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Départ : Nicole Levesques quitte Rohfritsch

Départ : Nicole Levesques quitte Rohfritsch
Nicole Levesques, la directrice de cabinet du vice-président Teva Rohfrisch, a donné sa démission la semaine dernière. Le nom de son remplaçant n’est pas encore connu.
(LO)

Diplomatie : une parcelle de 1 220 m2 acquise par la République populaire de Chine

Le lot 68 de la rue Wallis est désormais propriété de la RPC. Crédit photo : DR
Un arrêté du conseil des ministres, daté au 13 décembre 2018 et paru dans le Journal officiel le 21 décembre suivant, porte “autorisation préalable d’investissement étranger en Polynésie française au profit de la République populaire de Chine”. La RPC est ainsi “autorisée à acquérir une parcelle de terre d’une superficie de 1 220 m2, cadastrée section BO n° 62 et située à Papeete, et les constructions y édifiées consistant en une maison d’habitation”. D’après nos recherches sur le plan cadastral, le terrain abrite trois grands modules de résidence, ainsi qu’une piscine, et se situe à Fāri’ipiti, dans la rue Wallis.
Pour rappel, depuis le 6 août dernier, le siège du consulat de la République populaire de Chine à Tahiti s’est légèrement délocalisé. En effet, un grave litige a opposé les diplomates chinois à leur ancienne bailleresse après avoir utilisé sa maison depuis 2007 pour faire office de consulat, et ce sans son accord. Ils y avaient notamment installé une énorme parabole sur le toit-terrasse, qui pourrait faire penser à une antenne satellite d’espionnage. Pour obtenir leurs papiers, les ressortissants chinois doivent toujours se rendre à Punaauia, dans la résidence Taina, mais les locaux se trouvent désormais au rez-de-chaussée de l’immeuble Bellevue (appartement B1), sis à quelques battements d’ailes seulement de l’ancienne propriété. Le site officiel précisant que ce bureau de visas est “provisoire”, il est fort probable que cette nouvelle parcelle sise à Papeete accueille le nouveau siège du consulat chinois, voire le consul lui-même.
(DS)

Environnement : près de 2 millions de Fcfp pour les déchets de la Hawaiki Nui Va’a

Environnement : près de 2 millions de Fcfp pour les déchets de la Hawaiki Nui Va’a
La grande course de va’a aux Îles Sous-le-Vent génère malheureusement son lot d’inconvénients, et les déchets en font partie. Le gouvernement a décidé d’octroyer une enveloppe de 1 940 000 Fcfp au comité organisateur Hawaiki Nui Va’a sous forme d’une convention :
"Article 1er. - Objet de la convention La présente convention a pour objet de définir les obligations de l’association "Comité organisateur Hawaiki Nui Va’a" et les objectifs à atteindre au moyen de la subvention de fonctionnement accordée par la Polynésie française pour le ramassage des déchets générés par la course Hawaiki Nui Va’a. Dans la limite des crédits disponibles et dans les conditions définies par la présente convention, la Polynésie française consent à l’association "Comité organisateur Hawaiki Nui Va’a", qui l’accepte sans réserve ni restriction, l’octroi d’une subvention de fonctionnement d’un montant d’un million neuf cent quarante mille francs Pacifique (1 940 000 F CFP).
Article 2. - Objectifs à atteindre L’association "Comité organisateur Hawaiki Nui Va’a" s’engage à œuvrer dans le respect de ses obligations statutaires pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée pour l’année 2018, dans le cadre du ramassage des déchets générés par la course Hawaiki Nui Va’a.
Un bilan moral et financier, rédigé par le comité, devra être adressé à la Direction de l’environnement. Nous avons hâte d’en prendre connaissance pour mieux jauger l’incivisme de tous les acteurs de cet événement sportif, qui draine des milliers de personnes.
(LO)

Finances : le beau cadeau de Noël de l’OPT

Finances : le beau cadeau de Noël de l’OPT
Pas d’excitation ! Ce cadeau n’est pas à l’attention des usagers, mais à celle des employés. Dans le Journal officiel du 25 décembre 2018, l’EPIC a lancé un "avis d’attribution du marché relatif à une prestation de mutuelle de santé pour le personnel permanent de l’OPT et leurs ayants droit". On peut en déduire que les comptes – régulièrement annoncés dans le rouge – de l’OPT vont mieux ; on s’en réjouit.
Cet avantage en nature, que l’on retrouve dans beaucoup d’entreprises de la place – généralement les plus grandes – va-t-il s’étendre, dans un souci d’égalité, à tous les EPIC, voire les SEML ? Cela ne serait que justice.
(LO)

Voitures hybrides de luxe : la marche arrière de l’Équipement

Crédit photo : Présidence - Illustration : Juliette Doucet
Nous avions été les premiers (TPM n° 396 du 14 décembre 2018) a relevé cette publication au Journal officiel concernant l’acquisition par le ministère de l’Équipement de plusieurs véhicules hybrides haut de gamme. Devant le tollé médiatique, le ministère a dû faire marche arrière et se justifie tant bien que mal. Tout d’abord, il s’agit bien évidemment d’interprétations erronées, ensuite il s’agit d’acquisition "éventuelle" (de qui se moque-t-on ?) et enfin un petit mea-culpa administratif, puisqu’il s’agirait d’un malentendu. En résumé, au ministère on voulait acheter des véhicules hybrides, parce que recommandés par la CTC, et tout le reste a été mal interprété. Ils sont vraiment bêtes ces journalistes !
(LO)

Agriculture : Cyril Tetuanui, éleveur bovin

Crédit photo : Tahiti Infos
Le maire de Tumaraa et président du Syndicat pour la promotion des communes, époux de la représentante et sénatrice Lana, a une casquette moins médiatique, puisqu’il est aussi éleveur bovin. C’est en tout cas ce qui apparaît à la lecture du Journal officiel du 25 décembre 2018 (Arrêté n° 13615 MED, du 18 décembre 2018), dans lequel il se voit octroyer une aide financière de 414 000 Fcfp pour la production de viande bovine, représentant un poids total de carcasses estimé à 1 200 kilos. Vu le poids moyen d’une carcasse, on peut estimer l’équivalence à deux bêtes. L’homme politique, en proie à des soucis avec la justice, a donc le temps de s’évader.
(LO)

Solidarité : coup de com’ sur le dos de la pauvreté

Crédit photo : DR
Interpellée ces derniers temps à l’assemblée sur ses actions en faveur des plus déshérités, la ministre de la Famille et des solidarités, Isabelle Sachet, a voulu répondre aux attaques par la médiatisation d’une action sur le terrain.
Si participer à une maraude, comme le fait le Père Christophe avec l’association Te Vai-ete ("la corbeille d’eau"), une fois par semaine, est un véritable acte de chrétienté, vouloir en tirer profit sur le plan politique l’est beaucoup moins. Pêché d’orgueil pourrait-on même écrire. L’humilité qui sied à ces actions, auxquelles participent de nombreux bénévoles, sans qu’ils sentent le besoin de se mettre en valeur sur les réseaux sociaux ou dans les médias, a certainement échappé à l’équipe de communication de la ministre. Isabelle Sachet devrait peut-être s’inspirer de son homologue à la Santé, qui a occupé précédemment son portefeuille, et qui n’a jamais fait grand cas d’avoir été l’un des cofondateurs, il y a vingt-quatre ans, de l’association Te Vai-ete.
Il faut croire cependant que l'action d'Isabelle Sachet a fait des émules au sein du gouvernement, puisque le président Édouard Fritch, accompagné de quatre de ses ministres et des représentants de l'assemblée, se sont mobilisés vendredi dernier pour apporter repas et cadeaux aux SDF ; à grands renforts de photos, bien sûr.
(LO)

Environnement : deux artistes du fenua lancent un cri d’alerte à la Maison des Océans

Tableau de Jean-Luc Bousquet
À l’occasion de l’exposition-conférence intitulée "Les récifs coralliens, objets d’art et de science", qui s’est tenue le 18 décembre dernier, à Paris, deux artistes du fenua ont été mis à l’honneur, aux côtés d’invités internationaux. Olivier Louzé et Jean-Luc Bousquet ont en effet pu dévoiler l’une de leurs toiles à la Maison des Océans afin de défendre la cause environnementale. L’œuvre du premier, Si loin du Monde est "un cri d’alerte inspiré de ce que j’ai pu voir en naviguant sur mon voilier à travers les îles du Pacifique : même à des milliers de kilomètres de la civilisation, les déchets plastiques sont omniprésents". Quant au second peintre, il a présenté un tableau qu’il a appelé Le blanchissement du cerveau, un titre explicite qui se passe de commentaires… L’état de santé préoccupant des récifs coralliens, dont c’est l’année internationale, a fait l’objet d’une soirée complète, marquée notamment par la présence de Lambert Wilson (l’acteur français a également été le parrain des deux expositions organisées à Tahiti par le Centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement – le Criobe) et de Serge Planes (directeur du Criobe jusqu’en 2018 et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique – CNRS –, spécialiste des coraux).
(DS)

Musique : destination Eurovision pour Ugo

Musique : destination Eurovision pour Ugo
Le jeune prodige, repéré lors du Tahiti Festival Guitare 2015 par Vincent Carpentier, éditeur et producteur de renom, poursuit son ascension. Après avoir décroché en juin 2016 un contrat avec la Warner, pour réaliser quatre albums, et assuré la première partie de la tournée de Thomas Dutronc, l’artiste va participer à la 2e saison de Destination Eurovision. L’objectif de cette émission animée par Garou est de choisir qui, après le duo Madame Monsieur en 2018, représentera la France au concours de l’Eurovision qui se tiendra, en mai prochain, en Israël. Chimène Badi et Emmanuel Moire sont les visages connus de cette sélection. Parmi les 18 chansons en compétition, Ugo défendra son titre Ce qui me blesse.
(DS)

Ministère de l'équipement : voitures de luxe API

Ministère de l'équipement : voitures de luxe API
Si toute la semaine durant, l’acquisition par le maire de Papara d’un 4x4 à plus de 7 millions de Fcfp pour ses besoins personnels, dénoncée par la CTC dans son dernier rapport, n’a pas manqué de faire réagir dans la presse et sur les réseaux sociaux, que dire de l’avis d’appel public à la concurrence N°40-18 MET du 11 décembre (paru au Journal officiel) pour l’acquisition par le ministère de l’Équipement concernant la "fourniture de grandes berlines hybrides de luxe ou haut de gamme pour les services administratifs de la Polynésie française" ?
Que le gouvernement modernise son parc vieillissant et polluant par des véhicules hybrides est plus qu’honorable, que cela se fasse par l’acquisition de berlines de luxe est déjà plus discutable. Outre le ministre René Temeharo, qui aura droit à sa voiture de luxe au ministère ?

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De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier