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Une étude à 678 000 Fcfp pour Ia Hau Noa

Ia Hau Noa, vous vous rappelez ? Mais si, ce parti politique créé en 2009 par Bruno Sandras et qui défraye la chronique par… son silence. Il est vrai que Bruno Sandras, inéligible jusqu’en juillet 2017 suite à sa condamnation définitive dans l’affaire des emplois fictifs, s’est plutôt fait discret. Cela n’empêche pas son parti de continuer à percevoir en toute légalité les subventions de l’État auxquelles il peut prétendre. C’est ainsi que dans l’édition des documents administratifs du JO de la République française du 7 février dernier, on peut lire que le parti avait perçu 412 000 Fcfp, comme depuis plusieurs années, au titre de l’exercice 2015. Le plus surprenant porte sur les dépenses de cet exercice que nous vous livrons telles qu’écrites dans le document administratif :

"IV. 1 Faits caractéristiques de l’exercice
[…]
Le parti a fait réaliser, pour un montant de 5 682€ (ce qui constitue 67% des dépenses de l’exercice) une étude bilan/perspectives sur l’organisation du parti, son statut et son programme politique.
Cette étude, autorisée par le bureau exécutif le 6 mars 2015 et réalisée par le cabinet BS consultant, représenté par son exploitant Bruno SANDRAS, a pour objet :
- de dresser un bilan du fonctionnement des structures actuelles du parti depuis sa création (état des lieux - diagnostic), ainsi que de proposer les modifications à apporter en vue d’une organisation plus performante ;
- de procéder à une analyse des statuts actuels du parti (difficultés ou absence de mise en œuvre, dispositions obsolètes ou inadaptées…) et d’en proposer une nouvelle mouture ;
- d’analyser les divers documents ayant été produits par IA HAU NOA (campagnes électorales bulletins d’information, lettres de IA HAU NOA, documents issus d’ateliers de réflexions, voire de commissions spécifiques internes)
La convention de prestation de service, ainsi que le rapport d’études réceptionné et validé par le bureau exécutif.[…]"

Observations des commissaires aux comptes :
"Nous attirons votre attention sur le point suivant exposé dans la note IV.1 de l’annexe concernant les frais d’études réalisés par le cabinet BS Consultant, représenté par son exploitant, M. Bruno SANDRAS."

Le président-fondateur du parti s’est donc facturé une étude sur son parti ! Que ses partisans se rassurent : "(…) ces moyens financiers seront disponibles lorsque l’on reviendra sur le devant de la scène politique", avait déclaré Bruno Sandras l’année dernière à nos confrères de Tahiti Infos.
LO

Plus d’outrage permis

Dans le JO de la République en date du 27 janvier dernier, François Hollande promulgue une loi homologuant des peines d’emprisonnement (déjà prévues par la Polynésie française depuis mai 2016) relative à l’outrage public au drapeau, aux armes et à l’hymne du fenua.
LO

Les douaniers indemnisés

Le tribunal administratif a condamné l’État à dédommager deux des huit douaniers de l’Arafenua qui avaient été accusés à tort de viol par une collègue. Les deux plaignants se verront verser des indemnités correspondant aux années durant lesquelles ils ont été suspendus de leurs fonctions entre 2012 et 2015.
LO

Éclairage : le Pays condamné

Ce sont près de 3,8 millions de Fcfp que le Pays a été condamné à verser, par le tribunal administratif, à la société Enrobage Concassage et Infrastructure (ECI) suite à une invalidation des conditions d’attribution du marché pour la mise aux normes et la modernisation de l’éclairage public du boulevard Pomare et de l’avenue Pouvanaa a Oopa. La société ECI avait perdu le marché en 2014 au bénéfice de la Société polynésienne de réseaux d’études et de services (Spres) alors en redressement judiciaire et de ce fait en dehors des stipulations du code des marchés publics. La Spres avait déjà défrayé la chronique l’année dernière quand Bruno Marty avait été soupçonné de conflit d’intérêt pour une éventuelle double facturation entre la Spres et la TEP dont il avait été à la tête successivement.
LO

Aménagement de la presqu’île Jacques Chirac

Aménagement de la presqu’île Jacques Chirac
Vendredi dernier, le ministre de l’Équipement, Luc Faatau, a assisté, en compagnie du directeur du Port autonome, Georges Puchon, à la conférence de presse de présentation des travaux d’aménagement de l’esplanade Jacques Chirac. Un projet de 720 millions de Fcfp au milieu duquel trônera une double pirogue. Souhaitons qu’elle soit solidement arrimée pour ne pas partir aux prochaines grandes pluies. La montée des eaux dans le tunnel routier lors des récentes intempéries avait transformé ce rond-point en un îlot.

LO

Le Tere Fā'ati en V.O. pour nos touristes ?

Si la 12e édition du Tere Fā'ati a été couronnée de succès avec ses 150 participants répartis sur cinq trucks, on peut quand même regretter le petit couac à la visite de Tombeau du roi à Arue. En effet, si parmi les 150 participants, on comptait des locaux, il y avait aussi des touristes qui sont restés sur leur faim de connaissances puisque, sur le site en question, l’orateur ne s’est exprimé qu’en tahitien…
La touriste métropolitaine qui s’est confiée à nous a déclaré avoir attendu désespérément qu’une traduction en français lui soit donnée, comme à tous ceux qui ne parlent pas tahitien. Un petit bug qui sera certainement corrigé pour l’année prochaine.

LO

Sport : des puces dans la course

Sport : des puces dans la course
L'innovation au service des sportifs franchit enfin nos récifs et se répand au fenua. Alors que Tahiti-Moorea Marathon se tiendra le 25 mars prochain sur l'île Sœur, le comité organisateur a annoncé que cette épreuve qui fêtera ses 29 ans sera "la première course à proposer, en Polynésie française, le chronométrage par puce électronique". Ce dispositif, qui existe déjà à l'international, est déjà utilisé dans des événements tels la Ronde Tahitienne depuis 2015, ou la XTerra Tahiti depuis 2016. Aussi, lors du Championnat de Polynésie de cross-country regroupant 160 participants le 14 janvier dernier, un premier essai a été réalisé afin de compter le nombre de tours effectué par les concurrents et leur temps exact.
Dans le cadre de cette prochaine manifestation sportive, la plus importante de Moorea, le système de chronométrage, effectué par un prestataire étranger, permettra notamment d'obtenir et d'afficher des résultats fiables dès le franchissement de la ligne d'arrivée de toutes les courses, de proposer des photos et vidéos des arrivées et de suivre par géolocalisation, en direct, les favoris de la course marathon. Un petit saut de puce pour le commun des mortels, un grand bond pour le sport local !
DS

Intempéries : le politique s’en mêle

Comme si la population n’avait pas assez souffert, après les pluies, arrivent les polémiques. Le Tahoera’a Huiraatira reproche au Pays d’avoir supprimé le mois dernier le Compte d’aide aux victimes de calamité qu’il avait mis en place en 1992. Le gouvernement en place a justifié cette suppression en raison de sa lenteur d’intervention, lui préférant une commission de recensement des sinistres et de répartition des secours, dont le champ d’intervention va concerner les domaines des affaires sociales, de l’habitat, de l’agriculture et de l’économie. À elle de prouver que la rapidité d’indemnisation sera au rendez-vous. LO

Steeve Hamblin dans le collimateur du site Calédosphère

L’ancien ministre du Tourisme polynésien (16 mois entre 2009 et 2010), Steeve Hamblin, a été gratifié d’un papier particulièrement gratiné sur le site Calédosphère (caledosphere.com) publié dimanche dernier et intitulé "Steeve Hamblin : main basse sur le tourisme". Il lui est reproché d’avoir vendu du rêve en termes de fréquentation touristique sur le Caillou, mais surtout d’étaler sa réussite (plus de 100 millions de francs de chiffre d’affaires) tout en "méprisant" les moins fortunés ; des citations prises sur son blog (steevehamblin.com) venant étayer ces accusations. Mardi, Steeve Hamblin a répondu, sur son site, à cette attaque qu'il qualifie notamment de politique. LO

Gestion : subvention pour Tahiti 2018

Suite à notre brève intitulée "On manque déjà d’argent" (TP n°346, p.10), faisant référence à une dotation de 5 millions de Fcfp accordée au Comité d’organisation local (COL), Reynald Temarii, en qualité de special advisor, a tenu à rectifier les écrits. Cette dotation qualifiée de rallonge n’est qu’un moyen pour le ministère des Sports de consommer ses crédits "subvention de fonctionnement 2016" rendus disponibles par l’annulation des Jeux Inter îles (Tuamotu). Cette avance devrait donc être retirée cette année de la dotation versée au COL. Reynal Temarii a d’ailleurs précisé : "Depuis la création du COL Tahiti Va’a 2018, le 25 juin 2015, la dotation « subvention de fonctionnement du ministère des Sports » n’a jamais varié jusqu’à ce jour, soit 30 millions de Fcfp. Aucune rallonge n’a été présentée par le COL." Dont acte. LO

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Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !

Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !
La tournure qu’a prise “l’affaire Radio Tefana” impliquant Oscar Temaru a indigné un grand nombre d’entre nous. Après le grand recul de l’État français sur les indemnisations des victimes des essais nucléaires en Polynésie, dont le mépris détonant a explosé à la figure du Pays, la volonté de “dépayser” (à Nouméa finalement) le procès opposant le procureur de la République, Hervé Leroy, au leader indépendantiste interroge… Si la présidente du tribunal considère qu’il n’est pas envisageable de juger le responsable du parquet de sa propre juridiction, l’avocat de M. Temaru estime, lui, qu’il s’agit d’un “déni de démocratie”. Pour rappel, alors que le conseil municipal de Faa’a a accordé la protection fonctionnelle à son édile pour payer ses frais de justice liés à l’affaire Radio Tefana, M. Leroy a exigé une saisie pénale de 11,55 millions de Fcfp sur le compte personnel de M. Temaru. Pour protester contre cette opération “injustifiée” et un “acharnement judiciaire de l’État français à son encontre”, ce dernier a ainsi entrepris une grève de la faim le 8 juin. Ne parvenant pas à obtenir une audience avec M. Leroy, malgré le soutien d’une centaine de sympathisants réunis devant le palais de justice, M. Temaru l’a finalement assigné en référé pour “atteinte à la présomption d’innocence”.

La polémique gronde et défraye la chronique, ici et ailleurs, la presse nationale se demandant même “à quoi joue l’État ?”. Ce qui est indéniable, c’est que M. Temaru, souvent cantonné au rôle de martyr, a cette fois bénéficié d’une mobilisation importante et su fédérer les cœurs, bien au-delà d’un parti politique. En obtenant le soutien de nombreuses personnalités de tous horizons, ainsi que d’une vingtaine d’associations, de confessions religieuses, de syndicats ou de partis politiques rassemblés au sein du collectif Nuna’a a ti’a ("Peuple lève-toi, avance pour la paix") – à l’origine de la marche du 20 juin –, il s’est imposé en Metua (“père spirituel”). Par sa détermination et son pacifisme, on ne peut s’empêcher de penser à Pouvana’a a Oopa, condamné et exilé en 1959 pour un crime qu’il n’avait pas commis, bien que “le manque de recul” ne permette pas la comparaison, selon le spécialiste du sujet Jean-Marc Regnault, l’une des grandes plumes de Tahiti Pacifique et chroniqueur des “Pages d’Histoire”. D’ailleurs, l’historien publie simultanément deux ouvrages aux éditions ’Api Tahiti, qui lancent la série “Rivalités et moins si affinités” : Gaston Flosse, un Chirac des tropiques ? et Oscar Temaru, l’Océanie au cœur (lire page 12). Et l’auteur de mettre en perspective les deux hommes politiques, éternels “meilleurs ennemis” : “En 2020, ils entretiennent l’ambiguïté. Vont-ils s’entendre contre l’État pour en finir avec le statut d’autonomie dont ni l’un, ni l’autre ne veulent plus ? Vont-ils s’entendre pour tenter de chasser un gouvernement autonomiste qui ne gouverne pas vraiment différemment (…) ? Rivalités, donc, mais desquelles peuvent naître des affinités… électives ou autres.” L’avenir nous le dira, mais on sent bien que ce gouvernement – qui préfère poser du gazon synthétique sur le front de mer plutôt que miser sur la permaculture et les jardins partagés pour pallier la crise socio-économique inéluctable – ne parvient pas à satisfaire la majorité de la population. Aussi, le divorce est consommé au sommet du gouvernement, et il se murmure déjà qu’un remaniement ministériel est imminent…

C’est donc une rentrée mouvementée qui s’annonce ! En attendant, je profite de l’occasion pour vous informer que la rédaction de Tahiti Pacifique fera une trêve durant le mois de juillet, et ce chaque année, afin de permettre à tous les journalistes, chroniqueurs et autres contributeurs qui le souhaitent de prendre des congés annuels mérités et se ressourcer. L’objectif est aussi de mieux vous retrouver, avec toujours plus de dossiers de fond et encore d’autres nouveautés ! Les parutions de votre magazine préféré reprendront à compter du vendredi 7 août, toujours au rythme bimensuel. Merci pour votre confiance et à très bientôt.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT