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LOISIRS : le sentier aquatique de la Pointe Vénus enfin opérationnel

LOISIRS : le sentier aquatique de la Pointe Vénus enfin opérationnel
Nous vous l'annoncions dans notre édition du 15 décembre dernier (lire TPM n° 370), dans le cadre d'un dossier intitulé "Enfin les grands chantiers !" : l'aménagement des sites culturels et touristiques répond à une stratégie de développement du Pays pour la période 2015-2020. Ainsi, deux premiers sentiers aquatiques, à emprunter avec palmes, masque et tuba, ont été mis en place à Tahiti. C'est en premier lieu la Pointe Vénus, à Mahina, qui vient tout juste d'être dotée d'un parcours de découverte du lagon et de sa biodiversité ; les plongeurs doivent prendre le départ de la promenade en bateau, devant le motu Ana Ana. Côte Ouest, un dispositif similaire sera installé à Punaauia dès la fin du mois de juin, au fameux spot du PK 18 ; il sera accessible, lui, à la nage depuis la plage publique Vaiava. Pendant une trentaine de minutes et au cours de sept à huit étapes, les baigneurs pourront découvrir de manière ludique la flore et le faune de nos lagons grâce à des panneaux pédagogiques en français et en anglais. Une version en tahitien pourra en outre être fournie au format numérique, à l'attention des communes et des écoles. Les budgets respectifs de ces opérations sont respectivement de 4,2 et 3,5 millions de Fcfp précise le Service du Tourisme. Les îles de Bora Bora (zone Turiroa) et Rangiroa (site de l'Aquarium) seront également aménagées en mars. Par ailleurs, des discussions sont prévues dans trois autres spots : les sites de l'Aquarium à Faa'a, Temae à Moorea et enfin Makarea à Fakarava.
(DS)




"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier