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"Pina" en lice pour le Grand Prix du Roman Métis 2017

"Pina" en lice pour le Grand Prix du Roman Métis 2017
C'est une première pour un auteur du Pacifique ! Pina, de Titaua Peu, a été sélectionné dans la "short list" du Grand Prix du Roman Métis, aux côtés de dix autres prestigieux écrivains. En 2003, la Polynésienne, 34 ans, devenait la plus jeune auteur et femme tahitienne à être publiée, avec Mutismes (éditions Haere Pō). Treize ans plus tard, elle livre son deuxième roman, Pina, celui de la maturité, édité par Au Vent des îles en 2017. Ce livre "coup de poing" qui dit les misères contemporaines à Tahiti et dans lequel Pina brosse le portrait d’une Polynésie déchirée où deux mondes parallèles se côtoient sans se voir. Tahiti, île des différences qui séparent…
Tous ceux qui ont eu Pina entre les mains l'affirment, c'est un véritable choc émotionnel. "Pina, de Titaua Peu, reste une grosse claque littéraire, pour moi ! Quelle force ! Et quels personnages, bon sang !", s'exclame, par exemple, le romancier français à succès Marin Ledun, tête d'affiche du Salon du livre à Tahiti en 2016. Pour sa part, Mediapart écrit : "Il y a des romans qui claquent comme des coups de fusil. Celui de Titaua Peu marque une révolution dans la littérature du Pacifique. Avec Pina, c’est l’autre visage de Tahiti qui apparaît, celui d’une société ravagée par le déracinement culturel, rongée par la misère, le colonialisme."
Le Grand Prix du Roman Métis a été créé en 2010 par la ville de Saint-Denis et l’association La Réunion des Livres. Ce prix "récompense un roman francophone qui met en lumière les valeurs de diversité, d’échanges et d’humanisme, symboles de l’île de La Réunion". La précédente édition a récompensé L’oragé, de Douna Loup. Cette année, les quatre derniers romans en lice pour le titre seront connus le 19 octobre et l’annonce du lauréat aura lieu le 16 novembre. Enfin, une cérémonie publique de remise de prix sera organisée le 5 décembre prochain, à l’hôtel de ville de Saint-Denis de La Réunion. 
DS




2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier