Menu

ENVIRONNEMENT : Cachez ces baleines que nous ne saurions voir…

ENVIRONNEMENT : Cachez ces baleines que nous ne saurions voir…
Si les premières caudales de baleines à bosse ont déjà pu être observées au fenua, voilà une bien triste nouvelle pour tous les amoureux des cétacés. Le Code de l'Environnement a été modifié, fixant de nouvelles règles d’observation des mammifères marins. Dorénavant, l’observation des dauphins et des baleines est interdite dans les baies, les passes (jusqu’à 1 km de la passe) et dans le lagon dans l’ensemble de la Polynésie française. La distance d’observation pour toutes les baleines (adultes et baleineaux) est repoussée à 100 mètres minimum (au lieu de 50 mètres pour les adultes). Les nageurs et plongeurs ne devront pas s'approcher non plus à moins de 30 mètres. Le développement important du "whale watching" depuis plus de vingt ans en Polynésie, ainsi que le non-respect de certains professionnels et particuliers privent définitivement tous les autres de rencontres magiques. "C'est assez, dit la baleine, je me cache à l'eau car j'ai le dos fin !"
(DS)




Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier