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Tuberculose : 25 porteurs potentiels de la maladie déclarés au lycée Paul Gauguin !

Tuberculose : 25 porteurs potentiels de la maladie déclarés au lycée Paul Gauguin !
Après la contraction de la tuberculose par une enseignante du lycée Paul Gauguin (LPG), les professeurs et les élèves ayant été en contact avec la malade avaient dû se soumettre à des tests de dépistage en septembre 2018. Ce sont ainsi une centaine de profs et 177 lycéens qui avaient passé une série d’examens. Mais "en raison de la longue période d’incubation de la maladie", le personnel de l’établissement et les élèves ont eu la mauvaise surprise d’être de nouveau dépistés la semaine dernière. Résultat : plusieurs d’entre eux sont porteurs de la maladie, ce qui multiplie le risque de nouveaux cas potentiels ! D'après nos informations, 24 professeurs ont été diagnostiqués positifs au test. Parmi les élèves, un seul n'aurait pas encore réalisé le test. Ils devront tous effectuer une prise de sang pour confirmer le résultat et s'assurer de ne pas avoir d'Infection tuberculeuse latente (ITL). Cependant, le traitement préventif est fortement déconseillé aux personnes de plus de 45 ans, notamment en raison de risques hépatiques et autres complications. Une réunion obligatoire d'information a été déclenchée en urgence le 6 février, en présence du ministre de la Santé et du Directeur général de l'Éducation et des Enseignements.
Pour rappel, la tuberculose est une maladie sévère, qui peut conduire au décès si elle n’est pas traitée. En Polynésie, 50 à 60 nouveaux cas sont décelés chaque année. Les signes les plus fréquents sont la fièvre, une transpiration abondante pendant la nuit, un amaigrissement et une toux traînante. C’est une maladie contagieuse qui se transmet de personne à personne par la toux. La contagion est favorisée par la promiscuité et les habitats mal aérés. Pour stopper la propagation de la maladie, la seule solution est de faire un dépistage dans l’entourage des malades et de traiter les personnes contaminées.
Le LPG est donc de nouveau sous haute surveillance, bien que les porteurs ne soient pas contagieux tant qu’ils ne déclarent pas la maladie, ce qui est le cas d’une personne sur dix en moyenne. Reste donc maintenant à espérer qu’aucun de ces porteurs avérés, professeurs et élèves confondus, ne déclare la tuberculose pendant les deux années à venir…
(TF)




Confiture et déconfitures…

Confiture et déconfitures…
Le landerneau polynésien a été agité ces dernières semaines. D'abord, on a appris que l'affaire JPK faisait de nouveaux remous et remontait à la surface plus de 21 ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud, avec la garde à vue, puis la mise en examen pour "meurtre" de l'ex-compagne et de l'ami du journaliste, Miri Tatarata et Francis Stein, respectivement directrice de l'Environnement et directeur adjoint du Service de la culture et du patrimoine. L'occasion pour Tahiti Pacifique de se replonger dans ses archives et de rappeler comment la politique peut peser sur la justice (lire page 38). C'est valable encore aujourd'hui avec, comme piqûre de rappel, ce nouvel épisode dans l'affaire Te Maru Ata, où des propriétaires "irréductibles" font face depuis plus de vingt ans à l'obstination du promoteur du lotissement, Bill Ravel (lire page 16), qui a bénéficié à plusieurs reprises du soutien politique de Jean-Christophe Bouissou, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire, en charge des Transports interinsulaires maritimes et aériens, et porte-parole du gouvernement. Tous deux sont sous le coup d'une mise en examen pour "soupçons de corruption" aux côtés d'Emmanuel Sztejnberg-Martin, ancien responsable de la communication du haut-commissariat.
La même semaine, celle où l'on a célébré l'autonomie du Pays, une salve de condamnations et de mises en examen a ébranlé le fenua. Notre ex-président, Gaston Flosse, et notre actuel président, Édouard Fritch, ont été condamnés dans l'affaire de la citerne d'Erima : le premier a écopé de 2 ans de prison avec sursis, 10 millions de Fcfp d’amende et 3 ans d’inéligibilité ; quant au second, il lui est réclamé 5 millions de Fcfp d’amende et 46,3 millions de Fcfp de dommages et intérêts. Les deux hommes, ancien et actuel maires de Pirae, ont été accusés de "détournement de fonds publics" pour avoir fait supporter aux administrés de Pirae l’adduction en eau au domicile de Gaston Flosse, à Arue, depuis 1989. Ils ont décidé de faire appel de ces décisions. Dans la foulée, trois chefs de service locaux ont été mis en examen : deux pour meurtre (cités plus haut) et un pour proxénétisme de mineurs de moins de 15 ans (il sera jugé en comparution immédiate le 18 juillet, aux côtés de deux chefs d'entreprise et d'un pharmacien). Peu de temps auparavant, le maire de Papara et représentant à l'assemblée de la Polynésie française, Putai Taae, a été, lui aussi, condamné pour "prise illégale d'intérêts et recel d'abus de confiance" pour avoir versé des subventions à l’association Ia Ora Papara, dont il était le président d’honneur. L'affaire Haddad-Flosse, elle, a été renvoyée en septembre, pour la quatrième fois en quinze mois.
Au vu du nombre d'hommes politiques ou de responsables corrompus à Tahiti et dans les îles, on devrait lancer un concours : celui qui trempe le mieux le doigt dans la confiture ! D'ailleurs, souvent, ce n'est plus le doigt, mais le bras entier qui plonge dans le pot… Par contre, côté projets, le gouvernement collectionne les déconfitures, à l'instar du Village tahitien. Ainsi, malgré deux reports de date (le 22 mars et le 6 mai 2019), les investisseurs maoris et le Samoan Frederick Grey n'ont pas concrétisé leur offre. Le groupement Kaitiaki Tagaloa avait pourtant été déclaré lauréat le 13 avril 2018 des six lots d’hébergements touristiques de l'appel à projets sur les seize lots que constitue le projet global et avait signé le 17 août suivant le protocole d’engagement avec TNAD. Le délai ayant expiré, deux prolongations de 45 jours leur ont été accordées jusqu'à la date butoir du 30 juin dernier. Désormais, on attend le plan B de  la Vice-présidence, en charge de la supervision de ce grand projet d'investissement, qui a déjà coûté la bagatelle de 700 millions de Fcfp de frais d'études. On guette aussi des nouvelles de la ferme aquacole de Hao, dont on a fêté, le 6 mai dernier, le quatrième anniversaire de la première pierre inaugurale…

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt