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Pôle Santé : dernier jour pour les candidatures

C’est aujourd’hui que se clôture l’appel à projets relatif à la création d’un pôle privé unique de santé. Sauf surprise venant de l’extérieur, seuls les deux protagonistes locaux que sont les cliniques Cardella et Paofai y auront répondu dans le court délai imparti (45 jours). Ils auront cependant encore quelques semaines pour compléter leur dossier. 
LO

Très cher Gauguin

Dans le dernier numéro de Tahiti Pacifique nous regrettions, comme bien d’autres (même en Italie où l’idée d’une souscription nationale a été émise), la fin du Musée Gauguin à Papeari après 52 ans d’existence. Après une mission d’experts, le ministère du Tourisme a décidé que le site deviendrait un espace scénographique pour lequel je cite : "Un comité scientifique composé d’experts de Gauguin sera constitué au mois de juillet. Une validation des premières esquisses est prévue pour décembre 2017 et la fin des travaux est programmée pour le second semestre 2019. Un budget prévisionnel de 800 millions Fcfp sera nécessaire pour l’ensemble des études et des travaux préparatoires." Huit cent millions de Fcfp pour un espace scénographique… Que dire ?
LO

Transports collectifs, du retard à prévoir

Le système de transport collectif est-il finalement si louable qu’il n’est plus utile de le réaménager ? Une question qui peut prêter à sourire si le mal n’était pas aussi profond. Et, pourtant, le schéma directeur des transports collectifs et déplacements durables à Tahiti lancé par le gouvernement semblait bien parti quand le Conseil économique social et culturel l’approuvait en juillet 2016. Des couloirs de bus spécifiques étaient envisagés, sans oublier l’étude d’un projet de tram aérien présenté en novembre 2016 à la commission des transports de l’assemblée de Polynésie française. Depuis août 2016, le schéma directeur semble être bloqué à l’APF et aucune date n’est prévue pour son passage en séance plénière. De plus, des travaux d’aménagement (arrêts de bus, points de retournement…) et une étude sur les transports en site propre devaient être lancés rapidement. "Compte tenu de l’importance cruciale des transports dans la vie quotidienne et économique du Pays, ces lenteurs administratives sont très regrettables", nous a fait part un lecteur très au fait de la question.
LO

Hôpital : la rotonde sera rasée

Le ministre de la Santé, Jacques Raynal, l’a confirmé : la Rotonde sera rasée. On se souvient qu’en début d’année un carottage pour un aménagement du site avait révélé des défauts de construction, en raison d’une mauvaise qualité de ciment. L’instruction du dossier pour déterminer les responsabilités est toujours en cours. Aucune consolidation n’étant envisageable, le bâtiment sera donc rasé. De l’avis même du ministre, on a évité le pire, car la structure aurait pu s’écrouler alors qu’elle accueillait du public.
LO

Les certificats et brevets polynésiens des métiers d'art enfin créés

Le Journal officiel du 8 juin dernier a publié les arrêtés votés en conseil des ministres portant la création des diplômes des certificats et brevets polynésiens des métiers d'art. Tahiti Pacifique a réalisé un dossier sur le Centre des métiers d'art (CMA) en date du 21 avril (voir notre édition n°353), dans lequel le directeur Viri Taimana expliquait attendre avec grande impatience la reconnaissance des diplômes du CMA par l'État. Il lâchait ainsi : "La ministre (Najat Vallaud-Bel-kacem, l'ancienne ministre de l’Éducation nationale, qui était présente en octobre 2016 au fenua, ndlr) est venue parce que nous avions fait un très bon travail et que l'école Boulle n'a pas de diplôme en sculpture ou gravure de niveau baccalauréat. Donc leur intérêt est de récupérer les diplômes polynésiens afin de les installer dans cet établissement qui est le fleuron des métiers d'art français."
Dès la rentrée de septembre 2017, des formations seront donc enfin ouvertes au CMA, sous la tutelle du ministère du Travail et de la formation professionnelle. Le certificat polynésien des métiers d'art (options sculpture, gravure, vannerie ou tatouage) est accessible aux personnes d'un niveau de classe de 3e de collège ou titulaires du Diplôme national du brevet. Le cursus, composé d'unités professionnelles et générales, comporte en outre une période de stage en milieu professionnel de douze semaines pour obtenir la qualification d'artisan. Quant au brevet polynésien des métiers d'art (options sculpture et gravure), il comprend huit unités obligatoires et une unité facultative, avec un stage professionnel de douze à seize semaines pour acquérir le titre de maître-artisan.
Viri Taimana confiait également à Tahiti Pacifique le sens de cette démarche : "En ligne de mire, le CMA souhaite l'intégration de nos élèves dans un « département de compréhension et de développement de la création insulaire » à l'Université de la Polynésie française (UPF). Nous sommes en négociation depuis deux ans avec l'UPF, qui envisage par ailleurs l'ouverture de la « Maison des sciences de l'homme du Pacifique ». Puis, pour les meilleurs d'entre eux, une poursuite vers des études supérieures d'art." L'objectif final coule de source : porter la culture et le patrimoine océaniens, et créer la Polynésie de demain. (Inscriptions ouvertes jusqu'au 30 juin 2017).
DS

Heiva i Dubaï : le voyage "reporté"

Notre dossier intitulé "L'élite du Heiva i Tahiti pillée par Dubaï" (voir notre précédente édition, n° 356) avait fait le buzz sur le Web. Un émir a offert aux meilleurs de nos danseurs et musiciens polynésiens un contrat pour partir aux Émirats arabes unis du 7 juillet au 7 août, en pleine période de Heiva. Ils devaient assurer sur place une série de shows et tous les frais devaient être pris en charge. Une opportunité alléchante pour les jeunes artistes du fenua, qui devaient en outre être grassement rémunérés… Sauf que le voyage n'aura pas lieu ou, du moins, il sera finalement "reporté" selon André Tahimanarii, l'attaché de presse chargé de la communication de l'événement.
Officiellement, ce serait les "tensions dues à la situation géopolitique" qui expliqueraient que le projet soit tombé à l'eau. Plusieurs pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis, et l’Égypte ont en effet rompu avec le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme, notamment depuis l'attentat meurtrier commis en Grande-Bretagne le 5 juin dernier. L'émir aurait ainsi "simplement proposé de repousser le séjour polynésien pour des raisons de sécurité". Mais d'autres causes sont à l'origine de ce capotage… André Tahimanarii explique : "Nous avons également des problèmes de délivrance de passeports, ce qui nous met en retard. Et puis, nous voulons aussi des garanties en faisant des tests antidrogue, mais certaines personnes refusent de se plier aux dépistages…"
À l'instar de Tuarii Tracqui, qui "n'y croit plus", c'est une énorme déception pour les 140 artistes qui s'étaient engagés. Nombre d'entre eux ont passé beaucoup de temps à s'organiser, déposé leurs congés et renoncé à leur participation au Heiva i Tahiti. Certains devaient même prendre l'avion pour la première fois.
DS

Émile Vernier en appelle à Emmanuel Macron

On peut dire que le président du Syndicat pour la défense des intérêts des retraités actuels et futurs (SDIRAF), Émile Vernier n’a pas perdu de temps pour écrire au tout nouveau président de la République, Emmanuel Macron, concernant le fonctionnement du Centre hospitalier de la Polynésie française. Il lui demande que l’État subvienne au paiement de l’intégralité des charges annuelles du CHPF ; soit 25 milliards de Fcfp par an au titre de la compensation des maladies radio-induites pour les populations passées et à venir mais aussi, plus surprenant, en compensation de l’état sanitaire des Polynésiens victimes d’obésité ou de maladies cardiovasculaires. Sans oublier la hausse du coût de la vie de par la présence de fonctionnaires indexés ou la baisse de la DGA. Émile Vernier va bien au-delà de toutes les revendications des syndicats les plus virulents qui se contenteraient de 56 milliards…
Mais qui ne tente n’a rien, n’est-ce pas Émile ?

LO

Sanitaires à problèmes sur le lieu touristique n° 1 de Papeete

Sanitaires à problèmes sur le lieu touristique n° 1 de Papeete.
Gros problème sanitaire pour le Pays. Les toilettes de la place Vaiete, haut lieu de passage des croisiéristes et des dîneurs aux roulottes sont en permanence bouchées. Merci pour les effluves.
Sous-dimensionnées et victimes du manque de civisme et d’éducation des usagers. On s’y débarrasse de tout et de n’importe quoi se plaint le personnel. Faudra-t-il une grosse commission des membres de l’Assemblée et du gouvernement pour enfin prendre la décision, pendante depuis des années, de refaire les fosses et l’évacuation ? Quant à la consommation de papier, dixit le chef des moyens généraux, "on a l’impression que se sont des éléphants qui y vont". En l’an 69, l’empereur Vespasien, trouva la solution en faisant payer l’utilisation des vespasiennes. "L’argent n’a pas d’odeur", répondit-il aux critiques. Pour les dimensions de la fosse, les toilettes de son Colisée, prévues pour 80 000 personnes fonctionnent depuis 1947 ans. Si on veut des touristes, il y a urgence !

DIKé

Apurad : j’y suis, j’y reste

Un bruit de couloir nous apprend que toutes les unités de dialyse existantes de l'APURAD devraient obtenir automatiquement toutes leurs autorisations.
À partir de ces autorisations données, la carte sanitaire mise à jour ne ferait apparaître que quelques postes de dialyse restant à pourvoir et qui seront mis dans le prochain appel à projets. Inutile de préciser que ce nombre résiduel serait insuffisant pour justifier la viabilité d'une Unité de dialyse médicalisée (UDM) à départager entre les deux cliniques et les deux sociétés Tahiti Nephro 1 & 2.
Les candidats déclarés à l’appel d’offres initial vont donc attendre de voir les arrêtés en faveur de toutes les unités de dialyse de l'APURAD avant d’entamer, peut-être, une nouvelle action en justice après celle auprès du tribunal administratif qui avait mis à plat tous les arrêtés pris par le ministère de la Santé au cours de l’année 2016 (Voir Tahiti Pacifique n°355).

LO

Le Paul Gauguin, meilleur paquebot de croisière de petite taille selon "Global Traveler"

Le 18 mai, à Los Angeles, pour la seconde année consécutive, le Paul Gauguin a reçu le prix du "Best Small Ship Cruise Line", (Meilleur paquebot de croisière de petite taille), décerné par le magazine américain haut de gamme, Global Traveler (5th Annual Leisure Lifestyle Awards). Un sacré coup de pub à l’international, mérité. Le tourisme de croisière explose partout dans le monde, des millions de personnes rêvent de venir visiter nos îles paradisiaques, nous avons investi des dizaines de milliards dans des infrastructures portuaires, dans une compagnie aérienne, dans la formation de milliers de Polynésiens, qui attendent du travail en vain, tout est prêt, MAIS… Où SONT NOS BATEAUX ? On peut rêver. Si nos politiques, nos businessmen se décidaient à investir ou faire investir dans cet outil productif ? J’entends déjà le Port autonome de Papeete qui annonce sa contribution de 720 millions plutôt que de REFAIRE le jardin du rond-point Chirac. Bientôt arriveront trois superbes petits paquebots, comme les aiment les touristes, pour donner vie à nos ports déserts et mortifères et pour fournir du travail à nos jeunes qui pleurent de désespoir. Quant aux "Cook Islands", qui remportent le prix des meilleures îles du Pacifique, sans nos moyens, et nos politiques, bravo.

DIKé

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Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !

Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !
La tournure qu’a prise “l’affaire Radio Tefana” impliquant Oscar Temaru a indigné un grand nombre d’entre nous. Après le grand recul de l’État français sur les indemnisations des victimes des essais nucléaires en Polynésie, dont le mépris détonant a explosé à la figure du Pays, la volonté de “dépayser” (à Nouméa finalement) le procès opposant le procureur de la République, Hervé Leroy, au leader indépendantiste interroge… Si la présidente du tribunal considère qu’il n’est pas envisageable de juger le responsable du parquet de sa propre juridiction, l’avocat de M. Temaru estime, lui, qu’il s’agit d’un “déni de démocratie”. Pour rappel, alors que le conseil municipal de Faa’a a accordé la protection fonctionnelle à son édile pour payer ses frais de justice liés à l’affaire Radio Tefana, M. Leroy a exigé une saisie pénale de 11,55 millions de Fcfp sur le compte personnel de M. Temaru. Pour protester contre cette opération “injustifiée” et un “acharnement judiciaire de l’État français à son encontre”, ce dernier a ainsi entrepris une grève de la faim le 8 juin. Ne parvenant pas à obtenir une audience avec M. Leroy, malgré le soutien d’une centaine de sympathisants réunis devant le palais de justice, M. Temaru l’a finalement assigné en référé pour “atteinte à la présomption d’innocence”.

La polémique gronde et défraye la chronique, ici et ailleurs, la presse nationale se demandant même “à quoi joue l’État ?”. Ce qui est indéniable, c’est que M. Temaru, souvent cantonné au rôle de martyr, a cette fois bénéficié d’une mobilisation importante et su fédérer les cœurs, bien au-delà d’un parti politique. En obtenant le soutien de nombreuses personnalités de tous horizons, ainsi que d’une vingtaine d’associations, de confessions religieuses, de syndicats ou de partis politiques rassemblés au sein du collectif Nuna’a a ti’a ("Peuple lève-toi, avance pour la paix") – à l’origine de la marche du 20 juin –, il s’est imposé en Metua (“père spirituel”). Par sa détermination et son pacifisme, on ne peut s’empêcher de penser à Pouvana’a a Oopa, condamné et exilé en 1959 pour un crime qu’il n’avait pas commis, bien que “le manque de recul” ne permette pas la comparaison, selon le spécialiste du sujet Jean-Marc Regnault, l’une des grandes plumes de Tahiti Pacifique et chroniqueur des “Pages d’Histoire”. D’ailleurs, l’historien publie simultanément deux ouvrages aux éditions ’Api Tahiti, qui lancent la série “Rivalités et moins si affinités” : Gaston Flosse, un Chirac des tropiques ? et Oscar Temaru, l’Océanie au cœur (lire page 12). Et l’auteur de mettre en perspective les deux hommes politiques, éternels “meilleurs ennemis” : “En 2020, ils entretiennent l’ambiguïté. Vont-ils s’entendre contre l’État pour en finir avec le statut d’autonomie dont ni l’un, ni l’autre ne veulent plus ? Vont-ils s’entendre pour tenter de chasser un gouvernement autonomiste qui ne gouverne pas vraiment différemment (…) ? Rivalités, donc, mais desquelles peuvent naître des affinités… électives ou autres.” L’avenir nous le dira, mais on sent bien que ce gouvernement – qui préfère poser du gazon synthétique sur le front de mer plutôt que miser sur la permaculture et les jardins partagés pour pallier la crise socio-économique inéluctable – ne parvient pas à satisfaire la majorité de la population. Aussi, le divorce est consommé au sommet du gouvernement, et il se murmure déjà qu’un remaniement ministériel est imminent…

C’est donc une rentrée mouvementée qui s’annonce ! En attendant, je profite de l’occasion pour vous informer que la rédaction de Tahiti Pacifique fera une trêve durant le mois de juillet, et ce chaque année, afin de permettre à tous les journalistes, chroniqueurs et autres contributeurs qui le souhaitent de prendre des congés annuels mérités et se ressourcer. L’objectif est aussi de mieux vous retrouver, avec toujours plus de dossiers de fond et encore d’autres nouveautés ! Les parutions de votre magazine préféré reprendront à compter du vendredi 7 août, toujours au rythme bimensuel. Merci pour votre confiance et à très bientôt.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT