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La littérature océanienne à l’honneur à Nouméa

La littérature océanienne à l’honneur à Nouméa
Rendez-vous annuel des mordus de lecture sur le Caillou, le SILO se prépare à accueillir une vaste délégation d’écrivains océaniens, dont une partie est originaire de Polynésie, dans l’enceinte hautement symbolique du Centre culturel Tjibaou les vendredi 7, samedi 8 et dimanche 9 septembre prochains.
L’occasion de rencontrer, d’échanger et de débattre avec Chantal T. Spitz, pionnière de la littérature polynésienne avec L’île des rêves écrasés (1991, éd. Au Vent des îles). Habituée de cette manifestation littéraire, elle fut notamment lauréate du Prix Popaï – Littérature du Pacifique en 2016, qui récompense l’ensemble de son œuvre. Cette année, en préfiguration, elle interviendra également auprès de publics scolaires et universitaires pendant la Semaine littéraire du Pacifique.
L’auteur maori Witi Ihimaera y présentera également sa riche bibliographie, dont la traduction en français a été réalisée par Mireille Vignol (également invitée et animatrice des fameuses "Joutes de traduction", proposées au public tahitien lors du dernier salon "Lire en Polynésie") et publiée par Au Vent des îles (La femme de Parihaka, Bulibasha, Kahu).
Un éditeur audacieux, qui n’hésite pas à ouvrir ses collections à des écrivains de l’ailleurs : c’est le cas de Pierre Furlan, qui présentera son dernier roman Le Livre des îles noires, où il revient sur les traces de l’énigmatique écrivain R. J. Fletcher, échoué à Nouméa puis au Vanuatu sur l’île d’Épi il y a près d’un siècle de cela. Une édition riche en animations et qui atteste des liens forts existant entre nos littératures régionales !

Pratique
Dates : 7, 8 & 9 septembre
Lieu : Centre culturel Tjibaou
Animations : rencontres, conférences, siestes littéraires "Rêveries sur la natte", Joutes de traduction en kanak et en anglais, Regard sur la diversité océanienne, Haut-Parleur Pacifique, spectacles, projections et performances artistiques, ateliers d’écriture et d’illustration, chasse aux trésors.




La Calédonie à qui perd gagne ?

Des vainqueurs qui restent sur leur faim, des vaincus plein d’espoir, le résultat du référendum d’autodétermination calédonien du dimanche 4 novembre n’a pas manqué d’afficher des sentiments opposés et même paradoxaux.
La victoire annoncée avant l’heure du "non" à la pleine souveraineté s’est avérée exacte, mais dans des proportions bien moindres que celles que laissaient escompter les sondages ou les dernières élections provinciales. Le deux-tiers/un-tiers s’est transformé en un 56,4/43,6 qui a surpris les observateurs, les électeurs et les responsables des partis politiques locaux.
La Nouvelle-Calédonie a donc affirmé son attachement à la France, mais pas d’une façon massive ; et la carte des régions pro et anti-métropole n’a que très peu bougé depuis la date des premiers accords en 1988. Un autre scrutin devenu incontestable en 2020 en raison du "faible" écart entre les opposants, puis peut-être encore un autre en 2022, vont plonger ce territoire dans un attentisme économique dont il aurait bien aimé se passer. Deux ou quatre ans, c’est peu pour faire basculer une majorité, mais suffisant pour faire tourner une économie au ralenti.
Ces résultats n’ont pas manqué de faire réagir le Tavini Huiraatira qui n’a pu s’empêcher de faire un parallèle avec la Polynésie française. Après des démêlés avec la justice "coloniale" et un tour de l’île en mémoire du leader autonomiste Pouvana'a a Oopa enfin réhabilité par cette même justice, Oscar Temaru demande à ce qu’un tel référendum soit organisé. Le leader bleu l’a souvent martelé, tout comme Moetai Brotherson : un vote pour l’indépendance n’a rien de comparable avec un vote pour les territoriales ; il ne faut pas se fier aux résultats de l’un pour estimer l’autre. Le résultat calédonien lui a donné raison. Voilà qui ne manquera pas de lui donner encore plus d’ardeur sur les bancs de la 4e commission de l’ONU.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier