sont déroulés dans le respect des gestes barrières, en comité restreint, et dans l’espoir de pouvoir poursuivre ces célébrations chaque année avec la participation, pour les prochaines fois, de la population.

Laura Théron

Le Mémorial du bagne calédonien primé

Le Mémorial du bagne calédonien primé
L’ouvrage Le Mémorial du bagne calédonien - Entre les chaînes et la terre (éditions Au Vent des îles), écrit par Louis-José Barbançon, est lauréat du Trophée de la fabrication du livre 2020, décerné par la rédaction du magazine littéraire Livres Hebdo et d’un jury présidé par Patricia Barbizet, sous le patronage de Roselyne Bachelot, ministre de la Culture. Ce prix récompense le travail magistral de l’auteur, docteur en histoire et spécialiste indéniable du bagne de la Nouvelle-Calédonie. En deux volumes, intitulés “Les chaînes”, consacré à la phase de répression subie par les forçats à la suite de leurs condamnations, et “La terre”, qui traite des phases d’amendement et de réhabilitation, cette œuvre forte de 1 000 pages et 1 000 illustrations a l’ambition de rendre ce sujet accessible au plus grand nombre et ainsi, mettre en lumière l’histoire du bagne calédonien d’un point de vue patrimonial. 
Par ailleurs, elle a reçu le soutien du Centre national du livre dans la catégorie “Grands projets” et a fait partie des “projets remarqués” mis en avant par cette institution. Elle a également remporté le Prix Popaï - Prix spécial du jury lors du Salon international du livre océanien (SILO), décerné le 11 octobre dernier à Nouméa.
(D.S.)

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Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.