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Te tau matari’i, te matahi à la mairie de Arue

i[‘Ōro’a haamauraa i te ‘ōfa’i tihi]i, la pierre sculptée dévoilée - Crédit photo : Laura Théron
Cette année, pour la première fois, la mairie de Arue a célébré le changement de saison polynésien. Le lever des Pléiades au-dessus de l’horizon, qui a lieu chaque année autour du 20 novembre, marque l’entrée dans la saison d’abondance, tau ‘auhune. Matari’i i ni’a signifie littéralement, “les Pléiades, en haut”, par opposition à Matari’i i raro, “les Pléiades en bas”, qui survient aux alentours du 20 mai, lorsque l’amas d’étoiles passe sous la ligne de l’horizon. Traditionnellement célébré par de nombreux acteurs de la culture, comme l’association Haururu, de Papenoo, l’événement Matari’i i ni’a est considéré dans le Pacifique polynésien comme le Nouvel An mā’ohi.
Ces festivités traditionnelles sont une volonté du nouveau conseil municipal, présidé par Teura Iriti, de mettre l’accent sur la culture et de valoriser ces événements culturels du calendrier qui font sens, en Polynésie. Cette première célébration “te matahi” n’aura pas pu avoir la portée populaire souhaitée en raison de la situation sanitaire actuelle. Plus confidentielles, les festivités se sont néanmoins déroulées sur trois jours, comme initialement prévu.
Vendredi 20 novembre, les jardins communaux, dans lesquels un paepae a été construit spécialement pour l’occasion, ont accueilli une cérémonie traditionnelle dirigée par Jacky Bryant, adjoint au maire. Pour célébrer le lever des Pléiades, la mairie a commandé une pierre sculptée représentant le lever des Pléiades. Celle-ci dévoilée au cours de la cérémonie, trône désormais sur le nouveau paepae, voué à rester dans les jardins de la mairie.
Samedi 21 novembre, la mairie avait prévu des ateliers mettant l’accent sur le partage et l’apprentissage de la langue tahitienne et du patrimoine de la commune : évolution de la langue au cours des deux derniers siècles et toponymie du milieu lagonaire ; des ateliers dispensés par Mila Tapea et Jacky Bryant.
Dimanche 22 novembre, une randonnée sur le domaine communale de Aneane était organisée grâce au partenariat avec la toute jeune association Hotu Auna, qui entretien le sentier depuis quelques mois, et avec l’accord de Henri Jay, car l’accès au domaine ne peut se faire qu’en passant sur les terres de ce dernier.
L’ensemble de ces rendez-vous se sont déroulés dans le respect des gestes barrières, en comité restreint, et dans l’espoir de pouvoir poursuivre ces célébrations chaque année avec la participation, pour les prochaines fois, de la population.

Laura Théron






Fritch fait pschitt

L’horrible réalité sanitaire que nous vivons est devenue insupportable, notre pays enregistrant désormais les pires statistiques à l’échelle mondiale. Les morts (plus d’un demi-millier de décès) se ramassent à la pelle, par dizaine, voire vingtaine, selon les jours. Les familles doivent enterrer elles-mêmes leurs défunts avec leurs propres moyens, le personnel de santé est à bout de souffle, les covidés s’asphyxient et les renforts sanitaires arrivent au compte-gouttes… Chacun d’entre nous retient sa respiration ! Mais nul ne parvient à trouver un ballon d’oxygène dans la gestion de la crise proposée par le président de la Polynésie française. Après “l’affaire du mariage”, ses propos déplacés envers les journalistes locaux (relayés et condamnés par la presse nationale), puis l’enterrement de son directeur de cabinet en grande pompe, voilà que “Doudou” s’en remet maintenant à Dieu en pleine hécatombe. Et de s’énerver de plus en plus ouvertement face à l’insistance des médias, qui exercent pourtant leur métier en demandant simplement des réponses à leurs interrogations. Au lieu de lancer des appels désespérés au jeûne, on aurait pu penser qu’il lancerait plus vite et plus fort des appels du pied pour obtenir de l’aide de l’État pour de nouveaux personnels soignants, et qu’il saisirait le problème de la santé à bras-le-corps en lançant plus tôt de vastes campagnes de lutte contre l’obésité, le diabète, l’alcoolisme et les maladies chroniques dont souffre plus de la moitié de notre population. Que nenni, il allume 500 bougies, saute son petit-déj’ et se tourne vers le Tout-Puissant. Ainsi, au cœur de la tempête, le capitaine Fritch fait… pschitt !

Une autre maladie est aussi à traiter en urgence : celle des fake news autour de la vaccination qui contaminent les réseaux sociaux, avec leur déferlement de violences dans un monde qui ne pourrait être autre que manichéen. Nous sommes tous libres de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ceux que nous aimons. Pour autant, si le sujet est aussi clivant, c’est parce qu’il nous force à positionner un curseur entre notre liberté individuelle et notre responsabilité collective. Nous consacrons une analyse économique de cette thématique intéressante dans un dossier à retrouver en pages intérieures (lire pp. 14-19).
Si la communauté scientifique s’accorde à dire que la vaccination est l’arme la plus efficace pour nous protéger et nous permettre de recouvrer notre liberté, les politiques devraient cependant tout faire pour éviter que la question de la vaccination ne soit discriminante et ne se transforme en ségrégation sociale. Or, l’obligation vaccinale que vient de sortir le Pays aux forceps pour imposer certaines professions à s’injecter les doses anti-Covid pourrait attiser les tensions et nous diviser. Que le gouvernement donne l’exemple ! Tous les élus ne sont pas vaccinés, y compris certains des plus hauts représentants du Pays. Coincé dans les cordes, Fritch s’est engagé à ce que la classe politique montre la voie à suivre ; on voudrait y croire, mais à TPM, on est comme Saint Thomas…

Retrouvons le chemin de la cohésion sociale, menons des actions durables et soyons solidaires. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique se joint à moi pour soutenir les foyers endeuillés, fa’aitoito à tous ! Le Covid a touché aussi nos équipes, ce qui nous a contraints à publier votre magazine avec une semaine de retard, mais nous tenons à vous offrir, malgré la crise que traverse également la presse, toujours cette goutte de liberté dans l’océan. Celle-là, vous pouvez en prendre plusieurs doses sans crainte, elle est totalement inoffensive. 
Dominique Schmitt

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT