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Classement des compagnies aériennes "Skytrax" : ATN se maintient

Crédit photo : DR
Dans le classement Skytrax 2019 des meilleures compagnies aériennes, Air Tahiti Nui est toujours 7e sur le plan régional et French Bee arrive 10e compagnie mondiale chez les low-cost long-courriers. Comme chaque année, l’organisme Skytrax évalue plus de 200 compagnies aériennes et les classent par zone géographique et par service fourni (repas, équipage, divertissement…). Un classement mondial 2019 des 100 meilleures compagnies, dominé cette année par Qatar Airways, qui succède à Singapore Airlines et dans lequel ne figure pas Air Tahiti Nui. Sont cependant présentes, bien placées et en légère progression, les compagnies qui desservent l’aéroport de Tahiti Faa’a. Air New Zealand est ainsi classée 16e (+1 place par rapport à 2018), Air France 23e (+2), LATAM 49e (+14) et United 68e (+20). Seule Hawaiian Airlines est en repli, passant de la 77e à la 83e place.
Si Air Tahiti Nui n’apparaît toujours pas dans le top 100, l’une des plus fortes progressions est à mettre à l’actif de Fiji Airways, qui passe de la 65e place en 2018 à la 45e en 2019 (+20 places), notamment grâce à l’amélioration de la qualité de l’équipage. En effet, la compagnie fidjienne prend la première place dans ce domaine dans la région Australie/Pacifique, devant Qantas et Air New Zealand, alors qu’Air Tahiti Nui occupe la 6e place (-1 place par rapport à 2018). L’ex-Air Pacific, qui vient d’intégrer OneWorld, obtient par la même occasion le titre de compagnie ayant le plus progressé dans la zone Australie/Pacifique
Au classement régional, Qantas et Air New Zealand dominent encore les petites compagnies du Pacifique Sud. Si Air Tahiti Nui (7e) ne parvient pas faire jeu égal avec Fiji Airways (4e), la Compagnie au tiare devance cependant, comme en 2018, Air Calin (8e), Air Vanuatu (9e) et Air Niugini (10e).
French Bee, qui dessert trois zones géographiques distinctes et la Polynésie française depuis mai 2018, n’apparaît pas dans les classements régionaux et mondiaux, mais obtient la 10e place dans la catégorie low-cost long-courriers. En 2018, Skytrax ne classait que cinq compagnies dans cette catégorie et cette extension témoigne ainsi de l’essor au niveau mondial de ce marché de transport aérien à bas coût.
(S.P.)





Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !

Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !
La tournure qu’a prise “l’affaire Radio Tefana” impliquant Oscar Temaru a indigné un grand nombre d’entre nous. Après le grand recul de l’État français sur les indemnisations des victimes des essais nucléaires en Polynésie, dont le mépris détonant a explosé à la figure du Pays, la volonté de “dépayser” (à Nouméa finalement) le procès opposant le procureur de la République, Hervé Leroy, au leader indépendantiste interroge… Si la présidente du tribunal considère qu’il n’est pas envisageable de juger le responsable du parquet de sa propre juridiction, l’avocat de M. Temaru estime, lui, qu’il s’agit d’un “déni de démocratie”. Pour rappel, alors que le conseil municipal de Faa’a a accordé la protection fonctionnelle à son édile pour payer ses frais de justice liés à l’affaire Radio Tefana, M. Leroy a exigé une saisie pénale de 11,55 millions de Fcfp sur le compte personnel de M. Temaru. Pour protester contre cette opération “injustifiée” et un “acharnement judiciaire de l’État français à son encontre”, ce dernier a ainsi entrepris une grève de la faim le 8 juin. Ne parvenant pas à obtenir une audience avec M. Leroy, malgré le soutien d’une centaine de sympathisants réunis devant le palais de justice, M. Temaru l’a finalement assigné en référé pour “atteinte à la présomption d’innocence”.

La polémique gronde et défraye la chronique, ici et ailleurs, la presse nationale se demandant même “à quoi joue l’État ?”. Ce qui est indéniable, c’est que M. Temaru, souvent cantonné au rôle de martyr, a cette fois bénéficié d’une mobilisation importante et su fédérer les cœurs, bien au-delà d’un parti politique. En obtenant le soutien de nombreuses personnalités de tous horizons, ainsi que d’une vingtaine d’associations, de confessions religieuses, de syndicats ou de partis politiques rassemblés au sein du collectif Nuna’a a ti’a ("Peuple lève-toi, avance pour la paix") – à l’origine de la marche du 20 juin –, il s’est imposé en Metua (“père spirituel”). Par sa détermination et son pacifisme, on ne peut s’empêcher de penser à Pouvana’a a Oopa, condamné et exilé en 1959 pour un crime qu’il n’avait pas commis, bien que “le manque de recul” ne permette pas la comparaison, selon le spécialiste du sujet Jean-Marc Regnault, l’une des grandes plumes de Tahiti Pacifique et chroniqueur des “Pages d’Histoire”. D’ailleurs, l’historien publie simultanément deux ouvrages aux éditions ’Api Tahiti, qui lancent la série “Rivalités et moins si affinités” : Gaston Flosse, un Chirac des tropiques ? et Oscar Temaru, l’Océanie au cœur (lire page 12). Et l’auteur de mettre en perspective les deux hommes politiques, éternels “meilleurs ennemis” : “En 2020, ils entretiennent l’ambiguïté. Vont-ils s’entendre contre l’État pour en finir avec le statut d’autonomie dont ni l’un, ni l’autre ne veulent plus ? Vont-ils s’entendre pour tenter de chasser un gouvernement autonomiste qui ne gouverne pas vraiment différemment (…) ? Rivalités, donc, mais desquelles peuvent naître des affinités… électives ou autres.” L’avenir nous le dira, mais on sent bien que ce gouvernement – qui préfère poser du gazon synthétique sur le front de mer plutôt que miser sur la permaculture et les jardins partagés pour pallier la crise socio-économique inéluctable – ne parvient pas à satisfaire la majorité de la population. Aussi, le divorce est consommé au sommet du gouvernement, et il se murmure déjà qu’un remaniement ministériel est imminent…

C’est donc une rentrée mouvementée qui s’annonce ! En attendant, je profite de l’occasion pour vous informer que la rédaction de Tahiti Pacifique fera une trêve durant le mois de juillet, et ce chaque année, afin de permettre à tous les journalistes, chroniqueurs et autres contributeurs qui le souhaitent de prendre des congés annuels mérités et se ressourcer. L’objectif est aussi de mieux vous retrouver, avec toujours plus de dossiers de fond et encore d’autres nouveautés ! Les parutions de votre magazine préféré reprendront à compter du vendredi 7 août, toujours au rythme bimensuel. Merci pour votre confiance et à très bientôt.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT