Menu

La soprano polynésienne Leila Rifflart reçue au Conservatoire de Lille

Crédit photo : DR
Le mois dernier, Leila Rifflart, élève au Conservatoire artistique de Polynésie française (CAPF), apprenait qu’elle avait réussi le concours régional du Conservatoire de Lille, cursus art lyrique. "Au concours d’entrée, j’avais choisi un chant sacré, en souvenir du tout premier chant que j’ai présenté au Conservatoire, mais aussi comme une prière à moi-même pour me donner du courage. Puis, lors de l’entretien, j’ai exposé au jury mon projet de revenir au fenua pour devenir professeur d’art lyrique au Conservatoire", relate Leila. À l’annonce des résultats, la jeune soprano polynésienne a tenu à remercier notamment le club Soroptimist Tahiti, ainsi que ses professeurs Emmanuelle Vidal et Gaby Cavallo qui l’ont repérée, puis soutenue lors du casting du concours de talents vocaux "le Penu d’or", où elle a obtenu le prix Coup de cœur du jury en 2007.
Inscrite depuis six ans en assidu au CAPF et par ailleurs diplômée d’un BTS Services informatiques aux organisations, la jeune chanteuse de 29 ans poursuivra désormais en Métropole des études supérieures pendant au moins cinq ans, qui pourront l’amener éventuellement vers la danse, le théâtre, ou le piano. Celle qui pratiquait déjà environ trois heures de chant par semaine rien qu’au Conservatoire, ainsi que le ’ori tahiti, depuis ses 4 ans s’engage également, en parallèle, sur une Licence de musicologie. "Après Mahealani Amaru, future reine de la scène en théâtre et art dramatique, et Viriamu Itae-Tetaa, que les plus grandes salles de piano attendent, c’est encore une élève de Te Fare Upa Rau qui part pour grandir !", s’enthousiasme Frédéric Cibard, chargé de communication.

(V.D.)






Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT