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DESSERTE MARITIME : travail le 1er mai : le coup de gueule des commerçants de Rurutu !

DESSERTE MARITIME : travail le 1er mai : le coup de gueule des commerçants de Rurutu !
Alors que beaucoup célébraient tranquillement la fête du Travail, le 1er mai dernier, certains n'ont pas eu ce privilège, acquis pourtant à partir du XVIIIe siècle aux quatre coins du monde. Les commerçants de l'île de Rurutu ont en effet été contraints de mettre du personnel à pied d'œuvre afin de récupérer leur marchandise débarquée par le Tuha'a Pae IV. En raison de ce jour férié très particulier, l'opération leur a ainsi coûté trois fois plus cher qu'à la normale ! "Le navire assurant seulement deux ou trois rotations par mois dans l'archipel des Australes, cela ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre aux gérants de magasins… lâche l'un d'entre eux. La grogne ne cesse donc de monter, d'autant que le problème est récurrent, notamment lors des festivités de fin d'année, obligeant même parfois les travailleurs à attendre jusque tard dans la nuit que les produits soient déchargés sur le quai."
Patrice Colombani, le P-dg de la Société de navigation des Australes se défend : "Ils connaissaient les dates de rotations, notre programme des voyages, dont vous pouvez prendre connaissance sur notre site web www.snathp.com, est établi plusieurs mois à l’avance, le dernier en date ayant été édité tout récemment, détaille nos voyages jusqu’au 31-12-2019, et sera bientôt complété jusqu’à fin juillet 2020. Nous devons respecter ce programme pour éviter les problèmes avec notre clientèle de croisière qui réserve plusieurs mois à l’avance et qu’une modification même minime pourrait léser. Les commerçants auxquels vous faites référence savaient parfaitement que nous escalions à Rurutu le 1er mai, et ont chargé de la marchandise sans nous faire la moindre observation. Je vous informe aussi que plusieurs îles de l’archipel nous ont fait part de leur désir de ne pas décharger ou charger le dimanche pour des raisons religieuses. Nous avons fait droit à cette demande que nous respectons scrupuleusement, et nous évitons autant que possible d’escaler ce jour-là. Une immobilisation d’un jour nous coûte près de 2 millions de Fcfp, et nous ne pouvons-nous le permettre."
(DS)




Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier