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Environnement : l’océan, notre poubelle…

Triste "palmarès" en termes de pollution marine cette semaine passée. Crédit photo : DR
Ce ne sont plus des poissons que l’on trouve désormais dans les eaux polynésiennes, mais des traces de pollution en tous genres. En quelques jours, notre océan a été une nouvelle fois la cible de l’inconscience et de l’irrespect de l’Homme. Début janvier, plus d’une centaine d’emballages en plastique venaient s’échouer sur une plage à Hiva Oa, aux Marquises. Destinés au marché asiatique, ces sacs provenaient d’un navire usine chinois spécialisé dans la pêche aux calamars au large des côtes argentines. La semaine suivante, une trentaine de bonbonnes (on parle même de 80 bouteilles) ayant contenu du bromure de méthylène, un gaz toxique et très écotoxique, s’échappaient du Kura Ora II après que la goélette eut été immergée au large de Tahiti. Comment des objets aussi dangereux n’ont-ils pas été décelés par les experts maritimes chargés du processus de dépollution ? Ces bonbonnes ont-elles été placées à leur insu après leur compte rendu ou ont-ils fermé les yeux ? La société propriétaire du bateau étant en liquidation, qui de la Direction de l’environnement ou du Port autonome porte la responsabilité de cet acte grave ? Une enquête administrative a été demandée par la Présidence et une deuxième enquête pénale est également en cours, mais l’on peut dire que cela sent le gaz et risque de faire de gros remous… Peu après, un civil retrouvait d’autres bonbonnes qui flottaient au large de la passe de Taapuna, à Punaauia. Pendant ce temps, un habitant de Bora Bora pêchait, lui,
32 sacs de riz de la marque Tahiti Riz, probablement tombés après le passage du Taporo. À l’heure où l’enjeu mondial est de bannir totalement le plastique, véritable menace pour la planète et responsable de la mort des animaux marins, il est urgent de cesser les pratiques anciennes et de réveiller les consciences : non, notre océan n’est pas une poubelle et ce n’est pas en tirant la chasse que nos déchets disparaîtront !
(DS)




De l’art de se compliquer la vie

De l’art de se compliquer la vie
L’art de se créer des problèmes quand les champs politique et économique sont dégagés est-il l’apanage de nos élus ? Certainement pas, mais quand même. Il faut leur reconnaître une propension à se crêper le chignon à la moindre occasion, à la moindre contrariété, un peu comme des enfants gâtés. Et l’actualité de ces derniers jours ne viendra pas démentir nos écrits. Les chiffres de l’économie tombent et chaque trimestre apporte un peu plus de crédit à la reprise. Pour les plus sceptiques, pas de "Moody’s Blues", car l’agence internationale y va de son "A3 avec perspective positive", une note que n’a jamais atteinte le Pays. Il a commencé à redistribuer, majoritairement envers les communes, pas moins de 5 milliards de Fcfp. Tout va donc pour le mieux en Polynésie française ? Eh bien, non ! Une crise chasse l’autre, et la politique remplace l’économique.

Dire que des tensions ont vu le jour au sein du Tapura est un doux euphémisme. Et si la maison ne brûle pas encore, Édouard Fritch va devoir jouer les pompiers de service. Des flammèches sont apparues, tout d’abord avec les parlementaires polynésiens à Paris. Ils ont peu goûté – et l’ont fait savoir – de n’avoir pas été consultés lors du soutien du Tapura à La République en Marche (LRM) pour les élections européennes de mai. On imagine leurs explications embarrassées sur les bancs de l’Assemblée ou du Sénat avec leurs pairs centristes. Comme un retour de flamme, l’initiative de la députée Maina Sage : elle a obtenu de l’Assemblée nationale un changement du texte initial sur la reconnaissance du fait nucléaire par l’État, modifiant le terme "contribution" par celui de "mise à contribution". "Le débat nucléaire devrait nous rassembler, il ne devrait pas y avoir de débat sémantique", a déclaré en retour le président Fritch, qui assure avoir laissé faire sa députée…
Outre les parlementaires, c’est ici même, à l’assemblée de la Polynésie française (APF), que le ton est monté au sein des représentants de la majorité pour se mettre d’accord sur la composition des commissions et, notamment, pour choisir leurs différents présidents.
 À tel point que le bruit de la création d’un nouveau groupe politique à l’APF a couru dans les couloirs. Des élus se sont émus des méthodes de management d’Édouard Fritch. Faut-il voir l’intégration d’Angelo Frebault, représentant banni du Tahoera’a, comme une réponse à ces mouvements d’humeur ? Toujours est-il qu’avec maintenant 40 représentants sur 57, le Tapura est en capacité de faire face à quelques grognements, voire à des menaces. 
Quant à l’opposition, elle se gausse. Mais est-elle également à la hauteur de ce que les citoyens attendent de leurs politiques ? Le député Tavini Moetai Brotherson partageait sur un réseau social : "Voilà donc le Tapura qui siège à l’UDI, après avoir soutenu Juppé et Fillon (Les Républicains), mais qui soutient aujourd’hui LRM aux Européennes... Mais dont un membre éminent est accessoirement secrétaire territorial des "Républicains"..." Son parti, après s’être rapproché en d’autres occasions du Parti socialiste, fait aujourd’hui cavalier seul et va même plus loin : il organise son propre scrutin, en appelant la population à déposer des bulletins faits maison "Maohi Nui" dans les urnes des élections européennes ! Quant au Tahoera'a, plutôt discret, il la joue retour au bercail, avec une demande de soutien à la liste des Républicains, après avoir soutenu, il y a deux ans, la candidate Marine Le Pen ! 
J’allais oublier, cerise sur le gâteau, l’arrivée de "The Polynesian Kingdom of Atooi", un gouvernement autoproclamé avec, à sa tête, le roi Ali’i Nui Aleka Aipoalani, qui vit à Hawaii. Les Pakumotu ne sont donc plus seuls !

Les années passent et on a l’impression de vivre toujours la même histoire, sur le fenua. Pathétique ou comique, c’est selon…

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier