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Le tapa “made in Thailand”, l’intarissable poule aux œufs d’or…

Le tapa “made in Thailand”, l’intarissable poule aux œufs d’or…
Alors qu’en fin d’année, la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers de Polynésie française (CCISM) lançait la campagne de communication “J’achète au fenua pour Noël” (“Pour les fêtes, je donne du sens à mes achats. J’achète au fenua, je soutiens l’emploi et l’économie locale”, slogan ensuite repris pour la période des soldes de janvier), notre numéro 445 du 18 décembre (photo ci-contre) révélait une affaire majeure de suspicion de fraude au tapa. Nous confirmions avoir découvert que cette entreprise avait vendu des soi-disant tapa à des grands hôtels de nos îles et même jusqu’à la boutique du Musée du Quai Branly… !
Un sujet qui ne saurait laisser nos dirigeants indifférents. Le service de l’Artisanat avait donc saisi la Direction générale des affaires économiques (DGAE), mais un an après – et alors que deux mois se sont écoulés depuis la publication de notre article – il semblerait que l’enquête soit toujours en cours… Sabine Bazile, directrice de la DGAE, explique : “Du fait du secret des enquêtes, il ne m’est pas possible de communiquer des informations détaillées. Par ailleurs, comme vous l’avez indiqué dans votre article, la société incriminée est placée en liquidation amiable, ce qui n’est pas de nature à faciliter notre enquête. Surtout, l’enquête a été étendue aux produits invoquant une origine locale ou résultant de la mise en œuvre de méthodes traditionnelles de fabrication. Enfin, il me semble nécessaire d’attirer l’attention des revendeurs, dont la responsabilité peut également être recherchée en fonction des circonstances dans lesquelles ils ont acheté et présenté à la vente les produits.”
En attendant, les produits importés, eux, sont toujours à la vente. Si les mentions ont quelque peu changé (il est désormais indiqué “articles en papier faits main”, voir photo à gauche), il n’en reste pas moins qu’ils ne sont en rien issus de l’artisanat. De plus, au verso, demeure le texte sur la fabrication du tapa, entretenant encore habilement le doute d’une production artisanale.
La raison d’être de la presse engagée est de faire avancer les débats de société, conjointement avec le politique. Espérons que ce dossier saura trouver un écho auprès de nos dirigeants, notamment avec des prises de décision fortes. En attendant l’issue de l’enquête, il nous faudra donc prendre notre mal en patience, mais la rédaction compte bien suivre le dossier jusqu’au bout.

(V.D.)






Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT