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Économie/alimentation : Marlon Brando était un visionnaire

Économie/alimentation : Marlon Brando était un visionnaire
Cette semaine les pages archives du magazine l’Express reprennent un article de 1972 concernant Marlon Brando et son atoll de Tetiarao où il songeait à élever des homards. Sa vision de la Polynésie d’alors n’a rien à envier à ce que nous vivons 46 ans plus tard.
Extrait : « ÀTetiaroa, Marlon Brando veut démontrer que l'on peut créer un village de vacances sans dénaturer un paysage, cultiver des primeurs avec très peu d'eau, et que les atolls polynésiens constituent un site idéal pour l'élevage des poissons et des crustacés. Le projet rejoint les préoccupations du gouvernement français, qui, il y a un an, a demandé au Cnexo (Centre national d'exploitation des océans) de créer un établissement à Tahiti, dont l'activité essentielle sera l'aquaculture. "La Polynésie est pauvre. Comme les deux tiers de la planète. Si j'ai choisi d'intervenir là, c'est parce que c'est le pays de mon fils. Un pays auquel il faut donner des bases économiques autres que le seul tourisme, explique-t-il. Et, d'abord, il faut affronter le problème le plus vital des Tahitiens, celui de leur régime alimentaire. Déplorable. Du riz blanc, du pain, du café. Peu de poisson. Pas de vitamines : les légumes – ils doivent être importés de France – coûtent trop cher." »
(LO)




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier