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Sport : des puces dans la course

Sport : des puces dans la course
L'innovation au service des sportifs franchit enfin nos récifs et se répand au fenua. Alors que Tahiti-Moorea Marathon se tiendra le 25 mars prochain sur l'île Sœur, le comité organisateur a annoncé que cette épreuve qui fêtera ses 29 ans sera "la première course à proposer, en Polynésie française, le chronométrage par puce électronique". Ce dispositif, qui existe déjà à l'international, est déjà utilisé dans des événements tels la Ronde Tahitienne depuis 2015, ou la XTerra Tahiti depuis 2016. Aussi, lors du Championnat de Polynésie de cross-country regroupant 160 participants le 14 janvier dernier, un premier essai a été réalisé afin de compter le nombre de tours effectué par les concurrents et leur temps exact.
Dans le cadre de cette prochaine manifestation sportive, la plus importante de Moorea, le système de chronométrage, effectué par un prestataire étranger, permettra notamment d'obtenir et d'afficher des résultats fiables dès le franchissement de la ligne d'arrivée de toutes les courses, de proposer des photos et vidéos des arrivées et de suivre par géolocalisation, en direct, les favoris de la course marathon. Un petit saut de puce pour le commun des mortels, un grand bond pour le sport local !
DS

Intempéries : le politique s’en mêle

Comme si la population n’avait pas assez souffert, après les pluies, arrivent les polémiques. Le Tahoera’a Huiraatira reproche au Pays d’avoir supprimé le mois dernier le Compte d’aide aux victimes de calamité qu’il avait mis en place en 1992. Le gouvernement en place a justifié cette suppression en raison de sa lenteur d’intervention, lui préférant une commission de recensement des sinistres et de répartition des secours, dont le champ d’intervention va concerner les domaines des affaires sociales, de l’habitat, de l’agriculture et de l’économie. À elle de prouver que la rapidité d’indemnisation sera au rendez-vous. LO

Steeve Hamblin dans le collimateur du site Calédosphère

L’ancien ministre du Tourisme polynésien (16 mois entre 2009 et 2010), Steeve Hamblin, a été gratifié d’un papier particulièrement gratiné sur le site Calédosphère (caledosphere.com) publié dimanche dernier et intitulé "Steeve Hamblin : main basse sur le tourisme". Il lui est reproché d’avoir vendu du rêve en termes de fréquentation touristique sur le Caillou, mais surtout d’étaler sa réussite (plus de 100 millions de francs de chiffre d’affaires) tout en "méprisant" les moins fortunés ; des citations prises sur son blog (steevehamblin.com) venant étayer ces accusations. Mardi, Steeve Hamblin a répondu, sur son site, à cette attaque qu'il qualifie notamment de politique. LO

Gestion : subvention pour Tahiti 2018

Suite à notre brève intitulée "On manque déjà d’argent" (TP n°346, p.10), faisant référence à une dotation de 5 millions de Fcfp accordée au Comité d’organisation local (COL), Reynald Temarii, en qualité de special advisor, a tenu à rectifier les écrits. Cette dotation qualifiée de rallonge n’est qu’un moyen pour le ministère des Sports de consommer ses crédits "subvention de fonctionnement 2016" rendus disponibles par l’annulation des Jeux Inter îles (Tuamotu). Cette avance devrait donc être retirée cette année de la dotation versée au COL. Reynal Temarii a d’ailleurs précisé : "Depuis la création du COL Tahiti Va’a 2018, le 25 juin 2015, la dotation « subvention de fonctionnement du ministère des Sports » n’a jamais varié jusqu’à ce jour, soit 30 millions de Fcfp. Aucune rallonge n’a été présentée par le COL." Dont acte. LO

Du Palmex au Brando ?

Le bruit court que pour la construction des nouvelles villas sur l’atoll de Tetiaroa, du Palmex serait utilisé pour les toitures ! Alors que le groupe représenté par Dick Bailey se fait le chantre de la préservation de l’environnement (climatisation à l'eau de mer, centrale électrique du motu qui fonctionne à partir de biocarburant extrait des noix de coco…), on ne peut que s’étonner d’un tel choix.
Du plastique sur le toit de 23 villas de luxe dont 17 sont destinées à être "cédées à des tiers au travers d'un bail emphytéotique" cela fait un peu désordre. Non ? La clientèle de millionnaires, pour ne pas dire de milliardaires, va donc payer au prix fort un produit devenu malheureusement trop banal dans nos îles et qui a mis à mal toute une filière agricole, celle du pandanus.
LO

Subvention pour Tahiti Va’a 2018 : on manque déjà d’argent

Après une première subvention de 10 millions Fcfp octroyée par l’arrêté N° 730 CM du 10 juin 2016, une (première ?) rallonge de 5 millions Fcfp vient d’être approuvée en faveur de l’association Tahiti Va’a 2018 pour l’organisation des Championnats du monde de vitesse à Tahiti, alors que nous sommes à plus de six mois de la première course. À ce rythme, il faudra encore mettre la main à la poche dans quelques mois et à cela s’ajoute la rénovation du site Aorai Tini Hau à Pirae. Ce sont donc des dizaines de millions que vont coûter les deux événements (Marathon en 2017 et Vitesse en 2018) nautiques censés attirer plus de 5 000 athlètes et officiels.
LO

Répression en matière maritime

Le secrétaire d’État chargé des transports, de la mer et de la pêche a présenté un projet de loi ratifiant l’ordonnance n° 2016-1315 du 6 octobre 2016 modifiant la loi du 17 décembre 1926 relative à la répression en matière maritime.
Prise sur le fondement de la loi sur l'actualisation du droit des outre-mer, l’ordonnance qu’il s’agit de ratifier permet la pleine application dans les Outre-mer de la réforme pénale maritime qui s'est traduite en 2016 par l'installation de six tribunaux maritimes. Ces nouvelles juridictions comprennent, outre les magistrats professionnels, des assesseurs issus du milieu maritime. Elles ont compétence pour le jugement des délits maritimes relevant essentiellement de la sécurité maritime qu'elles contribueront à renforcer.
La protection des assesseurs maritimes est assurée afin de garantir leur indépendance dans l'exercice de la justice en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie Française et dans les Terres australes et antarctiques françaises.
Communiqué gouvernemental

Festival des Marquises 2017 : les artistes au sol ou sur une scène ?

Alors que le prochain Matavaa o te Fenua Enata, le Festival des arts des îles Marquises, se tiendra à Tahuata du 18 au 21 décembre, l'événement culturel fait déjà couler beaucoup de salive dans l'archipel, et "d'encre" sur les réseaux sociaux. Outre la construction d'un débarcadère coûtant 190 millions Fcfp (financés à 80 % par l'État) pour accueillir les 600 membres des délégations et le public par bateau, une autre innovation est vivement commentée... En effet, sur Facebook, le groupe Te Èo, créé pour promouvoir le èo ènana (la langue marquisienne), s'indigne suite à une décision du maire de l'île, qui est aussi président de la communauté des communes des Marquises : "Danser le haka marquisien sur une scène en bois ? Une méchante blague ? Non, sous prétexte de modernisation, c’est ce que Félix Barsinas veut pour les danseurs du prochain festival de décembre 2017 (…) En plus de coûter des millions inutiles, la scène priverait les danseurs de ce contact essentiel et vital avec la terre-mère, te èpo henua."
Interrogé par Polynésie 1ère, le tāvana Félix Barsinas assume cette nouveauté. Il s'est simplement fendu d'une réponse pour le moins laconique : "La culture est vivante, elle se partage avec tout le monde. Aujourd'hui, il ne faut pas fermer la porte à la modernité." Peut-être, mais on le sait, les peuples traditionnels ont toujours foulé le sol nourricier pour le remercier, et notamment les danseurs de la Terre des Hommes. Alors, à force de troquer l'authenticité pour la contemporanéité, que restera-t-il de l'essence même de la culture mā'ohi ? Du folklore ? Placée cette année sous le thème "Te Haatupu aè/Te haatupuìa aè" (la croissance), la manifestation fera-t-elle s'exprimer les artistes sur une scène ? Dans le cas échéant, ce serait une première fois.
DS

Le Pays paye les impôts de l’Égat

Dans la série bonne gestion des établissements publics, le gouvernement a dû intervenir pour épurer une partie des dettes de l’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva (Égat). Dans un premier temps il s’agissait de régler les patentes de 2013 à 2015 et l’impôt foncier 2013 pour un montant global de 24,9 millions de Fcfp. Restera prochainement à régler les patentes 2016 et les impôts fonciers de 2014 à 2016, soit encore un chèque aux alentours de 20 millions de Fcfp. Cela commence à faire beaucoup pour un Établissement qui ne doit s’occuper quasi exclusivement que du golf de Papara et du musée Gauguin. Le golf pour lequel l’Égat n’a pas été en mesure de prendre en charge les dégâts causés par le vent en février 2016 pour un montant de 7,2 millions de Fcfp et le musée qui a reçu une subvention de 18,7 millions en décembre pour sa réhabilitation ainsi que celle du jardin botanique. À quoi servent les subventions annuelles versées à l’Égat ? La question se pose véritablement quand on fait le bilan de ce qu’il en ressort, puisque pour le musée et le développement du domaine Harrison Smith rien à n’a véritablement été tranché sur leur avenir, même si des consultations ont été entreprises mercredi. La chambre territoriale des comptes dans son rapport sur la politique culturelle de la Polynésie française et sur la gestion de ces établissements regrettait "une absence de bilan et de contrôle sur les aides publiques apportées", comme le soulignait Tahiti Infos le 7 décembre.
LO

Très chère Autorité polynésienne de la concurrence

Très chère Autorité polynésienne de la concurrence
Pas rancunier le gouvernement Fritch ! Alors que quelques-uns de ses ministres, comme Teva Rohfritch pour la perliculture, ont eu maille à partir avec l’Autorité polynésienne de la concurrence, le budget de fonctionnement de cette dernière vient d’être revu à la hausse. De 100 millions de Fcfp en 2015, année de sa création, à 150 millions en 2016, il vient d’être augmenté à 185 millions pour 2017. Si l’utilité de cette autorité administrative indépendante n’est pas remise en question, malgré quelques détracteurs, la question du budget se pose, et mérite d’être mis en parallèle avec celui du CESC et de ses 45 membres, d’un montant de 91 millions de Fcfp. En effet la seule ligne de rémunération du personnel pour 2017, hors charges, est de plus de 132 millions de Fcfp, contre 100 millions en 2016, pour seulement 13 salariés, et 34 millions en 2015. Le calcul est simple, la moyenne est de 850 000 Fcfp/mois en net. À cela il faut rajouter les indemnités des membres que sont Maïana Bambridge, Jean-Christophe Lau, Florent Venayre et Julien Vucher-Visin. Pour ces derniers, le budget annuel est passé de 2,1 millions à 4 millions de Fcfp, soit presque le double. À l’heure où il faut faire des économies, ça laisse rêveur…
LO

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Délinquance : peut-on se réjouir de chiffres qui sont “dans la moyenne nationale” ?

Délinquance : peut-on se réjouir de chiffres qui sont “dans la moyenne nationale” ?
À l’heure du bilan à mi-parcours du Plan de prévention de la délinquance 2018-2020, on ne vous cache pas notre étonnement en prenant connaissance des résultats donnés par l’État et le Pays, même si, en cette période préélectorale, plus grand-chose ne nous surprend. Et puis, on le sait, il est facile de “faire parler” les chiffres. Concrètement, la cinquième réunion plénière du Conseil territorial de la prévention de la délinquance annonce une diminution des faits constatés dans quasiment tous les secteurs. Ainsi, les atteintes volontaires à l’intégrité physique resteraient stables entre 2018 et 2019 ; idem pour les atteintes aux biens ; le nombre d’accidents et de blessés sur les routes aurait également baissé, etc. Mais si l’on analyse ces données de plus près, on s’aperçoit en réalité qu’elles sont floues, puisque l’on compare parfois les
douze mois de l’année 2018 avec la période de janvier à septembre (neuf mois) pour l’année 2019. Par exemple, il est indiqué que
3 femmes et 1 homme ont été tués à la suite de violences conjugales en 2018” contre “2 femmes depuis le début de l’année 2019”. Ou encore : “Au 31 octobre 2019, on recense 29 tués contre 30 tués à la même période en 2018, soit une baisse de -3,3 %”. Personne ne sait comment vont évoluer ces statistiques d’ici la fin de l’année…

D’une part, ces méthodes de calcul ne semblent pas permettre de tirer des conclusions précises et, d’autre part, on ne peut pas se réjouir de ces mauvais chiffres. Toutefois, le haut-commissaire a résumé (relativisé ?) la situation en ces termes : “Sur les atteintes aux biens, nous sommes plutôt en dessous de la moyenne nationale, sur les violences aux personnes, nous sommes dans la moyenne nationale et en-dessous de certains territoires ultramarins.” Cette démarche, consistant à se baser sur le ratio national, est-elle appropriée ? Nous en doutons fortement. Cela nous fait amèrement penser à l’anecdote cocasse que nous avons vécue en 2018 alors que nous menions des investigations sur l’augmentation des nuisances sonores et la montée de la violence chez les jeunes au fenua. Bien que le commissaire divisionnaire de la Direction de la sécurité publique était d’accord pour échanger sur ces thèmes épineux, l’ancien responsable de la communication du haussariat – qui a été débarqué entre-temps, car mis en examen pour complicité de trafic d’influence active, aux côtés de Bill Ravel – nous avait fait comprendre, en “off”, qu’il n’y avait “pas de sujet”… Nous lui avons prouvé le contraire en publiant deux dossiers de fond sur ces problématiques irréfutables (lire TPM n° 389 du 7 septembre 2018 et TPM n° 391 du 5 octobre 2018), qui nous ont valus de très bons retours.

Dominique Sorain a cependant jugé “préoccupante” l’augmentation des trafics de drogue et notamment d’ice. Et pour cause, il y a urgence lorsque l’on voit le nombre effarant de saisies effectuées par les douanes locales ! M. Édouard Fritch, lui, a proposé “la création très prochaine d’une Délégation à la promotion de la jeunesse et à la prévention de la délinquance”, qui sera dirigé par l’homme à la chemise mauve (Teiva Manutahi), mais aussi “une intensification des moyens de lutte contre le trafic de plus en plus inquiétant de l’ice”. Sauf qu’il n’y a toujours pas de centre de désintoxication à Tahiti, malgré la mise en place d’un Plan de santé mentale 2019-2021 qui s’avère de plus en plus nécessaire (lire notre dossier de Une en page 16)… En l’absence donc d’un pôle de santé mentale, un projet de postcure devrait être enfin examiné lors du prochain collectif budgétaire. Les quatre priorités identifiées dans le cadre du plan biennal (la lutte contre les addictions, la prévention de la délinquance des mineurs, la réduction des violences intrafamiliales et la lutte contre l’insécurité routière) doivent être poursuivies sans relâche. Il suffit de sortir de chez soi, d’observer et de constater que tous ces sujets sont malheureusement de plus en plus d’actualité dans une société marquée par des inégalités sociales croissantes. Quant aux addictions aux drogues dures, ne sont-elles pas le reflet d’une jeunesse en manque de repères et d’accompagnement, prête à exploser à la figure de ses aînés telle une cocotte-minute ? Il est grand temps d’agir avant que la gangrène ne poursuive son œuvre !

Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt