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"Route Jacques Chirac" : Fakarava ne verra jamais le Président…

Crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
Décédé le 26 septembre dernier, à l’âge de 86 ans, Jacques Chirac a marqué le monde de son empreinte. Au fenua, il est surtout l’homme politique qui a repris les essais nucléaires (six tirs de septembre 1995 à janvier 1996), avant de les arrêter définitivement. Il aura été en outre l’un des présidents français les plus proches des Polynésiens, notamment grâce à l’amitié indéfectible qu’il entretenait avec Gaston Flosse. Chacun retiendra de lui ce qu’il souhaite. Pour notre part, on repense, amusés, à la fameuse "route Jacques Chirac" à Fakarava (Tuamotu), construite par Flosse en 2003, en l’honneur de Chirac, alors en visite officielle. L’ancien président polynésien souhaitait accueillir le représentant de l’État dans sa maison située dans le sud de l’île. Coût de l’opération : 2,5 milliards de Fcfp, incluant de magnifiques lampadaires haussmanniens à 473 000 Fcfp pièce ! Au final, Chichi n’est jamais venu, mais les habitants de Fakarava ont ainsi hérité d’une magnifique route goudronnée entre les cocoteraies et l’océan, longue de
15 kilomètres et lisse comme un billard.

DS

Biosécurité : vers une réduction des pesticides ?

Crédit photo : DR
Un accord-cadre relatif à une coopération scientifique et technique pour l’agriculture a été signé par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et la Polynésie française, l'objectif est de définir, pour la période 2019-2023, les nouvelles orientations stratégiques communes de la coopération entre ces trois instances. Ainsi, cinq axes prioritaires ont été identifiés, parmi lesquels l’épidémiosurveillance et le biocontrôle, le développement de systèmes de culture limitant l’usage des herbicides chimiques, le développement de la filière, la conservation et la valorisation des ressources génétiques du cocotier et la formation du personnel technique en charge de la recherche.
En ce qui concerne la limitation de l’usage des herbicides, l’objectif est de réduire non seulement l’utilisation du glyphosate, mais aussi d’autres produits similaires. Rappelons qu’en raison du climat et de la prolifération d’espèces néfastes aux cultures locales, les agriculteurs auraient trop souvent recours à de tels herbicides, parfois plus puissants que le glyphosate – type "Dicamba" –, sur différentes cultures, notamment celles de pota. Si cet accord-cadre officialise la volonté d’action des différentes parties, en revanche, il n’est pas à prendre pour argent comptant, dans la mesure où figure dans ledit document "Activités attendues (liste non exhaustive et sans engagement des Parties à ce stade)". Pour résumer, l’intention y est… mais il faudra encore attendre.

A.A.

Économie : du sang neuf à l’APC

Économie : du sang neuf à l’APC
En application des dispositions du Code de la concurrence, le mandat des quatre membres actuels du collège de l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC) est arrivé à terme le 30 septembre dernier. Après avis du président de l’APC (Jacques Mérot), le conseil des ministres a donc procédé au renouvellement des membres du collège. Compte tenu de "leurs compétences dans le domaines juridique ou économique, de leur niveau de diplôme et d’expérience professionnelle intéressant les questions de concurrence ou de consommation, de leur probité et de leur indépendance" sont ainsi nommées les personnes suivantes : Aline Baldassari, Michel Paoletti, Youssef Guenzoui et Christian Montet. Les trois premiers remplacent Merehau Mervin, Julien Vucher-Visin et Maiana Bambridge, tandis que le dernier a été nommé par arrêté le 23 janvier 2019, à la place de Hinano Bagnis.
Christian Montet, qui est aussi l’un de nos chroniqueurs, en charge notamment du "Cahier de l’économie" (lire page 28), a donc, lui, conservé son poste. Quant à Véronique Sélinsky, elle prend le poste de rapporteur général occupé par Gwenaëlle Nouët. Dans le cadre de leur mandat, qui a débuté le 1er octobre 2019 et d’une durée de quatre ans, les membres devront être au service des consommateurs, des entreprises et de la Polynésie en veillant "au libre jeu de la concurrence et au bon fonctionnement du marché".
Florent Venayre, professeur de sciences économiques à l’Université de la Polynésie française, regrette parfois "les raccourcis démagogiques" de l’institution, à l’image de son analyse récente de l’écart des prix moyens entre le fenua et la Métropole, et "espère que cette nouvelle équipe saura trouver la force de résister à cette tendance populiste en appliquant intelligemment le droit antitrust polynésien".

D.S.

Pollution des sites de défense : Moetai Brotherson inspiré par Tahiti Pacifique

Crédit photo : Sébastien Petit
Le député polynésien, représentant du Tavini, a interpellé la ministre des Outre-mer à l’Assemblée nationale, le 17 septembre dernier, en rebondissant sur un article paru dans notre magazine à propos du problème de pollution dans le cadre des Contrats de redynamisation des sites de défense (CRSD), ayant pour titre "CRSD : cadeaux empoisonnés ?" (lire TPM n°414 du 23 août 2019). Sa question adressée à Annick Girardin portait sur les bâtiments construits par l’État français à l’époque du Centre d’expérimentation du Pacifique, puis transférés à la Polynésie ou aux communes de Polynésie sans les avoir dépollués (amiante, plomb…) au préalable. À l’issue de la séance, Moetai Brotherson a reconnu : "Il faut croire que certains députés ont de bonnes lectures." Avant de commenter sur sa page : "Cela concerne non seulement les bâtiments sur les sites des CRSD, mais aussi nombre d’établissements scolaires ou de Santé, hors CRSD. La réponse de la ministre ne saurait être satisfaisante. Je vais donc approfondir ce dossier et le traduire en une question écrite plus détaillée." Pour rappel, la dépollution de ces terrains cédés à 1 euro symbolique va nécessiter 1 milliard de Fcfp selon les dernières estimations.

D.S.

Culture : la Polynésienne Vaheana Fernandez à l’Olympia

Crédit photo : DR
La chanteuse locale a “l’honneur et la fierté” de représenter la Polynésie au concert de l’Outre-mer à l’Olympia (Paris), le 20 septembre, aux côtés de plusieurs artistes ultramarins, dont Marijosé Alie. Après une tournée en France de plusieurs mois, où elle a “enchaîné les festivals polynésiens”, elle est venue se ressourcer au fenua. Vaheana Fernandez révèle : “Pour le concert, je vais interpréter deux chansons, une en français et une en tahitien : une inédite, une composition de monsieur Jean-Christophe Bouissou, pour la partie française et… surprise pour la partie polynésienne !” La jeune femme nous confie aussi : “L’Olympia est une salle mythique, c’est juste incroyable ce qu’il m’arrive, surtout que je serai accompagnée par un très grand pianiste, Érik Berchot, qui était le pianiste attitré de Charles Aznavour (mon chanteur préféré) pendant une quinzaine d’années. C’est juste énorme. Je remercie toutes les personnes qui me soutiennent, je ne m’attendais pas à autant de ferveur et de soutien de ma Polynésie ; grâce à cette force, je ne m’arrêterai pas là, j’irai encore plus loin !
(D.S.)

Tourisme : Fakarava bientôt victime de son développement ?

Crédit photo : Dominique Schmitt
L’aménagement de la plage de Makarea, à Fakarava, a été déclaré d’utilité publique en conseil des ministres. Ce magnifique atoll des Tuamotu est un lieu d’accueil incontournable pour les navires de croisière et la commune a exprimé depuis 2015 le souhait de développer le tourisme. Le site de Makarea possède “un espace maritime remarquable, avec un littoral et une plage déjà profilée, ainsi qu’un espace terrestre permettant la création d’une zone d’accueil des croisiéristes, le tout desservi par une route bitumée”. Au regard du potentiel de cet espace, le Pays a donc décidé de participer à l’élaboration et à l’aménagement de ce projet. Cependant, les centres de plongée de l’île drainant de plus en plus de badauds – ce qui donne parfois “des airs de Las Vegas” aux spots prisés –, il faudra veiller à conserver l’authenticité de Fakarava. L’île, qui comptait moins de dix escales avant 2012, a accueilli 66 paquebots en 2018.
(D.S.)

Drogue : les îles du Pacifique, paradis de la cocaïne et de l’ice

Crédit photo : DR
La saisie record, samedi dernier, de 5,5 kilos d'ice à l'aéroport de Tahiti-Faa'a, nous rappelle amèrement comment la Poynésie se trouve au beau milieu de la route des drogues dans le Pacifique...

Des îles Fidji à la Papouasie pour la cocaïne, des côtes du Mozambique à l’Afrique du Sud pour l’héroïne, les trafiquants de drogue rivalisent d’inventivité et d’audace pour alimenter leurs clients traditionnels en Europe et en Amérique du Nord notamment, mais aussi inonder de nouveaux marchés dans des pays sans véritable infrastructure ou largement minés par la corruption”, écrit Courrier international (lire n° 1 502 du 14 août), qui s’est appuyé sur les enquêtes du Guardian, de The Economist et du quotidien croate Vecernji List.
Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Fidji, Vanuatu, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Tonga… Ces îles sont devenues involontairement des plaques tournantes du narcotrafic entre le continent américain et l’Australie, ce qui suscite une hausse de la consommation et de la criminalité. Des milliards d’euros de cocaïne et de méthamphétamine (ice) transitent dans des coques de voiliers ; des centaines de kilos de cocaïne font ainsi surface sur ces plages lointaines du Pacifique, comme cela arrive régulièrement aux Marquises… “Certes, il existe une route de la drogue dans le Pacifique depuis des décennies, mais sa fréquentation a explosé ces cinq dernières années”, relate Courrier international.

Augmentation des consommateurs et donc des saisies

En 2017, environ 271 millions de personnes, soit 5,5 % de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans, avaient consommé de la drogue l’année précédente. Ils étaient 210 millions en 2010”, constate le rapport 2019 de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, ce qui représente une hausse de +30 % de consommateurs de drogue. Depuis 2014, les forces de l’ordre australiennes ont participé à la saisie d’environ 7,5 tonnes de cocaïne. En 2004, 120 kilos de cocaïne ont été interceptés au Vanuatu, “un record historique”. “Neuf ans plus tard, la police effectuait dans le même pays une saisie six fois plus importante.” En 2017, un voilier a été arraisonné au large de la Nouvelle-Calédonie avec 1,464 tonne de cocaïne, tandis qu’un autre était arrêté devant la côte est de l’Australie avec plus de 1,4 tonne à son bord.
Plus récemment, en juin dernier, la police aux frontières australienne a réalisé une saisie record de 1,6 tonne d’ice, ainsi que 37 kilos d’héroïne d’une valeur de 744 millions d’euros, soit presque 90 milliards de Fcfp (lire TPM n° 409 du 14 juin). La drogue était cachée dans des enceintes stéréo arrivées de Thaïlande. En Polynésie française, autre point de passage confirmé, ce sont 436 kilos de cocaïne qui ont été retrouvés sur un monocoque à Apataki, dans l’archipel des Tuamotu. Le voilier avait appareillé du Panama et quatre individus de nationalité italienne et péruvienne se trouvaient à bord.

La route du "crystal"

En ce qui concerne l’ice, Courrier international explique : “Les cartels mexicains se sont rendus maîtres de la route du crystal, nommée ainsi d’après une méthamphétamine qui se présente sous la forme de petits cristaux blancs et s’exporte depuis l’Amérique latine vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande, avec l’objectif d’atteindre la Chine.” Et de relayer des propos du quotidien mexicain La Vanguardia : “La forte demande et le prix élevé payé pour ces stupéfiants, au demeurant fabriqués à très bas coût en Amérique latine, ont convaincu les cartels à se tourner vers ces marchés.” Le célèbre cartel de Sinaloa, longtemps dirigé par Joaquín Guzmán dit “El Chapo”, aujourd’hui condamné à perpétuité aux États-Unis, ainsi que le cartel Jalisco Nueva Generación dominent ce marché puisqu’ils peuvent se procurer facilement des molécules comme l’éphédrine ou la pseudoéphédrine, servant à produire le crystal.
Pour son malheur, le Pacifique se retrouve au milieu de tout ça”, déplore Tevita Tuou, directeur des opérations à l’Oceania Customs Organisation (organisation douanière d’Océanie). Certains pays de la région voient ainsi s’accroître les problèmes d’addiction de la population locale, mais aussi les violences entre bandes, la criminalité (“qui ne manque ni de moyens ni d’ingéniosité”) et la corruption dans la police. Un combat “façon David contre Goliath”, selon Tevita Tuou, qui incombe aux services de police et de justice. “C’est sans doute le combat de notre génération : si nous perdons, nous sommes finis.

Dominique Schmitt

Maison de la culture épinglée par la CTC : Le ministre renvoie la balle aux “gouvernances passées”

Maison de la culture épinglée par la CTC : Le ministre renvoie la balle aux “gouvernances passées”
Après que Tahiti Pacifique (lire n° 412 du 26 juillet 2019) a révélé le rapport accablant de la Chambre territoriale des comptes (CTC) au sujet de la gestion désastreuse de la Maison de la culture, le ministre de tutelle, Heremoana Maamaatuaiahutapu, a dû s'expliquer auprès des élus lors de la commission permanente de l’assemblée de la Polynésie française (APF) du 20 août dernier. Nous vous proposons ici les extraits les plus frappants, mais vous pouvez revoir son intervention en intégralité sur le site officiel de l’APF, dans une vidéo longue de plus de deux heures.

"Je vais me faire plaisir : la situation de Te Fare Tauhiti Nui (TFTN, ndlr) n’est pas la conséquence de ce gouvernement, mais de votre gestion à tous. J’ai subi pendant dix ans en tant que directeur les changements de gouvernements… Comment vous faites lorsque vous êtes le seul cadre A dans un établissement public, que vous demandez à avoir du personnel, et la réponse de votre gouvernement est de baisser votre subvention ?
En 2002, j’avais 366 millions de Fcfp de subventions et, en 2012, j’avais 196 millions… Vous faites comment ? Et, à côté de ça, on me demandait de développer cet établissement, sans me donner les moyens de mettre aux normes les lieux d’accueil du public ! Oui, j’ai porté une responsabilité énorme devant la justice. Mais combien d’argent a été investi par le gouvernement dans TFTN ? Zéro franc, avant 2014… J’ai refait le Petit théâtre sur fonds propres ! (…)


Quand je suis arrivé en 2002, TFTN accueillait 27 000 usagers, je suis parti en 2014, on était à 300 000 usagers. Est-ce que c’est un échec ? Je ne pense pas. Le Grand théâtre, oui, il faut changer les rideaux, il faut changer les fauteuils. Quand est-ce qu’on a donné de l’argent à TFTN pour le faire ? L’année dernière… Dès 2002, j’ai commencé à signaler à tous les gouvernements qui se sont succédé les problématiques de sécurité dans notre établissement. Qui a réagi ? Personne. (…) Quand est-ce qu’on m’a autorisé à recruter ? Jamais. Ce n’est pas nouveau, cela a été signalé dès 2002 à tous les conseils d’administration ! Ne venez pas me reprocher aujourd’hui les conséquences des gouvernances passées. (…)

La réglementation évolue, l’interprétation de cette réglementation par ceux qui sont chargés de l’appliquer évolue. Tout à coup, les fauteuils deviennent un vrai problème.
À un moment donné, c’étaient les portes d’évacuation. À chaque fois que la commission de sécurité a demandé des améliorations, on l’a fait. (…) En 2012, le payeur avait demandé la fermeture de TFTN pour cessation de paiement. Le fonds de roulement était à -40 millions de Fcfp. (…)


Oui, le statut est inadapté, on le sait. Mais tant que les contentieux avec l’Épic (Établissement public, industriel et commercial, ndlr) Heiva Nui ne sont pas éteints, nous ne pouvons pas changer le statut de cet établissement, car cela équivaudrait à une reprise d’activité. Cela nous coûterait une fortune, car il faudrait dédommager un certain nombre de choses, de dépenses, le reclassement du personnel, etc. Et la Chambre territoriale des comptes le sait, je trouve dommage que cela ne soit pas noté. La question du détournement de fonds était inévitable, quand on demande à un cadre D d’assurer la régie de la recette d’un événement comme le Heiva où il y a 40 millions de Fcfp qui rentrent… Je l’avais dit à ma tutelle à mon époque."

Dominique Schmitt

JO 2024 : Édouard Fritch EXIGE des journalistes de “laisser travailler tranquille” le comité d'organisation

Crédit photo : DR
Après avoir visité les sites de La Torche, Lacanau, Hossegor et Biarritz entre fin juillet et début août, le Comité d’organisation aux Jeux olympiques de Paris 2024 (COJO) a achevé sa tournée des spots avec Tahiti. Cinq membres du COJO sont ainsi venus étudier pendant une semaine la candidature hors norme de Tahiti pour l’organisation de l’épreuve olympique de surf. La qualité des vagues, mais aussi la logistique, les accès et l’hébergement ont été au centre de leurs préoccupations. D’après le journal L’Équipe, la délégation a été “époustouflée” par la vague de Teahupo’o, tandis que le beach break de Papara ne lui a “pas fait la même impression”. La rédaction note en outre :
Il serait d’ailleurs évident pour eux que si la candidature de Tahiti devait l’emporter, l’intérêt est que tout se passe à Teahupo’o”.
Puis, on arrive sur le dernier paragraphe de l’article, pour le moins surprenant : “Cette visite n’a pas eu de grand retentissement dans les médias locaux et pour cause : après avoir vu une équipe de télé se procurer le programme des festivités et attendre de pied ferme le COJO à un point de rendez-vous, au belvédère de Taravao, le président Édouard Fritch a exigé des journalistes de ne plus suivre la délégation et de la laisser travailler tranquille. Ce qui a été respecté à la lettre.” On repassera pour l'image donnée aux journalistes par notre Président. Nos confrères ont dû se demander s’ils n’étaient pas tombés en Corée du Nord, côté liberté de la presse !
(D.S.)

Communes : à quand l’éclairage public sur Hitia’a o te Ra ?

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Cela fait plusieurs années que la RT2 est plongée dans le noir à la tombée de la nuit, suscitant la colère des usagers de Papenoo, Mahaena, Tiarei et Hitia’a. Faute de communication à ce sujet, les habitants des communes de Hitia’a o te Ra s’inquiètent de cette situation, qui semble s’enliser.
La commune se trouvait en déficit depuis plusieurs années et, une fois le crédit payé, celle-ci a pu bénéficier de subventions pour cofinancer, avec l’État et le Pays, les travaux pour que la lumière soit sur la RT2. En juillet dernier, un appel public à la concurrence a été ouvert concernant les fournitures pour la rénovation de l’éclairage public sur le tronçon en question. Cependant, la résolution du problème ne se fera qu’en deux temps. En effet, l’appel d’offres réalisé a décerné le marché à une société polynésienne faisant venir son matériel de Métropole. Comptez des semaines pour la fabrication dudit matériel, ajoutez-y un mois de transport jusque dans nos eaux, et ce ne sera que courant novembre que la commune pourra se targuer de posséder le matériel nécessaire aux futurs travaux. Ainsi, un second appel d’offres sera émis pour la pose des candélabres. Trente-six jours minimum sont nécessaires à la candidature des entreprises locales, puis une commission examine les dossiers présentés, et cela sonne le début des hostilités pour la rénovation de l’éclairage public. Vous l’aurez compris, il sera difficile d’espérer des éclaircies avant le premier trimestre 2020, au plus tôt.
(A.A.)

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Comme un parfum de Macron…

Comme un parfum de Macron…
La décision du Conseil d’État, le 27 janvier dernier, de ne pas appliquer l’amendement à la loi Morin pour les demandes d’indemnisation des victimes des essais nucléaires déposées avant 2019 a surpris la Polynésie entière… mais agréablement pour une fois ! Cette institution publique, qui est chargée de conseiller le Gouvernement central et se veut la plus haute des juridictions de l’ordre administratif, met donc finalement à mal “l’amendement Tetuanui”, créé le 30 décembre 2018, qui réintégrait dans la loi, après la suppression de la notion de “risque négligeable”, un seuil minimal d’exposition aux rayonnements ionisants pour accéder aux indemnisations (une dose annuelle de 1 millisievert). Conséquence immédiate : deux victimes, dont les dossiers avaient pourtant été rejetés par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), ont pu obtenir gain de cause. Ces décisions font ainsi jurisprudence pour 62 autres cas ayant reçu un avis défavorable parmi les 138 demandes d’indemnisation en attente.

Même le président du Pays n’a pas caché son grand étonnement. Sans chercher à “faire le travail du Civen”, Édouard Fritch a considéré, au micro de Radio 1, qu’il va manquer au comité “un critère qui permette de dire oui ou non”. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, a déclaré pour sa part, lors de sa courte visite au fenua : “Chacun prend acte de cette décision”, en ajoutant que ce sera au Civen d’en “examiner les conséquences”, en l’absence d’une estimation précise de l’impact financier sur l’État. Sans surprise cette fois, Auguste Uebe-Carlson, fondateur et président de l’association 193, a, lui, réagi positivement à cette grande annonce dans les colonnes de Tahiti Infos : “C’est vraiment un encouragement (…) pour toutes les familles à se manifester pour que cet amendement [“Tetuanui”] soit supprimé ou suspendu en attendant des études sérieuses de la part de l’État à propos de la réalité des maladies qui touchent notre pays.” Selon lui, “le nombre de dossiers a considérablement baissé” depuis l’entrée en vigueur de cet amendement, qui “a découragé beaucoup de familles polynésiennes à entamer une demande d’indemnisation”. Le père Auguste n’a d’ailleurs pas manqué d’affirmer : “Nous rappellerons au président Macron ces décisions du Conseil d’État.

En effet, malgré deux reports en 2019, le président de la République française nous fera enfin l’honneur d’un séjour en Polynésie du 16 au 18 avril 2020, des dates dont nous vous avions donné la primeur dans l’édition du 13 décembre dernier (lire TPM n° 422). On peut tout de même s’interroger sur cette décision tonitruante du Conseil d’État en faveur des Polynésiens. D’autant qu’elle s’est suivie, quelques jours après, du passage tout sourire de Mme Girardin sur nos terres, offrant par la même occasion un joli coup de pouce pour les municipales au Tapura Huiraatira, parti local majoritaire rallié à la liste La République en marche (LREM) d’Emmanuel Macron… Juste avant la ministre des Outre-mer, c’était Stanislas Cazelles, le conseiller Outre-mer de l’Élysée, qui se déplaçait à Tahiti pour préparer le voyage du chef de l’État. Alors, hasard du calendrier ou pas, le terrain semble parfaitement déblayé pour l’arrivée du Président ! Si beaucoup redoutent qu’on leur vende encore des salades, ce qui est sûr, c’est que victimes ou non des essais, bien des hommes et des femmes l’attendent de pied ferme et qu’au menu, ils lui proposeront, eux, des échanges et des débats de vive voix autour du sujet explosif du nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt