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RÉSEAUX SOCIAUX : la page Infos Cyclones contrainte de limiter ses publications

RÉSEAUX SOCIAUX : la page Infos Cyclones contrainte de limiter ses publications
Le 15 juillet dernier, les internautes pouvaient lire sur la page Infos Cyclones : "Ia orana les amis, pour des raisons d'ordre déontologique, nous allons malheureusement devoir limiter nos publications lors de la prochaine saison cyclonique en Polynésie française. Nous nous excusons sincèrement pour les désagréments occasionnés. Restez vigilants." Cette communauté du réseau Facebook ayant attiré plus de 23 000 membres depuis 2015, grâce à la diffusion d'informations météorologiques qui se sont avérées souvent justes, nous avons voulu en savoir plus sur ce qui a réellement poussé les responsables de la page à jeter l'éponge. Il s'avère que nos doutes ont bien été confirmés, puisque "des pressions auraient été exercées" à l'encontre de l'un d'entre eux, dont le métier n'est autre que… prévisionniste météo !
Ce passionné passait son temps libre à faire des recherches sur la Toile, puis les compilait, avant de partager son analyse personnelle. Une activité parallèle qui n'a pas été du goût de sa direction lorsqu'elle a découvert qu'il s'agissait de l'un de ses employés. Pourtant, un reportage réalisé par Polynésie la 1ère en mars 2016 prétendait dévoiler "qui se cache derrière Infos Cyclones". L'expert météo explique : "C'était en fait une couverture pour protéger mon identité. Je ne suis pas l'homme qui a été filmé par la chaîne télévisée, c'est notre administrateur. Cette situation me chagrine, j'aurais voulu continuer à offrir mes connaissances avec les internautes, mais je n'ai pas eu d'autre choix, c'est alimentaire. Mais la page n'est pas fermée, elle continuera d'être animée, et j'espère qu'un jour elle retrouvera sa mission originelle."

(DS)




Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier