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Intempéries : le politique s’en mêle

Comme si la population n’avait pas assez souffert, après les pluies, arrivent les polémiques. Le Tahoera’a Huiraatira reproche au Pays d’avoir supprimé le mois dernier le Compte d’aide aux victimes de calamité qu’il avait mis en place en 1992. Le gouvernement en place a justifié cette suppression en raison de sa lenteur d’intervention, lui préférant une commission de recensement des sinistres et de répartition des secours, dont le champ d’intervention va concerner les domaines des affaires sociales, de l’habitat, de l’agriculture et de l’économie. À elle de prouver que la rapidité d’indemnisation sera au rendez-vous. LO

Steeve Hamblin dans le collimateur du site Calédosphère

L’ancien ministre du Tourisme polynésien (16 mois entre 2009 et 2010), Steeve Hamblin, a été gratifié d’un papier particulièrement gratiné sur le site Calédosphère (caledosphere.com) publié dimanche dernier et intitulé "Steeve Hamblin : main basse sur le tourisme". Il lui est reproché d’avoir vendu du rêve en termes de fréquentation touristique sur le Caillou, mais surtout d’étaler sa réussite (plus de 100 millions de francs de chiffre d’affaires) tout en "méprisant" les moins fortunés ; des citations prises sur son blog (steevehamblin.com) venant étayer ces accusations. Mardi, Steeve Hamblin a répondu, sur son site, à cette attaque qu'il qualifie notamment de politique. LO

Gestion : subvention pour Tahiti 2018

Suite à notre brève intitulée "On manque déjà d’argent" (TP n°346, p.10), faisant référence à une dotation de 5 millions de Fcfp accordée au Comité d’organisation local (COL), Reynald Temarii, en qualité de special advisor, a tenu à rectifier les écrits. Cette dotation qualifiée de rallonge n’est qu’un moyen pour le ministère des Sports de consommer ses crédits "subvention de fonctionnement 2016" rendus disponibles par l’annulation des Jeux Inter îles (Tuamotu). Cette avance devrait donc être retirée cette année de la dotation versée au COL. Reynal Temarii a d’ailleurs précisé : "Depuis la création du COL Tahiti Va’a 2018, le 25 juin 2015, la dotation « subvention de fonctionnement du ministère des Sports » n’a jamais varié jusqu’à ce jour, soit 30 millions de Fcfp. Aucune rallonge n’a été présentée par le COL." Dont acte. LO

Du Palmex au Brando ?

Le bruit court que pour la construction des nouvelles villas sur l’atoll de Tetiaroa, du Palmex serait utilisé pour les toitures ! Alors que le groupe représenté par Dick Bailey se fait le chantre de la préservation de l’environnement (climatisation à l'eau de mer, centrale électrique du motu qui fonctionne à partir de biocarburant extrait des noix de coco…), on ne peut que s’étonner d’un tel choix.
Du plastique sur le toit de 23 villas de luxe dont 17 sont destinées à être "cédées à des tiers au travers d'un bail emphytéotique" cela fait un peu désordre. Non ? La clientèle de millionnaires, pour ne pas dire de milliardaires, va donc payer au prix fort un produit devenu malheureusement trop banal dans nos îles et qui a mis à mal toute une filière agricole, celle du pandanus.
LO

Subvention pour Tahiti Va’a 2018 : on manque déjà d’argent

Après une première subvention de 10 millions Fcfp octroyée par l’arrêté N° 730 CM du 10 juin 2016, une (première ?) rallonge de 5 millions Fcfp vient d’être approuvée en faveur de l’association Tahiti Va’a 2018 pour l’organisation des Championnats du monde de vitesse à Tahiti, alors que nous sommes à plus de six mois de la première course. À ce rythme, il faudra encore mettre la main à la poche dans quelques mois et à cela s’ajoute la rénovation du site Aorai Tini Hau à Pirae. Ce sont donc des dizaines de millions que vont coûter les deux événements (Marathon en 2017 et Vitesse en 2018) nautiques censés attirer plus de 5 000 athlètes et officiels.
LO

Répression en matière maritime

Le secrétaire d’État chargé des transports, de la mer et de la pêche a présenté un projet de loi ratifiant l’ordonnance n° 2016-1315 du 6 octobre 2016 modifiant la loi du 17 décembre 1926 relative à la répression en matière maritime.
Prise sur le fondement de la loi sur l'actualisation du droit des outre-mer, l’ordonnance qu’il s’agit de ratifier permet la pleine application dans les Outre-mer de la réforme pénale maritime qui s'est traduite en 2016 par l'installation de six tribunaux maritimes. Ces nouvelles juridictions comprennent, outre les magistrats professionnels, des assesseurs issus du milieu maritime. Elles ont compétence pour le jugement des délits maritimes relevant essentiellement de la sécurité maritime qu'elles contribueront à renforcer.
La protection des assesseurs maritimes est assurée afin de garantir leur indépendance dans l'exercice de la justice en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie Française et dans les Terres australes et antarctiques françaises.
Communiqué gouvernemental

Festival des Marquises 2017 : les artistes au sol ou sur une scène ?

Alors que le prochain Matavaa o te Fenua Enata, le Festival des arts des îles Marquises, se tiendra à Tahuata du 18 au 21 décembre, l'événement culturel fait déjà couler beaucoup de salive dans l'archipel, et "d'encre" sur les réseaux sociaux. Outre la construction d'un débarcadère coûtant 190 millions Fcfp (financés à 80 % par l'État) pour accueillir les 600 membres des délégations et le public par bateau, une autre innovation est vivement commentée... En effet, sur Facebook, le groupe Te Èo, créé pour promouvoir le èo ènana (la langue marquisienne), s'indigne suite à une décision du maire de l'île, qui est aussi président de la communauté des communes des Marquises : "Danser le haka marquisien sur une scène en bois ? Une méchante blague ? Non, sous prétexte de modernisation, c’est ce que Félix Barsinas veut pour les danseurs du prochain festival de décembre 2017 (…) En plus de coûter des millions inutiles, la scène priverait les danseurs de ce contact essentiel et vital avec la terre-mère, te èpo henua."
Interrogé par Polynésie 1ère, le tāvana Félix Barsinas assume cette nouveauté. Il s'est simplement fendu d'une réponse pour le moins laconique : "La culture est vivante, elle se partage avec tout le monde. Aujourd'hui, il ne faut pas fermer la porte à la modernité." Peut-être, mais on le sait, les peuples traditionnels ont toujours foulé le sol nourricier pour le remercier, et notamment les danseurs de la Terre des Hommes. Alors, à force de troquer l'authenticité pour la contemporanéité, que restera-t-il de l'essence même de la culture mā'ohi ? Du folklore ? Placée cette année sous le thème "Te Haatupu aè/Te haatupuìa aè" (la croissance), la manifestation fera-t-elle s'exprimer les artistes sur une scène ? Dans le cas échéant, ce serait une première fois.
DS

Le Pays paye les impôts de l’Égat

Dans la série bonne gestion des établissements publics, le gouvernement a dû intervenir pour épurer une partie des dettes de l’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva (Égat). Dans un premier temps il s’agissait de régler les patentes de 2013 à 2015 et l’impôt foncier 2013 pour un montant global de 24,9 millions de Fcfp. Restera prochainement à régler les patentes 2016 et les impôts fonciers de 2014 à 2016, soit encore un chèque aux alentours de 20 millions de Fcfp. Cela commence à faire beaucoup pour un Établissement qui ne doit s’occuper quasi exclusivement que du golf de Papara et du musée Gauguin. Le golf pour lequel l’Égat n’a pas été en mesure de prendre en charge les dégâts causés par le vent en février 2016 pour un montant de 7,2 millions de Fcfp et le musée qui a reçu une subvention de 18,7 millions en décembre pour sa réhabilitation ainsi que celle du jardin botanique. À quoi servent les subventions annuelles versées à l’Égat ? La question se pose véritablement quand on fait le bilan de ce qu’il en ressort, puisque pour le musée et le développement du domaine Harrison Smith rien à n’a véritablement été tranché sur leur avenir, même si des consultations ont été entreprises mercredi. La chambre territoriale des comptes dans son rapport sur la politique culturelle de la Polynésie française et sur la gestion de ces établissements regrettait "une absence de bilan et de contrôle sur les aides publiques apportées", comme le soulignait Tahiti Infos le 7 décembre.
LO

Très chère Autorité polynésienne de la concurrence

Très chère Autorité polynésienne de la concurrence
Pas rancunier le gouvernement Fritch ! Alors que quelques-uns de ses ministres, comme Teva Rohfritch pour la perliculture, ont eu maille à partir avec l’Autorité polynésienne de la concurrence, le budget de fonctionnement de cette dernière vient d’être revu à la hausse. De 100 millions de Fcfp en 2015, année de sa création, à 150 millions en 2016, il vient d’être augmenté à 185 millions pour 2017. Si l’utilité de cette autorité administrative indépendante n’est pas remise en question, malgré quelques détracteurs, la question du budget se pose, et mérite d’être mis en parallèle avec celui du CESC et de ses 45 membres, d’un montant de 91 millions de Fcfp. En effet la seule ligne de rémunération du personnel pour 2017, hors charges, est de plus de 132 millions de Fcfp, contre 100 millions en 2016, pour seulement 13 salariés, et 34 millions en 2015. Le calcul est simple, la moyenne est de 850 000 Fcfp/mois en net. À cela il faut rajouter les indemnités des membres que sont Maïana Bambridge, Jean-Christophe Lau, Florent Venayre et Julien Vucher-Visin. Pour ces derniers, le budget annuel est passé de 2,1 millions à 4 millions de Fcfp, soit presque le double. À l’heure où il faut faire des économies, ça laisse rêveur…
LO

Un leader Musulman aux Samoa avertit le gouvernement qu'il y aura des conséquences négatives si les Samoa deviennent un état Chrétien

L'Observateur des Samoa rapporte que le Premier ministre Tuilaepa Sa'ilele Malielegaoi a présenté un projet d'amendement de Constitution pendant la dernière séance du Parlement pour 2016 qui ferait ses Samoa une nation chrétienne.
Cependant le responsable de la Ligue Musulmane aux Samoa, Laulu Mohammed Daniel Stanley a déclaré au journal local The Observer qu'il croit que le gouvernement n'y a pas bien réfléchi et croit que ceci sera une source de tension sociale parmi les diverses communautés aux Samoa.
Il pense que ceci pourrait aussi aboutir à de la discrimination dans l'emploi pour les non-chrétiens dans le secteur public autant que privé et qu’avoir un système gouvernemental basé sur des principes Chrétiens soulève des questions à propos des relations bilatérales des Samoa avec des nations non-chrétiennes comme la Chine à laquelle les Samoa empruntent régulièrement.
Mais les Musulmans ne seraient pas affectés d’après lui tant que l'article 11 de la Constitution, qui tient compte de la liberté de religion, reste inchangé.
Source : radionz.co.nz

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Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.