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Politique : Maina Sage reconduite à l’AFB

Les députés Maina Sage (Polynésie) et Serge Letchimy (Martinique) ont été reconduits dans leurs fonctions d’administrateurs de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) – aux côtés des sénateurs Jérôme Bignon et Nicole Bonnefoy. Celle-ci a tenu son premier CA le 27 septembre au ministère de la Transition écologique et solidaire où trois délibérations favorables aux outre-mer ont été adoptées.
- l'adoption d'un fonds exceptionnel de 4 millions d'euros (soit 477 millions Fcfp), soutenu par une motion de solidarité dédiée aux territoires victimes des ouragans Irma et Maria.
- le lancement d'un appel à projets spécifique outre-mer en faveur de la biodiversité terrestre et marine. Doté d’une enveloppe de 4 millions d’euros (soit 477 millions Fcfp), le dispositif de financement se déclinera en deux phases avec un premier dépôt de candidatures en décembre 2017 (dotation 2 millions d'euros, soit 238 millions Fcfp) et un deuxième dépôt en mars 2018 (dotation 2 millions d'euros, soit 238 millions Fcfp). Tous les porteurs de projets sont admis à déposer un projet candidat, y compris les entreprises, à l’exception toutefois des personnes physiques et des services de l’État.
- l’Agence a délibéré en faveur d'un budget participatif national associant l’ADEME et l’AFB pour soutenir les initiatives citoyennes innovantes qui s’inscrivent dans les six objectifs du Plan Climat. La dotation s'élève à 4 millions d'euros (soit 477 millions Fcfp) et l’évaluation des projets déposés sera notamment assurée par un vote citoyen en ligne, sur une plateforme de consultation publique. Cet appel est ouvert à l'ensemble du territoire hexagonal et ultramarin (Dom et Com).
(D’après communiqué)




Des chaises vides aux Assises

Depuis quelques semaines, la population polynésienne est invitée à s’exprimer lors des Assises des Outre-mer. Le gouvernement central a délégué un référent qui tente de recueillir les attentes des populations, qu’elles soient à Tahiti, à Moorea ou aux Australes, en attendant d’autres archipels. Après la loi sur l'Égalité réelle des Outre-mer, l’État fait un pas de plus vers ses petits bouts de France qui participent, sous diverses formes, à sa grandeur. La première phase de cette consultation, entamée début octobre, s’est terminée la semaine dernière et force est de constater qu’elle n’a pas recueilli un franc succès. Un manque de communication ? Un désintérêt de la population sur des questions pourtant centrales ? Une méfiance envers l’État et des interlocuteurs inconnus ? Un fiu de tout ce qui touche au politique ? Certainement un mixte de ces suggestions.
Pour ceux qui ont pris la peine de se déplacer ou de faire part de leurs desiderata via un site Internet dédié (www.assisesdesoutremer.fr. ), soit environ 1 000 personnes, les thèmes abordés ont tourné autour de la santé, de la sécurité et de l’éducation, nous apprend un communiqué du haut-commissariat. Et si Jacques Wadrawane, le référent des Assises des Outre-mer pour les collectivités françaises du Pacifique, s’est dit satisfait du déroulé de cette première phase en affirmant que "les participants ont fait part de problèmes concrets, de comment améliorer les conditions de vie au quotidien", il n’a pas manqué de noter que la population avait du mal à faire le distinguo entre les compétences de l’État et celles du Pays. Et l’on reparle de manque de culture politique des Polynésiens, que nos politologues ne manquent pas de rappeler avant chaque élection, entretenu par beaucoup, et qui empêche ce peuple de penser par lui-même, de s’élever.
Si ce manque de culture politique, surtout envers celle menée depuis Paris, peut être reproché aux Polynésiens, il est juste de rappeler que les élus de l’Hexagone se montrent tout aussi incultes envers les Outre-mer. C’est pourquoi la ministre de tutelle, Annick Girardin, essaye d’insuffler un "réflexe d’outre-mer" dans les décisions de ses collègues du gouvernement.
Quant au résultat de ces Assises, "les priorités vont maintenant être déterminées, sur la base de cette première consultation. Des projets seront ensuite soumis à l’avis de la population, de mi-janvier à fin février. Puis, les propositions feront l’objet d’un Livre Bleu. Jacques Wadrawane assure que ces idées déboucheront sur des réalisations concrètes, contrairement à ce qu’on a vu dans le passé, avec les États généraux de l’Outre-mer en 2009, notamment", peut-on lire en fin de communiqué. Il manque de préciser que, pour le moment, il n’y a pas de budget réservé aux décisions qui sortiront des Assises qui, elles-mêmes, n’ont bénéficié que d’un budget très limité (72 millions de Fcfp) pour l’ensemble des territoires et collectivités.
Un recueil de doléances, mais par d’argent pour les appliquer, du moins dans un proche avenir. On verra bien si ce sont les chaises vides qui avaient raison.
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier