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RÉSEAUX SOCIAUX : la page Infos Cyclones contrainte de limiter ses publications

RÉSEAUX SOCIAUX : la page Infos Cyclones contrainte de limiter ses publications
Le 15 juillet dernier, les internautes pouvaient lire sur la page Infos Cyclones : "Ia orana les amis, pour des raisons d'ordre déontologique, nous allons malheureusement devoir limiter nos publications lors de la prochaine saison cyclonique en Polynésie française. Nous nous excusons sincèrement pour les désagréments occasionnés. Restez vigilants." Cette communauté du réseau Facebook ayant attiré plus de 23 000 membres depuis 2015, grâce à la diffusion d'informations météorologiques qui se sont avérées souvent justes, nous avons voulu en savoir plus sur ce qui a réellement poussé les responsables de la page à jeter l'éponge. Il s'avère que nos doutes ont bien été confirmés, puisque "des pressions auraient été exercées" à l'encontre de l'un d'entre eux, dont le métier n'est autre que… prévisionniste météo !
Ce passionné passait son temps libre à faire des recherches sur la Toile, puis les compilait, avant de partager son analyse personnelle. Une activité parallèle qui n'a pas été du goût de sa direction lorsqu'elle a découvert qu'il s'agissait de l'un de ses employés. Pourtant, un reportage réalisé par Polynésie la 1ère en mars 2016 prétendait dévoiler "qui se cache derrière Infos Cyclones". L'expert météo explique : "C'était en fait une couverture pour protéger mon identité. Je ne suis pas l'homme qui a été filmé par la chaîne télévisée, c'est notre administrateur. Cette situation me chagrine, j'aurais voulu continuer à offrir mes connaissances avec les internautes, mais je n'ai pas eu d'autre choix, c'est alimentaire. Mais la page n'est pas fermée, elle continuera d'être animée, et j'espère qu'un jour elle retrouvera sa mission originelle."

(DS)




Sainte Défisc’, priez pour nous

La brève, mais intensive, visite du ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, du vendredi 27 au lundi 30 juillet, a une nouvelle fois mis en évidence la grande dépendance économique de la Polynésie française vis-à-vis de l’État français. Durant quatre jours, le gouvernement Fritch, comme d’autres avant lui, a tenu à montrer à chacune des visites programmées combien la défiscalisation nationale était plus que nécessaire pour que ce pays continue à se développer. "Vous avez compris que notre insistance vis-à-vis de la défiscalisation n’est pas un luxe", a d’ailleurs rappelé Édouard Fritch dans son discours de clôture. Entre celle généreusement accordée pour le câble Natitua – qui n’aurait pas dû en bénéficier –, celle évoquée à demi-mot pour la filière pêche – un secteur prometteur pour le développement –, et le système de défiscalisation nationale en général pour laquelle aucune réponse ne sera donnée avant la fin de l’année, le ministre a fait souffler le chaud et le froid. Il a rappelé qu’à Bercy, on n’aimait pas trop la défiscalisation. "On n’aime pas trop ça car il s’agit de défalquer un impôt d’un impôt." Ou encore : "Lorsque l’on met de l’argent soit par des subventions, soit de la défiscalisation, soit par des baisses d’impôt, c’est le contribuable métropolitain qui contribue à cet argent public. Il faut faire attention." De quoi tempérer l’enthousiasme des plus optimistes sur le bilan de cette visite. Ils pourront toujours se raccrocher à ce qui ressemble à un certain maintien du suspense. La visite du président Emmanuel Macron, prévue pour début 2019, pourrait être celle des bonnes nouvelles. Après le passage de son prédécesseur, François Hollande en 2016, qui avait permis d’avancer sur ce qui est devenu l’Accord de l’Élysée et la très attendue reconnaissance du fait nucléaire, le président Macron pourrait débarquer les bras chargés de cadeaux fiscaux et, si l’on se prend à rêver, l'un qui aurait la forme d'excuses et de dédommagement du fait nucléaire et de ses conséquences. L’avenir nous dira si la France peut être aussi juste et grande que généreuse.
Ce numéro de Tahiti Pacifique est le 100e depuis qu’Alex du Prel, son fondateur, a officiellement passé la main au groupe Fenuacom en août 2015 ; nous tenions à le rappeler et ainsi lui rendre hommage.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier