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Diplomatie : une parcelle de 1 220 m2 acquise par la République populaire de Chine

Le lot 68 de la rue Wallis est désormais propriété de la RPC. Crédit photo : DR
Un arrêté du conseil des ministres, daté au 13 décembre 2018 et paru dans le Journal officiel le 21 décembre suivant, porte “autorisation préalable d’investissement étranger en Polynésie française au profit de la République populaire de Chine”. La RPC est ainsi “autorisée à acquérir une parcelle de terre d’une superficie de 1 220 m2, cadastrée section BO n° 62 et située à Papeete, et les constructions y édifiées consistant en une maison d’habitation”. D’après nos recherches sur le plan cadastral, le terrain abrite trois grands modules de résidence, ainsi qu’une piscine, et se situe à Fāri’ipiti, dans la rue Wallis.
Pour rappel, depuis le 6 août dernier, le siège du consulat de la République populaire de Chine à Tahiti s’est légèrement délocalisé. En effet, un grave litige a opposé les diplomates chinois à leur ancienne bailleresse après avoir utilisé sa maison depuis 2007 pour faire office de consulat, et ce sans son accord. Ils y avaient notamment installé une énorme parabole sur le toit-terrasse, qui pourrait faire penser à une antenne satellite d’espionnage. Pour obtenir leurs papiers, les ressortissants chinois doivent toujours se rendre à Punaauia, dans la résidence Taina, mais les locaux se trouvent désormais au rez-de-chaussée de l’immeuble Bellevue (appartement B1), sis à quelques battements d’ailes seulement de l’ancienne propriété. Le site officiel précisant que ce bureau de visas est “provisoire”, il est fort probable que cette nouvelle parcelle sise à Papeete accueille le nouveau siège du consulat chinois, voire le consul lui-même.
(DS)




"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier