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Économie/alimentation : Marlon Brando était un visionnaire

Économie/alimentation : Marlon Brando était un visionnaire
Cette semaine les pages archives du magazine l’Express reprennent un article de 1972 concernant Marlon Brando et son atoll de Tetiarao où il songeait à élever des homards. Sa vision de la Polynésie d’alors n’a rien à envier à ce que nous vivons 46 ans plus tard.
Extrait : « ÀTetiaroa, Marlon Brando veut démontrer que l'on peut créer un village de vacances sans dénaturer un paysage, cultiver des primeurs avec très peu d'eau, et que les atolls polynésiens constituent un site idéal pour l'élevage des poissons et des crustacés. Le projet rejoint les préoccupations du gouvernement français, qui, il y a un an, a demandé au Cnexo (Centre national d'exploitation des océans) de créer un établissement à Tahiti, dont l'activité essentielle sera l'aquaculture. "La Polynésie est pauvre. Comme les deux tiers de la planète. Si j'ai choisi d'intervenir là, c'est parce que c'est le pays de mon fils. Un pays auquel il faut donner des bases économiques autres que le seul tourisme, explique-t-il. Et, d'abord, il faut affronter le problème le plus vital des Tahitiens, celui de leur régime alimentaire. Déplorable. Du riz blanc, du pain, du café. Peu de poisson. Pas de vitamines : les légumes – ils doivent être importés de France – coûtent trop cher." »
(LO)




Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier