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Littérature : Titaua Peu remporte le prix Eugène Dabit 2017

crédit photo : DR
Le jury du prix Eugène Dabit du roman populiste 2017 a distingué Titaua Peu pour Pina (Au Vent des îles, 2016). En 2003, la Tahitienne, 34 ans, devenait déjà la plus jeune auteur et femme locale à être publiée, avec Mutismes (Haere Pō). Dans Pina, elle brosse le portrait d'une Polynésie contemporaine déchirée par la misère et les différences, et lève le voile sur les violences morales, affectives, sexuelles et sociales. Par ailleurs, nous vous avions annoncé dans le TPM n° 364 que Pina avait été sélectionné dans la "short list" du Grand Prix du Roman Métis 2017. Une première pour un auteur du Pacifique ! Mais le jury réunionnais a finalement élu les deux lauréats suivants : L’Amas ardent du Tunisien Yamen Manai et Tropique de la violence de la Mauricienne Nathacha Appanah. De son côté, Flora Devatine a reçu le prix Heredia pour Au Vent de la piroguière - Tifaifai.
DS




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier