Menu

Escale des paquebots à Papeete : une société privée pour gérer le flux des piétons

Crédit photo : DR
Enfin, le gouvernement annonce la couleur ! Saluons cette initiative qui consiste à prévenir la population que ce sera le bazar sur le front de mer, et ce jusqu’au 2 mai. En effet, des paquebots vont accoster en rafales au port de Papeete durant plusieurs semaines, ce qui va engendrer un trafic encore plus important qu’à l’accoutumée. C’est dire. Il y a un an, Tahiti Pacifique avait déjà mis le doigt sur cette prise en otage des citadins polynésiens, coincés dans d’épouvantables embouteillages causés par le défilé permanent des croisiéristes traversant l’unique route pour se rendre en centre-ville. Le ministère du Tourisme nous avait alors aimablement répondu que “les travaux entrepris sur le front de mer avaient aggravé la situation” et que ceux-ci s’étendront “jusqu’à mi-2019 pour la ville et fin 2020 pour la zone portuaire”. À terme et dans le cadre de l’aménagement du terminal de croisière par le Port autonome de Papeete, une promenade suspendue au-dessus du Boulevard Pomare devrait relier le front de mer au cœur de la ville (zone du marché de Papeete).
Si nous attendons avec grande impatience cette passerelle afin de pallier ce problème récurrent, un communiqué précise en outre que le Pays a fait appel à une société privée : “Cette mesure, financée par le ministère du Tourisme, fait appel à une prestation privée, habilitée par le maire de Papeete, pour gérer les flux piétons aux passages du front de mer pendant les heures de pointe. Elle permet ainsi de redéployer les ressources de la police municipale, ainsi que de la DSP, pour assurer la prévention et la sécurité en ville.” Une explication qui ne nous convainc pas vraiment… On apprend par ailleurs que des animations seront organisées en soirée sur la place Vaiete, réunissant la population, les membres d’équipages, ainsi que les passagers.
Notez bien les neuf escales de navires de plus de 1 500 passagers programmées : après l’Eurodam, le 27 mars, le Carnival Legend débarquera le 11 avril, le Star Princess le 16 avril, le Golden Princess le 21 avril, le Solstice le 22 avril, le Maasdam et le Ovation of the Seas le 24 avril, le Radiance of the Seas le 27 avril et le Sea Princess le 2 mai. Vous voilà prévenus.
(DS)




De l’art de se compliquer la vie

De l’art de se compliquer la vie
L’art de se créer des problèmes quand les champs politique et économique sont dégagés est-il l’apanage de nos élus ? Certainement pas, mais quand même. Il faut leur reconnaître une propension à se crêper le chignon à la moindre occasion, à la moindre contrariété, un peu comme des enfants gâtés. Et l’actualité de ces derniers jours ne viendra pas démentir nos écrits. Les chiffres de l’économie tombent et chaque trimestre apporte un peu plus de crédit à la reprise. Pour les plus sceptiques, pas de "Moody’s Blues", car l’agence internationale y va de son "A3 avec perspective positive", une note que n’a jamais atteinte le Pays. Il a commencé à redistribuer, majoritairement envers les communes, pas moins de 5 milliards de Fcfp. Tout va donc pour le mieux en Polynésie française ? Eh bien, non ! Une crise chasse l’autre, et la politique remplace l’économique.

Dire que des tensions ont vu le jour au sein du Tapura est un doux euphémisme. Et si la maison ne brûle pas encore, Édouard Fritch va devoir jouer les pompiers de service. Des flammèches sont apparues, tout d’abord avec les parlementaires polynésiens à Paris. Ils ont peu goûté – et l’ont fait savoir – de n’avoir pas été consultés lors du soutien du Tapura à La République en Marche (LRM) pour les élections européennes de mai. On imagine leurs explications embarrassées sur les bancs de l’Assemblée ou du Sénat avec leurs pairs centristes. Comme un retour de flamme, l’initiative de la députée Maina Sage : elle a obtenu de l’Assemblée nationale un changement du texte initial sur la reconnaissance du fait nucléaire par l’État, modifiant le terme "contribution" par celui de "mise à contribution". "Le débat nucléaire devrait nous rassembler, il ne devrait pas y avoir de débat sémantique", a déclaré en retour le président Fritch, qui assure avoir laissé faire sa députée…
Outre les parlementaires, c’est ici même, à l’assemblée de la Polynésie française (APF), que le ton est monté au sein des représentants de la majorité pour se mettre d’accord sur la composition des commissions et, notamment, pour choisir leurs différents présidents.
 À tel point que le bruit de la création d’un nouveau groupe politique à l’APF a couru dans les couloirs. Des élus se sont émus des méthodes de management d’Édouard Fritch. Faut-il voir l’intégration d’Angelo Frebault, représentant banni du Tahoera’a, comme une réponse à ces mouvements d’humeur ? Toujours est-il qu’avec maintenant 40 représentants sur 57, le Tapura est en capacité de faire face à quelques grognements, voire à des menaces. 
Quant à l’opposition, elle se gausse. Mais est-elle également à la hauteur de ce que les citoyens attendent de leurs politiques ? Le député Tavini Moetai Brotherson partageait sur un réseau social : "Voilà donc le Tapura qui siège à l’UDI, après avoir soutenu Juppé et Fillon (Les Républicains), mais qui soutient aujourd’hui LRM aux Européennes... Mais dont un membre éminent est accessoirement secrétaire territorial des "Républicains"..." Son parti, après s’être rapproché en d’autres occasions du Parti socialiste, fait aujourd’hui cavalier seul et va même plus loin : il organise son propre scrutin, en appelant la population à déposer des bulletins faits maison "Maohi Nui" dans les urnes des élections européennes ! Quant au Tahoera'a, plutôt discret, il la joue retour au bercail, avec une demande de soutien à la liste des Républicains, après avoir soutenu, il y a deux ans, la candidate Marine Le Pen ! 
J’allais oublier, cerise sur le gâteau, l’arrivée de "The Polynesian Kingdom of Atooi", un gouvernement autoproclamé avec, à sa tête, le roi Ali’i Nui Aleka Aipoalani, qui vit à Hawaii. Les Pakumotu ne sont donc plus seuls !

Les années passent et on a l’impression de vivre toujours la même histoire, sur le fenua. Pathétique ou comique, c’est selon…

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier