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Nomination d'Hervé Dubost-Martin à la TEP : un retour au fenua qui intrigue…

Crédit photo : DR
Hervé Dubost-Martin, l’ancien P-dg d’EDT-Engie (2008-2015), vient d’être nommé par le gouvernement en tant que représentant du Pays au sein du conseil d’administration (CA) de la société d’économie mixte locale (SEML) Transport d’énergie électrique de Polynésie (TEP). Cette nomination est actée dans le cadre du "Plan de transition énergétique 2015-2030", qui a pris un retard considérable (lire notre dossier "Énergies renouvelables : le Pays se hâte lentement…", TPM n°429 du 20 mars 2020), mais, pour l’heure, nul ne sait quelle sera la mission exacte de
M. Dubost-Martin. En coulisses, il se dit qu’il pourrait remplacer Antonio Perez au poste de président du CA de la TEP, dont l’élection est imminente. Pour rappel, il avait été décoré de l’ordre de Tahiti Nui par Édouard Fritch (photo ci-contre). Cependant, cette nouvelle n’a pas ravi l’ensemble de l’opinion publique, de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux criant même au "scandale" et à la "provocation", arguant que "cela permettra à Engie d’avoir la mainmise totale sur l’électricité en Polynésie".
On se souvient en outre que Valentina Cross a accusé ouvertement l’ancien patron d’EDT de corruption. L’élue UPLD rapportait en effet comment il avait tenté d’acheter sa voix au sein du Syndicat pour l’électrification des communes du Sud de Tahiti (Secosud) : "C’est un fare va’a flambant neuf pour la commune de Teva i Uta et le recrutement par EDT Engie de mon frère comme coach de l’école de va’a communale que M. Dubost-Martin, ex-P-dg de EDT Engie, m’a promis, en échange du retrait immédiat de mon recours contre la reconduction illégale du monopole de Secosud jusqu’en 2030. (…) Un marché de fourniture et de distribution d’électricité juteux à 1,4 milliard de Fcfp par an sur quatre communes du Sud à reconduire coûte que coûte jusqu’en 2030, ça vaut bien la distribution de cette petite sucette, non ?", avait-elle lâché. Avant d’ajouter : "La corruption est une réalité dans notre pays et tous les élus sans exception sont une proie pour de tels prédateurs sans scrupules." M. Dubost-Martin s’était alors fendu d’un droit de réponse pour dénoncer "des propos diffamatoires" et "un manque d’objectivité total". L’ambiance s’annonce électrique !
(D.S.)





Doudou et la “positive attitude”

Doudou et la “positive attitude”
On connaissait déjà le “dîner de cons”, place désormais au “bal des positivons”. Le concept est simple : il s’agit de positiver le plus possible face au Covid-19 et d’adopter l’attitude du “faites ce que je dis, pas ce que je fais”. Et… on a trouvé notre champion : Doudou, bien sûr ! Imbattable à ce petit jeu, il n’a d’abord pas supporté que Taote Raynal lui tienne tête lors des points presse et lui a mis un revers de la main droite pour reprendre la partie de la main gauche. Puis, c’est avec Dodo que cela s’est corsé… Finalement, les cas actifs ont explosé, les morts ont commencé à tomber, alors aux oubliettes la transparence ! Le peuple d’en bas n’a qu’à se contenter de voir défiler des chiffres balancés par le service com’ de la Présidence, avec des carrés épidémiologiques qui changent, sans aucune explication ni commentaire sur tel ou tel décès. Mais c’est lors de son voyage à Paname que Doudou a réussi à décrocher le pompon. Tellement heureux de retrouver Macron et ses copains du gouvernement central, mais aussi de leur présenter ses nouvelles ouailles locales, qu’il en a oublié la distanciation physique et le port correct du masque, avant d’être déclaré positif au Covid-19 à son retour au fenua ! Chapeau l’artiste, la “positive attitude” a payé et même le président français a failli en faire les frais. On n’est pas passé loin du combo parfait, peut-être la prochaine fois.
Il convient de saluer notre héros local, qui, comme le rapporte un communiqué officiel, “conscient de la vivacité de la propagation du virus à Paris (…), a néanmoins pris le risque d’aller à la rencontre des autorités nationales, pour défendre des dossiers vitaux pour la Polynésie”. Cette “mission nécessaire” de Doudou a suscité la risée de nos confrères de la presse écrite. Le Monde, par exemple, va droit au but : “Les élections sénatoriales, qui ont regroupé le 27 septembre à Papeete des grands électeurs venus de toutes les îles, ont pu participer à la diffusion du virus dans les archipels. Malgré les appels à respecter les gestes barrières, beaucoup d’élus se sont embrassés, comme le veulent les coutumes polynésiennes.” D’ailleurs, les ministères et les mairies sont, eux aussi, de plus en plus “positifs” avec une flambée de “covidés” ces dernières semaines. Quant au lycée du Diadème, la plus grosse structure scolaire du fenua (2 300 élèves, 250 profs), il s’est montré si bon élève en la matière que l’établissement a dû fermer ses portes. Et quand on sait que Doudou, censé montrer l’exemple, a assisté, une petite semaine seulement après sa contamination, à la grande fête solennelle pour les 90 ans de Monseigneur Coppenrath, on reste sans voix. De quoi créer de bons gros clusters !
Il nous reste donc plus qu’à “positiver” aussi et guetter le pic épidémique, en espérant que les 60 lits en réanimation du Centre hospitalier suffiront à surmonter cette crise sanitaire interminable. Dans ce “bal des positivons”, Macron reste évidemment le chef d’orchestre suprême. Et il a encore changé le tempo : depuis le 17 octobre, les grandes métropoles françaises sont soumises à un couvre-feu – qui est en réalité un confinement partiel sur le temps libre –, et “la règle des 6” doit être appliquée pendant que les transports en commun sont bondés et que lycéens et étudiants s’entassent dans des classes. “Continuez à travailler comme d’habitude”, nous dit notre cher président, mais sachez-le : “Les plus précaires sont les premières victimes.” Nous voilà prévenus ! On a de plus en plus hâte de le recevoir à domicile à la fin du premier trimestre 2021…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT