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Environnement : l’océan, notre poubelle…

Triste "palmarès" en termes de pollution marine cette semaine passée. Crédit photo : DR
Ce ne sont plus des poissons que l’on trouve désormais dans les eaux polynésiennes, mais des traces de pollution en tous genres. En quelques jours, notre océan a été une nouvelle fois la cible de l’inconscience et de l’irrespect de l’Homme. Début janvier, plus d’une centaine d’emballages en plastique venaient s’échouer sur une plage à Hiva Oa, aux Marquises. Destinés au marché asiatique, ces sacs provenaient d’un navire usine chinois spécialisé dans la pêche aux calamars au large des côtes argentines. La semaine suivante, une trentaine de bonbonnes (on parle même de 80 bouteilles) ayant contenu du bromure de méthylène, un gaz toxique et très écotoxique, s’échappaient du Kura Ora II après que la goélette eut été immergée au large de Tahiti. Comment des objets aussi dangereux n’ont-ils pas été décelés par les experts maritimes chargés du processus de dépollution ? Ces bonbonnes ont-elles été placées à leur insu après leur compte rendu ou ont-ils fermé les yeux ? La société propriétaire du bateau étant en liquidation, qui de la Direction de l’environnement ou du Port autonome porte la responsabilité de cet acte grave ? Une enquête administrative a été demandée par la Présidence et une deuxième enquête pénale est également en cours, mais l’on peut dire que cela sent le gaz et risque de faire de gros remous… Peu après, un civil retrouvait d’autres bonbonnes qui flottaient au large de la passe de Taapuna, à Punaauia. Pendant ce temps, un habitant de Bora Bora pêchait, lui,
32 sacs de riz de la marque Tahiti Riz, probablement tombés après le passage du Taporo. À l’heure où l’enjeu mondial est de bannir totalement le plastique, véritable menace pour la planète et responsable de la mort des animaux marins, il est urgent de cesser les pratiques anciennes et de réveiller les consciences : non, notre océan n’est pas une poubelle et ce n’est pas en tirant la chasse que nos déchets disparaîtront !
(DS)




Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier