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Économie : du sang neuf à l’APC

Économie : du sang neuf à l’APC
En application des dispositions du Code de la concurrence, le mandat des quatre membres actuels du collège de l’Autorité polynésienne de la concurrence (APC) est arrivé à terme le 30 septembre dernier. Après avis du président de l’APC (Jacques Mérot), le conseil des ministres a donc procédé au renouvellement des membres du collège. Compte tenu de "leurs compétences dans le domaines juridique ou économique, de leur niveau de diplôme et d’expérience professionnelle intéressant les questions de concurrence ou de consommation, de leur probité et de leur indépendance" sont ainsi nommées les personnes suivantes : Aline Baldassari, Michel Paoletti, Youssef Guenzoui et Christian Montet. Les trois premiers remplacent Merehau Mervin, Julien Vucher-Visin et Maiana Bambridge, tandis que le dernier a été nommé par arrêté le 23 janvier 2019, à la place de Hinano Bagnis.
Christian Montet, qui est aussi l’un de nos chroniqueurs, en charge notamment du "Cahier de l’économie" (lire page 28), a donc, lui, conservé son poste. Quant à Véronique Sélinsky, elle prend le poste de rapporteur général occupé par Gwenaëlle Nouët. Dans le cadre de leur mandat, qui a débuté le 1er octobre 2019 et d’une durée de quatre ans, les membres devront être au service des consommateurs, des entreprises et de la Polynésie en veillant "au libre jeu de la concurrence et au bon fonctionnement du marché".
Florent Venayre, professeur de sciences économiques à l’Université de la Polynésie française, regrette parfois "les raccourcis démagogiques" de l’institution, à l’image de son analyse récente de l’écart des prix moyens entre le fenua et la Métropole, et "espère que cette nouvelle équipe saura trouver la force de résister à cette tendance populiste en appliquant intelligemment le droit antitrust polynésien".

D.S.





Comme un parfum de Macron…

Comme un parfum de Macron…
La décision du Conseil d’État, le 27 janvier dernier, de ne pas appliquer l’amendement à la loi Morin pour les demandes d’indemnisation des victimes des essais nucléaires déposées avant 2019 a surpris la Polynésie entière… mais agréablement pour une fois ! Cette institution publique, qui est chargée de conseiller le Gouvernement central et se veut la plus haute des juridictions de l’ordre administratif, met donc finalement à mal “l’amendement Tetuanui”, créé le 30 décembre 2018, qui réintégrait dans la loi, après la suppression de la notion de “risque négligeable”, un seuil minimal d’exposition aux rayonnements ionisants pour accéder aux indemnisations (une dose annuelle de 1 millisievert). Conséquence immédiate : deux victimes, dont les dossiers avaient pourtant été rejetés par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), ont pu obtenir gain de cause. Ces décisions font ainsi jurisprudence pour 62 autres cas ayant reçu un avis défavorable parmi les 138 demandes d’indemnisation en attente.

Même le président du Pays n’a pas caché son grand étonnement. Sans chercher à “faire le travail du Civen”, Édouard Fritch a considéré, au micro de Radio 1, qu’il va manquer au comité “un critère qui permette de dire oui ou non”. Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, a déclaré pour sa part, lors de sa courte visite au fenua : “Chacun prend acte de cette décision”, en ajoutant que ce sera au Civen d’en “examiner les conséquences”, en l’absence d’une estimation précise de l’impact financier sur l’État. Sans surprise cette fois, Auguste Uebe-Carlson, fondateur et président de l’association 193, a, lui, réagi positivement à cette grande annonce dans les colonnes de Tahiti Infos : “C’est vraiment un encouragement (…) pour toutes les familles à se manifester pour que cet amendement [“Tetuanui”] soit supprimé ou suspendu en attendant des études sérieuses de la part de l’État à propos de la réalité des maladies qui touchent notre pays.” Selon lui, “le nombre de dossiers a considérablement baissé” depuis l’entrée en vigueur de cet amendement, qui “a découragé beaucoup de familles polynésiennes à entamer une demande d’indemnisation”. Le père Auguste n’a d’ailleurs pas manqué d’affirmer : “Nous rappellerons au président Macron ces décisions du Conseil d’État.

En effet, malgré deux reports en 2019, le président de la République française nous fera enfin l’honneur d’un séjour en Polynésie du 16 au 18 avril 2020, des dates dont nous vous avions donné la primeur dans l’édition du 13 décembre dernier (lire TPM n° 422). On peut tout de même s’interroger sur cette décision tonitruante du Conseil d’État en faveur des Polynésiens. D’autant qu’elle s’est suivie, quelques jours après, du passage tout sourire de Mme Girardin sur nos terres, offrant par la même occasion un joli coup de pouce pour les municipales au Tapura Huiraatira, parti local majoritaire rallié à la liste La République en marche (LREM) d’Emmanuel Macron… Juste avant la ministre des Outre-mer, c’était Stanislas Cazelles, le conseiller Outre-mer de l’Élysée, qui se déplaçait à Tahiti pour préparer le voyage du chef de l’État. Alors, hasard du calendrier ou pas, le terrain semble parfaitement déblayé pour l’arrivée du Président ! Si beaucoup redoutent qu’on leur vende encore des salades, ce qui est sûr, c’est que victimes ou non des essais, bien des hommes et des femmes l’attendent de pied ferme et qu’au menu, ils lui proposeront, eux, des échanges et des débats de vive voix autour du sujet explosif du nucléaire.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt