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Festival des Marquises 2017 : les artistes au sol ou sur une scène ?

Alors que le prochain Matavaa o te Fenua Enata, le Festival des arts des îles Marquises, se tiendra à Tahuata du 18 au 21 décembre, l'événement culturel fait déjà couler beaucoup de salive dans l'archipel, et "d'encre" sur les réseaux sociaux. Outre la construction d'un débarcadère coûtant 190 millions Fcfp (financés à 80 % par l'État) pour accueillir les 600 membres des délégations et le public par bateau, une autre innovation est vivement commentée... En effet, sur Facebook, le groupe Te Èo, créé pour promouvoir le èo ènana (la langue marquisienne), s'indigne suite à une décision du maire de l'île, qui est aussi président de la communauté des communes des Marquises : "Danser le haka marquisien sur une scène en bois ? Une méchante blague ? Non, sous prétexte de modernisation, c’est ce que Félix Barsinas veut pour les danseurs du prochain festival de décembre 2017 (…) En plus de coûter des millions inutiles, la scène priverait les danseurs de ce contact essentiel et vital avec la terre-mère, te èpo henua."
Interrogé par Polynésie 1ère, le tāvana Félix Barsinas assume cette nouveauté. Il s'est simplement fendu d'une réponse pour le moins laconique : "La culture est vivante, elle se partage avec tout le monde. Aujourd'hui, il ne faut pas fermer la porte à la modernité." Peut-être, mais on le sait, les peuples traditionnels ont toujours foulé le sol nourricier pour le remercier, et notamment les danseurs de la Terre des Hommes. Alors, à force de troquer l'authenticité pour la contemporanéité, que restera-t-il de l'essence même de la culture mā'ohi ? Du folklore ? Placée cette année sous le thème "Te Haatupu aè/Te haatupuìa aè" (la croissance), la manifestation fera-t-elle s'exprimer les artistes sur une scène ? Dans le cas échéant, ce serait une première fois.
DS

Le Pays paye les impôts de l’Égat

Dans la série bonne gestion des établissements publics, le gouvernement a dû intervenir pour épurer une partie des dettes de l’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva (Égat). Dans un premier temps il s’agissait de régler les patentes de 2013 à 2015 et l’impôt foncier 2013 pour un montant global de 24,9 millions de Fcfp. Restera prochainement à régler les patentes 2016 et les impôts fonciers de 2014 à 2016, soit encore un chèque aux alentours de 20 millions de Fcfp. Cela commence à faire beaucoup pour un Établissement qui ne doit s’occuper quasi exclusivement que du golf de Papara et du musée Gauguin. Le golf pour lequel l’Égat n’a pas été en mesure de prendre en charge les dégâts causés par le vent en février 2016 pour un montant de 7,2 millions de Fcfp et le musée qui a reçu une subvention de 18,7 millions en décembre pour sa réhabilitation ainsi que celle du jardin botanique. À quoi servent les subventions annuelles versées à l’Égat ? La question se pose véritablement quand on fait le bilan de ce qu’il en ressort, puisque pour le musée et le développement du domaine Harrison Smith rien à n’a véritablement été tranché sur leur avenir, même si des consultations ont été entreprises mercredi. La chambre territoriale des comptes dans son rapport sur la politique culturelle de la Polynésie française et sur la gestion de ces établissements regrettait "une absence de bilan et de contrôle sur les aides publiques apportées", comme le soulignait Tahiti Infos le 7 décembre.
LO

Très chère Autorité polynésienne de la concurrence

Très chère Autorité polynésienne de la concurrence
Pas rancunier le gouvernement Fritch ! Alors que quelques-uns de ses ministres, comme Teva Rohfritch pour la perliculture, ont eu maille à partir avec l’Autorité polynésienne de la concurrence, le budget de fonctionnement de cette dernière vient d’être revu à la hausse. De 100 millions de Fcfp en 2015, année de sa création, à 150 millions en 2016, il vient d’être augmenté à 185 millions pour 2017. Si l’utilité de cette autorité administrative indépendante n’est pas remise en question, malgré quelques détracteurs, la question du budget se pose, et mérite d’être mis en parallèle avec celui du CESC et de ses 45 membres, d’un montant de 91 millions de Fcfp. En effet la seule ligne de rémunération du personnel pour 2017, hors charges, est de plus de 132 millions de Fcfp, contre 100 millions en 2016, pour seulement 13 salariés, et 34 millions en 2015. Le calcul est simple, la moyenne est de 850 000 Fcfp/mois en net. À cela il faut rajouter les indemnités des membres que sont Maïana Bambridge, Jean-Christophe Lau, Florent Venayre et Julien Vucher-Visin. Pour ces derniers, le budget annuel est passé de 2,1 millions à 4 millions de Fcfp, soit presque le double. À l’heure où il faut faire des économies, ça laisse rêveur…
LO

Un leader Musulman aux Samoa avertit le gouvernement qu'il y aura des conséquences négatives si les Samoa deviennent un état Chrétien

L'Observateur des Samoa rapporte que le Premier ministre Tuilaepa Sa'ilele Malielegaoi a présenté un projet d'amendement de Constitution pendant la dernière séance du Parlement pour 2016 qui ferait ses Samoa une nation chrétienne.
Cependant le responsable de la Ligue Musulmane aux Samoa, Laulu Mohammed Daniel Stanley a déclaré au journal local The Observer qu'il croit que le gouvernement n'y a pas bien réfléchi et croit que ceci sera une source de tension sociale parmi les diverses communautés aux Samoa.
Il pense que ceci pourrait aussi aboutir à de la discrimination dans l'emploi pour les non-chrétiens dans le secteur public autant que privé et qu’avoir un système gouvernemental basé sur des principes Chrétiens soulève des questions à propos des relations bilatérales des Samoa avec des nations non-chrétiennes comme la Chine à laquelle les Samoa empruntent régulièrement.
Mais les Musulmans ne seraient pas affectés d’après lui tant que l'article 11 de la Constitution, qui tient compte de la liberté de religion, reste inchangé.
Source : radionz.co.nz

Finances : l’Assemblée dégraisse

Le Journal officiel du 19 décembre fait état d’une loi de Pays adoptée par l’assemblée territoriale concernant une incitation au départ volontaire d’agents administratifs. Ce dispositif s’adresse à celles et ceux qui souhaitent rompre leur engagement de manière définitive. Sont éligibles les agents en CDI d’au moins 50 ans et en exercice depuis au moins 5 ans. L’indemnité de départ pourra atteindre un maximum de 24 mois de salaire calculé sur le dernier versé. Le mammouth administratif polynésien va donc perdre quelques kilos ; il a encore de la marge…
LO

Politique : le budget des familles attendra

Le rapport sur l’enquête logiquement quinquennale du budget des familles menée en 2015 est prêt depuis le début du mois. Le rapport dont les conclusions laissent peu de doutes sur la paupérisation de la population ne sera pourtant publié que courant janvier. Si le gouvernement n’a pas voulu le publier au moment de la présentation de son budget 2017 c’était bien dans le but d’éviter de donner du grain à moudre à l’opposition orange qui a axé sa stratégie politique sur le terreau social. Une opposition en générale qui s’est bien gardée de mener ce genre d’enquête, la dernière remontant à l’an 2000.
LO

Numérique : un câble nommé Désir

Le câble domestique sous-marin qui va permettre de désenclaver numériquement quelques îles des Tuamotu et des Gambier a été configuré pour s’adapter à l’international si d’aventure depuis Hao, la Polynésie française avait cherché à diversifier ses sources d’approvisionnement. Un déploiement vers le Chili a été étudié mais le coût a refroidi tout développement vers l’Est. La volonté affichée par le Chili (Edition du El Mercurio du 17 décembre) de se câbler avec la Chine pourrait permettre de relancer le projet polynésien à moindre coût.
LO

Gastronomie : quand Jonas cuisine à l’Assemblée nationale

crédit photo : Tahiti Infos
Le député Jonas Tahuaitu se fait plutôt discret, ces derniers temps, à Paris. Il y a pourtant un moyen infaillible pour savoir s’il se trouve à l’Assemblée nationale. Quand il est présent, "ça sent bon le riz" dans le couloir, raconte, avec gourmandise, une collaboratrice habituée du premier étage du 101 de la rue de l’Université où sont regroupés les bureaux des trois députés polynésiens. Un autre collaborateur confirme, en riant : "On se croirait dans la cuisine du Dragon d’or !" Le mandat du député se termine en juin. Dans six mois, il aura du temps libre pour donner un coup de main à Teheiura dans sa roulotte sur les routes de France.
S. Massau

Secosud : un marché de dupes ?

Alors que le dossier Secosud, pour le renouvellement de la concession pour la distribution publique d'énergie électrique sur la partie sud de l’île de Tahiti, est en stand-by en attendant le 28 février 2017, date butoir du quatrième délai que s’est accordé Secosud par avenant, peut-on toujours parler de marché ?
D'avenants en avenants, cette durée de prolongation a permis à EDT d'en être le délégataire pendant plus de deux ans et dix mois supplémentaires. Officiellement, EDT est toujours en concurrence avec la société Teva Rua Nui (Eric Noble Demay, Mario Nouveau, Jean-Paul Nazaire...) après que la Cegelec a jeté l’éponge et que Teva Rua a été mis hors course. Sans oublier que depuis le 1er septembre, le cabinet de conseil Espélia, qui accompagnait Secosud, a lui aussi jeté l’éponge et que depuis, la société Speed, écartée par Secosud en 2015 pour ses liens avec EDT, a repris le flambeau !
Nous nous sommes procurés une note juridique datée du 2 novembre adressée à Secosud qui laisse peu de doutes sur le sort que sera réservé à Teva Rua Nui au moment de la décision finale :
(…) Il résulte de ce qui précède que l’offre de la SAS Teva Rua Nui n’est pas valable pour trois motifs de faits essentiels :
- seuls 2% du capital est détenu par les personnes du groupement initial qui ont candidaté ;
- 97% des actions sont détenues par des candidats qui ont été écartés ;
- 1% des actions sont détenues par la société NDA de Monsieur Noble Demay qui a reçu une promotion en vue d’être le président actionnaire de la SAS au lieu d’être le directeur général non actionnaire ;
Il résulte de ce qui précède que l’offre de la SAS Teva Rua Nui n’est pas valable pour deux motifs de droit essentiels qui se subdivisent en deux branches :
• Les motifs de droit tirés de la loi de Pays :
- Non-respect des exigences relatives au caractère intuitu personae de la candidature (LP 9 dernier alinéa)
- Non-respect des exigences d’intangibilité des candidatures (lecture combinée des articles LP 4, LP 9 et LP 11)
- Non-respect des principes de transparence et de libre concurrence ; (Article LP 200-1 du code de la concurrence de Polynésie)
• Les motifs de droit tirés de la jurisprudence administrative :
- Non-respect de l’exigence d’un lien suffisant entre le candidat retenu et le postulant dépositaire de l’offre (CE, 3 juin 1987, Société nîmoise de tauromachie et de spectacle, req. n° 56733)
- Non-respect de l’exigence initiale de la régularité au regard des déclarations sociales et fiscales (CAAP ch 1 de Bordeaux 28 octobre 2010 n° 09BX02127)
- Non-respect de l’exigence d’appréciation préalable des garanties des nouveaux associés dans le cadre du projet de constitution.

Le Secosud n’a pas, à notre connaissance, fait part à Teva Rua Nui de ces problèmes. Histoire sans doute de garder un semblant de concurrence afin de garder un moyen de pression sur EDT.
LO

Socredo : Tu quoque mi fili ?

L’assassinat professionnel dont a été victime le directeur de la Socredo, James Estall, il y a quinze jours et dont Tahiti Pacifique a été le premier à en faire écho, n’a pas manqué d’alimenter depuis les conversations. Le personnel de la banque a tenu à montrer sa solidarité à son directeur en l’accompagnant jusqu’à la salle de réunion où l’attendaient, entre autres, les membres du gouvernement. Si Jean-Christophe Bouissou a "affronté" la foule, Nuihau Laurey et Teva Rohfritsch, ancien employé de la banque placé sous la direction de James Estall, ont préféré utiliser une autre entrée pour y accéder. Les principales raisons invoquées dans un communiqué pour ce limogeage, nous laissent songeur : "Elle est motivée par l’importance de donner une nouvelle impulsion à l’établissement dans un contexte de reprise économique qu’il convient d’accompagner, notamment dans le logement et le développement touristique, secteurs clés de l’économie polynésienne dans lesquels la Socredo possède une solide expérience." Faut-il rappeler qu’en ce qui concerne le logement, social en l’occurrence, il conviendrait mieux de voir les actions ou plutôt inactions de l’OPH. Terrains trop chers ? Comment certains, spécialisés dans le logement intermédiaire, arrivent-ils encore à trouver des terrains dans Papeete, comment certains arrivent-ils à construire sur des terrains que l’OPH déclarait inconstructibles techniquement ? Quant au golf de Moorea, la gestion de nos gouvernants nous en apprend beaucoup sur l’importance de donner une nouvelle impulsion à notre tourisme. Le projet non abouti de l’hôtel Warwick sur le golf, qui avait valu une défiscalisation à quelques investisseurs, leur vaut maintenant bien des soucis. Si le remboursement des sommes défiscalisées semble normal, alors que l’agrément n’a toujours pas été retiré, comment justifier les pénalités qui seraient proches du double du montant investi? La relance d’un éventuel nouveau projet par la Socredo via la défiscalisation ne devrait pas attirer les investisseurs.
LO

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Comme un parfum de Macron…

Comme un parfum de Macron…
La décision du Conseil d’État, le 27 janvier dernier, de ne pas appliquer l’amendement à la loi Morin pour les demandes d’indemnisation des victimes des essais nucléaires déposées avant 2019 a surpris la Polynésie entière… mais agréablement pour une fois ! Cette institution publique, qui est chargée de conseiller le Gouvernement central et se veut la plus haute des juridictions de l’ordre administratif, met donc finalement à mal “l’amendement Tetuanui”, créé le 30 décembre 2018, qui réintégrait dans la loi, après la suppression de la notion de “risque négligeable”, un seuil minimal d’exposition aux rayonnements ionisants pour accéder aux indemnisations (une dose annuelle de 1 millisievert). Conséquence immédiate : deux victimes, dont les dossiers avaient pourtant été rejetés par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), ont pu obtenir gain de cause. Ces décisions font ainsi jurisprudence pour 62 autres cas ayant reçu un avis défavorable parmi les 138 demandes d’indemnisation en attente.

Même le président du Pays n’a pas caché son grand étonnement. Sans chercher à “faire le travail du Civen”, Édouard Fritch a considéré, au micro de Radio 1, qu’il va manquer au comité “un critère qui permette de dire oui ou non”. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, a déclaré pour sa part, lors de sa courte visite au fenua : “Chacun prend acte de cette décision”, en ajoutant que ce sera au Civen d’en “examiner les conséquences”, en l’absence d’une estimation précise de l’impact financier sur l’État. Sans surprise cette fois, Auguste Uebe-Carlson, fondateur et président de l’association 193, a, lui, réagi positivement à cette grande annonce dans les colonnes de Tahiti Infos : “C’est vraiment un encouragement (…) pour toutes les familles à se manifester pour que cet amendement [“Tetuanui”] soit supprimé ou suspendu en attendant des études sérieuses de la part de l’État à propos de la réalité des maladies qui touchent notre pays.” Selon lui, “le nombre de dossiers a considérablement baissé” depuis l’entrée en vigueur de cet amendement, qui “a découragé beaucoup de familles polynésiennes à entamer une demande d’indemnisation”. Le père Auguste n’a d’ailleurs pas manqué d’affirmer : “Nous rappellerons au président Macron ces décisions du Conseil d’État.

En effet, malgré deux reports en 2019, le président de la République française nous fera enfin l’honneur d’un séjour en Polynésie du 16 au 18 avril 2020, des dates dont nous vous avions donné la primeur dans l’édition du 13 décembre dernier (lire TPM n° 422). On peut tout de même s’interroger sur cette décision tonitruante du Conseil d’État en faveur des Polynésiens. D’autant qu’elle s’est suivie, quelques jours après, du passage tout sourire de Mme Girardin sur nos terres, offrant par la même occasion un joli coup de pouce pour les municipales au Tapura Huiraatira, parti local majoritaire rallié à la liste La République en marche (LREM) d’Emmanuel Macron… Juste avant la ministre des Outre-mer, c’était Stanislas Cazelles, le conseiller Outre-mer de l’Élysée, qui se déplaçait à Tahiti pour préparer le voyage du chef de l’État. Alors, hasard du calendrier ou pas, le terrain semble parfaitement déblayé pour l’arrivée du Président ! Si beaucoup redoutent qu’on leur vende encore des salades, ce qui est sûr, c’est que victimes ou non des essais, bien des hommes et des femmes l’attendent de pied ferme et qu’au menu, ils lui proposeront, eux, des échanges et des débats de vive voix autour du sujet explosif du nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt