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Taputapuātea : bientôt le premier site culturel d'Outre-mer ?

C'est le sprint final pour l'inscription du paysage culturel de Taputapuātea sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture. Un long marathon, qui a démarré en 2005 et auquel ont participé nombre d'acteurs institutionnels et culturels du Pays, en tête desquels le service de la Culture et du Patrimoine polynésien, au cœur de la démarche. La ligne d'arrivée est prévue le 9 juillet, date à laquelle le Comité du patrimoine mondial réuni à Cracovie (Pologne) devrait rendre sa décision finale. Tahiti Pacifique avait d'ailleurs consacré un large dossier en octobre 2015 (lire notre édition n° 295) pour expliquer les enjeux de ce haut lieu sacré pour toute la communauté océanienne.
Composé d’une partie terrestre et d’une partie marine, cet emplacement spirituel, cérémoniel, social et culturel se trouve dans le district de Ōpōa, à Ra'iātea, aux Îles Sous-le-Vent, et s'étend sur 2 125 hectares. Il est reconnu comme le berceau de la spiritualité polynésienne et le fondement de la civilisation du peuple mā'ohi. L’Océanie compte 28 sites labellisés par l'Unesco : 19 en Australie, 1 à Fidji, 1 aux îles Marshall, 1 à Palaos, 1 au Vanuatu, 3 en Nouvelle-Zélande, 1 en Nouvelle-Calédonie, 1 à Hawai’i. En France, 38 sites sont répertoriés, dont 2 en Outre-mer (les lagons et récifs de Nouvelle-Calédonie et les Pitons, cirques et remparts de La Réunion), qui appartiennent à la catégorie des sites naturels. À ce jour, aucun site culturel d’Outre-mer n’étant encore classé, Taputapuātea est en passe d'entrer dans l'Histoire…
DS




2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier