Menu

Cinquante solutions pour un fenua durable : le premier magazine consacré à l’environnement !

Cinquante solutions pour un fenua durable : le premier magazine consacré à l’environnement !
Pour démarrer l’année en beauté, la Fédération des associations de protection de l’environnement (FAPE) - Te Ora Naho a lancé, en janvier dernier, le tout premier magazine qui recense les initiatives durables au fenua. Rencontre…

Quel est le principe du magazine ?
Te Ora Naho - FAPE : “50 solutions pour un fenua durable est un magazine annuel qui met en avant cinquante alternatives développées par des acteurs du changement du fenua. Il peut s’agir d’entreprises, d’institutions, d’associations et de collectifs. Ces actions et acteurs existent déjà et ce magazine est l’occasion de les recenser et de leur offrir une plateforme concrète pour se faire connaître et, pourquoi pas, inspirer les lecteurs à se lancer, eux aussi, dans la transition écologique. C’est un merveilleux outil pour les acteurs eux-mêmes qui se voient récompensés de leurs efforts, mais aussi pour toutes les personnes qui s’intéressent au développement durable au fenua et qui souhaitent avoir des informations exhaustives regroupée en un seul support.”

Concrètement, ça ressemble à quoi ?
“Le magazine a été conçu de façon à être esthétique, logique et simple de lecture. Nous présentons chaque alternative dans ses grandes lignes : la problématique abordée, la solution proposée et l’acteur qui a mis en place cette solution. Les alternatives sont regroupées par catégories, il y en a neuf au total. Nous aidons également le lecteur à situer ces alternatives dans un contexte global, puisque nous indiquons les Objectifs de développement durable des Nations unies auxquels chaque alternative répond.”

Est-ce que toutes les initiatives durables de Polynésie française y figurent ?
“Il existe plus de cinquante alternatives durables au fenua et nous ne pouvons donc pas toutes les mettre en avant. Cependant, le magazine est réédité et mis à jour chaque année, ce qui donnera aux lecteurs l’opportunité de découvrir de nouveaux projets à chaque publication. Le magazine propose, en plus des alternatives, un annuaire exhaustif des acteurs du changement en Polynésie.”

Le magazine est en vente au prix de 1 000 Fcfp. À quoi seront affectés les fonds récoltés ?
“Le magazine est accompagné de divers outils qui permettent d’informer et de sensibiliser au quotidien sur des questions environnementales (revue de presse, newsletter, etc). Les fonds récoltés serviront d’abord à perpétuer ces outils, mais également à soutenir notre fédération dans son fonctionnement et dans la pérennisation des nombreux projets que nous avons amorcés depuis quelques années.”

Qui est Te Ora Naho - FAPE et quel a été son rôle dans l’élaboration de ce magazine ?
“Nous sommes la Fédération des associations de protection de l’environnement, un organisme qui existe depuis plus de trente ans et qui regroupe aujourd’hui près de quarante associations locales œuvrant pour la transition écologique. Pour ce magazine, nous nous sommes basés sur le merveilleux travail de recensement effectué par l’association Manu Iti Fa’aora, que l’on peut retrouver sur la plateforme gratuite www.tahiti.green. À partir de cela, notre rôle a été de coordonner tout le développement du magazine, ainsi que sa mise en vente.”

Propos recueillis par Pauline Sillinger

Pratique
Le siège de Te Ora Naho - FAPE est situé à Papeete dans l’immeuble Essor. Pour plus d’infos : 40 43 83 84.






Archives militaires “déconfinées” et venue de Macron au fenua : “poisons” d’avril ?

Dans notre précédente édition spéciale consacrée au nucléaire (“Après l’intox… l’infox !, TPM n°451 du 26 mars 2021), nous nous réjouissions de l’annonce du président de la République française, le 9 mars dernier, d’ouvrir enfin les archives militaires pour la période précédant 1971, qui représentait une lueur d’espoir. Las, Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements, interpellé par notre dossier, nous apporte cependant une précision de taille. Dans une tribune qu’il nous a consacrée (lire pages 6-7), il explique que la décision d’Emmanuel Macron d’autoriser l’accès aux archives ne peut pas concerner les documents sur les essais nucléaires sans que la loi de 2008 sur lesdites archives ne soit modifiée au préalable par le Parlement. Cela signifie que non seulement cela peut prendre pas mal de temps, mais, surtout, que ce n’est pas encore inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale…

En effet, cette loi sur les archives du 15 juillet 2008 contient un article qui rend incommunicables tous les documents sur les armes de destruction massive, donc sur le nucléaire, et cela vaut malheureusement aussi bien pour les 17 essais tirés au Sahara que les 193 autres expérimentés en Polynésie française ! L’accès aux documents classifiés est un difficile combat. Une longue action juridique, à l’initiative des associations Moruroa e tatou et l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires), a permis en 2013 la déclassification de quelques archives sur les essais en Polynésie et au Sahara. Archives qui ont d’ailleurs élargi la zone de résidence à toute la Polynésie pour les victimes souhaitant obtenir une indemnisation, et qui ont été à la base du travail pour la publication du livre Toxique.

Alors, “déconfiner” les archives militaires : est-ce bien là l’intention du président ? “Nous pouvons en douter, tranche Patrice Bouveret, car si la déclaration de l’Élysée évoque la nécessité « de renforcer la communicabilité des pièces », elle s’empresse de préciser que cela doit se faire « sans compromettre la sécurité et la défense nationales » L’argument massue toujours mis en avant depuis des décennies !” Personne ne demande la divulgation des secrets de fabrication de la bombe, mais tout le monde souhaite connaître les différentes mesures enregistrées sur les retombées radioactives des explosions afin de permettre aux victimes et aux ayants droit d’obtenir réparation et indemnisation. Nous voulons toute la vérité, rien que la vérité. Peut-être que l’hypothétique venue de Macron au fenua, invité pour la fin du mois d’août, sera l’occasion de mettre cartes sur table ? Mais rien n’est moins sûr quand on voit que l’État persiste et signe dans son attitude méprisante en cédant “gratuitement” à la Polynésie un terrain et des bâtiments infestés d’amiante et de plomb pour abriter un centre de mémoire des essais nucléaires !

Un cadeau empoisonné donc, pour un mémorial dont le contenu muséographique est entièrement géré par les hautes sphères parisiennes sans la consultation d’aucun Polynésien…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT