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Environnement : près de 2 millions de Fcfp pour les déchets de la Hawaiki Nui Va’a

Environnement : près de 2 millions de Fcfp pour les déchets de la Hawaiki Nui Va’a
La grande course de va’a aux Îles Sous-le-Vent génère malheureusement son lot d’inconvénients, et les déchets en font partie. Le gouvernement a décidé d’octroyer une enveloppe de 1 940 000 Fcfp au comité organisateur Hawaiki Nui Va’a sous forme d’une convention :
"Article 1er. - Objet de la convention La présente convention a pour objet de définir les obligations de l’association "Comité organisateur Hawaiki Nui Va’a" et les objectifs à atteindre au moyen de la subvention de fonctionnement accordée par la Polynésie française pour le ramassage des déchets générés par la course Hawaiki Nui Va’a. Dans la limite des crédits disponibles et dans les conditions définies par la présente convention, la Polynésie française consent à l’association "Comité organisateur Hawaiki Nui Va’a", qui l’accepte sans réserve ni restriction, l’octroi d’une subvention de fonctionnement d’un montant d’un million neuf cent quarante mille francs Pacifique (1 940 000 F CFP).
Article 2. - Objectifs à atteindre L’association "Comité organisateur Hawaiki Nui Va’a" s’engage à œuvrer dans le respect de ses obligations statutaires pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée pour l’année 2018, dans le cadre du ramassage des déchets générés par la course Hawaiki Nui Va’a.
Un bilan moral et financier, rédigé par le comité, devra être adressé à la Direction de l’environnement. Nous avons hâte d’en prendre connaissance pour mieux jauger l’incivisme de tous les acteurs de cet événement sportif, qui draine des milliers de personnes.
(LO)




"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier