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Société : le gouvernement s'intéresse enfin aux PMR

Crédit photo : Présidence
Surprise ! Le Pays fait un "geste" envers les personnes à mobilité réduite (PMR) au fenua. Enfin, plutôt qu'une main tendue, c'est un petit doigt qui est offert par le gouvernement, qui a fait voter une loi à l'assemblée de la Polynésie française permettant aux propriétaires d’obtenir des dégrèvements d’impôts fonciers lorsqu’ils réalisent des travaux destinés à faciliter l’accès des personnes en situation de handicap à des logements ou des commerces. Aussi, dans l’attente de la révision de la délibération de 1982 qui régit la politique globale (une aberration que nous avons dénoncée dans un dossier intitulé "Handicapés : oubliés de la société’’, lire TPM n° 395, du 30 novembre 2018), la Présidence annonce que le conseil des ministres a validé "des modalités allégées pour assurer la continuité du versement des prestations servies aux personnes porteuses de handicaps lourds et irréversibles". Cette simplification des procédures tombe pourtant sous le sens et était attendue par le monde du handicap. Par ailleurs, une nouvelle aire de jeu mixte a été inaugurée au parc Paofai ; si elle a été livrée avec environ six mois de retard sur le programme initial, elle est aujourd'hui accessible à tous les enfants, y compris ceux porteurs de handicap, grâce notamment à la mise en place d’un manège adapté (voir notre "Coup de cœur" page 16). Et puis, les Journées polynésiennes du Handicap ont permis la signature d'une convention pour le contrôle des bus adaptés entre le ministre de l’Équipement et des transports terrestres, René Temeharo, et la présidente de la fédération Te Niu O Te Huma, Henriette Kamia. L'objectif est notamment de "réaliser un recensement des personnes atteintes d’un handicap et susceptibles de prendre les transports en commun afin d’adapter les véhicules et les lignes en conséquence", et ce dans le cadre du schéma directeur des transports collectifs et des déplacements durables de l’île de Tahiti, à l'horizon 2035. Le gouvernement affirme vouloir "faire du handicap sa priorité", mais il prend également tout son temps. Haere marū, haere pāpū, comme on dit...

(DS)




De reports en reports

De reports en reports
À l’instar des Anglais et de leur Brexit, qui ne cesse de diviser tout autant qu’il ne cesse de jouer la montre, nos gouvernants se voient contraints de reporter une nouvelle fois l’échéance de la signature de contrat du "Village tahitien". Pour rappel, les six lots sur lesquels s’était positionné le groupe Kaitiaki Tagaloa portent sur la conception de quatre hôtels et de deux résidences en condominium. Il s’agit de six lots, sur les 16 que comporte ce projet complexe. Ce vaste chantier, qui doit révolutionner le tourisme sur l’île de Tahiti en quelques années — durant lesquelles l’économie et surtout l’emploi devraient connaître un sérieux coup d’accélérateur — soulève toutes les interrogations et commence à ressembler à une Arlésienne.
En août 2018, le vice-président Teva Rohfritsch ne cachait pas son enthousiasme, déclarant que la signature du contrat portant sur les six premiers lots du projet avec le groupement d’investisseurs néo-zélandais et samoans, Kaitiaki Tagaloa, pourrait même intervenir avant la fin de l’année 2018, bien avant les 200 jours prévus. Il n’en fut rien. À la date butoir du 22 mars 2019, pas de signature, au prétexte que "l’investisseur néo-zélandais a souhaité associer deux nouvelles tribus maori au projet. Nous avons donc souhaité prendre toutes les garanties financières nécessaires plutôt que de signer." Premiers signes d’inquiétude, alors que la rumeur d’un report pour manque de garanties financières circulait déjà depuis quelques semaines. Il fut donc accordé un délai de 45 jours, au terme desquels, en fonction des garanties qui seraient présentées, ces contrats seraient signés par lots. Ceux qui n’auront pas fait l’objet de garantie seraient remis en compétition. Des contacts avec des investisseurs, y compris locaux, étaient avancés. Coup de pression, ou de bluff, sur le groupement Kaitiaki Tagaloa ?
La seconde option a primé, puisqu’au terme de ces 45 jours, l’établissement Tahiti Nui aménagement et développement (TNAD) annonçait par communiqué sa décision de reporter de 55 jours le délai laissé au groupement, pour se conformer "aux obligations du protocole d’engagement", signé en août 2018. À ce jour, TNAD n’aurait donc pas toutes les garanties financières pour s’assurer que ces investisseurs soient capables d’aller au bout du projet ! En bientôt un an de négociations, nous ne savons toujours pas si ils ont les reins assez solides !
Après deux reports, on n’imagine pas le gouvernement en avancer un troisième pour quelques raisons que ce soit. Restera alors à présenter la carte des investisseurs étrangers et locaux, que le ministère garde secret. Rendez-vous le 30 juin.
Le dossier, qui reviendra forcément sur la scène politique à la première occasion, est plutôt mal engagé. Il n’est pas sans rappeler celui de Hao, pour lequel l’arrivée des conteneurs était annoncée en avril. De nouveaux changements sont prévus, qui reportent le début du chantier au début de l’année prochaine. Encore un rendez-vous manqué.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.


Luc Ollivier

Luc Ollivier