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Économie/alimentation : Marlon Brando était un visionnaire

Économie/alimentation : Marlon Brando était un visionnaire
Cette semaine les pages archives du magazine l’Express reprennent un article de 1972 concernant Marlon Brando et son atoll de Tetiarao où il songeait à élever des homards. Sa vision de la Polynésie d’alors n’a rien à envier à ce que nous vivons 46 ans plus tard.
Extrait : « ÀTetiaroa, Marlon Brando veut démontrer que l'on peut créer un village de vacances sans dénaturer un paysage, cultiver des primeurs avec très peu d'eau, et que les atolls polynésiens constituent un site idéal pour l'élevage des poissons et des crustacés. Le projet rejoint les préoccupations du gouvernement français, qui, il y a un an, a demandé au Cnexo (Centre national d'exploitation des océans) de créer un établissement à Tahiti, dont l'activité essentielle sera l'aquaculture. "La Polynésie est pauvre. Comme les deux tiers de la planète. Si j'ai choisi d'intervenir là, c'est parce que c'est le pays de mon fils. Un pays auquel il faut donner des bases économiques autres que le seul tourisme, explique-t-il. Et, d'abord, il faut affronter le problème le plus vital des Tahitiens, celui de leur régime alimentaire. Déplorable. Du riz blanc, du pain, du café. Peu de poisson. Pas de vitamines : les légumes – ils doivent être importés de France – coûtent trop cher." »
(LO)




La stabilité avant tout

Le 6 mai dernier, avec plus de 66 000 voix, le Tapura Hui- raatira du président Édouard Fritch raflait la mise des
sièges à pourvoir au sein de l’assemblée où les Rouges représentent désormais 66,66 % de l’hémicycle. Il n’en faudrait pas plus pour que tout superstitieux ne se rue dans le premier magasin de jeu à gratter pour tenter d’y gagner le pac- tole avec un numéro fétiche, le 6 par exemple.
Édouard Fritch ne doit pourtant pas à la chance d’avoir obtenu un succès attendu après les résultats du premier tour, fort de l’adhésion de près d’un vote exprimé sur deux par des Polynésiens qui n’ont pas cédé au chant des sirènes de l’abstentionnisme, même si ce dernier est encore en progression. Placé au pouvoir par Gaston Flosse en 2015, celui qui n’est plus considéré
depuis lors comme le gendre idéal par ce même Gaston Flosse a su fédérer autour de sa personne avant de fédérer autour d’un programme. Rien de bien révolutionnaire, des projets à taille humaine qui accompagnent le développement touristique, comme partout ailleurs dans le monde (+7 %) et économique, essentiellement basé à Hao, sans oublier quelques réformes structurelles notamment celle de la retraite, dans un premier temps, puis inévitablement de toute la Protection sociale généralisée. Une gestion de bon père de famille, pourrait-on dire, misant sur une stabilité politique retrouvée qui s’accompagne de l’indice de confiance. Pourra-t-elle résister à une instabilité portée par une partie de l’opposition politique ? Rien n’est moins sûr. Et la tâche du prochain gouvernement à venir pour- rait bien être, après l’élection du président de l’assemblée prévue hier et du président du Pays programmée pour aujourd’hui, d’éteindre des incendies comme ceux que le Tahoera’a a reconnu avoir allumés lors des dernières années (voir article de Jean-Marc Regnault en page 10).
Le ton risque d’être vite donné avec l’urgence des premières réformes qui avaient fait descendre les syndicats dans la rue. Un Tavini qui stagne et un Tahoera’a qui joue sa survie et tentera de continuer d’exister jusqu’aux muni- cipales de 2020 auront du mal à faire entendre leurs voix dans l’hémicycle face aux 38 sièges rouges à l’assemblée sur 57 possibles. Il reste à espérer que les débats s’y cantonnent.

Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier