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ENVIRONNEMENT : Cachez ces baleines que nous ne saurions voir…

ENVIRONNEMENT : Cachez ces baleines que nous ne saurions voir…
Si les premières caudales de baleines à bosse ont déjà pu être observées au fenua, voilà une bien triste nouvelle pour tous les amoureux des cétacés. Le Code de l'Environnement a été modifié, fixant de nouvelles règles d’observation des mammifères marins. Dorénavant, l’observation des dauphins et des baleines est interdite dans les baies, les passes (jusqu’à 1 km de la passe) et dans le lagon dans l’ensemble de la Polynésie française. La distance d’observation pour toutes les baleines (adultes et baleineaux) est repoussée à 100 mètres minimum (au lieu de 50 mètres pour les adultes). Les nageurs et plongeurs ne devront pas s'approcher non plus à moins de 30 mètres. Le développement important du "whale watching" depuis plus de vingt ans en Polynésie, ainsi que le non-respect de certains professionnels et particuliers privent définitivement tous les autres de rencontres magiques. "C'est assez, dit la baleine, je me cache à l'eau car j'ai le dos fin !"
(DS)




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier