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Augmentations : L’OPT toujours plus cher

Augmentations : L’OPT toujours plus cher
Lire le Journal officiel du 28 décembre dernier revenait quasiment à lire le journal des bonnes annonces en cette période de cadeaux. Mais à la juteuse liste des subventions en tous genres il fallait prêter attention jusqu’au bout pour découvrir de moins bonnes nouvelles. Des arrêtés pris en conseil des ministres ont rendu exécutoires des délibérations prises par l’OPT une semaine plus tôt. Les abonnements mensuels de la ligne téléphonique qui devaient être revus à la hausse à compter du 1er juillet 2018, l’ont été finalement au 1er janvier, et ils passeront à 2 843 Fcfp hors taxes contre 2 585 Fcfp actuellement, soit une augmentation de 10 %. Quant aux boîtes postales, pas de méprise sur la date d’augmentation, c’est bien dès ce mois de janvier que la hausse est intervenue, le petit modèle passant à 2 250 Fcfp à 2 500 Fcfp et le grand de 5 500 à 5 800 Fcfp.
Ce qu’on donne d’un côté…
LO




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier