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Transports : Tupaia, le Dreamliner qui rend hommage au navigateur polynésien

Crédit photo : Dominique Schmitt
Après l’arrivée de Fakarava, le premier Dreamliner d’Air Tahiti Nui, le second, judicieusement baptisé Tupaia, s’est posé au fenua le 17 janvier dernier. La compagnie au tiare remplace en effet ses cinq A340 par quatre appareils long courrier de nouvelle génération Boeing 787-9. Alors que les cinq anciens avions portent le nom d’îles de la Polynésie (Mangareva, Moorea, Rangiroa, Bora Bora et Nuku Hiva), ce nouvel avion rend enfin hommage à la culture locale, et particulièrement au grand navigateur originaire de l’île Sacrée (Raiatea) qui a guidé au XVIIIle siècle le capitaine Cook à travers le Pacifique grâce à ses connaissances des étoiles, des vagues, du vent, des courants, des plantes, etc. Durant l’expédition, Tupaia sauve même la vie de Cook à plusieurs reprises, surtout en Nouvelle-Zélande quand ce dernier frôle la mort après avoir abattu un grand chef maori… À la fois ‘arioi, haut-prêtre et intellectuel, Tupaia était aussi un artiste : il est ainsi le premier Polynésien à peindre une aquarelle, mais également le premier à écrire, dans une grotte à Aotearoa.
Le troisième Dreamliner, Bora Bora, est attendu en mai 2019 et le quatrième, Tetiaroa, en août 2019. Et puisque l’on parle d’Air Tahiti Nui, sachez que les voyageurs en classe affaires (Poerava Business) ont désormais à leur disposition le magazine Tahiti Pacifique (numéro en cours) sur tous les vols au départ de Tahiti. Les usagers peuvent également retrouver le mensuel féminin Hine Magazine et le journal Tahiti Infos. Bon vol et bonne lecture !
DS




Du lard ou du cochon ?

Du lard ou du cochon ? Que nous réserve l’année 2019 dont le Nouvel An vient d’être fêté par la communauté chinoise ? Le Cochon de Terre ne promet pas de grands bouleversements, les rendez-vous politiques devant les urnes n’étant pas au calendrier. Pour autant, de politique – ou plutôt de relation avec l’État – il en sera quand même question : dès la semaine prochaine, avec l’étude par le Sénat du projet de loi organique modifiant le statut du Pays et de la prise en compte des amendements et articles proposés par l’assemblée de la Polynésie française, on verra si le baromètre qu’on nous annonce au beau fixe le restera… La confiance est de mise pour le président Fritch, parti défendre ses amendements auprès des différents groupes parlementaires.
D'ailleurs, la commission des lois vient de donner son feu vert à l'actualisation de notre statut.
La même confiance qui animait les porteurs du dossier d’inscription du ‘ori tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a pourtant pas été retenu par le président Macron, au profit de la yole martiniquaise. Sa visite en fin d’année sera l’occasion de lui montrer que cette candidature doit être à nouveau soutenue.

Les rendez-vous seront donc essentiellement économiques et le premier – très attendu – avec le Conseil d’État sur la réforme des retraites, s’est déroulé en début de semaine. Il a validé sa quasi-intégralité. C’est une victoire pour le gouvernement Fritch, mais aussi pour les Polynésiens, dont le système des retraites est sauvé pour encore quelques années. Le tour de force sera maintenant de modifier le code du travail est d’apporter la souplesse réclamée, comme en métropole, par les chefs d’entreprise. Malgré les réunions de travail avec les syndicats, le dossier s’annonce difficile. Souhaitons qu’il ne connaisse pas les mêmes dérives extrémistes de mars 2018, quand il fallait réformer les retraites.

Mais 2019 doit être aussi l’année du début des deux grands chantiers. Avant la mi-mars, le protocole signé avec le groupement Kaitiaki Tagaloa, pour la réalisation du Village tahitien, sera obsolète. Les doutes quant à la mise en œuvre en l’état de ce projet ne font que s’amplifier. Ce serait un coup dur pour ce gouvernement et l’économie locale si tout devait tomber à l’eau. Le Tahoera’a, qui n’est pas avide de critiques, en ferait ses choux gras… Et que dire du projet d’aquaculture à Hao où, pour le moment et depuis de longs mois déjà, les investisseurs sont plus dans le déclaratif que dans l’action ?
Le grand virage économique de 2019 sera-t-il donc du lard ou du cochon ?

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier