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Culture : Tahuata prépare le Festival des arts aux Marquises

crédit photo : Tahiti Infos
Le prochain Matavaa o te Fenua Enata, le Festival des arts des Marquises, se tiendra sur l'île de Tahuata, du 18 au 21 décembre. Cette 11e édition aura pour thème "La croissance de la culture marquisienne". Durant quatre jours, les festivités vont battre leur plein avec la présence des délégations de toutes les îles de l'archipel, mais aussi de Raivavae (Australes). Au programme : des prestations de danse et de chant, des démonstrations de tatouage, ainsi que de nombreux ateliers d'initiation : sports coutumiers, récits et contes, médecine traditionnelle, costumes… L'événement se clôturera par la cérémonie de "la passation du bâton du chef" et un concert assuré par des artistes locaux.
Pour faciliter l'accès au festival, 27 militaires affectés au RIMaP-P ont passé deux semaines à Vaitahu pour bétonner une portion de route qui descend vers la salle omnisport de Hanamiai. Aussi, aucun hôtel n'existant sur cette île abritant un peu plus de 700 âmes, le public venu de l'extérieur aura le choix d'être hébergé chez l'habitant, faire du camping, dormir en dortoir dans la salle paroissiale catholique de Hapatoni, réserver une cabine à bord de l'Aranui, ou encore opter pour des croisières privées.
DS




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier