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Environnement : deux artistes du fenua lancent un cri d’alerte à la Maison des Océans

Tableau de Jean-Luc Bousquet
À l’occasion de l’exposition-conférence intitulée "Les récifs coralliens, objets d’art et de science", qui s’est tenue le 18 décembre dernier, à Paris, deux artistes du fenua ont été mis à l’honneur, aux côtés d’invités internationaux. Olivier Louzé et Jean-Luc Bousquet ont en effet pu dévoiler l’une de leurs toiles à la Maison des Océans afin de défendre la cause environnementale. L’œuvre du premier, Si loin du Monde est "un cri d’alerte inspiré de ce que j’ai pu voir en naviguant sur mon voilier à travers les îles du Pacifique : même à des milliers de kilomètres de la civilisation, les déchets plastiques sont omniprésents". Quant au second peintre, il a présenté un tableau qu’il a appelé Le blanchissement du cerveau, un titre explicite qui se passe de commentaires… L’état de santé préoccupant des récifs coralliens, dont c’est l’année internationale, a fait l’objet d’une soirée complète, marquée notamment par la présence de Lambert Wilson (l’acteur français a également été le parrain des deux expositions organisées à Tahiti par le Centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement – le Criobe) et de Serge Planes (directeur du Criobe jusqu’en 2018 et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique – CNRS –, spécialiste des coraux).
(DS)




"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier