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Droits d'auteurs : le bureau local de la Sacem bientôt inauguré par le grand patron

Crédit photo : Dominique Schmitt
Alors que la nouvelle représentante locale de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), Virginie Bruant, a annoncé vouloir mettre en place "un système super carré" pour la répartition des droits aux artistes (lire TPM n° 374 du 9 février), Jean-Noël Tronc en personne, le grand patron, sera en visite officielle à Tahiti à compter du 18 mars. Le chef d'entreprise inaugurera notamment le bureau local de la Sacem le 21 mars et en profitera pour organiser une conférence de presse. L'antenne polynésienne se situera au-dessus du restaurant Le cheval d'or, à Patutoa, et sera ouvert de 8 à 17 heures. Par ailleurs, les 500 signataires polynésiens de la Sacem éliront parmi eux neuf membres, qui formeront un comité de surveillance. Enfin, toujours dans une volonté d'informer le plus grand nombre, un groupement ira à la rencontre des hôtels, bars et dancings. La délégation parisienne devrait être accueillie par les artistes du fenua, mais pas forcément avec des colliers de fleurs ! En effet, certains ne décolèrent pas depuis le naufrage de la Spacem, la société polynésienne, dont le "capitaine" Luc Faatau est tenu responsable. Gageons que cet espace devienne réellement la nouvelle maison des artistes au fenua. (DS)




Opposition constructive

Le dictionnaire des synonymes vient de s’enrichir d’une nouvelle formule ! Le retournement de veste politique peut désormais être remplacé par de l’opposition constructive.
L’on doit cette nouveauté linguistique à Angelo Frebault, élu en mai dernier lors des élections territoriales sur la liste Tahoera’a, dont il fut exclu en septembre pour ne pas avoir suivi les consignes du parti lors du vote de la réforme des retraites, et qui vient de rejoindre les rangs du Tapura.
L’ancien secrétaire général de la CSTP-FO ne sera donc pas resté bien longtemps seul sur les bancs de l’assemblée puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir. La question finalement n’est pas de savoir qui a approché l’autre, mais pourquoi le Tapura, avec sa très forte majorité, a recueilli celui que Gaston Flosse n’avait pas hésité à qualifier de "pomme pourrie" au moment de son éviction du Tahoera’a.
Le gouvernement a les mains libres pour faire passer tous ses textes à l’assemblée avec ses 39 voix, une 40e ne lui est donc pas d’une grande utilité. En seconde lecture, on peut croire qu’Édouard Fritch a fait sienne la devise du célèbre réalisateur Francis Ford Coppola : "Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis."
En effet, les difficultés rencontrées par le gouvernement actuel en début d’année lors des annonces concernant la réforme du régime des retraites peuvent lui faire craindre d’autres mouvements d’ampleur de la rue à l’occasion des réformes à venir sur la Protection Sociale Généralisée, ou encore de la réforme du code du travail. Avoir en son sein l’un de ses anciens plus farouches opposants comme il l’a déjà fait avec un certain Pierre Frebault, ancien ministre de l’Économie d’Oscar Temaru, aujourd’hui directeur de la toute nouvelle Agence de régulation sanitaire et sociale (Arass) – chargée de piloter la politique de la santé et de la protection sociale en Polynésie – est un atout, doit-on penser. Reste à mesurer le réseau d’influence d’Angelo Frebault, renié par une grande partie du monde syndical lors de sa présence sur les listes électorales orange.
Le revers de la médaille est le risque d’apporter un peu plus de discrédit à notre classe politique, dont la cote de popularité est déjà très basse. Et les récentes gardes à vue qu’ont connues Oscar Temaru et Gaston Flosse, pour des raisons très différentes certes, ne viennent pas en redorer l’image.
Le Tapura a pris un risque, persuadé que le résultat des dernières élections le légitime en tout. En métropole, on voit comment le pouvoir s’use vite, des instituts de sondage prenne régulièrement la température ; on peut regretter qu’ici il n’y a pas de sonnette d’alarme.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier