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Honorer les Polynésiens morts pour la patrie

Crédit photo : DR
L’association Souvenir Français en Polynésie française organise une collecte de fonds pour entretenir les tombes abandonnées des Polynésiens morts pour la France. Cette opération sera réalisée pour la première fois au fenua du 28 octobre au 2 novembre, grâce aux membres bénévoles de l’association devant les cimetières de Tahiti. “Cette quête est essentielle pour sauver les tombes des combattants tahitiens dont la mémoire doit être enracinée dans le présent et l’avenir ainsi que dans l’histoire du Pays. Cette mémoire est avant tout locale et familiale, et fait partie du patrimoine mémoriel national”, explique Denis Michel, délégué général du Souvenir Français en Polynésie française, dont la branche locale a été réactivée en mai 2019 (www.souvenirfrancaispolynesie.com).
Cette délégation de l’association “Le Souvenir Français”, fondée en 1887 et reconnue d’utilité publique le 1er février 1906, a pour vocation d’honorer la mémoire de tous ceux qui sont morts pour la France, qu’ils soient Français ou étrangers. Le Souvenir Français a été créé dans le contexte de l’après-guerre de 1870. En Moselle, comme en Alsace, une partie de la population marquait son attachement à la France par un culte aux militaires morts pour la France (entretien des tombes, offices religieux, dépôt de cocardes par des jeunes filles alsaciennes sur les tombes des soldats de leur commune...).
La délégation polynésienne mène plusieurs types d’actions :
Des activités de rayonnement et de coordination
Des activités commémoratives (particulièrement celles qui rendent hommage aux “héros” de l’histoire locale, celles des trois dates fortes de notre calendrier national : 8-Mai, 14-Juillet, 11-Novembre, et celles du 1er et 2 novembre créées par le Souvenir Français, afin d’entretenir les tombes familiales des soldats “Morts pour la France”)
Des activités de transmission (soutien aux initiatives pédagogiques, au dépôt de drapeaux dans les établissements scolaires, etc.)
Tous ceux qui sont intéressés par ces actions et par l’entretien de cette mémoire héroïque polynésienne peuvent adhérer à l’association, un formulaire d’adhésion est disponible sur le site. Vous pouvez également contacter le délégué en écrivant au souvpf@gmail.com.

(D.S.)






Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT