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Presse : la Dépêche de Tahiti déménage

Presse : la Dépêche de Tahiti déménage
Son plan de continuation ayant été validé, après modifications, par le tribunal mixte de commerce le 29 avril dernier, La Dépêche de Tahiti est malgré tout obligée de déménager suite à l’obligation qui lui a été ordonnée de rendre les locaux historiques de la Fautaua à sa propriétaire, veuve du fondateur Philippe Mazellier. Ce bâtiment de deux étages a, depuis longtemps déjà, fait l’objet de nombreuses demandes de professionnels de l’automobile pour y stocker leurs véhicules. Le personnel administratif, les commerciaux et les journalistes devraient se diriger courant juin vers les locaux de la Sedep, appartenant à Dominique Auroy, route de l’Eau royale à Arue, où des travaux seraient en cours. Ils y retrouveront quelques anciens collègues comptables qui y avaient déménagé il y a quelques années.
(LO)

Foncier : les mormons rachètent une partie du Tahara’a

Crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a racheté une parcelle d’environ deux hectares sur le domaine où est construit l’ancien hôtel Tahara’a, à l’abandon depuis plus de vingt ans. Selon nos informations, il s’agit de la partie engazonnée "tombante" qui descend du col vers la commune de Mahina. Les responsables des mormons de Tahiti, qui cherchaient depuis un moment un point de chute pour leurs fidèles sur la côte Est, envisagent d’y construire notamment une chapelle. Construit en 1967, l’hôtel du Tahara’a a été vendu en 1995 à une société, dont l’actionnaire principal est Réginald Flosse. L’établissement a définitivement fermé ses portes en 1998. Malgré la valeur culturelle et historique du site, la mairie de Mahina, sur le territoire de laquelle se trouve le terrain, n’a pas fait jouer son droit de préemption...
Bien que le prix ne nous ait pas été communiqué, Tahiti Pacifique relatait déjà cette transaction il y a trois ans et l’évaluait à 350 millions de Fcfp (lire TPM n° 325 du 6 mai 2016). Un prix qui est très loin évidemment des 2,5 milliards de Fcfp évoqués au moment des tractations entre Aquakita et le fils de Gaston Flosse, en février 2015. Mais le groupe mexicain souhaitait bien sûr acquérir l’ensemble du domaine (14,41 hectares) avec les bâtiments qui, même s’ils sont à l’abandon, peuvent être rénovés. Une somme tout à fait raisonnable pour les mormons, dont l’une des sources principales de financement repose sur le principe de la "dîme" : chaque fidèle reverse à l’Église mormone 10 % de ses revenus. Une Église dont la fortune dans le monde est évaluée à 40 milliards de dollars (environ 4,2 billions de Fcfp), selon une étude de Business Week publiée en 2012, dont 8 milliards (environ
854 milliards de Fcfp) issus de la fameuse dîme. Elle est ainsi l’un des plus grands propriétaires agricoles des États-Unis, elle possède médias, assurances, immeubles, fonds d’investissement, parc à thème… On estime à environ 22 000 le nombre de mormons en Polynésie française, soit 8 % de la population, et une quarantaine de chapelles sont implantées au fenua, dont une vingtaine à Tahiti.
(DS)

Street Art : Abuz est l’invité d’un festival anglais

Crédit photo : DR
Le graffeur bien connu au fenua participera au Bring The Paint Street Art Festival, qui se déroulera à Leicester, en Angleterre, du 20 au 26 mai prochains. Créé en 2017, ce rendez-vous immersif accueille de nombreuses activités, notamment des œuvres d’art réalisées en direct, du skateboard, du breakdance, du BMX, de la musique "live" et des expositions. L’artiste Abuz s’est dit "incroyablement reconnaissant de faire partie de cet événement !".
(DS)

Fa’a’amu : Jacques Navarro-Rovira réalise un documentaire pour France Ô

Crédit photo : DR
Le réalisateur Jacques Navarro-Rovira, récompensé à plusieurs reprises pour ses documentaires, a reçu une commande de France Ô, via Bleu Lagon Production, pour traiter le sujet épineux de l’adoption en Polynésie. Il a ainsi recherché des familles adoptantes ou donnantes pendant plus de six mois et pu recueillir une dizaine de témoignages. Il confie : "C’est un sujet encore compliqué, en raison notamment de la dichotomie qui existe entre le fa’a’amu culturel et l’adoption occidentale. Cela provoque des quiproquos, des mécontentements, des déceptions, des souffrances… Surtout si ce sont des Popa’ā qui adoptent, car l’enfant vit souvent à l’écart de sa famille biologique. Mais ce qui est sûr, c’est que les enfants polynésiens possèdent une faculté
d’adaptation remarquable, tout en gardant des liens très forts avec leur culture.
" Intitulé Fa’a’amu : les enfants confiés de Polynésie, le film sera diffusé jeudi 23 mai, à 20h55, sur France Ô.
(DS)

Tourisme : la Pointe Riri transformée en base nautique

Illustration crédit : site du cadastre
Nous nous en sommes fait l’écho dans notre dernier numéro : le Pays a acquis en fin d’année dernière, pour plus de 280 millions de Fcfp, plusieurs parcelles à Taiarapu-Ouest (du côté de Puunui), à deux sociétés. L’une n’a visiblement pas d’existence à Tahiti, elle est inconnue à la CCISM, tout comme à l’ISPF. Comme annoncé dans cette brève, nous avons pu obtenir plus de détails sur la destination de ces terrains, auprès d’un consultant au Service du tourisme. Il est donc prévu d’aménager une base nautique à destination des touristes, comme de la population, avec des départs d’activités nautiques. Actuellement, les deux bassins n’offrent pas un accès public sécurisé à la mer, il faudra donc les réhabiliter. Pour le reste, rien n’a encore été décidé, il est question d’une marina. L’idée du projet intègre la stratégie de développement de Tahiti pour en faire une destination touristique, en aménageant tout autour de l’île des accès à la mer, des zones d’intérêt pour les touristes et la population, comme ce fut le cas pour la Pointe Vénus, le Trou du souffleur…
Plusieurs esquisses ont été dessinées, mais aucun arbitrage n’est venu acter la vision définitive du projet. L’étude de programmation doit être lancée cette année, pour un démarrage des travaux en 2020. Il n’est en tout cas pas question pour l’instant, comme cela a pu être dit et écrit, d’en faire un site de débarquement pour les paquebots qui, sur la Presqu’île, reste celui de Vairao.
(LO)

Culture : l'exposition "Océanie" voyage

Crédit photo : DR
Après une escale à Londres, à la Royal Academy of Arts, de septembre à décembre 2018, l'exposition "Océanie" a voyagé à Paris, où elle est présentée au Musée du quai Branly-Jacques Chirac depuis le 11 mars dernier. Le public hexagonal peut ainsi découvrir, jusqu'au 7 juillet prochain, 200 œuvres exceptionnelles issues de collections publiques dans le monde entier, parmi lesquelles une vingtaine de pièces originaires de Polynésie et notamment la fameuse et mystérieuse sculpture du dieu A’a (photo ci-contre), originaire des Australes.

(DS)

Foncier : mais à qui le Pays a acheté du terrain ?

Foncier : mais à qui le Pays a acheté du terrain ?
Dans le Journal officiel du 13 novembre 2018, dans lequel on pouvait lire deux arrêtés N° 2211 et 2212 du CM du 6 novembre, on apprenait l’acquisition par le Pays de plusieurs parcelles de terre du côté de Taiarapu-Ouest et, plus précisément, du côté de Puunui. Renseignements pris, il s’agit pour le ministère du Tourisme d’acquérir ces parcelles dans le but d’aménager un site en mesure de répondre aux exigences de la montée en puissance de l’arrivée de paquebots sur ce côté de l’île. Une initiative louable, si ces arrivées se pérennisent, sur laquelle nous reviendrons plus en détails. Ce qui est plus surprenant, c’est l’appartenance de l’une des deux sociétés en question. Si, pour la première, "La Société d’aménagement touristique de la station de Puunui" (qui a cédé quatre parcelles pour un peu plus de
30 millions de Fcfp), il nous a été aisé d’identifier Christina Auroy, et son père Dominique avant elle, nous n’avons trouvé localement aucune trace de la seconde, "La société touristique et immobilière de la pointe Riri", qui a vendu ses parcelles pour un plus de
250 millions de Fcfp. Ni à la CCISM, ni à l’ISPF cette société n’est référencée. Nous avons contacté les ministères concernés, dont celui de l’Économie verte et du domaine, de Tearii Alpha, celui du Tourisme ou encore la vice-présidence, mais personne n’a été en mesure d’identifier qui se cache derrière elle, même si le nom de Dominique Auroy a été avancé du bout des lèvres.
(LO)

Tourisme : Papeete polluée

Crédit photo : Luc Ollivier
La présence la semaine dernière du paquebot de croisière Ovation of the seas et de ses 4 905 passagers au port de Papeete n’est pas passée inaperçue. Outre la pollution de l’air qu’ont engendré les nombreux ralentissements de la circulation – en raison des nombreux va-et-vient entre le port et le front de mer et l’absence de régulation par les agents municipaux dans l’après-midi – que dire de la pollution visuelle d’un tel monstre ? Des centaines de cages à lapin bouchaient la vue sur le port. Si la présence des croisiéristes et des excursionnistes est un bol d’air pour notre économie, il n’en va pas de même pour nos yeux et nos poumons. Il est temps que le port se déplace…

(LO)

Société : le gouvernement s'intéresse enfin aux PMR

Crédit photo : Présidence
Surprise ! Le Pays fait un "geste" envers les personnes à mobilité réduite (PMR) au fenua. Enfin, plutôt qu'une main tendue, c'est un petit doigt qui est offert par le gouvernement, qui a fait voter une loi à l'assemblée de la Polynésie française permettant aux propriétaires d’obtenir des dégrèvements d’impôts fonciers lorsqu’ils réalisent des travaux destinés à faciliter l’accès des personnes en situation de handicap à des logements ou des commerces. Aussi, dans l’attente de la révision de la délibération de 1982 qui régit la politique globale (une aberration que nous avons dénoncée dans un dossier intitulé "Handicapés : oubliés de la société’’, lire TPM n° 395, du 30 novembre 2018), la Présidence annonce que le conseil des ministres a validé "des modalités allégées pour assurer la continuité du versement des prestations servies aux personnes porteuses de handicaps lourds et irréversibles". Cette simplification des procédures tombe pourtant sous le sens et était attendue par le monde du handicap. Par ailleurs, une nouvelle aire de jeu mixte a été inaugurée au parc Paofai ; si elle a été livrée avec environ six mois de retard sur le programme initial, elle est aujourd'hui accessible à tous les enfants, y compris ceux porteurs de handicap, grâce notamment à la mise en place d’un manège adapté (voir notre "Coup de cœur" page 16). Et puis, les Journées polynésiennes du Handicap ont permis la signature d'une convention pour le contrôle des bus adaptés entre le ministre de l’Équipement et des transports terrestres, René Temeharo, et la présidente de la fédération Te Niu O Te Huma, Henriette Kamia. L'objectif est notamment de "réaliser un recensement des personnes atteintes d’un handicap et susceptibles de prendre les transports en commun afin d’adapter les véhicules et les lignes en conséquence", et ce dans le cadre du schéma directeur des transports collectifs et des déplacements durables de l’île de Tahiti, à l'horizon 2035. Le gouvernement affirme vouloir "faire du handicap sa priorité", mais il prend également tout son temps. Haere marū, haere pāpū, comme on dit...

(DS)

Un dessinateur local au Canada

Crédit photo : DR
José Marquez, alias Hotu Painu, fidèle collaborateur de Tahiti Pacifique depuis l’ère du Prel, est l’un des cinq invités internationaux du Festival Québec BD (du 4 au 24 avril) où sa gouaille et son trait de crayon font le bonheur des visiteurs. José n’a pas manqué d’embarquer quelques exemplaires des titres de Fenua Communication comme HINE Magazine et bien sûr Tahiti Pacifique. Ce grand voyageur sera aussi présent
du 1er au 24 juin à Sydney et enfin les 5 et 6 juillet au festival de
l’Abervrac’h, en Bretagne.
(LO)

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Déforestation mondiale : tous responsables !

Déforestation mondiale : tous responsables !
Dans notre éditorial du 3 mai 2019 (voir TPM n° 406), nous écrivions "Faut-il que la planète s’enflamme (pour que nous lui venions en aide) ?" en réaction au violent incendie qui a ravagé Notre-Dame, le 15 avril dernier. Nous nous interrogions sur les priorités de notre société de plus en plus individualiste capable, d’un côté, de promettre une centaine de milliards de Fcfp de dons pour reconstruire la cathédrale de l’archidiocèse de Paris, tout en ignorant, de l’autre, la misère des personnes en grande précarité et à la rue. Plutôt que de s’attrister de la dévastation de biens matériels, il semble en effet bien plus urgent de remettre l’humain au centre de nos inquiétudes, avant que les préoccupations collectives ne revêtent des airs de cours des Miracles… Eh bien, aussi malheureux que cela puisse être, ce jour est arrivé, et il sera intéressant d’observer comment les nations réagissent, une fois la médiatisation passée. Depuis le 22 août, de gigantesques feux de forêt embrasent l’Amazonie, le "premier poumon vert" de la planète, qui absorbe pas moins de 14 % du CO2 mondial. L’état d’urgence a été décrété sur le plan international et le G7 s’est même mobilisé. Précisons cependant d’emblée que, s’il y a eu davantage d’incendies en 2019 qu’en 2017 et 2018, c’est légèrement moins que les huit premiers mois de 2016, par exemple. Cette tendance, bien qu’à la hausse, ne semble donc pas exceptionnelle.

Cette catastrophe environnementale a le mérite de susciter une prise de conscience générale. Après les massacres des animaux liés à l’exploitation de l’huile de palme, on prend enfin toute la mesure des conséquences de la déforestation qui s’est accélérée ces dernières années, les terres déboisées servant à augmenter les surfaces agricoles (le bétail en occupe la plus grosse partie, à hauteur de 65 % environ). Ces incendies ont rapidement déclenché une tempête anti-Bolsonaro, le président brésilien étant considéré comme le principal coupable de la situation, mais nous sommes TOUS responsables ! La France a également sa part de complicité, puisqu’elle importe de nombreux produits brésiliens, notamment du tourteau de soja – qui sert à nourrir le bétail –, mais aussi du bœuf et de la pâte à papier, dans des proportions moins importantes. En outre, l’Hexagone vient d’être épinglé pour l’importation massive de bois illégal en provenance d’Amazonie. Donc arrêtons d’accuser les autres, les lobbies, le commerce international, etc. Emmanuel Macron a annoncé vouloir "recréer la souveraineté protéinique de l’Europe", sauf que nous avons besoin de soja et nous n’en avons pas beaucoup (140 000 tonnes de graines sont récoltées chaque année). En novembre dernier, le gouvernement français a d’ailleurs lancé sa Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI). Le but est notamment de trouver "un compromis équilibré entre impératifs environnementaux, capacités des États et des acteurs privés et situation des populations locales". Très belle initiative, mais désormais ces bonnes intentions doivent se transformer en véritables mesures réglementaires.

Parallèlement, une thèse a embrasé les réseaux sociaux : les forêts d’Afrique centrale brûleraient encore plus vite que l’Amazonie dans l’indifférence générale. Le bassin du Congo, souvent comparé au "deuxième poumon vert de la planète", est un sanctuaire d’espèces en voie de disparition. Mais attention, ces feux sont observés plutôt en Angola, en Zambie, etc. Ce qu’il faut retenir, surtout, c’est que ces incendies sont les conséquences de l’agriculture itinérante sur brûlis, une pratique millénaire et artisanale qui est la première cause de la déforestation. "Au rythme actuel d’accroissement de la population et de nos besoins en énergie, nos forêts sont menacées de disparition à l’horizon 2100", s’est ainsi inquiété le président congolais Félix Tshisekedi. Aussi, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 850 millions d’euros de promesses de dons pour Notre-Dame (82 millions d’euros seulement ont déjà été versés, soit moins de 10 % honorés), 18 millions pour l’Amazonie et… rien pour l’Afrique subsaharienne. L’espèce humaine a décidément des comportements surprenants ! En proie à une déforestation effrénée (-17 % en cinquante ans pour l’Amazonie), les forêts dans le monde se réduisent et perdent peu à peu leur rôle de "puits de carbone".
Nos prières n’éteindront pas les incendies. Nos actions, oui. C’est à nous de changer de mode d’alimentation et de voter avec nos chariots de supermarché.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt